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Faire la guerre, situation ô combien classique dans l’univers des jeux vidéos bercé par le cliché du héros badass, invincible et qui dézingue presque à lui tout seul l’armée adverse. Entre Battlefied, Call of Duty et autres FPS boostés à la testostérone/hémoglobine/C4, la guerre est souvent représentée sous la forme d’un film d’action, où l’adrénaline prend le pas sur toute autre forme d’émotion. This War of Mine (TWoM) prend totalement à contre pied cette vision très Michael Bay de la guerre en vous plaçant du côté des victimes du conflit, les civils. Otages tentant de survivre dans un abri de fortune bombardé, recherche de fournitures de survie, confection de produits de contrebande pour faire un peu de commerce, amélioration minime de votre qualité de vie précaire, tel va être votre quotidien…

This House of Us

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On commence par faire connaissance avec nos survivants…

Votre aventure commence avec trois ou quatre survivants qui se rejoignent dans une grande maison bombardée. L’abri est en piètre état, des décombres jonchent les pièces rendant inaccessibles certaines zones, et il vous faudra commencer par déblayer tout ça avant de penser à autre chose. Ce premier nettoyage, en l’absence d’outil adéquat vous prendra aisément votre première journée de survivant et vous vous ferez vite rattraper par la nuit. C’est là l’une, si ce n’est la principale des mécaniques à apprendre à gérer dans TWoM, le temps. En effet, deux phases distinctes s’enchaîneront inlassablement durant vos parties, le jour, où vos survivants restent cachés à l’abri des snipers qui pullulent en ville, et la nuit, où un de vos survivants, au choix, tentera d’effectuer une sortie dans un lieu de la ville à la recherche de divers éléments vous permettant de survivre une journée de plus dans ce monde de merde, mais nous y reviendront plus tard.

...puis avec notre abri de fortune... assez peu Feng Shui

…puis avec notre abri de fortune… assez peu Feng Shui

Faire connaissance avec vos personnages est également une première étape à ne pas négliger. En effet, chaque survivant possède sa propre biographie, qui évoluera en fonction de vos actions au fil du jeu, de son talent propre, de sa capacité de transport (détermine le nombre d’éléments qu’ils peuvent porter à la fois et parfois même d’une addiction spécifique. Par exemple dans la triplette de base sur un total de 12 survivants possibles (sans compter les enfants), l’ancien joueur de foot est plutôt bon coureur, le petit grassouillet n’est pas trop mauvais en cuisine et l’ancien pompier possède un sac à dos taille XXL. Si le premier et le dernier ne demanderont rien de spécifique, votre futur cuisinier en chef, fumeur de son état, ne se sentira pas en super forme sans sa nicotine quotidienne, tandis que d’autres seront plutôt en manque de caféine. Vous l’aurez compris, les caractéristiques de vos personnages influenceront votre façon de jouer votre partie, ceux plutôt spécialisés dans le craft (nourriture ou objets) resteront à la maison la nuit, quitte à faire les sentinelles de fortune si quelqu’un est blessé, tandis que vos gros bras iront tenter de glaner quelques provisions au risque de leur vie.

Vous aurez parfois de la visite

Vous aurez parfois de la visite

Une fois les présentations faites et la maison nettoyée, vous aurez la possibilité (selon les ressources disponibles) de construire différents éléments de vie. Le premier choix indispensable sera la création d’un établi pour pouvoir confectionner les éléments de base comme des lits, une gazinière un collecteur d’eau de pluie. En effet vos personnages sont humains (à contrario de ces gens qui peuvent prendre 40 balles dans le torse avant de guérir automatiquement en se mettant à couvert pendant 10sec…). Une journée sans manger, une nuit sans dormir et vous n’aurez plus qu’une loque à disposition. Un minimum d’un repas par jour et une sieste de 4h dans un LIT sera un minimum vital si vous voulez voir la fin de la guerre. Hormis ces éléments vitaux, c’est à vous de décider comment vos avatars survivront. En confectionnant votre propre potager et piège à rat afin de « subvenir » au mieux à vos besoins ? En distillant de l’alcool, roulant vos propres cigarettes, créer vos médicaments afin de commercer ? Créer et réparer des armes et prendre des ressources par la force ? A vous de voir où commence et où fini votre morale… vous en viendrez à vous poser la question : « et moi en temps de guerre, qu’est ce que je ferai ? », et ce ne sera pas la dernière fois dans ce jeu…

This Town of Snipers

Votre collecteur ne doit pas être choisi au hasard, votre avenir en dépend

Votre collecteur ne doit pas être choisi au hasard, votre avenir en dépend

Comme je l’indiquais au début du chapitre précédent, la mécanique principale est cette alternance entre le jour (de 8h à 20h) et la nuit (de 20h à 4h). Avant de partir, vous aurez le choix du personnage qui sera votre collecteur et des objets qu’il peut prendre avec lui. Dans une zone de commerce, prenez les objets que vous souhaitez vendre, bijoux, alcool, médicaments, tout se monnaye. Soit c’est un simple « glanage » dans une zone peu risquée, soit rien pour garder plus de place ou éventuellement un crochet qui vous permettra d’ouvrir une serrure récalcitrante souvent gardienne d’objets de valeurs. Si vous avez dans l’intention d’aller dans un lieu à haut risque, une arme est une bonne option. Un couteau, une hache ou même une arme à feu (utilisant 2 emplacements avec les balles) pourront vous sortir d’affaire si ça vient à chauffer. Sachez cependant qu’encore une fois, vous êtes loin d’être Rambo et qu’en situation de confrontation, à moins d’un effet de surprise, vous serez souvent perdant… De plus, il est important de rappeler que plus vous transportez d’éléments au départ moins vous pourrez en ramener avec vous.

Vous aurez également à choisir les actions de vos personnages restant à l’abri. Doivent il dormir (avec ou sans lit) ou monter la garde ? La première option sera possible sans trop de soucis les premiers jours de votre survie, peu de monde sachant que vous venez « d’emménager », bien que sans lit les repos ne soient pas très réparateurs. Passer quelques temps il deviendra indispensable d’avoir une voire deux sentinelles chaque nuit si vous souhaitez conserver vos objets. Leur laisser des armes est également assez vite vital pour qu’ils puissent repousser les opposants sans être trop amochés… une blessure non guérie pouvant être synonyme de déchéance menant souvent au décès. Il est également possible en vous développant le jour, de combler les trous dans la maison, de renforcer la porte et même, avec beaucoup de travail, de mettre en place une alarme, vous offrant une meilleure protection contre les pillages.

Certains endroits sont a visiter à vos risques et périls

Certains endroits sont a visiter à vos risques et périls

Revenons à notre héros de la nuit (non pas Batman, l’autre), lorsque vos choix précédent ont été effectué il vous reste à choisir où vous allez tenter de récolter. Cette petite maison calme en banlieue où il semble qu’un couple de personnes âgées tente de survivre, ce centre commercial délabré où une milice a élue domicile, l’hôpital où les médecins tentent de conserver l’accès aux soins ou encore à l’église où sur la place centrale où la contrebande s’organise… Chaque lieu possède une certaines quantités de ressources qui vous est dévoilée avant votre choix, nourriture, armes, médicaments ou matériaux, à vous de voir ce dont vous avez le plus besoin. Différentes rencontres et autres événements peuvent également se déclencher lors de vos sorties dans ces lieux, parfois lors du deuxième ou troisième voyage. Et chacun à sa façon ces événements vont mettre vos choix moraux à dure épreuve… Rendrez-vous les bandages dont vous avez besoin pour soigner un de vos membres suite à la rencontre avec la petite mamie du couple qui vous supplie de ne pas les voler? Utiliserez vous votre dernier crochet après avoir entendu des lamentations étouffées derrière une porte verrouillée alors qu’un garde psychopathe fait les cent pas? Interviendrez-vous alors que vous êtes témoin, à travers un trou de serrure, du début de l’agression d’une jeune fille par un soldat qui annonce clairement son futur viol? Donnerez-vous vos dernières rations à un SDF affamé rencontré non loin de votre abri?

La déprime de vos personnages peut être fatale

Attention au mental, la déprime de vos personnages peut leur être fatale

Ce ne sont que des exemples non exhaustifs des situations que vous pourriez rencontrer, qui mettront vos choix moraux dans la balance et joueront sur la santé mentale de vos personnages. Parce qu’en effet, c’est l’autre facette du jeu, la psychologie. Le vol de personnes innocentes, le meurtre, la délation ou le refus d’aider votre prochain seront des actions qui pèseront sur la conscience de vos survivants, les amenant à broyer du noir, devenir déprimé et sans actions de votre part… suicidaires. Loin des jeux de gestion qui ne s’intéressent qu’aux besoins physiologiques de l’humain, TWoM vous pousse à rentrer dans une gestion psychologique de vos avatars, dans une gestion de l’équilibre entre le bien et le mal et des limites morales acceptables pour des gens, rappelons le, qui sont comme vous et moi. D’autres évènements plus généraux rentreront également en compte dans votre gestion de la survie. L’hiver dans un premier temps, implacable, fera baisser drastiquement la température de votre abri et augmentera les chances pour vos personnages de tomber malade. L’augmentation de la violence dans un second temps, augmentera la probabilité de vous faire agresser durant la nuit, et par des groupes de plus en plus violents. La plupart de ces informations, ainsi qu’un petit cours de la bourse de la contrebande, pourront être entendus à la radio… si vous prenez le temps d’en construire une.

This Game of War

Gérer un enfants n'est pas aisé...alors en temps de guerre...

Gérer un enfants n’est pas aisé…alors en temps de guerre…

Après cette vision de fond, il est temps de s’interresser à la partie technique. TWoM est sorti initialement en 2014 sur PC puis sur tablettes. C’est d’ailleurs sur ce premier support que j’ai pu m’essayer au jeu avant de tester la version adaptée sur console de salon estampillée « The Little Ones ». Ce DLC ajoute les enfants à l’aventure et la relation entre le gamin et un protecteur que vous aurez choisi. La survie reste identique dans les grandes lignes si ce n’est que les enfants demandent bien plus d’attention que les adultes, toujours d’un point de vue physiologique, mais également d’un point de vu psychologique avec la gestion de l’ennui. La guerre c’est pas fun et encore moins pour un enfant. Jouer avec lui, lui donner de l’attention, lui apprendre des choses seront des éléments de départ pour éviter d’avoir à creuser un trou de 2×1 m en seulement quelques jours… Grosso modo, le DLC s’apparente à une sorte de mode Difficile pour les initiés, mode très difficile pour ceux qui commenceront directement l’aventure de cette façon. S’adapter aux mécaniques de jeu et aux besoins des enfants dans le même temps relevant du défi insurmontable pour le rookie sorti de nulle part.

Les environnements à visiter ont des airs post-apocalyptiques

Les environnements à visiter ont des airs post-apocalyptiques qui mettent bien dans l’ambiance

D’un point de vue technique le portage sur console est de bonne facture, les graphismes très sombres, en clair obscur, façon dessin crayonné sont du plus bel effet et l’ensemble des éléments se retrouvent à l’identique. Tellement à l’identique qu’ils en ont oublié que la maniabilité console sur ce type de jeu façon « point-and-click » est loin d’être extraordinaire. Quand sur tablette (ou pc) il suffit de cliquer à l’endroit où l’ont souhaite que notre survivant intervienne, sur console, son déplacement se fait au stick directionnel. Le principal soucis vient de la gestion des perspectives, notamment sur le changement d’étage à un autre, où il est nécessaire de mettre la direction vers le haut/bas au niveau précis d’un escalier pour que l’avatar monte ou descende, ce qui rend l’action parfois laborieuse. Si dans la phase de jour ce n’est pas très pénalisant ça peut vite le devenir la nuit si vous êtes poursuivi par des gardes. De la même façon la gestion des phases d’attaques sont peu intuitives. Votre personnage possédant deux « stances » (positions) : glanage (donne accès aux points de fouilles) et attaque (désactive l’accès aux fouilles et vous met en position de combat). Autant dire qu’en situation de panique, vous oublierez et ne pourrez tout simplement pas attaquer… du moins pas avant l’adversaire.

Un large panel de survivants différent est à découvrir... sans compter les enfants

Un large panel de survivants différent est à découvrir… sans compter les enfants

Le mieux est de jouer la furtivité, votre façon de vous déplacer et de glaner les ressources influant directement sur le bruit créé, représenté par des cercles s’échappant de vos pieds/mains, mais également de celui des personnes environnantes. Par exemple l’ouverture d’une armoire peut être réalisée à l’aide d’un crochet ou d’un pied de biche, sans grand suspense, le second alertera tout le voisinage tandis que le premier pourra être mis en œuvre même à 10 m d’un milicien faisant sa ronde si tant est qu’il ne vous ait pas en visuel. En effet, le champ de vision est également géré par le jeu. Toute pièce fermée par une porte rend vos actions invisibles tandis que les escaliers vous trahirons si quelqu’un se trouve à l’étage. Lorsque vous n’êtes pas seul dans un lieu, il est même préférable de jeter un œil dans la serrure avant de pousser la poignée sous peine de risquer de tomber sur un mec qui ne vous voudra souvent pas du bien. Des coins sombres sont disséminées dans la plupart des lieux, vous permettant de vous rendre invisible si personne ne vous a vu y entrer, même en cas d’urgence après vous être fait repérer. En ultime option, ces planques vous permettront d’attaquer par surprise l’ennemi qui se trouverait à côté, synonyme parfois de meurtre automatique si vous avez sur vous une arme blanche comme un couteau… si tant est que vous voulez hypothéquer la santé mentale de votre personnage.

Conclusion

This War of Mine fait parti de ces jeux atypiques, profonds, sombres et poignants. Ces jeux qui tentent prendre à revers la vision de spectacles grandiloquents ou de violence gratuite que donnent certains triple A à des thèmes éprouvés comme la guerre, la survie, la moralité. Ces jeux qui demandent au joueur de prendre conscience de ses actes, de ses choix moraux et de leur nécessité, et de faire face à leurs conséquences parfois aussi implacables que la décision en elle-même. Certes TWoM n’est pas parfait techniquement, et à tendance à devenir répétitif au fil des parties une fois que vous connaissez vos survivants. Les pros de la survie trouveront avec les enfants une nouvelle facette psychologique à travailler et un nouveau défi à surmonter en temps de guerre : leur faire garder le sourire. C’est aussi ce à quoi les développeur se sont attelés à leur échelle en donnant l’ensemble des revenus du DLC à l’association War Child Charity qui a permis d’aider 350 enfants Syriens réfugiés à améliorer leur cadre de vie et leur donner accès à l’enseignement et aux soins. Finalement voilà la grande question à laquelle ce jeu vous soumet pendant votre partie : « Comment réagiriez-vous en temps de guerre ? »

Informations sur le jeu

Plateforme : PS4/Xbox One – PC/Mac – IOS/Android

Genre : Gestion – Survie

Développeur : 11 bit Studio

Éditeur : 11 bit Studio

Date de sortie : 14 novembre 2014 (PC/Mac) – 15 juillet 2015 (IOS/Android) – 29 janvier 2016 (PS4/One)

 

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C’est la mode du retour aux fondamentaux en ce moment. Entre la sortie prochaine du parrain des FPS (Doom) et le retour de Battlefield dans des époques reculées (oui nous sommes en retard), les séries habituelles du genre aiment prendre des risques. C’est le cas également d’Ubisoft, qui souvent critiqué pour (ses bugs) son immobilisme dans sa série Far Cry (hors Blood Dragon), a fait un 180 ° en laissant les périodes contemporaines pour une aventure dans la préhistoire. Bien sur, la décision fait douter pas mal de personnes, sur le fait notamment qu’une époque pareille limiterait le gameplay, mais les différents trailers faits par le studio ont attisé la curiosité. Est ce que cette bonne volonté se traduit par une réussite?

Prehistorik Man HD

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Un militant nuit debout cherche sa nourriture.

Le joueur incarne Takkarn, un homo sapiens à la vie plutôt calme. Respecté dans la tribu des Wenja, il part avec cette dernière pour aller fréquenter du mammouth, sagaie à la main. Après une longue traque de l’animal isolé, la chasse tourne au drame lorsqu’un « dent de sabre » tue le chef de la tribu, demandant dans son dernier soufle à Takkar de retrouver les Wenja et de les rassembler sous son commandement. Le répit est de courte durée puisque le tout nouveau guide des Wenja dévale une falaise et se retrouve seul, sans rien sur lui, et avec aucun espoir de s’en sortir. Durant son voyage ce dernier tombe sur Sayla, une autre Wenja ayant établit son campement dans la jungle, et retrouve la possibilité d’enfin reformer son clan perdu (dans les deux sens du terme). Notre héros vêtu de peau de bête aura donc la lourde tâche de réunir sa tribu, tout en partant à la conquête de terres inconnues. On peut penser qu’avec un premier acte aussi basique, et un contexte très primitif, le jeu sera peu étoffé. Mais il n’en est rien car au fil des « sauvetages » des Wenja et de l’agrandissement d’Oros, la grotte de la tribu, les différents personnages en disent plus sur le héros principal ou ce qui se passait avant l’attaque du « dent de sabre ». Un sorcier en particulier va faire changer le scénario grandement, en apprenant à Takkarn la voix de l’apprivoisement des bêtes, apportant une dose de mystique tranchant avec une première partie plus directe. Il devient donc intéressant de s’allier avec la faune pour pouvoir évoluer dans l’aventure et également affronter les humains hostiles de ce monde, ce qui donne un côté aventure initiaque et propose au joueur, même sans armes à feu, un sentiment d’accomplissement et de puissance. Ubisoft pour cela a misé grandement sur le gameplay.

Immersion totale

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Dans la jungle, terrible jungle…

Le challenge de faire un jeu réaliste se déroulant dans la préhistoire est de coller à l’époque voulue. Et malgré les critiques que l’on peut accorder à Ubisoft, l’ambiance est le point fort de l’entreprise (cf Assassin’s Creed). Dès la première sortie de la grotte des Wenja, on sent notre faiblesse vis à vis de la nature immense, chaque coin pouvant regorger de personnes hostiles ou d’animaux dangereux. Le fait d’être juste habillé d’une peau de bête et de ne voir les dangers que ponctuellement sur la mini carte, nous oblige à adapter notre stratégie en permanence. Les décors peuvent aussi bien être des grottes, que des jungles ou encore des plaines enneigées, et sont tous superbes. De plus l’ambiance sonore est travaillée et importante pour progresser dans le jeu. En parlant de missions, celles qui sont confiés à notre Prehistorik Man en HD, outre le sauvetage de ses camarades, il sera aussi question d’entamer la conquête du territoire au moyen de feux de camp, assurant le contrôle sur un plus grand espace (et un système de téléportation bien utile). La maîtrise de la faune environante est également un point fort de l’aventure, comme nous allons le voir, et chaque animal maitrisé est un allié supplémentaire. Enfin si on s’ennuie une fois rentré à Oros, on pourra « upgrader » les différentes huttes de nos nouveaux protégés avec bien sur des bonus pour le héros en échange (et des trophées pour le joueur derrière sa console). Pour toutes ces missions, un système d’assemblage (craft) permet de s’en sortir. A partir d’ardoise, de bois, et de roseau, on peut arriver à réaliser un arc. Si l’on applique de la graisse animale, les flèches construites peuvent s’enflammer, tout comme le gourdin ou les lances. Et vu que ces armes s’épuisent vite, on se retrouve souvent à faire de la fouille minutieuse pour se remplir les poches, comme pour avoir de la nourriture de côté (car bien sur les trousses de soin sont absentes). Enfin des capacités spéciales seront débloquées au fil des niveaux, que ce soit dans le domaine de la santé, la défense ou encore l’attaque, à l’instar des autres épisodes de la série. Mais la plus intéressante des compétences (suivant Far Cry 4) demande une âme de Brigitte Bardot, et c’est…

Salut mes amis de toujours !

Aujourd’hui, pas d’article de fond ou de test, mais bien un concours sorti de derrière les fagots. Le Serpent Retrogamer, avec le concours bluebottlegames, vous propose de gagner non pas un, mais deux exemplaires du jeu de survie « Neo Scavenger« , testé il y a moins d’un mois par notre ami FLBond ! Les exemplaire seront délivrés sous forme de codes Steam à activer sur votre compte ! Enfin ce sont deux clef, pour deux personnes différentes entendons nous bien ^^.

Et pour cela, il n’y a vraiment rien de plus simple : il vous suffit de remplir le formulaire juste en dessous en renseignant 3 jeux de survies différents. Bien sur, Neo Scavenger ne compte pas ! Parmi les bonnes réponses, deux gagnants seront tirés au sort.

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Vos 3 réponses

Les résultats seront communiqué sur la page Facebook du site, et les gagnants contactés par courriel. Vous avez jusqu’au 5 aout pour nous répondre, alors à vos méninges, recherches internet, et compagnie !

 

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Le genre du survival a de nouveau le vent en poupe. Après un Day Z plutôt orienté shooter, et un Lone Survivor plus old school, un ancien de chez Bioware décide de mettre son grain de sel en présentant un jeu un peu particulier. Sous le nom Neo Scavenger, préparez vous à un jeu de rôle, tour par tour de survie post apocalyptique. Plaira t-il au joueurs?

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Neo Scavenger se veut être un survival au tour par tour, et nous le fait comprendre dès le début. Notre héros est enfermé dans un laboratoire abandonné, se réveillant totalement perdu et sans souvenirs de son passé. Nous choisissons d’abord ses capacités parmi un nombre donné. Si l’on choisit la compétence « Strong », le personnage sera plus fort physiquement et aura tendance à choisir la manière forte en toute situation. A l’inverse la compétence « Mechanics » donne au héros la possibilité d’utiliser les équipements électroniques pour échapper aux dangers qui arrivent sur lui. Un dernier exemple intéressant est la compétence « Botanics ». Grâce à elle on peut concocter de quoi se soigner avec les objets ramassés à Terre, mais de manière plus générale, tester toutes les manières de faire de sa vie la moins misérable possible.  L’action est modifiée en permanence de ce fait, et les embranchements seront semblables a un livre dont vous êtes le héros. Mais qui dit survival, dit personnage faible et désœuvré, et avec les compétences arrivent les faiblesses.  Serons nous faibles? insomniaques? ou myopes? toujours est il qu’à l’inverse d’un jeu de rôle, on ne joue pas un héros mais un homme affaibli. Cela se sent également par le fait que nous commençons l’aventure sans affaires et sans vêtements si ce n’est un habit d’hôpital. Un grognement se fait entendre au loin, et nous devons vite nous en sortir. On sent une influence post apocalyptique à ce point qui sera confirmée par la suite, et le début de Neo Scavenger fait grandement penser à « The Walking Dead ». Mais assez divagué, rentrons plus en détail dans le jeu.


SEUL CONTRE TOUS

NS3Nous sommes donc dans le laboratoire, et devons nous décider, ce qui prend la forme d’un texte avec plusieurs choix. Comment couper l’accès à la bête rôdant dehors? En fonçant ( Strong) sur la porte pour la bloquer avec les moyens du bord bien sur! Seul problème, on s’épuise plus que de nature.  On se dit alors qu’il y a moyen de pirater les portes pour empêcher l’arrivée de l’inévitable, et ça marche! On en profite pour soigner notre amnésie grâce aux carnets de bord probablement laissés par les scientifiques. Une fois le silence revenu, le héros que nous sommes réussit à sortir et voit un environnement totalement dévasté. Le jeu prend alors la forme d’une immense carte divisée en hexagones.  On se déplace sur celle ci par à coups, en fouillant chaque case. Parfois c’est juste la plaine qui s’offre à nous, ou des forêts voire même des villes abandonnées. Par le biais d’actions, on peut se cacher, fouiller, dormir ou encore fabriquer des objets. Mais pour avoir des objets, vu que l’on est quasi nu, il faut trouver les endroits ou chercher. C’est surtout dans les villes que ce sera le cas, et là où un bout de chaussure et un verre de whisky vont nous aider à passer la nuit, des journaux parsemés vont donner des infos sur ce qui est réellement passé. L’aventure prend donc une tournure à la fois survivaliste et historique, car on apprendra à la fois des choses sur le monde qui nous entoure, sur nous même et sur les événements  qui se sont déroulés. La découverte sera de courte durée, car une menace extérieure sera présente sur notre chemin, sous la forme d’une entité extra terrestre. Le jeu se rajoute également une composante « chat et la souris », ou la guerre de la moindre goutte d’eau se heurte aux affrontements contre les bestioles. Et il ne vaut mieux pas les affronter justement, à moindre d’avoir des armes dédiées…mais c’est une autre histoire. Toutes ces composantes donnent un jeu plutôt complet et prenant. Seuls quelques petits détails viennent gêner l’expérience.

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Rarement on aura atteint un tel degré de réussite dans le jeu vidéo, je préfère vous annoncer tout de suite la couleur. The Last of Us est une merveille que je vais me régaler à vous décrire autant que je me suis goinfré en y jouant… Les différents trailers diffusés au cours de son développement ne font finalement pas beaucoup honneur au jeu tant celui-ci dispose de facettes variées, en les regardant je m’étais fait l’idée d’un jeu à la Uncharted dans un univers de post-apocalypse, ce qui finalement n’avait pas grand chose d’original. Il est vrai que mon avis s’était affiné lors de la soirée de présentation qui mettait largement l’accent sur un gameplay de survie, et un jeu globalement orienté survival action/aventure et cela d’une manière assez convaincante mais encore en deçà du résultat final (c’est rare) ! Il me faut donc préciser tout de suite que le jeu pris dans sa globalité acquiert une unité phénoménale qu’aucune démo ou aucun trailer ne peut décrire. Le jeu commence donc en 2013 lorsqu’une catastrophe biologique décime une grande partie de la population terrestre pour se prolonger 20 ans après dans les ruines de notre monde. Au passage, c’est avec l’un des prologues les plus incroyable de mise scène jamais vu que The Last of Us nous offre de commencer, la suite ne fera que confirmer l’ampleur du chef d’œuvre.

La survie, un concept parfaitement maîtrisé

Ces mutants ont la possibilité de vous flanquer un game over instantané. Violent.

Ces mutants ont la possibilité de vous flanquer un game over instantané. Violent.

Toute la puissance du gameplay de The Last of Us tient véritablement de la capacité étonnante de Naughty Dog à maîtriser avec brio l’aspect de survie de leur premier jeu survival. Or là dessus on peut dire chapeau l’artiste vu comment les développeurs de Resident Evil peinent année après année à nous donner quelque chose de crédible de ce point de vue. Là Naughty Dog réussit quelque chose de très fort qu’on peut analyser en termes de retrogaming. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que les meilleurs survivals jamais conçus sont généralement très liés à un gameplay balais dans le cul comme on le voit dans les premiers Resident Evil, même Dead Space sombrait bien trop vite dans l’action (trop de munitions disponibles et une maniabilité trop souple). Au contraire de ces deux exemples, The Last of Us réussit le tour de force d’associer une maniabilité d’une très grande souplesse avec un véritable challenge de survie. Pour y parvenir, les développeurs sont passés par un équilibre savant des forces en présence, les munitions sont rare et l’infiltration requise pour progresser, même après de nombreuses heures de jeu et un arsenal conséquent vous ne pourrez pas vous permettre de tirer à vue sans être rapidement encerclé et vaincu par vos adversaires.

Ellie n'est pas un boulet ! Encore un piège évité par Naughty Dog.

Ellie n’est pas un boulet ! Encore un piège évité par Naughty Dog.

En plus d’être équilibré, le jeu offre également un vrai challenge, certains ennemis ne vous laisseront tout simplement pas le droit à l’erreur. De nombreux passages m’ont demandé de m’y reprendre à plusieurs fois avant d’obtenir la bonne stratégie et cela en mode normal  (en sachant qu’il existe un mode hard et un mode survivant). Durant les quelques premières heures, le level design ne vous offrira pas beaucoup de choix mais avec le temps, les zones s’agrandissent en vous laissant un réel choix de progression, on peut même parfois éviter complètement les ennemis en les contournant ! Malgré tout on pourra regretter l’IA des ennemis humains parfois un peu à côté de la plaque même s’ils offrent aussi un certain défi et des phases de gameplay d’aventure un peu moisie (quand il faut transporter Ellie sur une palette en bois au dessus de l’eau par exemple) et qui cassent le rythme. Mais ces quelques défauts ne sont pas de poids face à l’immense qualité générale du gameplay. Une mention spéciale à Naughty Dog pour avoir tenu sa promesse de ne pas faire d’Ellie un boulet mais quelqu’un de capable et d’efficace en combat (tout le contraire d’une certaine Emma Emmerich, vous me suivez ?).

Last Us 1Voyons, The Last of Us est un jeu de la génération actuelle, une nouvelle licence qui plus est… Pas de quoi exciter nos appétits de retrogamer en théorie et pourtant s’il est un mot que l’on cherche à tout prix à nous faire associer à ce jeu, c’est le mot survie. Mais attendez une seconde… Survie ? Comme dans Survival-horror ? Ce genre de jeu qu’on essaye chaque année de nous refiler en nous promettant que cette fois-ci ce sera la bonne, que nous allons nous pisser dessus alors que surpassé par des hordes de monstres sanguinaires et seulement munis d’un couteau, et d’un revolver à peine chargé nous essayerons de « survivre ». Je sens déjà votre regard sarcastique sur mes lignes, car il faut bien l’admettre, ce genre de jeu est mort depuis longtemps et en devient presque un concept entièrement rétro ; le balais greffé dans le cul des personnages de Resident Evil s’en est allé et notre cher Silent Hill se réincarne en hack and slash hasardeux sur Vita. Alors même si l’excellente série Dead Space a pendant un temps cru faire du survival-horror, elle faisait beaucoup « d’horror » et pas trop de « survival ». Bref on m’aura compris, The Last of Us devra faire beaucoup pour convaincre de son caractère de véritable jeu de survie mais cette fois-ci dans un registre plus original : le survival-action.

[Faute de caméra permettant d’immortaliser la soirée d’une façon rétro comme nous l’avions fait pour Metal Gear Rising, l’auteur s’est inspiré de Céline pour son compte rendu. A défaut d’une vidéo rétro, vous voilà donc avec une preview rétro !]

Last us 3« Jeudi dernier, le ciel avait sa gueule des mauvais jours, un gris pâle qui rappelait le froid d’automne. Ce serait pas pour me plaindre, mais la température aussi nous rapprochait plus de Novembre que de Mai. Qu’à cela ne tienne, invité à la soirée de présentation de The Last of Us, je n’allais quand même pas bouder l’occasion de pouvoir séparer le vrai du faux sur cette histoire de « survie ». Il faut dire que le lieu s’y prêtait bien, dans une bâtisse rare pour qui connaît les standards parisiens, une grande serre pleine de végétation ayant presque l’air abandonnée. L’apocalypse avait donc décidé de nous tenir en laisse. A écouter Christophe Balestra, l’un des créateurs du jeu, cette apocalypse n’était pas nucléaire mais bactériologique, une sale affaire. Un champignon, rien que ça, qui aurait commencé à bouffer les humains, les rendants semblables à des zombies. Quelques quarantaines plus tard, il ne restait qu’un monde dévasté, un vrai chacun pour soi entre des hommes-champignons et des brigands qui luttent pour survivre. Un décor digne de La Route (Cormac McCarthy, prix Pulitzer 2007) sacrément bien rendu, il ne manquait plus que la survie…