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Bienvenue dans la chronique qui sacrifie des boucs noirs et des bébés chats en l’honneur des dieux vidéoludiques anciens et nouveaux. Et aujourd’hui, ce sera un moment tomagique un peu spécial puisque j’ai décidé de me taire pour parler de Captain Blood.

TOMAGIQUEcaptainbloodjacketParfaitement, me taire, car Captain Blood ne parle pas, et réussit pourtant à communiquer. Avec les extraterrestres qu’il rencontre lors de ses pérégrinations dans de nombreux canyons, certes, mais aussi avec le joueur, car si vous voyez à travers ses yeux, jamais il ne disparaît complètement, toujours présent, telle une entité cosmique flottant au delà de l’existence et du langage. Ceux de ma génération auront certainement découvert Captain Blood trop tôt, troublés par ce jeu qui ne ressemble à aucun autre. Trop tôt pour capter les implicites du jeu (et mon refus systématique d’ouvrir une notice s’est avéré ici à double tranchant, ménageant le mystère et la poésie du jeu, mais me donnant quand même l’impression d’être cul nu devant un classe en train de tenter de réciter une leçon non apprise), trop tôt ne serait-ce que pour prononcer correctement le titre, qui sera à jamais « captain bloude » dans ma mémoire et dans mon coeur, mais finalement, c’était peut-être une bonne chose, se retrouver complètement perdu, dépaysé, d’un coup, de façon presque brutale, apprendre à la dure que le jeu vidéo ça pouvait aussi être ça, une expérience entière, unique, qui vous dépasse, un mystère plié sur lui même, un moment de solitude et de béatitude dans un univers bien trop grand pour vous, aride et magnifique à la fois.

TOMAGIQUEcaptainbloodcanyonDonc non, je ne parlerai pas de Captain Blood, car il mérite mieux que ça, il mérite le silence et la contemplation respectueuse et illuminée, car le jeu est un moment de magie qui ne peut qu’être souillé par les mots. Et là, certains se diront « mouais, ce serait pas plutôt pour torcher vite fait sa chronique qu’il fait le mec qui ne trouve pas ses mots », et là je répondrais « euh, non non, et pis d’abord je fais ce que je veux, je suis pas payé au caractère, si, et tu as vu les pavés que je ponds quand je fais des critiques, alors j’ai bien le droit de faire un petit texte court une fois de temps en temps, merde, et t’es qui, toi, d’abord, si ça se trouve, tu t’es perdu ici à travers une recherche qui a mal tourné, tout ça parce qu’il y a le mot « cul » dans ma chronique, alors tu fais pas le malin, ok, je te vois, je sais qui tu es, j’habite dans ta maison, je squatte ton lit, je regarde ta télé, je suis partout, je… ». Oui, je pourrais répondre ça. Ou je pourrais me taire, comme je l’ai promis à la base. Et ça me paraît bizarrement une meilleure idée.

TOMAGIQUEcaptainbloodRendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig

Après de longues années d’attente, la franchise Hitman est enfin de retour, bien décidée à s’imposer en tant que nouvelle référence en matière d’infiltration comme ses prédécesseurs avaient pu le faire en leurs temps. C’est ainsi que l’énigmatique et charismatique agent 47 revient pour une mission qui s’avèrera être bien plus qu’un simple contrat pour notre tueur à gages…

Une affaire personnelle

47 est de retour, et il ne vaut mieux pas l’embêter.

Après de longues années à travailler pour l’Agence, 47 se voit confier une mission qu’il n’est pas prêt d’oublier : éliminer Diana Burnwood pour sa trahison en vers l’ICA (l’autre nom de l’Agence). Une mission qui n’a rien à voir avec les précédentes même si notre tueur à gages essaie tant bien que mal de se convaincre du contraire. En effet, Diana est probablement la personne que 47 respecte le plus et probablement ce qu’il peut considérer comme sa seule amie. Et les faits qui suivront cet ordre de mission n’auront comme unique conséquence que de retourner 47 contre son employeur pour ce qui deviendra rapidement une affaire personnelle… Bref, une base scénaristique bien différente et plus développée que ce que nous avons pu découvrir dans les épisodes précédents, où notre agent sortira complètement du cadre habituel du « contrat ». Et le résultat se révèle plus que probant, notamment grâce à une myriade de personnages tous plus déjantés les uns que les autres, flirtant avec un certain esprit « tarantinesque » avec brio. Nous pouvons ainsi citer à la pelle, un vieux et riche texan avide d’argent et de pouvoir, un shérif zélé, une pseudo-bande de loubards écervelés bloqués dans les années 70 ou encore les fameuses « Saintes » qui marqueront à coup sûr l’aventure. S’ajoute à cela le charisme légendaire de 47 qu’il sera encore moins bon pour ses adversaires de croiser vu la tournure des évènements et une mise en scène haletante dans certains passages de fuites inattendues ou d’éliminations insolites et vous comprendrez aisément que le scénario de ce « Hitman Absolution » va bien au-delà du simple prétexte à un jeu dont le plaisir pur et simple de l’infiltration a toujours été la grande force.