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Voilà un quelques mois de cela, Defiance s’annonçait en grande pompe jusque dans le métro parisien. La tentative, menée par Syfy et Trion Worlds, de créer un énorme projet transmédia (ou cross-média) entre une série télévisée de science fiction et un MMOTPS sur consoles et PC allait enfin se révéler au monde et ne pouvait ainsi qu’être attendue de pied ferme. Il faut dire que le transmédia avait fait quelques bonnes incursions dans le paysage vidéoludique ces dernières années, notamment par le biais d’In Memoriam, un jeu d’enquête qui faisait usage de la boite mail et du navigateur internet des joueurs ou encore de Mission Braquo, une série dans laquelle les acteurs étaient en contact par sms ou même téléphone avec les joueurs qui se voyaient confier les rênes de l’enquête. On imaginait donc avec Defiance un pas de plus dans le monde du transmédia, d’autant plus qu’avec un univers tout neuf de science fiction et un concept de départ assez intéressant, il y avait de quoi faire. Vous aurez donc compris ma démarche qui consistera à voir si le jeu est bon mais également si le transmédia est intéressant, puisqu’il constitue tout de même un des arguments de vente majeur. Ensuite, les joueurs ont de plus en plus conscience que les tests de MMO récemment sortis sont en général caducs quelques mois après, c’est pourquoi j’essayerai toujours de voir un peu plus loin que le bout de mon nez au contraire de la plupart des critiques sur le web. La raison de la sortie relativement tardive de ce Temps Modernes tient compte à la fois de la volonté de voir le maximum de facettes du jeu mais également de mettre son lien avec la série éponyme à l’épreuve.

Un début fracassant

La création de personnages est d'une simplicité déconcertante.

La création de personnages est d’une simplicité déconcertante.

S’il est une chose incontestable, c’est bien que Defiance a connu un début fracassant, à l’instar du crash de vaisseau qui fait office d’introduction à ce jeune MMO. D’un côté, la série s’offrait la meilleure audience de Syfy avec 2,7 millions de téléspectateurs américains, de l’autre le jeu démarrait timidement entre les nombreux bugs et crash de serveurs si bien que beaucoup parlaient de beta pour qualifier le produit tombé entre leurs mains. Je vous passe les graphisme pauvres, techniquement dépassés et pas forcément inspirés, la physique à la masse (essayez de sauter vous allez rire). Or il faut remarquer que, malgré la résolution de pas mal de bugs dès les premiers jours, c’est tout le début du jeu en lui même qui est complètement bancal au point de paumer ses joueurs. Alors qu’une zone de départ est supposée aider à la prise en main, celle-ci fait régner l’anarchie, les repop incessants et les explications foireuses. Pardonnez-moi la liberté de ma plume sur ce coup, mais j’ai franchement dû m’accrocher pour aller au delà du fameux bout de mon nez et ne pas lâcher la bête en plein vol. Après une création de personnage ultra sommaire et une cinématique d’intro qui place le novice en compagnie des héros de la série – eh oui, voici là une des rares incursion de la série dans le jeu, nous y reviendrons – on se retrouve donc projeté sur le site du crash de l’immense vaisseau de la république de la Terre. Quelques quêtes de tutorial franchement mal foutues plus tard on aborde enfin les choses sérieuses en alternant une quête principale pas inoubliable mais qui a le mérite d’être un peu scénarisée, et des quêtes annexes répétitives que le repop intempestif, encore lui, vient souvent gâcher. C’est l’occasion de remarquer que le jeu était assez peuplé à l’heure où j’ai écris ces lignes et c’est une chance car les quêtes sont suffisamment difficiles pour que l’aide de plusieurs joueurs ne soit pas de trop.

Un TPS pas forcément très abouti, mais en MMO, ce n'est tout de même pas commun.

Un TPS pas forcément très abouti, mais en MMO, ce n’est tout de même pas commun.

Parlons maintenant un peu plus en profondeur du gameplay de Defiance. Il est assez rare pour le noter, ce jeu est bel et bien un MMOTPS qui comme tout MMO inclus un certain degré de jeu de rôle avec des niveaux et des techniques mais comme tout bon TPS fait reposer le gameplay sur la puissance des armes et le skill du joueur (précision, couverture, etc). L’harmonie entre les deux aspects du jeu est plutôt bien gérée même si elle les limite mutuellement : seules quatre spé sont disponibles au nombre desquelles le leurre et le camouflage par exemple. D’un autre côté il existe une variété d’armes assez large même si on se rend vite compte que l’équilibre n’est pas parfait entre elles. A ce propos, le jeu offre durant la création du personnage un choix qui semble être celui d’une classe (parmi trois options) et qui se révèle en fait être le simple choix de son arme de départ. Or ce qui pourrait apparaître comme une franche limitation se trouve être source de plus de liberté, je ne crois pas que le blocage des joueurs dans des classes eut été une bonne idée pour un TPS qui repose quand même avant tout sur le « shoot » comme son nom l’indique. Les joueurs sont donc tous à peu près égaux devant la difficulté, à peu près car comme tout MMO sans abonnement qui se respecte, il existe bien entendu une boutique in-game ; mais rassurons-nous, en dehors de quelques boost d’xp et des tenues différentes, ce n’est pas cette boutique qui va déséquilibrer le jeu, Trion a eu la bonne idée d’éviter cet écueil.