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Quand le studio de développement Omega Force décide de faire autre chose qu’un énième Slash Féodal, ça attise tout de suite une certaine curiosité morbide. Allons-nous encore manger la même recette chiante et sans intérêt que Dynasty Warriors déclinée en Ken le survivant, One Piece et Gundam ou allons-nous avoir au contraire un jeu à défaut de révolutionner le genre, au moins sympathique et plaisant à jouer ? C’est la question qu’on va essayer de répondre avec Toukiden : The Age of Demons comme de pieux philosophes à lunette autour d’une biscotte dans une cave lugubre. 


Développé main dans la main avec le studio de développement de Sony (SCEJ) et édité par Tecmo-Koei. Toukiden est un monster-hunter like exclusif à la Playstation Vita (et sur PSP uniquement au japon) qui vous plonge dans un univers féodal ravagé par des monstres sans âme ni foi. Les Oni, ces démons mangent les esprits de ceux qu’ils tuent pour accroître leurs forces et évoluer en une saloperie plus gigantesque encore. Vous, personnage lambda, customisé à votre goût via l’éditeur de personnage, vous vous retrouvez dans le village d’Utakata après avoir fui votre région natale qui a été anéantie par ces démons. Bien sûr, comme tout bon héros, vous ne laissez pas indifférent le groupe de chasseur local. Les Slayers du village, groupe de tueurs de démons, sentent que vous avez quelque chose que les autres n’ont pas, un peu comme un Anakin Skywalker, mais avec un jeu d’acteur plus convaincant. La réponse est simple, c’est qu’on se retrouve dans une copie calque d’un Shonen et que par conséquent vous héros principal, vous suez la classe à des kilomètres à la ronde de toutes les pores de votre peau. Ce qui vous donne de l’importance et une destinée remarquable alors que vous ne le méritez probablement pas.

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Bref, passons le scénario, parce que dans tout bon jeu de chasse, comme vous le savez, l’écriture est classée par défaut au troisième plan. La première grande surprise du jeu, c’est la patte graphique qui en jette, généralement je n’accroche pas au parti pris esthétique des Dynasty Warriors, mais là, c’est doux, c’est bien désigné pour les personnages, les monstres, l’environnement, etc. Il n’y a pas de surenchère, malgré certains costumes improbables, c’est cohérent et crédible. Les textures sont soignées, l’ensemble est plutôt joli même si certains effets FX font pâte à carton (comme le feu texturé en carton par exemple) et par conséquent on prend vraiment plaisir à s’immerger dans cet univers. Les musiques quant à elles, composés par Hideki Sakamoto (Compositeur intermittent pour la saga Yakuza) font leur job, elles s’inscrivent dans l’époque féodale asiatique fantastique du jeu, sans être particulièrement marquante ni vraiment mise en avant, certaines tracks sont plaisantes à écouter.

Il faut savoir que ce jeu est particulier, du moins de mon ressenti global, n’accrochant pas aux Dynasty warriors du studio Omega et ayant détesté le parti-pris graphique et design de Soul Sacrifice de SCEJ, Toukiden partait avec un a priori négatif. En moyenne je tenais pas plus d’une heure sur DW avant de me dire « Ta mère c’est trop chiant » notamment à cause de la répétitivité du soft, Soul Sacrifice quant à lui m’a tuer l’envie d’y rejouer par son parti pris graphique et sa construction originale certes, mais trop bordélique (gestion de son personnage et choix des niveaux via un livre, etc). Là dans Toukiden, on a un mélange surprenant de talent, malgré le fait que je ne porte pas ces studios dans mon coeur, il reste que je reconnais pleinement leurs qualités et là, l’alliance des deux boîtes marche de tonnerre. J’en suis à 20 heures de jeu dans cet univers et avouons-le cher camarade, c’est un excellent jeu avant tout. Le système de combat du jeu mélange les deux paterns des studios, on a le combat bourrin où il faut taper comme un attardé à la Dynasty Warriors mélangé au côté tactique et subtil qu’on trouve dans Soul Sacrifice, résultat des courses, nous nous retrouvons avec la mécanique de soul sacrifice, mais en beaucoup plus dynamique.

 

Phénomène planétaire à bien des égards, l’Attaque des Titans, de son vrai nom Shingeki No Kyojin, vit le jour en 2009. Les fans du manga se virent donc ravis de l’adaptation sur petit écran qui, en 2013, rallia de vastes hordes de fans supplémentaires grâce à sa réalisation réussie, dépeignant un monde cruel et macabre dans lequel les humains se font dévorer les uns après les autres par d’immenses créatures dont on ignore les origines. Ces Titans, dessinés par Hajime Isayama, sont donc le fléau qui frappe l’humanité et la menace d’extinction. Pour se protéger de ces créatures, nos congénères fictifs en sont réduits à se réfugier entre des murs gigantesques qui leur donnent ensuite l’illusion d’une vie normale et paisible. Après l’énorme succès rencontré par l’animation, il ne fut guère surprenant que les joueurs du monde entier se voient proposer d’offrir leur aide à l’humanité en charcutant du Titan pour venger les innombrables morts qu’ont laissé ces derniers dans leur sillage. Le studio OMEGA Force étant à la baguette, on pouvait espérer une adaptation vidéoludique digne de ce nom, sachant que le jeu allait être typé beat’em all/action et qu’on a en tête les excellents Dynasty Warriors et les sympathiques One Piece : Pirate Warriors. Très attendu dans nos contrées, A.o.T. – Wings of Freedom avait donc la lourde tâche de faire honneur à l’œuvre originale et de s’inscrire dans la même lignée que l’excellente adaptation animée qui a conquis le cœur de nombreux fans.

Le repas est servi !

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L’humanité est en voie d’extinction…

Lorsqu’on lance le jeu, on se voit d’emblée proposer deux modes principaux que sont les modes « Attaque » et « Expédition ». Le mode Attaque vous permet de prendre part à l’histoire afin de débloquer des bonus et des personnages jouables dans le mode expédition, un mode de jeu libre où vous effectuez des missions avec l’un des 10 personnages disponibles. On retrouve avec joie les personnages désormais cultes du manga que sont Eren, Mikasa, Armin ou encore Livaï.  Fidèles à la série animée, ces derniers sont parfaitement interprétés par les doubleurs de l’animé. Les fans ne sont donc pas dépaysés de ce côté-là, même si on peut regretter l’absence de la B.O. de l’animé. Le mode « Attaque » reprend donc la trame narrative du manga et plus particulièrement de la saison 1 de l’adaptation sur petit écran. Je conseille cependant d’emblée aux joueurs n’ayant pas lu le manga de s’arrêter après le chapitre 3, le chapitre 4 dévoilant quelque peu la suite de l’animé. Le monde dépeint par le jeu est assez fidèle à l’atmosphère de désespoir qui règne dans l’œuvre originale et, nourri par le désir de vengeance d’Eren, le joueur démarre le jeu avec l’antipathie vengeresse de celui qui a subi indirectement la souffrance des habitants de cette dystopie.

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Mikasa est toujours aussi badass

Le cell-shading utilisé rend hommage à l’animation et au style manga très apprécié par les Japonais notamment. C’est tout de même assez étrange de revivre les mêmes scènes, avec les mêmes dialogues, sous forme vidéoludique. Le souci, c’est que la réalisation n’est pas aussi réussie et que le but du jeu, si ce n’est rappeler à tout va qu’il est l’adaptation en jeu vidéo d’une œuvre majeure, est clairement la destruction des Titans et la riposte de l’humanité, confortablement installée dans son canapé. On retrouve néanmoins des scènes assez spéciales de l’animé et le doublage rend le tout plutôt immersif. Malgré tout, les scénaristes ont clairement visé les fans car certains enchaînements narratifs sont assez brouillons et on se retrouve d’une map à l’autre sans vraiment comprendre la logique qui se cache derrière. Nous voilà donc lancés dans l’action pure et dure après un petit rappel anecdotique sur l’équipement tridimensionnel que les escouades se doivent de porter, étant donné qu’il est le seul moyen efficace de venir à bout des Titans. Le repas est donc servi ! Mais c’est à notre tour de festoyer et de bouffer du Titan.

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Lui couper la jambe permettra de le clouer au sol

Si vous avez joué aux Dynasty Warriors, vous remarquerez d’emblée le même problème de caméra et de baisse de framerate lorsque les hordes d’ennemis vous encerclent, à tel point que parfois, on en perd de vue le personnage contrôlé. Le style miniature des maps bien délimitées nous rappellent évidemment ces derniers. Mais cela reste positif tout de même puisqu’on se souvient du fun procuré par cette série, toujours dynamique et super bien rythmée. A.o.T, c’est un peu un mini Dynasty Warrior mais dans les airs. Le jeu est dynamique, les phases d’action sont rythmées à merveille et on prend réellement du plaisir à terrasser les Titans. Néanmoins, on s’éloigne quelque peu de la série des Musou (Warriors en Europe) en réinventant quelque peu le jeu d’action à la OMEGA Force. Chaque Titan a plusieurs parties distinctes : ses deux jambes, ses deux pieds et bien évidemment, sa nuque. Si vous avez-vous aussi été attentifs aux cours dispensés lors de la formation des nouveaux soldats, vous savez que le seul moyen de tuer un Titan est de l’attaquer au niveau de la nuque, ce qui l’empêche de se régénérer. Pour ce faire, une paire de lames spéciales est nécessaire. En résumé, il suffit de le trancher à la nuque afin de le terrasser. Mais étant donné que nous sommes de gros sadiques, on passe notre temps à bien lui trancher les deux jambes et les deux bras avant de le terrasser…ou alors le laisser agoniser au sol. C’est sans compter sur le fait que certains se mettent à ramper et à vous choper avec leur mâchoire. (Ouais, il vaut mieux les achever en fait).

Le jeu à caractère beat’em all dans l’âme reprend également un système de crafting qu’on avait déjà pu apercevoir dans Dynasty Warriors 8. Quelques ajouts RPGesques sont donc ajoutés au tout, comme des montées de niveau, du farming de ressources diverses et variées et ce système de crafting, pas très abouti au final puisqu’on ne nous propose qu’un choix limité d’armes pendant la majorité de l’aventure. Il faut attendre la fin du jeu pour qu’il devienne vraiment intéressant. Le jeu n’étant pas difficile, avec des Titans qui font affreusement penser à l’IA peu réactive des D.W., le crafting ne se rend pas indispensable, ce qui est assez dommage dans la mesure où le joueur qui veut juste bourriner du Titan, ira bourriner du Titan sans rien crafter.