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Si vous avez plus de 23 ans, vous avez sûrement connu les joies de la 2d et le passage mémorable à la 3d avec l’avènement de consoles dédiées à ce support : Playstation, Nintendo 64, Dreamcast. Pour le pire comme pour le meilleur, d’ailleurs. Car des séries qui se sont cassées les dents lors de cette alternance de génération, on en compte des dizaines. En revanche, parmi celles qui ont réussi à adapter leurs qualités ludiques à une toute nouvelle conception du Jeu Vidéo, on en connaît encore de nombreuses qui figurent toujours dans les rayons des magasins et certaines sontaujourd’hui encore considérées comme les plus emblématiques du genre vidéoludique. C’est dire si la performance a marqué les joueurs à cette époque et qu’aujourd’hui encore, ils sont redevables aux concepteurs d’avoir matérialiser leurs rêves dans un monde en trois dimensions. Je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur ce sujet qui pourrait faire l’objet d’un dossier à part mais parmi ces merveilles, un titre a gravé au fer rouge son empreinte dans ma mémoire. Etant nintendomaniac de naissance, je n’ai pas échappé aux dommages collatéraux qu’a provoqué l’explosion de Ocarina of Time sur Nintendo 64.

Hyrule Prend Du Volume

La merveilleuse Forêt Kokiri d’où se dégage une impression de magie unique.

Je vous remets dans le contexte. J’ai seulement 8 ans à l’époque, GameOne n’existe pas encore, Marcus ne présente pas son émission fétiche et ma culture du milieu du Jeu Vidéo se limite donc aux quelques jeux qui me font passer le temps sur ma Super Nes : Donkey Kong, Super Mario All Stars, The Legend of Zelda : A Link to the Past…Tiens, justement en parlant du loup, j’avais ouïe dire que sa suite serait adaptée sur la nouvelle console de la firme du Big N et à l’époque, je n’arrivais pas à concevoir à quoi pouvait ressembler ce dernier tout en 3d. Autant vous dire que j’étais particulièrement excité à l’idée de voir débarquer chez moi cette cartouche alors que je ne savais pas du tout à quoi je devais m’attendre. Et c’est quand vous voyez pour la première fois Navi la Fée se déplacer le long d’un couloir menant à l’Arbre Mojo et pénétrer dans une forêt merveilleuse, immense ( pour l’époque ) que vous comprenez enfin à quoi peut ressembler un Zelda avec du volume.  Une impression grandiose se dégage d’un univers magique, propre à séduire les yeux les moins habitués à une technologie qui avait déjà fait ses preuves mais dont les inspirations préféraient les nuances de gris au vert enchanteur de la Forêt Kokiri. C’est aussi l’occasion de voir pour la première l’ami Link de haut en bas, de gauche à droite, avec une épaisseur, des expressions faciales certes sommaires mais qui suffisait à donner de l’ampleur à un personnage qui pourtant fait partie des plus livides de l’Histoire, même s’il s’agissait d’une constante propre à beaucoup de héros emblématiques des débuts. Ce dernier fait d’ailleurs preuve d’une étonnante agilité. Il est désormais capable de sauter, chose qu’il ne pouvait faire sans aide d’une plume auparavant, de faire des pas de côté afin d’éviter les coups portés par les ennemis et de se battre comme un homme, un vrai, l’épée en main, de frapper sur les flancs ou viser la caboche… Bref, notre petit elfe est un véritable épéiste aguerri.

Ocarina fait nous (re)découvrir Hyrule !

L’arbre Mojo va annoncer sa mort imminente…

C’est donc avec Ocarina of Time que le monde de Zelda prenait un vrai poids. Là où je m’amusais à tourner en rond dans Hyrule dans A Link to the Past, profitant de la grandeur de l’espace, la première mouture N64 permet de voir la hauteur des monuments, d’apprécier la majesté d’arbres centenaires capable de raison et de dialogue, d’admirer les eaux d’un lac source des plus grands secrets d’une mythologie naissante, commençant à prendre forme par le biais des légendes contées par les différents personnages que vous croiserez durant votre aventure. Evidemment, le jeu reprend la formule qui a fait le succès de la saga à travers les âges. Vous contrôlez toujours un héros chargé de traverser le pays d’Hyrule de fond en comble, d’explorer des donjons chargés en monstres mais aussi en trésors à la valeur inestimable dont les fameux équipements (arc, bombes, grappin…) qui vous permettront de découvrir des zones d’apparence inaccessible. Ce voyage autour du monde est d’ailleurs le prétexte pour s’aventurer dans des lieux toujours aussi extraordinaires, peut-être plus encore tant une certaine magie se dégage de l’univers de Ocarina of Time. Il est vrai que s’enfoncer dans un volcan en éruption, nager au coeur d’un temple caché au fond d’une source, pénétrer dans les ombres les plus noires des terres ou traverser le désert mythique et impitoyable du peuple Gerudo, tout cela à de quoi griser le joueur plus habitué à dégainer un flingue et à prendre en joue des militaires chargés de surveiller une station abritant une bombe atomique, par exemple.

L’Aventure Moderne

Les boss d’Ocarina font parti des plus réussis de la série.

Comme à son habitude, Nintendo a conçu sa dernière console pour exploiter au mieux les possibilités proposées par ses licences phare comme Super Mario 64. Autant vous dire qu’ils ont réussi à reprendre les spécificités de la manette à trois branches pour offrir la meilleure maniabilité possible par rapport à d’autres jeux. GoldenEye, par Rareware, était parvenu à profiter des caractéristiques de ce pad, Ocarina of Time en fait tout autant en proposant cette fois-ci ce qui va servir de standard ou de référence à beaucoup d’autres jeux de ce style, des titres avant tout basés sur l’exploration, la résolution d’énigme… L’aventure, quoi ! Beaucoup se sont demandés à quoi pourraient bien servir ces quatre pauvres boutons jaunes sur la droite. Et bien, c’est tout simple, à chacun d’entre zux, affiliez une arme de votre inventaire et vous aurez la possibilité de très vite switcher entre les équipements pour accomplir sans pause intermittente une énigme exigeante ou d’abattre un boss pour lequel l’usage de plusieurs de ces objets est nécessaire. Pour recadrer la caméra derrière soi, rien de plus simple, une petite pression sur le bouton Z situé à l’arrière de la manette. Mais là où l’on voit l’ingéniosité des concepteurs, c’est dans le système de combat. Je ne sais pas si le lock on a été inventé avec Ocarina of Time en tout cas, c’est depuis cette version qu’est démocratisé un principe qui sera repris quasi-systématiquement dans beaucoup de jeux d’aventure et d’action. En quoi consiste-t’il ? Avec un bouton de tranche, vous ciblez un adversaire que vous ne quitterez dès lors plus des yeux. Vos coups vont directement s’orienter vers l’ennemi ce qui propose un très grand confort de jeu durant les combats.

Une Longue et Belle Légende

Non, encore lui !!!

Mais se focaliser sur le gameplay et l’aspect technique de Ocarina of Time serait une insulte au lyrisme naissant des jeunes adolescents que nous étions, bercés par l’impression de grandeur que dégageait ce volet révolutionnaire de la saga. Qui n’a jamais été émerveillé durant la traversée de la vaste plaine d’Hyrule à dos de cheval ? Ce sentiment de liberté n’a encore jamais été reproduit dans mon esprit et ne le sera sûrement jamais, à mon plus grand regret. Et puis, ces musiques ! Koji Kondo est encore une fois à la baguette et Dieu sait que ce compositeur est bourré de talent. Que ce soit le chant du Moulin, celui de Saria, le thème des Gerudos ou de l’Arbre Kokiri, tant de partitions bercent encore mes oreilles. Aujourd’hui, on dirait des personnages que leur background est nul, leur caractère inexistant, leur intérêt imperceptible. N’écoutez pas ces gens là. Jamais Zelda n’a conquis pour la personnalité des seconds couteaux mais en attendant, Sheik, Darunia, le chef Goron, et Ruto, la fiancée Zora, font désormais partie de la légende de la saga, et malgré leur minimalisme, l’enfant que j’étais est ravi de revoir ces compagnons là, tous liés de près à l’aventure de ce cher Link.

A retenir

De toutes manières, Ocarina of Time reste et restera un jeu « culte ». Je le concède, le mot est utilisé de manière bien trop fréquente. Mais je pense que s’il y a un titre que je devrais emmener avec moi sur une île déserte, c’est bien celui-ci. Je m’excuse d’avance auprès de ceux qui attendent un vrai test de cette oeuvre magistrale mais quel est l’intérêt de rejuger la qualité d’un titre qui commence à graphiquement dater ? Aucun. Si ce n’est que tout y est extraordinaire : l’ambiance merveilleuse qui se dégage de ces lieux grandioses, ses musiques magnifiques et mémorables, ce gameplay aux petits oignons, encore précis de nos jours… Il n’y a pas grand chose à rajouter si ce n’est que Ocarina of Time aura su marquer cette période majestueuse et malheureuse de la transition 2d – 3d avec une très grande habileté, emportant la saga dans un nouveau monde, un monde où cette flûte vectrice de souvenirs nous rappelle que fut un temps, le meilleur jeu d’aventure sévissait sur Nintendo 64. Pour le plus grand bonheur des fans de cette époque… et la plus grande impatience de ceux d’aujourd’hui.

Informations sur le jeu

Plateforme : Nintendo 64 – GameCube, 3DS

Genres : Zelda like – Action aventure

Développeurs : Nintendo

Éditeur : Nintendo

Date de sortie : Décembre 1998

Mythique

 

Sirocco

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L’ami Mario a clairement animé les plus belles pages de la jeune Histoire du Jeu Vidéo. Référence de la plate-forme 2D avant de s’approprier la 3D à partir de la Nintendo 64, le plombier le plus célèbre du monde s’est autorisé de petites vacances sur DS en 2007, occasion de revenir à ses premiers amours et d’évoluer de nouveau sur un seul plan seulement. Et il le fit avec réussite. Le jeu remporte un franc succès autant auprès des joueurs que des critiques, qui apprécient le plaisir simple de sautiller, d’écraser des goombas et d’envoyer quelques boules de feu de temps en temps. Ce titre connaîtra une suite sortie, elle, sur Wii, New Super Mario Bros. Wii, qui à défaut de véritablement enrichir la formule offre la possibilité de jouer à 4, pour le plus grand plaisir des bandes de potes qui ne se gêneront pas pour se poignarder dans le dos en toute bonne humeur.

Est-ce dans les vieux pots… 

Mais là, on touche peut-être à la limite de la formule avec New Super Mario Bros. 2. Et si le jeu se catapulte d’ores et déjà aux sommets des ventes, on ne peut s’empêcher de regretter l’impression de déjà-vu qui pollue clairement le plaisir de jouer à un titre du genre. Soyons néanmoins honnêtes, ce troisième Mario de la nouvelle génération 2D demeure toujours un modèle de maniabilité; un modèle de précision, un exemple de richesse de gameplay avec ses nombreux passages secrets, ses multiples objectifs annexes, Clairement, le jeu obéit au cahier des charges des très bonnes expériences de plate-forme et tout cela pour notre plus grand plaisir. Mais n’attendons-nous pas plus d’un jeu qui arbore sur sa cartouche la casquette du plus connu des héros du Jeu Vidéo ? Sûrement. Car si NSMB2 est bon, rodé, huilé, il n’offre cependant aucune surprise. L’épopée ressemble cruellement aux précédentes, avec ses huit mondes et les quelques niveaux qui les composent, avec ses ambiances visuelles et esthétiques sympathiques mais déjà vues, déjà connues et qui plus est, beaucoup moins séduisantes que celles d’un Super Mario World (SNES/1990) et d’un Super Mario Bros. 3 (NES/1988). Et ce n’est pas la présence des innombrables pièces dorées, argument mis en valeur lors des diverses présentations du jeu, qui va convaincre un acheteur qui trouvera l’idée légère et qui ne sortira pas cette fois-ci sa carte bleue sans réfléchir.

First

Le PC a toujours accueilli des genres de jeux très particuliers et parfois uniques au support, inséparables du fameux duo clavier et souris. Tous ne connaissent pas nécessairement un grand succès commercial mais il arrive souvent qu’ils marquent une génération, parfois oubliée, certes, mais toujours présente et suffisamment active pour vous rappeler qu’ils existaient et que franchement, c’était cool. On pense notamment au hack’n slash qui bien que peu répandu, retrouve quelque peu ses lettres de noblesse avec des titres tels que Diablo III et Torchlight II. En revanche, on songe beaucoup moins à ces jeux de stratégie en temps réel, narratifs et centrés sur uniquement quelques personnages et non pas une armée comme vous auriez pu le croire en lisant ces premiers mots. Des jeux tels que Desperados : Wanted Dead or Alive ou Commandos ne vous rappellent-ils vraiment rien ? Bon, je sens qu’une petite explication s’impose.

Bons et Durs

"Dans la brume électrique"

« Dans la brume électrique ».

Tout d’abord, commençons par les évidences, il s’agit d’un genre disparu aujourd’hui car quelque peu élitiste. Soyons clair, à partir du moment où vous relancez dix à cent fois une sauvegarde pour tenter de terminer la mission imposée, on ne peut qu’affirmer qu’il s’agit là d’expériences difficiles pour ne pas dire traumatisantes.Car oui, ces jeux sont durs, tout simplement parce-que leur gameplay est assez exigeant. Ce sont en général des titres qui nécessitent de gérer plusieurs personnages simultanément sans pourtant profiter de la souplesse d’un jeu d’action. Souvent en 2D isométrique, accompagnés de sympathiques graphismes dessinés au crayon ou au pinceau pour attirer  tout de même le chaland, ces titres là pouvaient en effet maintenir le joueur en dans un état de tension avancé pendant de longues minutes, des heures parfois, pour ne pas vous mentir. Ici, pas d’esquives, pas de tirs instantanés, tout ça, c’est pour les débutants.

Non, il est nécessaire de préparer vos actions à l’avance tout en gardant un oeil sur ce que vous réalisez au même moment. Et si les premiers niveaux vous paraissent faciles, c’est que vous ne contrôlez qu’un ou deux personnages. Dès lors que quelques compagnons rejoignent votre équipe, la récréation est terminée. Faire avancer le premier tout en autorisant le second à faire diversion pour permettre à un troisième de se cacher sans se faire attraper par la garde ou éveiller l’attention de bruyants civils, voilà le genre de tactiques qu’il vous faudra mettre en oeuvre pour traverser sans encombres une zone bourrée de soldats prêts à vous sauter dessus. Ajoutez à cela le fait que votre barre de vie n’est qu’un détail esthétique pour vous rappeler que quelques balles suffiront à abattre votre protagoniste, sachant que sans lui et ses capacités propres, vous ne pourrez accomplir votre mission, et vous aurez un aperçu du challenge que vous vous apprêtez à relever. Oui, ces jeux là sont impitoyables, oui, ces jeux là vont tester votre patience et mettre vos nerfs à rude épreuve. Mais le plaisir demeure car le joueur qui aime l’infiltration ne peut que jubiler devant ces expériences qui vont exiger de sa part technique et anticipation. Bref, on peut vraiment avouer que ces titres là sont uniques, très calibrés et ne connaissent pourtant de nos jours que très peu de reconnaissance.

Cover

Vous ne le savez peut-être pas mais XCOM est une vieille série. Et ouais. Ca vous en bouche un coin, n’est-ce pas ? En attendant, elle n’était plus très connue du fait qu’elle est tout d’abord l’une des très rares représentantes de son genre, que les derniers épisodes dataient déjà de quelques bonnes années et que son ambiance n’est pas spécialement « glamour ».Pourtant, ce titre là à la saveur de ces jeux typiques du PC, au gameplay si spécifiques et qui ne plairont qu’à une certaine tranche de joueurs, tout simplement car il s’avère très particulier et pas particulièrement vif. Vous allez vite savoir pourquoi.

Back to the 90’s

Alpha Tango Charlie !

Alpha Tango Charlie !

Remettons les choses dans son contexte, XCOM n’est pas sexy et ne l’avait jamais été dès lors. Baignant dans son ambiance SF plus orientée vers la série Z que par le style plus léché d’un Star Wars, ce n’est pas l’esthétique qui séduira ni ses graphismes d’un ancien temps. Car oui, cela fait longtemps que la mode de l’alien aux yeux en amande et du trio de couleurs bleu/violet/vert ne séduit plus. Beaucoup trouveront ça moche, et on ne pourra pas leur donner véritablement tort, d’autres révéleront leur nature d’indécrottable optimiste en affirmant que cela sent bon le mauvais goût, argument que l’on ne peut pas non plus réfuter, quand on s’y attarde. Mais tout l’intérêt de XCOM Enemy Unknown n’est pas véritablement dans son apparence. Non, il demeure dans son gameplay proche du tactical rpg où l’on contrôle une équipe de soldats spécialistes de la chasse à l’envahisseur extra-terrestre plus rigolo que terrifiant. Un gameplay au tour par tour où il sera nécessaire de mesurer les distances de déplacement de vos personnages pour optimiser à la fois les chances d’attaquer avec précision, sans se prendre trop de contre-attaques dans le buffet. Car oui, toute la difficulté réside dans cette absolue nécessité de peser les risques que vous prenez à chaque action, d’autant que chacun des membres de votre escouade n’obéira pas forcément aux mêmes règles. Ne vous avisez donc pas de placer vos snipers en première ligne, ni d’éloigner vos équipiers de soutien trop loin des tanks, par exemple, car un mauvais calcul peut être vite puni par un tir de laser violacé particulièrement violent.

Le Jeu Vidéo est connu pour sa faculté à reprendre bien plus souvent qu’ailleurs un même nom pour identifier de nouveaux jeux. Dans l’opération, on conserve la plupart du temps le gameplay et l’essence du titre original. Si l’on connaît de très grandes sagas emblématiques du média, d’autres plus discrètes persistent cependant et remportent un succès régulier assez inexplicable, parfois même plus important que ces suites réputées. Koei a très bien saisi cette idée d’ailleurs. Depuis 1997, chaque année a son lot de Dynasty Warriors,  jeu unique en son genre, dit de « Musou » dont le but est très simple : incarner un héros aux pouvoirs plus ou moins légendaires et débarrasser de vastes cartes des nombreux opposants qui peuvent s’y balader. Rien de plus.

A l’assaut !

Mais qu’est-ce qui fait le charme de cette série ? Tout d’abord, sa grande originalité est de situer l’action au cœur des guerres dynastiques chinoises. Evidemment très exotiques pour nous occidentaux, la Guerre des Trois Royaumes est une période historique située au IIIe siècle après JC qui a aussi fait l’objet d’un célèbre roman chinois intégré au foklore et où les différentes figures de l’ère deviennent mythes aux capacités extraordinaires et porte-étendards de nations qui vont s’affronter farouchement pendant une quarantaine d’années. Dynasty Warriors n’a donc fait, à l’image du cinéma asiatique, que rendre ses personnages surhumains, capables d’anéantir à eux seuls des armées entières et mettre en place des rivalités destinées à terminer en batailles épiques. Par conséquent, le héros que vous incarnez, suivi par une caméra située dans son dos, avance sur le champ de bataille, équipé d’armes plus ou moins devenues légendaires, abat à partir de simples combinaisons de coups des bataillons entiers de soldats adverses. Tout bêtement. Simple comme bonjour, le principe s’illustre néanmoins par sa grande simplicité d’accès et par le fun qu’il procure. Se résumant à presser le même bouton constamment pour tenter de mettre au sol le plus d’adversaires possibles, les Dynasty Warriors ont clairement trouvé leur public, toujours ravi de se défouler pendant une quinzaine de minutes et de vivre les pérégrinations des stratèges inconnus devenus iconiques. Que ce soit Cao Cao, Zhuge Liang, Lu Bu, tout ces noms sont jouables dans la série de Koei et donnent aussi beaucoup de corps et de caractère à des jeux dont l’essence n’a jamais été véritablement reproduite en Europe. En son genre,  Dynasty Warriors est un véritable monopole. Complets, jouissifs et amusants, les titres intègrent à chaque nouvelle version quelques subtilités destinées à enrichir l’expérience. Néanmoins, ces dernières ne sont jamais de nature à justifier l’achat d’un titre neuf, très similaire à son prédécesseur et qui se démarque simplement par un contenu plus important, que ce soit en personnages, en missions ou en modes de jeux. Toutefois, la saveur demeure, le plaisir reste le même et visiblement, rencontre toujours le même succès malgré le manque d’innovation que l’on peut constater.

Dynasty Warriors est une série unique en son genre, ça, il me semble vous l’avoir dit plus tôt dans la semaine. Cela ne l’empêche pas de connaître des déclinaisons. Si Gundam a déjà fait l’objet d’une adaptation par Koei, ces derniers savent aussi s’inspirer d’autres sources historiques pour mettre au monde des simulations de guerre à grande échelle. C’est là qu’intervient les Warriors Orochi, où le centre de l’action n’est plus la Guerre des Trois Royaumes. Les héros ne sont pas que Chinois mais aussi Japonais voire issus d’autres licences de l’éditeur, le tout pour créer un bon gros melting pot comme seuls les Nippons savent les faire.

总是相同的 (Toujours la même chose)

En revanche, ce n’est pas parce-que le cadre change que la série en profite pour faire un virage serré. Loin de là. Vous incarnez encore et toujours une figure historique ou fictive chargée de remporter des batailles à grand coups d’épée, de lance, d’éventail ou je-ne-sais-quoi, tapant cette fois-ci sur des démons grisâtres errants sur de vastes terrains propres aux batailles plus épiques les unes que les autres. A ce niveau là, peu de choses ont changé. Le jeu reste fluide mais pas graphiquement surprenant, les centaines d’adversaires vous affrontent toujours chacun leur tour, osant le 36 du mois une attaque vite punie par une magie sortie de nulle part, les batailles demeurent toujours intenses le temps d’un bon quart d’heure de plaisir et la durée de vie frôle elle aussi la bonne vingtaine, voire plus si vous souhaitez accomplir toutes les missions qui se débloquent lors de votre progression. Rayon nouveautés, pas de quoi s’extasier,malheureusement. La pauvreté des menus ainsi que leur manque de clarté assure une déprime anticipée du joueur déjà acquéreur de la précédente version, c’est une évident. Et en gros, exception faîte du mode scénario correct, pas grand chose à se mettre sous le dent, pour ne pas dire rien. Les possibilités d’améliorer les caractéristiques de son personnage fétiche ainsi que son équipement sont toujours là mais il est nécessaire d’avouer que cela ne renouvelle pas l’intérêt, loin de là. Ce n’est pas non plus la gestion complexe des relations entre les différents personnages qui va saupoudrer cette troisième itération d’une once de plaisir, bien au contraire.

结论 (A retenir)

Toujours répétitif, esthétiquement peu inspiré, avec son contenu très pauvre et un principe aujourd’hui défriché depuis bien longtemps, Warriors Orochi 3 n’apporte strictement rien à la série. Seule lueur d’espoir, si vous aimez le concept et que vous n’avez pas assouvi vos envies de génocide « vidéoludique » depuis un petit moment, peut-être que faire l’acquisition de cette version pourrait sembler une bonne idée. Mais franchement, hormis dans cette situation, je ne peux que vous recommander de passer votre chemin.

Informations sur le jeu

Plateformes : Xbox 360 – PS3

Genre : Beat’em all

Développeurs : Omega Force

Éditeur : Tecmo Koei Holdings

Date de sortie : Septembre 2011

Sirocco

Je vais pas vous mentir, la belle époque des micro-ordinateurs et des disquettes de seulement 4 Mo, je ne l’ai pas connue. Mais ce serait une erreur de faire abstraction d’un temps qui a donné ses lettres de noblesses au jeune média qu’est le Jeu Vidéo. Et si certains titres paraissent injouables ou obsolètes, nombre d’entre eux parviennent encore aujourd’hui à tenir le joueur en haleine.

Kampfkohlrabi

Les point’n click, pour la plupart d’entre eux, conservent encore un charme indéniable, surtout s’ils ont bénéficié du savoir-faire de LucasArts en la matière. Car oui, les Maniac Mansion, Indiana Jones, Day of the Tentacle demeurent encore aujourd’hui des grands classiques. Humour, esthétique, histoire, tout les ingrédients sont là pour faire de ces aventures de très bons moments à passer devant un écran. D’ailleurs, certains profitent d’un petit coup de lifting pour faire parler d’eux.

Rulzdemol

The Secret of Monkey Island Special Edition fut pour moi l’occasion de goûter à ces expériences devenues trop rares aujourd’hui et qui pourtant demeurent extraodinaires. Aux commandes d’un pirate stupide et intrépide, vous parcourez les sept mers à la recherche de je-ne-sais-quel trésor, pourchassé par un capitaine fantôme, à profiter des célèbres duels d’insultes, à résoudre des énigmes qui ne semblent avoir aucun sens, à croiser des autochtones frugivores, j’en passe et des meilleures…

Toadboue

Sirocco

Cessons de parler de retrogaming pour une fois et attardons nous plutôt sur une merveille d’esthétique sortie il n’y a pas si longtemps : Child of Eden. Le dernier titre de Mizuguchi suit les traces de son aîné, Rez, connu pour deux choses, deux éléments complémentaires et parfaitement associés. Pour la musique, c’est à Elemuse qu’il faut s’adresser et suivre sa petite chronique tout les jeudi. Un petit coup de pub’ ne fait pas de mal.

En revanche, pour ce qui est de l’esthétique, c’est votre humble serviteur qui s’apprête à louer les travaux de la direction artistique. Et il faut avouer que de ce côté là, c’est incontestable, Child of Eden séduit grandement. Tout d’abord par ses environnements mêlant à la fois tout ce qui fait la beauté d’un décor naturel ou urbain et les couleurs surréalistes que l’on ne trouve seulement qu’au coeur de l’infiniment grand.

Un trip’ sous acide, un vol plané par LSD, ces éclairs de teintes flashys ravissent la rétine d’un joueur hypnotisé par l’irréel suscité par une telle oeuvre. Je ne suis pas ici pour faire un test tout bête du jeu mais franchement, à l’occasion, insérez cette galette dans une console et profitez de l’expérience. Vous ne la verrez pas si souvent, je vous le certifie.

Sirocco

 

Les grands amateurs de la 2d connaissent forcément les travaux du très talentueux studio Vanillaware, créateurs de titres tels que Princess Crown, GrimGrimoire, Muramasa. Des jeux réputés pour leurs graphismes somptueux et une esthétique merveilleuse. Mais l’œuvre la plus connue du développeur japonais demeure tout de même Odin Sphere. Sorti en 2007 sur l’archipel et aux Etats-Unis, un an après en Europe, le jeu a charmé des joueurs très intrigués à tel point qu’une certaine aura s’est dégagée autour du deuxième titre de Vanillaware, une aura digne de celle qui fait les grands jeux, voire les jeux mythiques. Pourtant, après avoir presque terminé l’aventure, je ne peux m’empêcher de ne pas adhérer à ce point de vue. Odin Sphere a certes des qualités incontestables mais de nombreux points noircissent une expérience pourtant grisante. Explications.

A l’ancienne

Commençons par le commencement. Odin Sphere est un beat’em all (up, pour les puristes) saupoudré d’éléments propres aux RPG. Votre seul et unique objectif est donc de progresser au gré des tableaux et d’abattre tous les adversaires qui se présentent sur votre chemin. Tout simplement. Votre mérite au combat est gratifié par des coffres aux trésors offerts à chaque fin de niveau dans lesquels vous trouverez diverses récompenses qui faciliteront votre progression. Vous l’aurez compris, le jeu est bête comme chou et se résume à un enchaînement de tableaux dans lesquels vos talents aux combats seront mis en valeur. Le titre de Vanillaware regorge toutefois de subtilités. En effet, chaque ennemi abattu relâchera du phozon, une énergie mystique qui compose le monde, que vous pourrez absorber pour infliger de plus gros dégâts. Ces phozons servent aussi à faire germer des graines que vous trouverez au cours de votre aventure et qui donneront des fruits, très utiles pour se régénérer et augmenter sa force vitale. Vous pourrez aussi les conserver pour cuisiner et créer des plats bien plus riches en expérience et énergie qui faciliteront votre progression. Évidemment, ces recettes exigent plusieurs ingrédients qu’il vous faudra recueillir avec soin au cours de vos voyages. Graines et fruits servent aussi d’éléments fondamentaux à un aspect essentiel du gameplay : l’alchimie. En effet, vous serez souvent en possession de fioles qui associées à certaines mandragores ( créatures végétales enfouies dans le sol ) vous confieront des pouvoirs très particuliers. Vous pourrez dès lors créer des potions de soin, d’autres pour vous protéger, augmenter votre endurance, blesser l’adversaire… Simple d’aspect, le gameplay d’Odin Sphere se révèle donc bien plus riche que ce que l’on pourrait imaginer de prime abord. Ces différents éléments devront d’ailleurs être considérés avec attention tant ils sont essentiels pour progresser sans trop de difficulté.

Un monde à part

Mais la véritable force de Odin Sphere réside plutôt dans son univers, dans sa narration. Le monde d’Erion sera ici le théâtre des pérégrinations de cinq héros : Gwendolyn, la valkyrie, fille du seigneur de Nebulapolis, Odin, Cornelius, le prince héritier du royaume de Titania maudit et condamné à vivre sous les traits d’un Pooka, Mercedes, la jeune et hésitante Reine des Fées chargée de mettre un terme au conflit qui déchire son peuple, Oswald, le chevalier des ténèbres manipulé par un parent aux viles intentions et hanté par des pouvoirs occultes, et enfin Velvet, la petite fille d’un roi fou animé par le terrible dessein de démarrer l’Armageddon, événement qui devrait mettre un terme à toute vie résidant en Erion. La chose qui passionne avec Odin Sphere est le grand soin donné aux histoires propres de chacun de ces personnages. Tous vont faire face à de terribles événements, devoir faire des choix difficiles aux répercussions parfois terribles, côtoyer la mort, souffrir de leur tristesse et de l’ambition de dirigeants impossibles à contrôler. Les rencontres avec d’autres personnages tout aussi travaillés seront nombreuses ce qui donne corps à un univers unique, riche en histoires et légendes ainsi qu’en créatures de tout types, des plus petites aux dragons, monstres dotés d’un grand savoir et dont le rôle sera décisif dans le conte. Évidemment, le tout séduit d’autant plus que la réalisation et la direction artistique sont magnifiques. Les graphismes sont fournis et détaillés et profitent de la patte de Vanillaware pour créer des atmosphères originales. Les personnages sont tous charismatiques, les décors somptueux et cette osmose vous plonge dans un monde enchanteur. Seules les animations se montrent un peu rigides mais force est de constater qu’il est difficile de ne pas saluer le talent du développeur nippon pour créer des atmosphères uniques. Cependant, cela se fait peut-être au détriment de la qualité ludique, au sens premier du terme. Si l’histoire intrigue, les personnages intéressent, le jeu, quant à lui, n’est pas exempt de défauts, petits certes, mais suffisamment présents pour nuire à l’expérience.