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Ces derniers temps, plusieurs secrets Playhistoriques ont réussi à s’extraire des replis de l’histoire du medium et atteindre les passionnés que nous sommes, pour notre plus grand plaisir. Je vous parlais du code secret de Mortal Kombat il y a peu, mais là, c’est encore plus beau.

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En 1993, quatre suédois développent un shoot’em up sur Amiga 500 qui s’annonce révolutionnaire, Shenandoah : Daughter of the Stars. Rappelons qu’à l’époque, le terme « Euroshmup » n’était pas teinté de honte comme aujourd’hui, mais auréolé de gloire, évoquant des titres majestueux comme Wings of Death. Le jeu est presque terminé, un éditeur est prêt à le sortir, la presse relaie infos et screenshots – certains parlent même d’une démo -, bref, tout semble aller pour le mieux, et le chemin semble tracé pour qu’une perle du genre viennent agrémenter la ludothèque de l’Amiga 500… Jusqu’à ce qu’un drame amoureux vienne tout foutre en l’air, plantant le projet au sol avant même qu’il ait déployé ses ailes.

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Mais en 2015,  l’un des développeurs retrouve la disquette du code-source du jeu perdue dans un carton. Dans un élan de nostalgie, il tente de lancer le jeu, qui fonctionne, malgré les 22 ans tapés de la disquette!! Il décide donc de terminer le jeu, et de le porter sur PC. C’est ainsi que 1993 Space Machine voit le jour sur Steam, après 23 ans d’hibernation avec ses graphismes Bitmap de toute beauté et sa difficulté de derrière les fagots. Difficile de savoir ce qui était là à la base et ce qui a été ajouté lors de cette finalisation, car 1993 Space Machine semble à la fois dans l’air du temps, mais en même temps trop audacieux, trop beau pour être vrai. Mais étant un rêveur naïf, j’ai décidé de croire à ce magnifique conte pour retrogamers. A vous de vous faire votre avis sur la question.

Après une brochette d’éditions qui, malgré leur petit lot de rêve et de promesses (rarement tenues), peinaient à convaincre – que retient-on aujourd’hui de l’édition 2014 (à part Watch_dogs, évidemment…) ? -, allant parfois jusqu’à créer le scandale – le suicide médiatique de Microsoft en 2013 avec son système de jeux liés à la XOne, son prix, sa connexion continue, son Kinect intégré, entre autres boulettes de com’ et de choix accompagnés d’un tacle au niveau du plexus et à pieds joints par un Sony goguenard -, cette année, l’E3 nous claque au sol, nous vend du rêve, assure le show à grand renforts de promesses qui évoquent un futur vidéoludique ensoleillé… Enfin, il serait plus juste de parler de futur antérieur, puisque les moments forts de cet E3 ne sont finalement pas tant les avancées, les nouveautés tant techniques que ludiques, mais bien les fantômes d’un passé dont on avait fait le deuil qui ont été invoqués avec succès par les machiavéliques Sony et leur triplé gagnant! E3 2015 sous le signe du Retour vers le Futur, qui offre un commentaire pertinent sur les intentions des développeurs comme sur les attentes des joueurs, et plus spécifiquement sur leur relation au retrogaming. Vous doutez ? Alors il est temps de lire cet article. Dans l’ordre : un récapitulatif des diverses conférences, une retour sur le triplé gagnant de Sony et ses limites, pour finir sur une redéfinition de la notion de neo retro! Go!

Survol général de l’E3 2015

Jeu de mot tout en finesse, South Park est là.

Jeu de mot tout en finesse, South Park est là.

Bon, Le Serpent Retrogamer, c’est un site de retrogaming – c’est même dit dans le nom du site, hein, je ne vous spoile rien -, alors forcément, on ne va pas trop s’étendre sur le contenu général de l’E3. Vous avez internet, vous vous êtes déjà renseignés, vous savez déjà tout, et vous savez à quel point il y a du contenu! Donc nous, on va se contenter d’un petit récapitulatif sommaire avant d’entamer le nerf de la guerre. Niveau conférence éditeur, parlons d’Ubi Soft pour commencer, comme ça, gratuitement. Et comme à leur habitude, ils ont assuré une conférence jouissive et un peu moins malhonnête – semble-t-il – qu’à son habitude – les downgrades drastiques sur Watch_Dogs ou Assassin’s Creed Unity ont sévèrement entamé la confiance des gamers -, même si la poudre aux yeux est quand même déballée par moments. On ouvre sur un nouveau South Park, une très bonne nouvelle, mais seule annonce à s’écarter un peu du carcan triple A, alors que les années précédentes, l’Ubi Art Frameworks était à l’honneur, avec deux perles « indé » – oui, le terme est carrément galvaudé pour le coup – qui avaient grandement participé à récupérer un peu du capital sympathie entamé par les arnaques sus-mentionnées – Watch_Dogs, tu as teinté les pages de la playhistoire! -. Donc pas de Child of Light et autres Soldat Inconnu au programme cette année, dommage. Sinon, The Division subit un downgrade prévisible mais néanmoins brutal, AC Syndicate par contre rassure en se montrant autrement plus solide que l’année dernière, et presque excitant – surprenant pour un AC, me direz-vous… -, Ghost Recon s’annonce massif et open world, bref, la moyenne est plutôt bonne, finalement.

Dice va-t-il réitérer l'exploit de l'épisode originel et écrire un pan de l'histoire de la New Gen ? la réponse bientôt...

Dice va-t-il réitérer l’exploit de l’épisode originel et écrire un pan de l’histoire de la New Gen ? la réponse bientôt…

Quitte à causer d’Ubi, autant aborder l’Autre éditeur que l’on aime détester, la disgracieuse pieuvre Electronic Arts. Mal rythmée comme à son habitude, la faute aux segments sportifs qui devraient vraiment être traités à part, voire tout simplement virés, EA avait malgré tout pour eux le Pouvoir de la Force. Bah oui, quand on a dans sa poche la carte Star Wars Battlefront, on peut y aller tranquille. Notons quand même le grand retour de Need For Speed pour les fanas de voiture sauce arcade, un joli Unravel qui assurait un vent d’innocence – certes un peu réchauffé, tant les influences sont flagrantes, mais ne nous plaignons pas, ça a l’air plutôt bien! – au sein de ce catalogue burné sauce triple A, et un Mirror’s Edge Catalyst qui s’avère déjà prometteur, mais qui va devoir faire un sacré effort s’il veut ne serait-ce que succéder dignement au dynamisme exemplaire du premier épisode, considéré aujourd’hui encore comme une des plus grandes réussites de sa génération.

Une image qui parle d'elle-même.

Une image qui parle d’elle-même.

Bethesda de son coté a ouvert maladroitement le bal un jour avant tout le monde avec leur toute première conférence, un peu trop sage, mais reposant sur le très attendu FallOut 4 – eh oui, les jeux Bethesda sont massifs et longs à développer, donc ‘y en a pas cinquante, forcément, hein! -, annoncé pour cette année – contrairement à la TRES GROSSE MAJORITE du contenu de cet E3 noyé dans un futur incertain -. Mais on trouvais aussi un Dishonored 2 – mais si, rappelez-vous, Dishonored, probablement la Palme d’Or de la hype la plus vite retombée après la sortie du jeu, malgré les dithyrambes chantés à l’époque par la presse et les joueurs! – qui s’annonce élégant, une vidéo gameplay de Doom, un jeu de cartes Elder’s Scroll histoire de rappeler aux mémoires leur licence phare, et la beta de Battle Cry. Donc quand même de quoi tenir sur la longueur, même si à l’évidence, la raison d’être de la conférence était de pouvoir annoncer fièrement un FallOut 4 qui peinait à convaincre techniquement, et ne parvenait pas à laisser deviner le souffle épique désespéré qui règne sur la licence, focalisant plus sur les mécaniques de gameplay. Le jeu sortant cette année, inutile d’espérer un upgrade technique d’ici là. Néanmoins, la licence a suffisamment fait ses preuves pour que l’on soit plutôt confiant.

La force évocatrice de NieR couplée à l'expérience de Platinum Games... Mmmmmm....

La force évocatrice de NieR couplée à l’expérience de Platinum Games… Mmmmmm….

Square Enix, qui pointe son nez après Sony, s’est fait griller sa carte principale – oui, vous savez de quoi je cause, et oui, je tease dans le vent, et oui, on en parle plus bas! -, mais s’en sort malgré tout plus qu’honorablement – malgré un manque de dynamisme général compensé par le contenu de la conférence – en annonçant du lourd et du moins lourd. Parmi les claque, on compte un certain NieR 2 – le premier était autant une purge technique qu’une perle vidéoludique – développé par Platinum Games, ce qui devrait être suffisant pour que les gamers de bon goût tremblent d’impatience. Forcément, une bonne tartine de Kingdom Heart III vient faire étinceler les yeux des fans – occultant à la volée le remake HD potentiellement dispensable du non moins dispensable KH Chi, à l’origine un jeu de cartes pour navigateurs -, mais Square avait encore en réserve un Tomb Raider alléchant pour les client du reboot de la série, du Just Cause, du Hitman, et un anecdotique mais mignon World of Final Fantasy.

Le retour du "vrai" J-RPG chez Square Enix : rêve ou réalité ?

Le retour du « vrai » J-RPG chez Square Enix : rêve ou réalité ?

Au milieu de ce festival haut en couleurs et en promesses, nous avons eu droit à l’annonce solennelle de la création d’un nouveau studio, le Tokyo RPG Factory, qui aura pour mission la création de « vrais » J-RPGs. Si cette annonce est accueillie relativement froidement, faute de réel contenu présenté sinon les quelques artworks du prometteur Projet Setsuna, ce choix de réaffirmer une ligne directrice claire et apprendre de ses erreurs passées est à mon sens une bonne chose. On sent bien évidemment une volonté ferme de se désolidariser de la purge FF XIII, et le besoin de créer un studio dédié reste dans une certaine mesure un aveu d’échec, celui de s’être perdu en route, de n’avoir pas su réconcilier le genre – qu’ils ont pour ainsi dire créé, et contribué massivement à définir au gré des décennies – et la génération actuelle.

Le prometteur Beyond Eyes.

Le prometteur Beyond Eyes.

Je passe sans vergogne sur la conférence PC, une première pour l’E3, qui a osé une forme plus orientée dialogue, avec ses canapés, ses discussions, ses questions, et ses super cartes graphiques qui devaient être probablement super bien, super puissantes, super chères aussi, entre autres déballage techniques qui devaient faire bander les technogeeks mais qui ont laissé sur le carreau les gars qui se sont arrêté au CPC et au Minitel en terme d’avancées techniques – oui, c’est de moi que je cause, là -. On retiendra que les jeux sont plus beaux sur PC, et qu’il y en a plein! Plus sérieusement, outre StarCraft II qui promet du lourd, Killing Floor 2 qui promet de la tripaille, DayZ qui continue de se vendre comme des petits pains AVANT sa sortie, entre autres annonces, l’intriguant Beyond Eyes, qui sortira aussi sur XOne, promet d’être beau, poétique, et semble prolonger et radicaliser des expériences comme celle de Unfinished Swan, Rain ou Flower, et les génies de la terreur lovecraftienne à l’origine de l’excellent Amnesia remettent le couvert avec un court trailer de Soma. Bref, plein de trucs, mais on n’en causera pas.

On ne reviendra pas non plus sur le fiasco public de Nintendon – et l’événement est détaillé ici-même par la plume de maître de notre Flbond national -, noyé sous un torrent d’insultes bien brutales et qui semble avoir même oublié l’existence de leur propre WiiU, ont carrément négligé dans la foulée de causer du nouveau Zelda, ce qui fait un peu peur, et semblent bien décidés à piétiner eux-mêmes leurs propres licences phares. Non, on en parlera pas, c’est trop triste et on est de grands sensibles… Enfin si, un peu quand même, en fait. Victimes de leur propre modèle de communication, les Nintendo Direct, Nintendo n’avait plus grand chose à lâcher pour cet E3. Certes, les Nintendo Direct avaient été mis en place suite à quelques déconvenues passées proche du fiasco lors de présentations autour de la Wii, mais ça n’avait pas empêché le Géant Rouge d’assurer un E3 2014 honorable tant en terme de rythme que de contenu. Là, après une ouverture en fanfare, les Muppets remplaçant le duel de l’E3 précédent, les étoiles dans les yeux des fans s’éteignirent une à une, au fur et à mesure de ce qui restera dans les mémoires comme l’un des pires moments de l’E3.

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Alors, j’ai eu droit à mon Xenoblade Chronicles X annuel, avec la présence de Tetsuya Takahashi de Monolith Soft, mais vu que le jeu est déjà sorti au Japon et que la sortie européenne en décembre 2015 est annoncée et confirmée depuis quelque temps déjà, ça a quand même une odeur de réchauffé. L’autre annonce qui réchauffe le coeur mais qui a de quoi faire flipper les gaijins en terme de localisation, c’est la présentation du prochain Project Zero, l’une des plus belles licences du jeu horrifique née sur PS2, proposant une parfaite maîtrise des codes de l’horreur nippone, bref, du bonheur à l’état pur. Néanmoins, le dernier épisode développé par Grasshopper pour la Wii n’ayant pas vu le jour chez nous – Nintendo ayant choisi plutôt de sortir un remake du second opus adapté par la même équipe, indéniablement excellent, certes, mais déjà pratiqué par tous les amateurs du genre sur PS2! -, on est en droit d’être inquiets. Quelques bonnes nouvelles restent en mémoire, un Super Mario Maker carrément convainquant, un successeur pour l’exceptionnel Fire Emblem sur 3DS, Fire Emblem If, un crossover entre Fire Emblem et Shin Megami Tensei qui a de quoi surprendre, mais bon, pourquoi pas, un magnifique Yoshi’s Whoolly World, entre autres annonces plus ou moins sympathiques. Mais ce que l’on retiendra surtout, c’est la façon de piétiner l’espoir des joueurs en annonçant un nouveau Metroid pour au final montrer des personnages chibi-SD qui cassent l’ambiance de la série dans un jeu de baballe qui ose en plus s’estampiller Metroid Prime – une pétition pour annuler la sortie de Metroid Prime Federation Force a d’ailleurs été mise en place, c’est ce qu’on peut appeler un message clair! -, ou la violente médiocrité technique du trailer du nouveau StarFox, non, vraiment, on en cause pas, c’est trop triste.

Niveau tristesse, Microsoft se place bien, mais pour d’autres raisons. Grand perdant potentiel au vu, entre autres, des E3 précédents où ils se sont fait piétiner par Sony, frapper à terre et pisser dessus par des vieillards bourrés à la Villageoise – avec en prime le lancement cataclysmique de la XOne et leur absence médiatique depuis l’arrivée de la new gen -, alors qu’on se demandait comment Microsoft allait se faire molester cette année, contre toute attente, la conférence était excellente, avec du beau contenu bien rythmé, une petite farandole d’indés présentés à l’arrache, le nouveau jeu de Keiji Inafune qui fait rêver et qui semble être le second représentant de cette édition du genre « post post apo », ReCore – qui sortira dans un certain temps, un temps ReCore… -, un nouveau Tomb Raider qui tutoie d’un peu plus près Uncharted sur son territoire tout en consommant la rupture mammaire avec son avatar passé, le susmentionné FallOut 4, Halo, Forza, entre autres cartes digne de ce nom. Et bon, une console new gen qui annonce de la retrocompatibilité, ça fait toujours plaisir… Sauf qu’au final, il s’avère que de rétrocompatibilité ça n’avait que le nom, puisqu’il s’agissait simplement de la protoémulation déjà proposée par Sony à un détail près, et de taille : la gratuité, puisque « chez Microsoft, on ne vous fait pas payer pour jouer aux jeux que vous possédez déjà », comme ils disent. Bref, ça partait bien pourtant, et ça aurait pu être la conférence clé, celle de la renaissance… Mais la dure loi de l’E3 en a voulu autrement.

Recore

Recore

TB-blimbComment ne pas trembler d’envie, voire d’émotion pour nous autres les Vieux, devant les images de TechnoBabylon ? Il faut dire que la création de Technocrat Games, sortie le 21 mai 2015 sur GOG.com et Steam, a tout pour plaire : une direction artistique rendant vraiment hommage aux plus belles perles du genre des 90’s à travers des graphismes old school somptueux – sans pour autant forcer le trait en ajoutant des pixels bien carrés partout comme c’est la mode depuis un paquet d’années, hein, je parle d’un VRAI hommage au savoir-faire qui enchantait les décors de l’Ile de Mêlée, ces moments où le mot « art » dans pixel art prenait tout son sens – et qui saura tirer une larmichette aux amoureux de Blade Runner et à ceux qui se sont essayé à l’époque à Beneath a Steel Sky, un gameplay tout à la souris – point’n click old school oblige! -, le tout couplé à des thématiques SF sauce Cyberpunk bien contemporaines mâtinées de roman noir, avec un internet transformé en réalité virtuelle parallèle où l’on peut uploader sa conscience, un monde fleurant bon la grisaille futuriste, la pauvreté et la dystopie, et une intrigue policière à base de mindjacking laissant les victimes des vols de mémoire morts – vampirisme mémoriel ? -.

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Bref, c’est beau, ça fait envie, ça fait rêver! Et comme les développeurs sont sûrs de la qualité de leur bébé, ils nous offrent même une démo jouable disponible sur le site de l’éditeur! Alors on dit juste merci, on essaie, on pleure devant la beauté du jeu et on achète, les amis, on achète! Ou pas, en même temps, c’est vous qui voyez, personnellement, je me contente de prêcher la bonne parole, hein! Allez, j’ajoute une dernière image tirée du jeu, pour le plaisir des yeux, parce qu’à LSR, on a la générosité chevillé au corps!

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Shovel Knight débarque aujourd’hui, après plusieurs mois d’attente, sur l’e-shop Nintendo, et ça fait un bout de temps que l’on attendait sa sortie à LSR, Koreana_ et VengeurMasquay en première ligne! Si, il y a quelques temps, les amoureux du Pixel Sacré devaient se replier sur leurs vieilles consoles, leurs émulateurs et les – souvent excellents – jeux gratuits de sites comme NewGrounds et autres Armorgames, ces dernières années, la donne a changé, avec un regain d’intérêt massif pour le Pixel Art et le retrogaming au sens large. Et autant dire qu’il y a à boire et à manger dans cette avalanche de pixels et d’esthétique 8/16 bits revendiquée. Shovel Knight fait clairement partie du haut du panier, ne se contentant pas de repomper les jeux de la belle époque mais se pointant avec des mécaniques intéressantes et particulièrement en place, notre chevalier se montrant particulièrement inventif dans l’utilisation de son outil – une pelle, pour ceux qui auraient un doute malgré le titre du jeu. Sorti en juin sur PC, WiiU et 3DS aux USA, il avait boudé les plateformes Nintendo dans le reste du monde – Japon compris! -, et nous avions dû jusqu’alors nous contenter de la version PC, si excellente soit-elle. Mais aujourd’hui – littéralement aujourd’hui, le 6 novembre 2014 -, l’affront est réparé, et le chevalier à la Sainte Pelle vient enfin sévir sur l‘e-shop européen, pour notre plus grand plaisir! Si vous n’avez pas encore tâté de ce qui est clairement l’un des meilleurs jeux de puzzle-plateforme-arcade-action de l’année parce que vous êtes allergique au PC, que vous faisiez une sieste, que vous étiez en vacances, enterré six pieds sous terre, en cavale pour vol de Xbox One – non, je plaisante… vol de PS4, évidemment! -, bref, si vous êtes passés à coté de Shovel Knight pour une des raisons pré-citées ou une autre mauvaise excuse de votre choix, voici l’occasion de goûter aux plaisirs du roulage de pelle!

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Dans cette chronique, on a déjà revu des ouvrages analytiques ou thématiques, un artbook et même une émission TV. Manque donc notamment la bande dessinée, même si elle n’était pas forcément prévue au programme. Mais s’essayer quelques pages au graphisme, au scénario et aux répliques de Basse Def, c’est aussi se donner l’envie d’aller plus loin. Et de tenter de traiter des tendres clins d’œil qu’il fait au jeu vidéo et à ses pratiquants.

De l’autre côté du miroir

basse-def-jibéBasse Def, c’est l’histoire de deux potes nerds, Ludo et Simon, qui se retrouvent autour d’un vieux jeu NES que le dernier nommé a dégoté bien entendu à prix d’or, croyant tomber sur LE titre rare que tout bon retrogamer un tant soit peu atteint de collectionnite désire avoir. Le volume débute par des planches classiques, avec un design sympathique mais encore sans grande originalité. Après quelques vannes sur la “bonne” affaire ou Mortal Kombat, et des petits tacles adressés au poncif du pratiquant obsessionnel et éloigné des réalités de la vie, voilà les bougres taquins plongés dans la télé, devenus des participants pixellisés, des sprites, des héros d’un jeu vidéo. Un rêve pour eux devenu concret, qu’ils vont découvrir avec leurs yeux de passionnés et de fins connaisseurs, ainsi qu’avec leurs réflexes et conceptions d’êtres de chair. L’aventure principale, complètement illustrée en pixel art sans bulle mais usant de messages in-game incrustés, peut alors débuter.

La palette de fond est un graphisme 8 bits parfaitement maîtrisé et expressif, quoique plus coloré que ce que la console concernée, la NES, pouvait offrir. Après la surprise première de se retrouver dans la peau d’entités digitales, Ludo et Simon vont alors se lancer dans l’exploration d’un univers tantôt champêtre, tantôt urbain, tantôt galactique. L’occasion donc de battre en brèche et de tester les codes des différents genres de jeu vidéo (RPG, plate-forme, versus fighting, shoot’em up, course) auxquels ils ont pu s’essayer depuis leurCouv_194485 plus jeune âge. Comme par exemple réaliser un Hadoken ou taper des blocs avec leur tête, comme l’illustre Mario, avant qu’ils ne se rendent compte que le foutu plombier les frappe en fait avec… son poing. Ou encore cet aubergiste aux possibilités de dialogues très limitées et répétitives, ces rangées de vaisseaux tournant en boucle et cette mission de sauver la Terre d’une invasion extraterrestre, ou plus simplement cette princesse farouche dans un château. Vous aurez compris l’allusion. Ludo et Simon n’ont donc pas fini de s’emporter devant les réactions de leurs interlocuteurs.

Je suis retombé il y a quelques jours sur cette petite perle de fun qu’est Arcade Aid : The Challenging Stage, croisement absurde entre « Où est Charlie ? », Pictionnary et une cartographie de culture vidéoludique sous forme d’un quizz rien moins que massif concocté par des amoureux de jeux d’arcade (forcément) et du film Tron. 167 noms de jeux vidéo dissimulés dans le décor sous forme d’énigmes plus ou moins retorses, sous un habillage pixel art du meilleur goût. Plein d’humour, parfois bien hardcore, exigeant une culture retrogaming particulièrement pointue et souvent une tournure d’esprit bien tordue, il fallait bien qu’on finisse un jour par en parler dans nos pages, non ? Mieux vaut tard qu’encore plus tard comme on dit chez moi, c’est enfin chose faite! Par souci d’humilité (ou pour éviter l’humiliation), je tairai mon score, car finalement, la vraie question reste : Are You Retro Experienced ?

Bon, et parce qu'on aime le collector par chez nous, voici la photo de l'édition papier limitée et numérotée de Arcade Aid. Ca se marierai bien avec le papier peint de votre gamer's cave, non ?

Bon, et parce qu’on aime le collector par chez nous, voici la photo de l’édition papier limitée et numérotée de Arcade Aid. Ca se marierai bien avec le papier peint de votre gamer’s cave, non ?

Encore un livre sur les jeux vidéo donc ? Oui mais RETRO cette fois-ci. Plus exactement, un livre coopératif en projet qui retrace 25 ans de jeux vidéos en France (De 1987 (l’arrivée de la Master System et de la NES en France) à 2011) !

« En effet, jusqu’à maintenant, la majorité des livres sortis ont traité l’histoire des jeux vidéo au travers des jeux vidéo eux-mêmes. Soit de façon générale, soit de façon pointue sur un titre ou un genre en particulier. »

Déclare le chef de cet audacieux projet, celui a eu l’idée de donnée une version de l’histoire du jeux-vidéo d’un point de vue original, celui de l’actualité française. Un chapitre sera par ailleurs consacré à l’avant guerre Sega/Nintendo avec les premières consoles distribuées en France à la fin des années 70. Voici l’annonce du livre d’après le créateur du projet Darkunfold :Sans titre 1

« Les Jeux vidéo en France : 25 ans de news rétro» vous fera donc revivre une multitude d’annonces, de news ou d’anecdotes autour des jeux vidéo. Des exemples ? L’émission Télévisator 2 avec Cyril Drevet, la création de la société Nintendo France, le train Sega, Mario au cinéma, Sega en Formule 1, le scandale de l’épilepsie, l’arrivée des multitaps sur la Super Nintendo, la manette Megadrive à 6 boutons… et tout cela rien qu’en 1993 ! Je vous laisse donc imaginer le nombre d’informations que proposera le livre sur ces 25 dernières années de jeux vidéo sur consoles (de salon et portables) ! »

A vous donc de soutenir le projet et de commandez votre exemplaire avec la possibilité de choisir votre couverture parmi 5 disponibles. Que demander de plus ? Pour plus d’info sur le livre ou pour en commandez un ici. GL HF.

Sckhrat

Le monde est fou, et peut-être encore un peu plus du côté du Japon. En partant de la légende du « souffle dans la cartouche qui la fait remarcher » (osef de l’humidité, l’oxydation tout ça) ça a donné une magnifique idée à une bande de passionés du site Ugoita. Le résultat : un harmonica électrique (fuck la guitare électrique !) à partir d’une vieille cartouche, pour se la péter devant mémé en soirée de famille et éventuellement draguer de la geekette. Le résultat est au final vraiment sympa !  Et vous, rêvez-vous de souffler à nouveau dans vos vieilles cartouches ?

Bloodevil

Episode #2 – Les Consoles de Salon

Elles sont de retour ! Alors qu’une génération de consoles s’achève pour laisser sa place à la suivante, les Archives Oubliées s’intéressent à la communication qu’en ont fait les constructeurs. De l’Atari 2600 à la XBox One, les errances sont nombreuses, de la vulgaire publicité pour enfant aux essais conceptuels on est passé par plusieurs périodes que vos serviteurs tentent de démêler. Deuxième épisode, même formule, on se donne rendez-vous la première semaine de Janvier pour le troisième volet.

Bon visionnage à tous et comme toujours, n’hésitez pas à commenter !

greyfox0957

12441-ouyaLa Ouya, cette console né du financement made in Kickstarter accueillera quelques temps après sa sortie des émulateurs de console Nintendo. Vrai bonne nouvelle ou hymne au piratage ? A vous de voir. Toujours est-il que cette console, qui tourne sous android, et quiu était, au départ, dédiée aux Free-to-play, devrait permettre aux joueurs de bénéficier d’émulateurs comme EMUya, Super GNES et Mupen64plus, respectivement capables de faire tourner des jeux NES, Super NES et Nintendo 64. Rappelons tout de même, parce que c’est un peu notre rôle en tant que défenseur du jeu vidéo dans son ensemble que, si les émulateurs n’enfreignent pas la loi en tant que tels, il faut posséder un jeu sur son support original pour ne pas tomber dans l’illégalité. Mais avouons que sur la totalité des joueurs sur émulateurs, la très très très grande majorité n’ont plus la cartouche d’origine. Concrètement, et voici pourquoi le coup de gueule, il s’agirait alors d’un manque à gagner pour Nintendo, qui propose des versions officielles de ses jeux via son programme de console virtuelle, qui certes, nous arnaque un peu de temps à autres, mais c’est un autre débat. Bref, oui au rétro, mais non à l’illégalité ! Espérons qu’un accord légal sera vite trouvé afin de faire basculer ce coup de gueule en coup de coeur