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Quitte à subir la fin du monde, autant le faire ensemble, en partageant l’amour du retro, et les moments qui nous ont fait rêver. Remarquez, on pourrait aussi claquer tout notre argent, danser nu dans la rue, donner dans le plaisir orgiaque, mais le risque de se retrouver au réveil ruiné, avec une gueule de bois monumentale et cul nu dans un cellule de dégrisement dans un monde même pas en ruine étant un peu trop présent, continuons dans la thématique initiée la semaine dernière, et explorons une autre façon de forcer le one-lifing, plus pernicieuse dans un sens, avec le magistral Wonderboy In Monsterland, audacieuse perle de l’arcade qui m’a claqué sur place et enseigné la dimension éphémère de l’argent de poche.

TOMAGIQUEWonder1Des musiques tout bonnement magnifiques (le stage d’ouverture avec ses tonalités mystérieuses qui évoquent très directement la quête, la vraie, ou le second stage avec son irrésistible thème sautillant mâtiné d’une pointe de tristesse, que du bonheur…), une dimension RPG finement incluse dans le gameplay, des piécettes cachées en veux-tu en voilà, une gestion du temps qui met juste ce qu’il faut de pression, rien à dire, c’est de l’epic win à tous les étages. Alors quel est le piège ? On avait vu la semaine dernière que Karnov prenait un malin plaisir à vous laisser cul nu à la moindre vie perdue, avec une puissance de feu ridiculement inadaptée à tout ce qui se trouve au delà du premier stage, alors quel coup de p’ti batard nous réserve ce Wonderboy ? On ne le voit pas venir, on commence dans un décor féerique, en culotte (les mauvaises langues rajouteront « couche » devant, et ils n’auront pas tout à fait tort), sur une musique qui ne peut que vous aspirer dans l’aventure, on récupère une épée, on saute pour débusquer les sousous, on tanne le cuir du premier boss, tout va pour le mieux. Arrive ensuite le village peuplé de champignons kawai qu’il faudra néanmoins buter sans remords, toujours sur une irrésistible musique, et acheter les premiers items de votre quête, une paire de bottes, et un bouclier, avec un cruel dilemme, deux prix étant proposés. On verse une larme parce qu’il n’y a plus de sous pour acheter des tornades et des bombes, on se félicite d’avoir chopé le bouclier lorsque les premières flèches viennent vous toucher (je rappelle au lecteur que j’ai à peine 11 ans et une dextérité qui évoque l’absence de pouce opposable, donc sauter au dessus des flèches, on oublie, hein!), on débarque dans une grotte…etc. L’aventure suit son cours, et le souffle épique se déchaîne dans mon coeur, le monde disparaît, il n’y a plus que la Quête.

Tiens, mais ce ne serait pas une fiole, là, à gauche, au dessus du sablier ?

Tiens, mais ce ne serait pas une fiole, là, à gauche, au dessus du sablier ?

Et arrive au bout d’un (tout) petit moment le Chevalier Sauteur (les boss aiment bien sauter dans ce jeu) au pattern casse-burette pour qui a l’absence de dextérité sus-mentionnée, et avec une force de frappe qui fait passer le Champignon Sauteur pour un petit joueur (bon, en même temps, d’un coté un chevalier avec une grosse épée, de l’autre un champignon avec des tout petits bras… ok, c’est normal que le chevalier fasse plus mal en fait). Et il fait mal, le bougre. Je perds toute ma vie, et ô miracle, elle se remplit à nouveau, grâce à une fiole magique! Mais ça ne suffit pas, et je me fais exterminer comme une pauvre bouse, avec encore 6 crédits au compteur. Je clique sur « continuer » après avoir savouré la beauté du thème illustrant votre montée au ciel (pas question de rester sur cette humiliante défaite, quand même, j’ai beau être gauche, je veux savoir ce qu’il y a après!), craignant d’être renvoyé trop loin… Mais non, de retour au début du couloir, avec tout mon équipement, bonheur! …euh, attends voir, y avait pas une potion à cet endroit tout à l’heure ? Mais si, juste au dessus du sablier!! …Ca voudrait dire que… NOoooooooo…!!! Et pourtant si. Après s’être fait retourner comme une crêpe avec pourtant deux barres de vie au compteur (enfin, deux lignes de coeurs tout mignons, en fait), on vous donne une chance, avec une seule, ouééééé, merciiiiii…

Voici donc, après la feinte du « t’as pas réussi avec une machette, mais recommence donc avec un couteau à beurre » de Karnov, une autre façon de pomper les sous de jeunes naïfs un peu gauches, un autre type de coup de poignard, que seuls les maîtres zen (ou simplement les adultes un poil raisonnables, dans ce cas) peuvent contourner, à coup de patience et de volonté de fer, car il faut pouvoir résister psychologiquement à l’implacable décompte post mortem, à cette tentation de reprendre l’aventure là où on l’a laissée. Donc encore une fois, l’option « continue » n’est là que pour faire belle, et la logique qui sous-tend tout ça, c’est que les vrais, ils one-lifent, sinon rien, et ça, c’est de la leçon de gaming, ça vous forme un joueur, ça le marque à vie!

Mais bon, vous n’êtes pas dupes, vous sentez bien que la dénonciation de cette semi-puterie à l’usage des bleus n’est qu’un prétexte pour partager une anecdote concernant un de mes jeux d’arcade préférés, une pure tranche de magie vidéoludique, comme on n’en fait malheureusement plus… Pour ceux qui commenceraient à nourrir des doutes quant à ma capacité de coordination gestuelle, qu’ils se rassurent, j’ai réussi à passer le Chevalier Sauteur, de façon peu élégante, à coups de tornades et autres artifices, mais j’ai vu l’autre coté du mur, plein de bourses garnies à peine camouflées, pour ceux qui arrivent à sauter sans glisser à cause de l’inertie propre au Wonderboy dès le premier épisode…

C’est donc ici que nos chemins se séparent, ô amis du retrogaming, à quelques heures, voire minutes, de la Fin Absolue Du Monde! Si ce dernier survit, je vous offrirai un dernier exemple de vacherie un peu particulier, celui-ci, mais pas moins vachard pour autant, dans sept jours, pas plus, pas moins. (ah merde, y a les fêtes… Bon, on verra du coup!). Dans le doute, joyeuses fêtes, pas trop d’abus, pas trop peu non plus!

toma überwenig