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Un peu plus de deux mois après la Japan Expo Sud, votre humble serviteur que je suis a eu la chance de retrouver les vieilles machines d’Archéoptérix à l’occasion de la seconde édition du Retrogaming Show qui s’est tenue les 26 et 27 mai derniers au Dock des Suds. Reportage.

La grande scène ou le cœur du jeu

Il est pas beau lui !

Marseillais vieux de 31 ans désormais, je ne connaissais pourtant que de nom cette fameuse salle de concert. Au-delà de son aspect underground et un peu sombre, le Dock des Suds a cette particularité de créer une atmosphère conviviale de par sa relative petite taille. Bref, le cadre idéal pour faire une exposition sur le retrogaming dans laquelle quelques bornes d’arcade étaient disposées ça et là. Street Fighter II, ou plutôt sa version Turbo, déjà pierre angulaire du stand d’Archéoptérix lors de la Japan Expo Sud, est ici encore mis en avant et projeté sur grand écran dans la salle principale pour des confrontations amicales ou des tournois. L’occasion de se réjouir de voir ce satané campeur de Guile se faire avoir au Time Out, de retrouver les classiques gammes de mes chouchous Chun-Li et Ryu (les trois Head Stomp pour elle et le combo 3 hits j. HK, cr. LK, LP shoryuken pour lui) et de se surprendre à observer un jeu plus fluide visuellement que manette en main. Sur la scène, des membres du staff organisent un blind-test portant sur des musiques de jeux rétro ou de dessins animés de notre enfance. L’affluence n’est pas énorme mais connaisseuse, et il m’est impossible d’en placer une. Mon amusement est alors grand quand j’entends que Totof a marqué un point! Mais je ne peux m’empêcher, en voyant toute cette bonne humeur et ces interactions avec le public, d’être déçu de ne pas avoir été vraiment impliqué par l’organisateur alors que l’envie de participer et de filer un coup de pouce était grande. Cependant, je tiens à le remercier de m’avoir offert l’entrée.

Les conférences Sony et Nintendo de l’E3 2011 viennent de se terminer. A la clé, l’officialisation de leurs nouvelles consoles au noms symptomatiques d’un phénomène qui commence à poindre : la PS Vita et la WiiU. Premiers jeux présentés : un Uncharted, un Wipeout, un LittleBigPlanet, un ModNation Racer, Street Fighter X Tekken du côté Sony, Ninja Gaiden 3, Batman Arkham City et quelques autres du côté Nintendo.Il y a quelques semaines, c’était à la 3DS d’annoncer ses jeux phares : Street Fighter 4, Ocarina of Time, MGS 3… Entre les deux, une rafale d’annonces dans le genre : Silent Hill remake, ZOE remake, MGS remake, God of War Origins remake, Ico remake, Shadow of the colossus remake, Halo remake … Sans oublier la première fournée (Sly Racoon, Prince of Persia, God of War…) et celle due à la PSP qui arrive bientôt (http://www.le-serpent-retrogamer.org/?p=1753). Le résultat ? MGS 3 chez Nintendo, Peace Walker sur 360, Street Fighter 4 sur console portable. Si rien ne vous choque vous avez beaucoup de chance.

Dans le salon, c’est pas tout rond

D’où vient ce phénomène ? Bien qu’ayant toujours plus ou moins existé, la danse des remakes a vraiment commencé en plein dans le boom du jeu vidéo des années 2005, pile-poil avec l’arrivée du casual gaming, de la DS, Wii, PSP et Smartphone en somme. Nintendo dégaina ses Resident Evil 4, Pikmin et Mario Tennis remakés façon wiimote. Sony poursuivit avec sa fameuse God of War Collection. La suite on la connaît. Une volonté de faire découvrir des grands jeux aux nouveau venus ? L’opportunité de ramasser quelques deniers supplémentaires en offrant une nouvelle vie, voir parfois une nouvelle chance à certains titres ? Un peu des deux sans doute. Et si cette valse des remakes est vraiment bonne pour l’industrie, elle est d’autant désagréable pour nous, pauvres gamers, 25 ans à peine et déjà vieux-cons-nostalgiques, complètement paumé dans tout ce mic-mac, avec tous nos repères qui s’écroulent. Il est bien loin le temps chaque jeu était assimilable à une console précise, représentait une époque donnée, un parfum bien spécifique. Aujourd’hui les exclus n’existent plus, les licences phares s’étalent sur les plateformes et les générations, les DLC et les reboots de vieilles séries courent les rues, la dématérialisation creuse peu-à-peu son nid… Et puis Nintendo nous perd encore un peu plus avec ses générations de console décalées technologiquement et temporellement.