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Dernier volet de la trilogie Starcraft II, Legacy of the Void nous promet la résolution finale de l’intrigue en laissant la belle part aux Protoss, faction alien adulée par des millions de joueurs dont moi-même, votre humble serviteur. Blizzard poursuit donc dans la lignée des volets précédents en nous offrant son petit STR sur PC tout beau tout chaud… En taro Tassadar !

L’héritage Starcraft, ou le savoir-faire Blizzard

Starcraft 1

Emotion…

Starcraft 1er du nom, initialement sorti en 1998, s’inscrit dans le sillon du célèbre jeu de stratégie Warcraft II. Blizzard abandonna donc la populaire licence Warcraft, délaissant l’heroic-fantasy au profit de la science-fiction au ton résolument plus sombre et mature. Il lui a fallu pas moins de trois ans pour produire sa mouture, apportant une innovation importante en proposant trois factions différentes au gameplay totalement différent. Il connut un engouement général dès sa sortie, son succès étant dû à sa campagne captivante, d’une histoire et d’un background solides.

D’un côté, les Terran, descendants de colons et prisonniers humains, rescapés d’un crash dans un monde inconnu à des années-lumière de la Terre, et de l’autre les Protoss, race très avancée technologiquement utilisant des capacités psioniques, et les Zergs, fleuron de l’évolution biologique, gigantesque essaim colonisateurs de mondes, ces deux dernières étant le fruit de l’ingénierie génétique des Xel’naga, civilisation ancienne disparue. Les trois factions se disputent donc la suprématie du secteur de Koprulu, avec pour chacune leurs objectifs et motivations propres.

Plus jeune, me souviens avoir lu le livret du jeu des dizaines de fois, totalement fasciné par cet univers, voulant en connaître les moindres détails. Oui mes enfants, à cette époque pas de démat’, que du bon vieux CD-ROM et sa grosse boite en carton !

Starcraft I fut rapidement suivi de « Brood War », sorti seulement quelques mois après, qui corrigera de nombreux bugs, ajustant notamment l’équilibrage entre les races. Il amènera son petit lot de nouvelles unités, dont certaines uniques dans le cœur des joueurs (le Lurker ou le Dark Templar par exemple). D’ailleurs, pour la plupart de ces joueurs, le vrai Starcraft I reste bel et bien Brood War, et certains continuent même à jouer encore aujourd’hui.

Niveau ambiance sonore, le jeu n’est pas en reste : les thèmes musicaux composés par Blizzard sont entraînants et immersifs, et bien identifiables d’une race à l’autre. Les cinématiques sont elles aussi très soignées, et à l’instar de celles des jeux Final Fantasy, elles ont marqué plus d’un joueur de l’époque ! Je me souviens également du trailer de Brood War qui m’avait fasciné.

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Jim Raynor, le mec qui en a une grosse

C’est en 2010, après 12 ans d’attente, et pas moins de 7 ans de développement (le projet fut mis en pause un moment à cause de World of Warcraft), que sort enfin StarCraft II –  Wings of Liberty, attendu par des millions de joueurs dans le monde. En plus d’un sérieux lifting, le jeu propose une campagne dédiée aux Terrans, cuisinée aux petits oignons, faisant suite directement à la campagne de Brood War. Très orienté multi, Blizzard intègre son bébé à Battlenet, offrant au joueur une interface élégante et claire avec tout plein de petites fonctionnalités, dont une mise à niveau globale gratuite à la sortie de chaque opus. Chose à noter : si l’on n’a pas la dernière extension du jeu, on peut profiter de ses nouveautés en multijoueur si l’un de ses petits copains possède l’extension… Donc pas de laissés pour compte ! Cependant, grosse déception de la part de Blizzard : impossible de jouer à Starcraft II en réseau local, obligeant le joueur à se connecter à internet pour défier ses camarades, au grand dam de ceux qui avaient l’habitude de se retrouver pour des nuits LANs sans fin, câbles croisés bien durs, suant dans le mêmes pièces en agitant frénétiquement leurs mains sur leurs petits claviers (oui… il y a du vécu).

Trois ans plus tard, en 2013, le second volet de la saga pointa le bout de son nez : Starcraft II : Heart of the Swarm. Cette fois, ce sont les Zergs qui sont au centre de l’intrigue, promettant donc un dénouement bien différent de Brood War. Enfin, c’est en 2015, que Blizzard dévoile le dernier volet de l’histoire, en proposant avant la sortie du jeu une mini-campagne faisant le lien avec le jeu précédent. D’ailleurs en parlant d’histoire, où en est-on ?

Pourquoi nous autres retrogamers aimons tant les jeux vidéo dits « d’ancienne génération »? Parce que nous sommes avant tout de grands nostalgiques, à n’en pas douter. Nous pouvons certes évoquer de vieux titres avec la larme à l’œil, mais pourquoi nous arrive-t-il de toujours jouer avec plaisir à certains d’entre eux ? Au-delà du fait qu’il parait indispensable pour un gamer de rattraper son retard en s’essayant aux classiques qu’il n’a pu faire à l’époque de leur sortie, il semble nécessaire de réfléchir à ce qui fait bien ou mal vieillir un jeu vidéo. Comme dans tout débat, commençons par une définition : un jeu vidéo qui a bien vieilli, c’est un titre praticable encore maintenant, avec un plaisir visuel et ludique presque intact, fondé sur l’expérience liée au gameplay et non sur la nostalgie. Le médium fournit plusieurs éléments constitutifs de réflexion et de nombreux exemples de softs pouvant encore nous émerveiller, nous faire rire comme une vieille photo de classe, ou bien encore ternir nos souvenirs.

La réalisation et la touche artistique

Les jeux en Cell Shading vieillissent très bien

S’il est un titre qui fut décrié à sa sortie, c’est bien The Legend of Zelda: The Wind Waker. Le pari du cell-shading tenté par Shigeru Miyamoto avait fait hurler au scandale jusqu’au plus inconditionnel fan de la saga de Nintendo. Et pourtant, à y regarder de plus près presque dix ans plus tard, cet épisode de la mythologie de la Triforce préserve sa touche intacte. Ses couleurs survivent au temps, les mimiques de Link font toujours mouche et son animation garde la patte d’un dessin animé. En tant qu’autres représentants du jeu vidéo du voyage illustratif, Ōkami et Dragon Quest VIII réussissent également cet exploit, avec des paysages chatoyants et généreux, ainsi qu’un fantastique chara-design. Dans un style proche du cell-shading, la perle d’Ubisoft Montpellier, Beyond Good & Evil, garde tout son caractère et toute sa beauté. Le même principe peut s’appliquer également aux jeux réalisés en 2D. Il faut dans tous les cas que la sacro-sainte animation, élément indispensable au plaisir de jeu, soit à la hauteur. Street Fighter III: Third Strike est toujours pratiqué, et Dieu sait l’importance de la fluidité de sa réalisation dans la justesse de son gameplay qui se calcule à la frame près et qui en fait la référence des jeux de baston encore aujourd’hui. Nul doute que les récents Muramasa: The Demon Blade et Rayman Origins sauront garder leur charme et leur énergie dans les années qui viennent en s’appuyant sur les mêmes atouts. En matière d’animation toujours, Delphine Software avait posé une pierre blanche dans l’histoire du jeu vidéo avec son titre Flashback et son héros dont les mouvements réalistes et complètement décomposés en avaient bluffé plus d’un.

Douze ans, c’est la durée qui sépare deux présences en finale de la Coupe du Monde de football (respectivement du Championnat d’Europe des Nations) de la Squadra Azzurra. C’est également le gouffre parfois insupportable – quoique bien compensé par des centaines d’heures de jeu dues à la grande qualité des titres en question, qui existe entre les derniers volets de deux séries phares de Blizzard : Starcraft et Diablo. Le premier a vu Wings of Liberty enfin lui succéder en 2010, tandis que le démon de Tristram a fait sa réapparition le 15 mai dernier. Associé à des polémiques fâcheuses et toujours affublé des mêmes qualités, le soft de Blizzard a littéralement le diable dans le ventre.

Puissance et volupté

A l’aide d’une jouabilité simple et efficace, utilisant les deux boutons de la souris et quelques touches du clavier que l’on doit tous associer à des compétences, Diablo III est fidèle à la réputation et à la signature de la série, avec de la baston, du loot et donc du farming et de l’XP à foison. Des pièces d’équipement à revendre ou à porter, à la forge permettant la synthèse d’objets magiques (et dont il faudra former le tenancier via des récompenses et de l’argent), le joueur de Diablo III passe la majeure partie de son temps à défourailler, à “nettoyer” les zones aussi bien en tuant des tonnes d’ennemis démoniaques qu’en fouinant ça et là en quête d’items toujours plus intéressants. Bref, un concept de gameplay prodigieusement efficace qui a fait la réussite de son prédécesseur et dont seul l’avenir nous dira s’il constituera la clef de voûte de sa longévité, avec l’aide indispensable et primordiale de la vie de sa communauté. Les cartes et donjons de Diablo III sont toujours en vue 3D isométrique et sont des terrains de jeu immenses, beaux, générés aléatoirement et magnifiquement colorés dans lesquels le héros, à choisir parmi cinq classes différentes (chasseur de démons, moine, féticheur, barbare et sorcier), fait parler sa puissance. Il y a là le nerf de la guerre de Diablo, à savoir cette sensation grisante de force souris en main, que la présence de PNJ compagnons plutôt faiblards et les modes de difficulté peu élevée procurent jusqu’à parfois malheureusement la routine. Après la gourmandise, on est ici en flagrant délit d’orgueil. Heureusement, les défis sont là, notamment les Hauts Faits qui viendront récompenser le vainqueur de grandes luttes, ainsi que tous les objets rares à glaner et qui peuvent même être revendus ou achetés à d’autres joueurs en ligne via l’Hôtel des Ventes, finissant d’attiser un autre pêché capital : l’envie.

Long et agréable sera le chemin tracé

Grâce à son éventail bien fourni de castes, Diablo III offre des possibilités très diversifiées. Nombreux seront sans doute les joueurs à créer voire mener de front plusieurs destinées en choisissant l’une ou l’autre des classes. Chacune a ses caractéristiques propres mais toutes souffrent du même gros défaut, à savoir une progression et une acquisition des capacités bien trop scriptées. En effet, il est absolument impossible de contrôler son évolution et chaque niveau glané apportera sa ou ses nouvelles compétences prédéterminées. Finalement, la vraie personnalisation réside dans le choix d’utilisation de ces capacités et de leur association avec les runes en vue de leur approprier des caractéristiques bien précises. Par exemple, la Frappe Mortelle du moine, si elle est associée au Trident, peut devenir une attaque de zone très utile couvrant les côtés selon un angle d’envergure intéressante. En somme, voilà une orientation qui ne perdra ni les nouveaux venus, ni les fans de la première heure, mais qui pourrait être qualifiée de paresseuse. La caste nouvelle-venue donne l’occasion de saluer le travail effectué sur la direction artistique et scénaristique du soft. Si l’histoire a une ossature somme toutes classique, avec le sempiternel retour de Diablo et la découverte d’autres membres de son gang, la mise en scène ainsi que la qualité sonore et musicale sont au rendez-vous. L’accent russe dudit moine est par exemple un régal, ainsi que ses phrases et leçons balancées dans des moments opportuns pour relancer ou ponctuer le rythme d’une aventure bien narrée, bien maitrisée et offrant la possibilité de visiter intérieurs et extérieurs aux visages divers et variés (plaines, déserts, donjons, etc.). De plus, les interactions avec les PNJ sont facilitées par la possibilité de retourner en ville facilement grâce à un pouvoir de téléportation acquis assez rapidement. Enfin, si Diablo III la joue plutôt simple et efficace dans ses graphismes in-game, il se lâche complètement dans ses cinématiques qui sont tout simplement superbes, de même que les compositions symphoniques et wagnériennes de Russel Brower.

On le savait, nos confrères Coréens aiment Starcraft. Beaucoup. Tellement que non, ils ne pouvaient plus se contenter de jouer, de diriger leurs petits zealots derrière leur écran. Non, ça c’est trop simple, on est d’accord. Il fallait qu’ils soient ces zealots. Allez, profitez de ces quelques secondes de sourire pour bien terminer la semaine :

Bloodevil