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En cette année (désormais passée) vidéoludique luxuriante, qui vit entre autres les nombreuses exclusivités PS4 se faire de l’ombre tour à tour, un petit tactical-RPG du nom de God Wars – Future Past fit son apparition dans le catalogue déjà bien fourni des exclusivités sur les consoles de Sony. Développé par le studio Kadokawa Games, notamment connu pour ses titres Demon Gaze ou encore Root Letter, le jeu laissait entrevoir de grands espoirs pour le genre.

Il est évident que ce dernier coûte bien moins en matière de développement que des jeux de rôle en monde ouvert par exemple. Mais étonnamment, il a toujours souffert d’un manque de reconnaissance, pourtant porté par d’excellents titres tels que les Advance Wars, Fire Emblem, Tactics Ogre ou encore Disagea. Alors que l’on assiste à un véritable renouveau du bébé d’Intelligent Systems, la relève tarde à suivre si l’on se fie uniquement aux retombées économiques ou popularité des titres qui composent le genre. Après l’excellent mais très bavard Tears of Tiara en 2013, voici un autre jeu qui ne paie pas de mine mais que j’ai eu la chance de pouvoir découvrir. Voyons si l’échec retentissant du très passable Natural Doctrine  aura conduit les développeurs à se remettre en question.

Folklore et Tradition

L’action se déroule sur les terres de Mizuho – un des anciens noms du Japon –  une terre que se partagent trois grandes nations que sont Fuji, Hyuga et Izumo.  Alors que les habitants de Mizuho étaient de grands pacifistes au cœur tendre qui rendaient hommage aux esprits et vivaient en harmonie avec la nature, l’âge de métal survint et les hommes se mirent en quête de pouvoir à travers des conflits et la destruction de leur environnement.  De plus, ils négligèrent leurs Dieux qui en retour, déclenchèrent de nombreuses catastrophes naturelles, affectant de ce fait les habitants de Mizuho. Afin de calmer leur colère, la Reine de Fuji, la Reine Tsukuyomi, décida de sacrifier l’une de ses filles, Sakuya, au Volcan du Mont Fuji. La cadette fut quant à elle confinée dans une sorte de prison et ce, pendant treize longues années, jusqu’à ce jour où son ami d’enfance Kintaro, la libéra. C’est ainsi que l’aventure débute. La princesse Kaguya décide donc de partir à la recherche de sa mère, la Reine Tsukuyomi, qui a disparu.

La mappemonde/Mizuho

L’histoire de God Wars, enchanteresse tel un conte, se laisse parcourir aisément. Là où Natural Doctrine se montrait un brin trop bavard, God Wars lui, lui fait mouche à travers ses dialogues concis et suffisamment intéressants pour que le joueur veuille connaître la suite de l’histoire. Le périple de la princesse Kaguya et ses compagnons se laisse suivre tel un voyage initiatique pour une princesse devant non seulement découvrir le monde qui l’entoure mais également le sauver. Le setting n’est autre que celui d’un Japon ancestral où l’on redécouvre les origines de sa création inspirées par les chroniques du Kojiki, considéré comme étant le plus ancien écrit japonais. Ce dernier rassemble plusieurs mythes relatant les origines de l’archipel nippon et des Dieux. Bien entendu, l’histoire narrée ici n’est guère représentative de la réalité, se situant dans un univers médiéval-fantastique du folklore japonais. Charmeur, le titre l’est grâce à ses nombreuses esquisses et gravures sur bois mais également grâce à une bande son de qualité où divers instruments traditionnels japonais se donnent la réplique dans un mélange exquis. On y entend notamment jouer du Shakuhachi, cette flûte d’origine chinoise très présente dans le paysage musical japonais.

L’univers de God Wars est, vous l’aurez compris, diablement enchanteur et possède un cachet unique en son genre. Même si le niveau technique n’est pas le plus poussé qui soit, la DA fait le travail avec, entre autres, des décors et des personnages chibi variés. On a de toute manière rarement mis l’accent sur un niveau technique élevé en termes de graphismes dans le monde du T-RPG mais on peut malgré cela souligner l’excellent travail effectué sur les artworks et les cutscenes du jeu, même si ces dernières n’ont étrangement pas été sous-titrées…

Les remake HD… quelle définition peut-on vraiment en donner? Processus simpliste permettant de se refaire du fric sur un jeu de la génération précédente ou hommage rendu à des jeux marquants remis au goût du jour? Selon le jeu, la personne et l’affect existant entre les deux, la définition va forcément changer. Si la plupart des remakes HD sortis jusqu’à présent m’en ont « touché une sans faire bouger l’autre »,  l’expérience que j’ai pu avoir avec Valkyria Chronicles sur PS3 fait que l’achat de cette version Remastered s’imposait naturellement. Le jeu original, sorti en 2008 sur PS3, possédait des qualités certaines mais l’absence de localisation française a fait que le jeu est plutôt passé inaperçu pour les personnes pour qui la langue de Shakespeare est incompréhensible. Au total, environ 800 000 copies du jeu se sont vendues dans le monde, suffisant pour lancer des suites, mais pas assez pour les porter sur les consoles de salon, les Valkyria 2 et 3 sortiront uniquement sur PSP et ce dernier uniquement au Japon. Si les remastered de jeux comme Uncharted, Metal Gear ou encore les Bioshock sont d’une logique implacable vu les ventes des jeux initiaux, la sortie de ce Valkyria Chronicles Remastered est une vraie surprise, prouvant que SEGA a encore confiance en la qualité de ses jeux. A moi maintenant de vous prouver que si vous aviez fait l’impasse à l’époque, vous n’avez aucune excuse aujourd’hui.

For Gallia

Toute ressemblance avec une réalité passée est totalement fortuite… ou pas

Commençons par ce qui est sûrement le point bancal du jeu, le scénario. L’action se déroule dans une Europe fictive des années 30 où une « Seconde Guerre Européane » est déclenchée entre deux grandes puissances : la Fédération Atlantique aka « les gentils » en bleu versus l’Alliance Impériale aka « les méchants », ce qui me rappelle vaguement un Garr au Boss des familles. Gallia, petite principauté neutre sans armée se trouve prise à partie dès le début du conflit lorsque l’Empire entre dans Bruhl, la ville de nos héros Alicia et Welkin, et commence à tout cramer. Le petit pays entre alors en guerre, mobilisant ses civils pour créer la milice. Welkin s’étant démarqué durant la bataille de Bruhl (en trouvant le tank « Edelweiss » dans la grange de son père), il est nommé commandant de l’Escouade 7 et envoyé au front sous le commandement de la famille Randgriz sous couvert d’ordres émanant de la Fédération…

Les scénettes développent un peu les relations avec les personnages, notamment un désaccord vis à vis de la coloration brune…

On est ici sur un mix entre la seconde guerre mondiale pour les dates et la guerre froide pour les ennemis (l’Empire faisant plus écho à l’ex U.R.S.S qu’aux nazis) avec en bouc émissaire Gallia, elle même un melting pot entre la Suisse, les Pays-Bas et la Pologne… Au demeurant l’idée aurait pu être intéressante mais malgré la violence du conflit, on peine à éprouver de l’empathie pour la petite nation, pour les protagonistes et même pour les Darcsens, équivalent des Juifs dans ce conflit fictif. Beaucoup se seraient abstenus de tenter de rentrer dans ce type de parallèle hasardeux mais apparemment c’est mal connaître les Japonais. Ainsi, en marge du conflit, certaines scénettes mettront l’accent sur la haine éprouvée par quelques uns de vos personnages notamment envers la sœur adoptive de Welkin, Darcsen d’origine… L’histoire est ici plus prétexte à proposer une suite logique des missions qu’à vraiment pousser le propos vers le fond du conflit, ce qui n’est pas plus mal. Ne vous attendez pas à ressentir de grandes émotions en lien avec le fil scénaristique, les vraies émotions se trouvent sur le champs de bataille!

XCOM 2 (7)

Dernier rejeton d’une vénérable dynastie de tactical occidentaux, XCOM 2 fait suite au reboot à succès de la série de dégommage d’aliens furtif. Statue vidéo-ludique érigée à la gloire d’X-Files, elle en reprend l’ambiance feutrée, le goût du mystère et les imbroglios tendus avec nos amis les E.T. Seulement voilà : si le précédent épisode passait du simulateur de Gestapo à la bataille de France, nous voici désormais plongés dans le quotidien des FFL. Et dans un monde entièrement nazi.

Gagner la guerre

XCOM 2 (6)

XCOM 2, c’était pour moi l’occasion de me rabibocher avec la série, et plus généralement avec les tactical occidentaux dont je ne suis pas très friand. C’est donc les yeux pétillants et le cœur gonflé d’espoir que j’ai avalé sa désastreuse cinématique d’introduction, ambiance pilote de Terra Nova, pour déboucher sur le sempiternel tutoriel de déplacement des unités. Je ne veux pas être injuste avec ce tuto : plutôt rythmé, il recèle en outre l’unique retournement de situation surprenant de l’aventure. Mais endurer tous ces supplices pour finir par une présentation du casting catégorie sitcom aura eu raison de ma raison.

Le jeu est incroyablement plat et sans inspiration. Les graphismes ont raté le coche de la next-gen, et la direction artistique n’arrive même pas à faire honneur aux séries B qui lui servent visiblement de modèle. Les dialogues raclent pourtant bien le fond des séries US en débitant des stéréotypes baignant dans une soupe aussi fade que la personnalité des protagonistes. Et parallèlement à ce désastre de tous les instants, la narration ingame est plutôt efficace et bien maîtrisée ; à l’image de l’introduction qui nous fait rapidement sentir la menace de mort permanente qui pèse sur nos soldats.

Nouveauté qui dénote également ce changement de ton, la plupart des missions débutent en mode infiltration. Une occasion pour l’IA de s’en donner à cœur joie en traversant des zones surveillées alors qu’un autre chemin les contourne, de sauter à travers des vitres au lieu d’ouvrir la fenêtre, etc. Ça a au moins le mérite de réveiller la première fois, vu le rythme horriblement lent des combats, bourrés d’animations trop longues et d’attentes inutiles. Et même si vous parvenez au corps à corps face à un ennemi, vous n’êtes pas certain de le toucher à 100% – une blague déjà récurrente dans Enemy Unknown. On pourrait aussi parler du level design procédural permettant d’augmenter la rejouabilité, mais assez douteux d’un point de vue qualitatif. Heureusement, le gameplay est tellement passe-partout que n’importe surface avec quelques obstacles fait l’affaire.

XCOM 2 (3)

La conquête du monde, une antenne à la fois.

Pour beaucoup de joueurs, la Super NES est une petite bombe atomique même de nos jours. En effet on ne compte plus les titres qui ont acquis un statut de légende sur cette dernière. Étant passionné de RPG de longue date, je regrette franchement cette console qui nous offrait le meilleur, et même encore aujourd’hui, les RPG on du mal à rivaliser avec leur aînés, du moins scénaristiquement parlant. Parmi ces derniers il y en a un qui à acquis ce statut malgré le fait qu’on ne le trouvait pas en France, je veux bien entendu parler de BAHAMUT LAGOON.

DU CLASSIQUE MAIS EFFICACE

Vous incarnez BYUU,  le chef de l’Escadron des Dragons du royaume de Kana. Vous évoluerez dans un monde nommé Orelus composé d’îles volantes prénommées LAGOON. Au cœur de chacune de ces îles se trouve un dragon sacré chargé de protéger ce monde. Des le départ, le monde est en proie à une guerre, déclenchée par le seigneur de guerre Sauzer, qui met tout en œuvre pour réveiller les dragons sacrés cachés sur ces fameuses îles flottantes histoire de dominer le monde. Votre souverain, le roi de Kana et sa fille YOYO essaient en vain de réveiller le légendaire Bahamut afin de stopper cette guerre, mais c’est peine perdue. Le dragon reste endormi, le roi est assassiné, et la princesse est faite prisonnière par SAUZER et ses sbires. Quelques années après, la résistance s’organise autour de BYUU et de son escadron de dragon pour aller mettre un terme à la folie de Sauzer et libérer la princesse YOYO. Bref le scénario est dans l’air du temps de ce qui se faisait à l’époque, rien de bien terrible mais le charme de ce jeu est ailleurs.

 

bahamut ne se réveillera pas…tout de suite

Nippo Ichi Software, littéralement « softs numéro 1 du Japon » est l’exemple même de la boîte de développement / édition entourée de mystères. Spécialisée dans des projets undergrounds, typiquement japonais et régulièrement hardcores, c’est paradoxalement un studio qui monte et commence à se faire un nom au sein de la féroce industrie du jeu vidéo. Plus que des jeux, un véritable label, que l’on verra très attaché à certaines valeurs tellement à-part de nos jours ; il en transpire une identité folle, un charme inimitable pour des jeux fait avec le coeur plus que le porte-feuille. Se baladant de petites prod’s en petites prod’s, considérées comme succès lorsqu’elles se vendent à 50 000 exemplaires, c’est à cette société quasi artisanale que l’on doit le « tactical à la Disgaea », ainsi que l’édition de perles exotiques en provenance de leurs collègues de chez Atlus, Gust, Vanillaware, Idea Factory et autres développeurs intégristes. Petite analyse de cette « patte NIS » et des grands jeux qui en ont emmergé.

NIS touch 1.0

Un Prinny, en quelque sorte les chocobos de NIS !

La première chose qui frappe en s’aventurant dans un jeu Nippon Ichi Software, c’est tout son aspect rétro, la sensation de toucher à un soft à petit budget des années 90. Vieillot donc ? Eh bien pas tant que ça en fait. Les développeurs, comme affairés à masquer toutes ces ficelles d’un autre temps usent de petites astuces bien à eux pour camoufler ces rouages low costs. Pas les moyens d’utiliser un gros moteur 3D hi-tech ? Hop on reste sur de la 2D. La 2D fait cheapos de nos jours ? Zoup on lui donne un aspect vintage-en-retard-de-deux-générations pour faire vibrer le coeur des vieux briscards du jeu vidéo, qu’importe si ça fait marrer les djeunz, les vrais se reconnaîtront. La flemme de se creuser la tête avec des scénarios intéressants (comprendre mature, surprenants, originaux, tout ça) ? Zlap on va jouer la carte de l’humour. L’humour c’est dur ? Frouitch on mise à fond sur le what the fuck, et tous les clichés si tendres aux RPG habituels, tan pis pour le sérieux. On l’aura compris, plein de petites touches qui, mises bout-à-bout et présentes dans la majorité des production NIS, vont apporter une identité très solide à la marque. Connue pour avoir redonné un coup de fouet au tactical en Europe et aux USA, c’est surtout à un formidable faiseur de T-RPG que l’on a affaire. Du tactical moderne, de l’école du grosbillisme, qu’importe encore une fois le sérieux. Dans la classe du RPG, NIS serait le p’tit cancre du radiateur qui se fout de la colle partout et dessine au lieu d’écouter la maîtresse. Imbattable pour faire rire ses grands camarades Ogre Saga, Fire Emblem et leur clique, mais obligé d’intercepter le facteur lors des la remise des bulletins. D’une certaine façon c’est une forme de talent non ? Bien souvent on se retrouve à l’heure du bilan avec des game systems totalement barrés, boulimiques d’options comme s’il y avait toujours une peur de ne jamais en faire assez, avec un équilibre qui paraît d’abord bancal puis heureusement subtil : véritable ode à tous les grosbills, le plaisir et surtout l’intérêt en plus. Ces jeux sont réellement à-part. Du haut de leur structure en chapitres façon conte et de leurs cutscenes figés style siècle dernier, difficile de lutter dans les mêmes catégories que les grands de la narration. Mais après tout, qu’importe si ces jeux n’ont pas l’éloquence des références corneilliennes du genre, FF Tactics et compagnie : la volonté est ailleurs, le fun tout simplement.

Disgaea, l’essence NIS

Disgaea navigue en plein délire pour notre plus grand plaisir.

Pièce maîtresse dans la gamme des jeux Nippon Ichi Software, c’est aussi le seul jeu du studio qui ait connu un petit succès commercial, devenant ainsi une marque à elle toute seule, et lançant une saga qui semble bien partie pour devenir tentaculaire. Tous les supports sont touchés (PS2, PSP, PS Vita, DS, iOS, Android…), si bien que c’est devenu la saga de loin la plus populaire du studio. Un (tout-de-même relatif) succès mérité tant Disgaea est le best-of de ce que NIS sait faire. L’humour, très efficace, tombe juste et fait souvent rire. Les persos sont plus barrés les uns que les autres et explorent bien le côté sombre de la force (apprentis démons…) ce qui est quand même vachement rare (Dungeon Keeper…). Mais par dessus-tout c’est au niveau du gameplay que se cache le trésor. Très centré sur le système des geo panels : des cases colorées aux propriétés particulières réparties un peu partout sur le terrain. Ainsi le jeu se montre assez subtil niveau tactique, avec une bonne utilisation de la map.

Phantom Brave, l’élu ?

Une pluie de stats, paramètres et options ! Le game system de Phantom Brave ne fait pas dans la dentelle !

Petit frère du grand Disgaea, c’est pour certains le jeu le plus marquant de la boîte. Chose exceptionnelle chez NIS, ici le ton se veut sérieux et mature. C’est l’histoire d’un jeune homme  décédé, à peine réanimé sous forme de fantôme, qui vient protéger une jeune enfant. Loin du délire doux-dingue des Disgaea, on vivra ici un voyage initiatique, avec des scènes assez dures. On aurait aimé qu’elles prennent un peu moins de gants mais malgré ça l’ambiance est là et les musiques (Tenpei Sato, compositeur habitué aux prod’s NIS) sont plus sublimes que jamais. Mais surtout, Phantom Brave est sûrement le tactical le plus riche de la gamme. La possibilité (à double tranchant) de jeter les ennemis, le système d’invocation des persos, les déplacements semi-libres, la création de donjons, le système de titres, des fusions dans tous les sens… Rarement le level-up n’aura été aussi prenant une fois qu’on a compris les astuces. Avec son fort caractère et son game design de génie il est indispensable à tout amateur de tactical !

COver

Préparez-vous, la critique la plus dithyrambique que vous n’ayez jamais vu va bientôt se révéler à vous. Parler de de ce qu’on considère comme un des meilleur jeu de tous les temps est un peu intimidant alors je vais tremper mon clavier dans la même encre adaptative qu’un journaliste des Inrocks. Tout ça pour vous parler de Jagged Alliance 2, mis au monde par ces Botticelli modernes de Sir-Tech avec Talesoft dans le rôle des Médicis. Sorti en 1999, il aura été le jeu qui fit entrer le monde dans le 21eme siècle. Ni plus, ni moins.

« Il réussit, sans rien sacrifier de cette poésie douce-amère, à inventer sa propre syntaxe videoludique, et à conjuguer ses émotions dans une temporalité bien à lui. »

 

Des graphismes tout a fait corrects pour l'époque. Notez ici le gros carnage réussit en contournant la position.

Des graphismes tout a fait corrects pour l’époque. Notez ici le gros carnage réussit en contournant la position.

Le pitch du jeu est simple, vous êtes un mercenaire contacté par le Prince héritier d’un petit état d’Amérique du sud. L’ex potentat local souffrant de voir sa ligne de succession brisée par sa belle-mère, usurpatrice régicide. Il va vous envoyer un mail depuis son exil pour vous sommer de rétablir la juste oppression du peuple par la noblesse dans son pays à lui. Son désir de justice se manifestant par le fait d’envoyer un inconnu, moyennant finance, coller une balle de 6.35 dans les dents de la régicide Deidranna. Le pitch de départ est direct, personnellement j’adore ce genre de scenario ou l’on est vraiment un héros. Et surtout, ou l’on se raconte sa propre histoire. Le jeu étant un tactical en monde ouvert (la carte est divisée en carré que l’on peut tous explorer, certains étant incroyablement vide, d’autres ont une importance cruciale) vous avez le choix de faire ce que vous voulez. Il est possible de tout cramer (civils compris) et vous frayer un chemin sanglant jusqu’au palais de la Reine. Si ça vous chante, prenez juste votre soldat de base et infiltrez le palais (moyennant passage secret) pour finir le jeu en 2 heures.

La carte est lisible, l'interface claire, on se croirait devant un Kandisky !

La carte est lisible, l’interface claire, on se croirait devant un Kandisky !

Qui dit micro état d’Amérique du sud dit ressource minières importante. Arulco (ledit Pays) base son économie sur des mines que vous devrez contrôler. Une fois sous votre contrôle, vous toucherez une partie des revenus pour financer la révolucion (Surtout payer vos mercenaires et leur équipement). Ces revenus sont indexés sur un indice de loyauté qui dépend de votre capacité à satisfaire la population, en réalisant des quêtes ou en la défendant face aux armées de Deidranna. La première mission qui vous sera confié entant de contacter la résistance en place pour ensuite prendre l’aéroport local a partir duquel on vous livrera arme et munition. Une fois que vous avez saisit ça c’est à vous de gérer le rythme de votre partie. Au départ on tâtonne, se ballade un peu au hasard pour explorer la région. Ensuite on se rend compte que la première mine que l’on exploite est à sec et il faut choisir d’avancer. On commence par prendre une ville, puis deux. On se prend la tête avec la logistique, on rencontre des gens qui parlent de leur situation …

Chaque mercenaire a une histoire et des caractéristiques propres. On se croirait dans un livre de Lampedusa.

Chaque mercenaire a une histoire et des caractéristiques propres. On se croirait dans un livre de Lampedusa.

Le coté RPG du jeu ne réside pas que dans la feuille de stat de ses personnage, mais aussi dans l’ambiance que le « scenario » distille à travers des touches d’humour souvent bien sentie (Solide compréhension de l’anglais requise tout de même). La manière dont vous allez choisir d’organiser la prise du palais de Deidranna en dira long sur vous. Les plus expéditifs iront droit au but avec une équipe réduite, limitant les besoins en argent et sans trop se soucier des dégâts collatéraux (L’attaque d’un village de pécheur au bazooka n’étant pas vraiment ce qu’on qualifie habituellement du sobriquet de guerre juste). Les plus tatillons prépareront minutieusement leurs assauts, opérant de nuit pour limiter les risques. Les justiciers en herbes viendront systématiquement en aide aux civils laissant derrière eux des soldats pour former les milices locales …

« Jagged Alliance 2 est une synthèse parfaite de ce que devrait être le jeu Vidéo en 2013 : une entreprise à la fois terriblement humaine et terriblement scientifique »

Après avoir touché le game design, les grâces se sont dit que s’arrêter en si bon chemin était une hérésie. Elles se sont penchées sur l’interface. Celle-ci prend la forme d’un petit ordinateur portable que vous aurez toujours sur vous. A partir de celui-ci, il est possible de naviguer sur quelques sites internet rudimentaires pour commander des armes sur le marché noir (ne vous plantez pas en indiquant le destinataire, envoyer 3 Rpg à 5000 dollars pièces vers Kaboul ne fera pas de vous un Moudjahidin mais juste un mec qui a perdu 15 000 dollars). On peut également contacter des mercenaires et les engager, consulter ses mails … L’interface repose donc sur cet ordinateur et son GPS (pour avoir une vision globale de la carte). Force est de reconnaitre que ça marche au poil. Limitations techniques compensé par bonne idée forcent respect (Voltaire In Paper Please ou l’optimisme).

Le magasin en ligne avec des tas de pétoires aux caractéristiques différentes. C'est riche et profond comme du Roland Barthes.

Le magasin en ligne avec des tas de pétoires aux caractéristiques différentes. C’est riche et profond comme du Roland Barthes.

Bon tout ça c’est bien beau, mais ça ne nous dit pas grand-chose sur le cœur du jeu. La Marave, la vrai. La main qui va dégommer Deidranna il va falloir l’entrainer, et pour se faire il faudra faire prendre de l’expérience a vos homme. Celle-ci permettant de monter des caractéristiques diverses. L’habileté au tir étant la base de tout bon combattant, la capacité d’entretenir son équipement et ses organes internes n’est pas à négliger non plus. Avoir un bon leader d’homme peut s’avérer utile. Mais cela risque de vous faire passer à côté des instructeurs. Et les porteurs, vous y avez pensé ? Il va falloir penser à spécialiser ses hommes, les entrainer pendant de longues journée (et donc les rendre indisponibles pour le combat) pour avoir une équipe harmonieuse. Sachant qu’ils vont vous réclamer un peu plus d’argent à chaque renouvellement de contrat selon leur évolution. Qu’il est cruel d’affronter les conséquences de ses actes… (Voltaire, op. cit.). On se perd un peu au départ devant le nombre de paramètre à gérer au départ, mais quand ça marche… Dans ma première partie, j’avais mis en place une équipe de combat de nuit, une de défense ou d’assaut lourd, un petit groupe avec armes lourdes (mortiers et bazooka), deux instructeurs et des réparateurs logisticiens conduisant un camion chargé de munitions. Chaque équipe ayant des équipements différents du plus léger au plus lourd pour maximiser le temps d’opération avant dodo.

Concernant l’équipement à proprement parler, préparez-vous à pleurer. En tant que gens de gout, vous allez installer le patch 1.13 qui améliore et corrige beaucoup de choses et ajoute pas mal d’armes. Et au milieu de la forêt de calibres (on ne charge pas un 9mm avec des chargeurs de kalachnikov) parfois très exotiques il va falloir suivre. Certaines armes sont très efficaces mais utilisent des munitions trop spécifiques, qu’on oubliera souvent de commander.  De même on ne fixe pas n’importe quelle lunette sur n’importe quel fusil … Au début on se décourage un peu, puis on pense vraiment à des schémas normalisés d’équipement avec munitions compatibles ou facilement récupérables sur les cadavres des gardes. Ah oui, le poids et l’encombrement jouent un rôle prépondérant sur les capacités de vos hommes. Mais le système laisse une part à l’improvisation, c’est ça qui va vous sauver la vie. Bourrez vos sacs de munitions et de matériel médical, au combat vous pourrez le laisser à terre. Un char ? Tiens, si je bourrais un sac avec de la TNT sans détonateurs pour lui jeter dessus avant de le faire exploser avec des grenades ? Il va falloir tâtonner mais la récompense est là. Quand ça fonctionne on en tire une satisfaction que l’on trouve rarement dans un jeu qui vous prend par la main de A à Z.

Cover NIS americaVous le savez, ici sur Le Serpent Retro on aime les expériences vintage, un peu roots et tous ces pixels qui font plisser les yeux. On compte aussi beaucoup d’amoureux de RPGs, ce genre si noble qui subit si peu l’épreuve du temps. Et enfin on compte une poignée d’amateurs de jeux bien hardcore, tous ces titres qui nous enseignent le dépassement de soi autour de la beauté d’un gameplay. Et finalement, peu de studios arrivent à marier aussi bien tous ces aspects que Nippon Ichi Software et ses RPGs underground. Fiers de leur passion, et très accessible, c’est NIS America, la boîte qui s’occupe d’exporter les jeux NIS hors-Japon, qui a très aimablement accepté de répondre à une petite interview concocté par nos soins. Voici les réponses de Ryan Philips, le PR/Marketing coordinator de la boîte.
Cave Story 3D, un platformer où NIS America met les mains dans le cambouis !

Cave Story 3D, un platformer où NIS America met les mains dans le cambouis !

Bloodevil : Salut Ryan, peux-tu me parler un peu plus de NIS America et de NIS Europe ? Au juste, vous avez votre mot à dire dans le développement des jeux NIS, ou bien vous avez uniquement un rôle d’édition et d’exportation de ces jeux hors du Japon ?

Ryan : Salut, en fait, typiquement, NIS America se concentre surtout sur la localisation et la publication de nos titres du Japon. Cependant, on a eu la chance de bosser avec les développeurs de Cave Story 3D, Nicalis. C’était très fun de travailler côte-à-côte et de voir comment le processus de développement d’un jeu se passait. Mais on a aussi un autre rôle important : on communique les retours des tests et reviews de nos jeux aux développeurs japonais afin de les aider à améliorer leurs titres !
Phantom Brave, une vraie perle du tactical selon NIS ! Et un vrai gros RPG hardcore comme on aime chez Le Serpent Retro.

Phantom Brave, une vraie perle du tactical selon NIS ! Et un vrai gros RPG hardcore comme on aime chez Le Serpent Retro.

Bloodevil : La plupart des jeux que vous développez ou éditez sont assez underground et destinés aux hardcore gamers. Aussi, la plupart d’entre eux sont des RPGs. Qu’en penses-tu ? Avez-vous l’intention de devenir un studio plus mainstream à l’avenir, ou alors vous voulez rester sur cette voie de l’underground ?

Ryan : En fait on sait très bien que beaucoup de nos SRPGs et JRPGs tombent dans la catégorie des jeux de niche ou des jeux hardcore comparés à d’autres jeux plus mainstream. Cependant on cherche carrément de nouvelles opportunités et de nouveaux genres pour s’étendre. En 2011, on a sorti Bleach : Soul Resurreccion qui était plutôt un jeu d’action-aventure. Et là bien sûr Cave Story 3D, un jeu de plateforme! On travaille dur pour une constante amélioration et croissance, et tous les genres de jeux sont définitivement pris en considération quand on regarde pour faire sortir de nouveaux titres.

Cover

Vous ne le savez peut-être pas mais XCOM est une vieille série. Et ouais. Ca vous en bouche un coin, n’est-ce pas ? En attendant, elle n’était plus très connue du fait qu’elle est tout d’abord l’une des très rares représentantes de son genre, que les derniers épisodes dataient déjà de quelques bonnes années et que son ambiance n’est pas spécialement « glamour ».Pourtant, ce titre là à la saveur de ces jeux typiques du PC, au gameplay si spécifiques et qui ne plairont qu’à une certaine tranche de joueurs, tout simplement car il s’avère très particulier et pas particulièrement vif. Vous allez vite savoir pourquoi.

Back to the 90’s

Alpha Tango Charlie !

Alpha Tango Charlie !

Remettons les choses dans son contexte, XCOM n’est pas sexy et ne l’avait jamais été dès lors. Baignant dans son ambiance SF plus orientée vers la série Z que par le style plus léché d’un Star Wars, ce n’est pas l’esthétique qui séduira ni ses graphismes d’un ancien temps. Car oui, cela fait longtemps que la mode de l’alien aux yeux en amande et du trio de couleurs bleu/violet/vert ne séduit plus. Beaucoup trouveront ça moche, et on ne pourra pas leur donner véritablement tort, d’autres révéleront leur nature d’indécrottable optimiste en affirmant que cela sent bon le mauvais goût, argument que l’on ne peut pas non plus réfuter, quand on s’y attarde. Mais tout l’intérêt de XCOM Enemy Unknown n’est pas véritablement dans son apparence. Non, il demeure dans son gameplay proche du tactical rpg où l’on contrôle une équipe de soldats spécialistes de la chasse à l’envahisseur extra-terrestre plus rigolo que terrifiant. Un gameplay au tour par tour où il sera nécessaire de mesurer les distances de déplacement de vos personnages pour optimiser à la fois les chances d’attaquer avec précision, sans se prendre trop de contre-attaques dans le buffet. Car oui, toute la difficulté réside dans cette absolue nécessité de peser les risques que vous prenez à chaque action, d’autant que chacun des membres de votre escouade n’obéira pas forcément aux mêmes règles. Ne vous avisez donc pas de placer vos snipers en première ligne, ni d’éloigner vos équipiers de soutien trop loin des tanks, par exemple, car un mauvais calcul peut être vite puni par un tir de laser violacé particulièrement violent.

Nippon Ichi Software, trois mots, un label et ça suffit pour faire briller les yeux d’une petite communauté de gamers, affamés d’exotisme et de jeux de rôle. Dernier de leur jeu à avoir percé les frontières de la zone PAL, c’est un produit fait avec le coeur et les tripes qui nous arrive là. Une bande de développeurs passionnés, sous la bannière « Compile Heart » se livrent à nous à travers ce jeu expérimental, héritier du tactical moderne à la Disgaea & co.

Un jeu, ce cri du coeur

Le main producer du jeu : « Keiji Shin Inafune », ou « New Keiji Inafune ». Mais qui se cache derrière ce mystérieux pseudo ?

Traçant son chemin dans la nuit, Mugen Souls fait parti de ces jeux fait avec le coeur, de passionnés pour des passionnés. Semblant fuir l’univers mainstream comme ses cousins de chez Gust, Nippon Ichi Software, Ideal factory et tous ces autres larrons acteurs du RPG obscur, Compile Hearts transpire la passion. Keiji Shin Inafune (le leader du projet, à ne pas confondre avec « le » Keii Inafune) inscrit ce jeu comme un héritier du tactical RPG moderne. Même character designer (Takehito Harada), même game design totalement anachronique, même structure narrative, même graphismes perraves, même humour cradingue,  pour peu on aurait l’impression de jouer à un nouveau Disgaea. Et pourtant, c’est bien à Compile Heart (Hyperdimension Neptunia mk2…) et non NIS que l’on doit ce jeu ! Au final, des ressemblances pas si étonnantes quand on connaît les relations entre tous ces développeurs, habitués à se serrer les coudes sur leurs projets, à co-éditer ou co-développer leurs jeux (Neptunia…) voir même faire des cross-over (Cross Edge…).

Paillard à la Jap’

Les cutscenes sont vraiment vintages : un fond fixe, deux artworks à peine animés. Heureusement, les doublages (Jap ou Anglais) s'avèrent excellents et donnent beaucoup de caractère à ces dialogues !

Les cutscenes sont vraiment vintages. Heureusement, les doublages (Jap ou Anglais) s’avèrent excellents et donnent beaucoup de caractère à ces dialogues !

Mugen Souls est un jeu qui est drôle. C’est assez rare pour le signaler, d’autant qu’ici, un peu à la Disgaea ou Makai Kingdom de NIS, c’est toute la narration qui tourne autour de cet humour. En gros,on est face à un scénario au ras-des-pâquerettes, mais gorgé de personnages extravagants (magnifiquement doublés en Jap et Anglais) et de situations what the fuck. Le tout sur une superbe OST de Attouteki Yuugi, aux mélodies fortes et variées, bien qu’on aurait apprécié plus de morceaux. Le pitch : une jeune fille mégalo du nom de Lady Chou-Chou, auto-proclamée « déesse incontestée de l’univers », assoiffée de pouvoir et de conquêtes part mettre à l’amende un-par-un les sept mondes de la galaxie. Dans chacun de ces mondes on rencontrera des héros en pleine labeur héroïque (s’introduire chez les gens, casser des vases, faire du level up, chasser les démons…). Chacune de ces rencontres amènera des dialogues totalement barjos et remplis d’auto-dérision, jouant sur les clichés habituels de l’univers geek. A ses ordres, deux laquais : Atlis la démon devenue honteusement ange à force d’aider accidentellement les gens et Ryuto le groupie pervers de notre Dame Chou-Chou. Le tout est bien foutu, le ton est enjoué, l’ambiance originale, on sourie souvent, mais ça ne casse pas non-plus trois pattes à un canard. Pire, le jeu, tout en anglais (assez subtil), a une tendance énervante à abuser des cut-scenes et des dialogues à rallonge. Du genre l’équivalent de deux pages de roman toutes les cinq minutes. Du coup à moins de parler un anglais parfait on aura vite tendance à zapper toute cette narration, sans quoi on passer clairement plus de temps à lire qu’à jouer. L’absence de localisation est vraiment dommageable dans ce jeu !