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Il était une fois, un jeu, une oeuvre qui a grandi parmi un peuple intelligent et ayant une conception de la vie ma foi très décalée. Arrivée à un stade avancé, quelle surprise fut pour le jeu quand il a été abandonné par les siens, laissé à l’agonie sur un sol humide et froid dans une cave qui est rempli déjà de projets avortés dans un état piteux comme lui, tels que The Last Guardian et Prey 2. Mais la vie est remplie de surprise, très vite, il fut récupéré par un gang de branleurs au grand coeur. En quelques mois seulement, le jeu fut réhabilité par ses nouveaux mentors, gardant les bases de ses aînées en mélangeant les techniques que le gang lui a appris, le jeu devenu grand et prêt à sortir pour se battre conte les lois du marché et essayer de se venger de ses anciens amis.

Avant le meilleur jeu de l’Ouest…

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Derrière cette introduction piquée dans n’importe quel script de Western Spaghetti (surtout de Peckinpah), je voulais vous parler d’un jeu, de Red Dead Revolver en particulier, pourquoi me direz-vous ? Bien pour deux raisons. La première c’est que j’aime Red Dead Redemption, malheureusement je l’aime à un tel point qu’il figure comme le dernier des crevards dans mon Top 10 jeux vidéo, ce qui dans n’importe quelle réunion de branleur bien pensant du média vidéoludique ou bataille d’arguments dans un forum, vous fait perdre automatiquement en figure d’autorité ainsi qu’en crédibilité parce que c’est un jeu des studios Mainstream Rockstar, et vous le savez tous, basher les GTA c’est cool, ça donne un petit côté anticonformiste. La seconde raison pour que je vous écrive sur ce jeu, c’est que RDR version 2004, est une preuve ou un témoignage de ce que pourrait apporter la collaboration de deux studios « talentueux » ayant une culture différente sur quasiment tous les points créatifs.

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Au début, Red Dead Revolver devait être un jeu teinté d’un certain classicisme nippon où le principe de l’arcade faisait loi.Un jeu reprenant quasiment le concept de Time Crisis en vue à la troisième personne avec une histoire de fond où le joueur incarnait Red, cowboy sombre au grand coeur qui se lance à la poursuite des tueurs de ses parents. Développé par Capcom en interne et chapeauté par une équipe composée d’entre autre Akira Yasuman (Chara-designer des Street Fighter). Arrivée à un stade très avancée du développement et plusieurs présentations dans les salons professionnels (E3, Gamescom), Capcom décide de tout bonnement l’annulé, car il ne croyait pas au succès commercial au japon, trop américanisé pour toucher la communauté de joueur japonnais et potentiellement pas assez pour se vendre facilement en occident, qui plus est, étant donné sa position de nouvelle licence, le coup de poker fut trop risqué pour tenter quoi que ce soit.

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Pendant que le monde entier se sont demandé pourquoi ils n’ont pas préféré d’annuler le très casse-gueule Steel Battalion à 199 €. Le studio Rockstar intéressé par ce projet avorté contacte Capcom pour pouvoir acheter la licence et récupérer tous les assets du jeu. Take Two, le chasse garde, le maître de bord et le dieu de la bourse souhaite que les studios internes se magnent le train pour la clôture du bilan fiscal de 2003. Manhunt n’ayant pas fait un carton à la GTA, pour cause de médiocrité et de provocation vide de sens, le volet San Andreas quand à lui se faisant attendre pour le bilan fiscal 2004. Ryan Brant, le CEO, veut du chiffre pour gagner en crédibilité en bourse, il va alors passer le message aux équipes des frères Houser pour sortir un jeu le plus vite. Enfin, ce n’est qu’une théorie que j’avance, mais c’est la seule théorie que je trouve crédible par rapport au rushage qu’a été le développement et les problèmes qui en découlent sur le système du jeu (ou c’est peut être dû à l’incompétence des développeurs, mais n’est pas Square Enix Montréal qui veut). Sam et Dan Houser et le studio Rockstar North sont occupés pour la finition du quatrième volet de la licence. Ils vont déléguer le boulot au studio de San Diego, responsable entre autre des Midnight Club.

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La team composé par Josh Needleman (Futur Producteur de GTA V et RDR) va avoir 6 mois pour finir le jeu. Red Dead Revolver dans sa version de base ne convenait à personne, le jeu était dur, punitif et lourd à jouer. L’équipe décide de garder quelques éléments récalcitrants comme la construction très arcade du jeu, pour compléter ces tableaux qui s’enchaînent, ils vont ajouter des cutscene gratinés de dialogue savoureux écrit par Sam Houser et en profiter pour étoffer le pitch de base. On est toujours sur l’époque fin XIXe dans le très Ouest américain avec Red qui doit venger ses parents tuer par un affreux général portant la moustache avec classe et distinction. Red devient un chasseur de primes afin de pouvoir remonter la trace de l’assassin de ses parents accompagner de quelques autres protagonistes haut en couleurs, comme la fermière Annie Stoakes qu’on retrouvera sous les traits de Bonnie Macfarlane dans l’opus suivant de la licence. Référence appuyée à la cinématographie des westerns spaghettis, on a des références au film de Peckinpah dans tous les coins, ça transpire l’esthétique du film Django de Sergio Corbucci lorgnant avec des personnages sortis tout droit de la filmographie de Leone. On est clairement dans la même optique de production des GTA qui eux s’inspirent de la filmographie de Michael Mann ou Scorsese.


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Trois ans après la sortie du premier opus, 2K games nous propose de revenir sur Pandora pour à nouveau se farcir de l’alien ou du mercenaire. Borderlands premier du nom à gagné sa notoriété via son gameplay nerveux et  captivant, ainsi que ses graphismes absolument somptueux. Son successeur sera-t-il à la hauteur des attentes des fans ?

Pandora le retour

Cinq ans après les évènements du premier opus, Borderlands 2 nous ramène sur Pandora, pour y vivre de nouvelles aventures totalement déjantées. Après les découvertes de nos héros lors du premier opus, Le Beau Jack s’est emparé de ces dernières, et en à profité pour prendre le contrôle de de l’Hyperion Corp, qui est spécialisée dans l’extraction de l’eridium (un minerai super rare).Après avoir été laissé pour mort par ce dernier en plein toundra pandorienne, et réanimé par ce bon vieux Claptrap, votre mission sera d’éliminer ce bon vieux Beau Jack… bref rien de folichon niveau scénario. Mais peu importe l’intérêt est ailleurs Borderlands 2 vous proposera également de découvrir tout plein de nouveaux endroits à explorer, ce qui vous donnera pour l’occasion une map beaucoup plus grande que son aîné.Graphiquement parlant le premier Borderlands était magnifique, et son successeur en reprend tous les standards. Parfaitement réalisé en cel shading (comme le premier ceci-dit), Borderlands 2 vous transportera dans un univers typé western du futur. Si graphiquement le jeu est quasi parfait, c’est que la bande son fait également son œuvre. En effet, cette dernière est vraiment dans l’esprit et vous pousse à vouloir toujours aller plus avant. Cependant dommage que le doublage français sois un peu bancal, un petit détail quoi. Comme avec son prédécesseur, vous aurez la possibilité de choisir parmi quatre personnages possédant chacun ses propres attributs: Salvador, le bourrin de service, celui qu’il faut prendre si vous avez envie de foncer dans le tas sans trop vous prendre la tête, Axton, un militaire armé d’une tourelle qui fera des malheurs dans les rangs ennemis, Maya, qui de son coté sera le médecin du groupe (mais ne croyez pas qu’elle ne sache pas se défendre, cette dernière possède en effet la possibilité de paralyser ses adversaires quelques instants pour mieux les achever ensuite !), et enfin Zero, le ninja maniant aussi bien le sabre que le fusil sniper. Nul doute que ce dernier devrait plaire au plus grand nombre. Techniquement parlant les quatre persos reprennent les mêmes compétences que leurs prédécesseurs, et c’est bien dommage, on aurait peut être aimé de nouvelles compétences au travers de ces nouveaux venus. Concernant les anciens personnages du premier, vous le retrouverez ici sous forme de PNJ qui vous donneront les missions à réaliser.

Gun fights, humour et corrections

Honnêtement quand on joue à Borderlands, c’est pour son univers totalement décalé et ces gun fights à ne plus savoir qu’en faire. Ici, on défouraille à tout va, on bute nos ennemis tant qu’on a des cartouches… euh, même a mains nues à vrai dire, et on cherche à récupérer un maximum d’objets pour essayer d’améliorer nos personnages. Bref rien de différent par rapport au premier, mais bon c’est tellement bon de jouer sans prise de tête et comme on le sent qu’on lui pardonnera. La prise en main pour les néophytes ( pour les joueurs du 1er, aucun problème ) se fera très rapidement. En effet, Borderlands 2 est facile, et contrôler votre perso sera une partie de plaisir. L’armement disponible est super complet, grenade, mitraillette ou encore fusil sniper, tout y passe. Notons au passage que le jeu nous a semblé plus fluide que son prédécesseur. Outre son aspect gunfight, Borderlands c’est un monde totalement dingue et loufoque. Au programme, dialogue crus, voire même super grossier par moment, Borderlands 2 ne laissera pas indifférents les fans du genre post apocalyptique. Présent dans le premier épisode, les arbres de compétences ont fait l’objet d’une amélioration. En effet ces derniers ont été pensés pour pouvoir vous permettre de définir plus nettement le rôle que vous voulez donner à votre personnage (Snipper, résistance etc…). Maintenant vous pourrez également jeter à la gueule de vos ennemis les armes dont vous ne pouvez plus vous servir par manque de munition. Un régal ! Là où on rigole moins, c’est quand le moment de prendre un véhicule arrive. Là, aucune évolution, c’est toujours aussi pourri qu’avant. Dommage car le jeu gagnerait encore en intérêt si ce défaut était corrigé. 

Le bullet time. Mais quelle belle invention pour le jeu d’action. Repris depuis dans beaucoup de genres et de jeux, beaucoup trop de personnes ignorent que ce n’est qu’en 2001 qu’il fut popularisé. Par Max Payne. Un jeu plutôt marquant qui, au final, ne fut pas joué par grand monde. Un tort. Nous allons ici rendre hommage à l’un des plus grands jeux d’action, sûrement le plus grand de l’ère 3D.

Max douleur ?

Un parcours jonché de morts.

Commencer par expliciter pourquoi Max Payne est connu, à savoir grâce au bullet time, serait un peu trop évident. Et comme je n’aime pas la logique et la suffisance, je finirai par ça, voilà ! Car oui certes, Max Payne c’est un gameplay riche, profond et appliqué, mais c’est aussi une ambiance. Oui messieurs dames, une ambiance. Et je ne parle pas seulement de l’assemblage des musiques et des graphismes, non. Max Payne a bien une âme. Et comme son nom de famille le suggère, une âme torturée, malmenée. Max, jeune flic modèle, sort tard du travail. Comme souvent. Il n’a qu’une envie, retrouver sa femme et sa fille, un bébé d’à peine quelques mois. Ce ne sera jamais le cas. Une bande de junkies était là avant, tuant sa famille, sous l’emprise de la drogue. Saleté de produit. Max est anéanti, et ne va avoir plus qu’une seule chose en tête : la vengeance. Froide et irréversible. Violente et sans scrupules. Max est un flic, il sait manier les armes, et il va s’en servir pour remonter tout le réseau de fabrication de cette drogue de merde. La Valkyrie. Nous en avons de l’empathie pour ce personnage à la fois normal, et charismatique. Ce flic qui n’avait rien demandé, et à qui il arrive le pire. C’est vraiment la merde…

Alors que les films noirs – et particulièrement les films de détective de la police de New York – sont souvent citée comme étant une influence déterminante sur l’identité de la franchise Max Payne, beaucoup oublient que les pierres angulaires qui ont inspiré la série sont un peu plus internationale que cela. Le cinéma Hong-Kongais apparaît ainsi comme un pionnier, dans les années 1980 avec des réalisateurs comme John Woo et Ringo Lam. Parmi tous ces films,  « The Killer » est peut-être le meilleur. Avec ses pirouettes stylisées, ses ralentis, ses séquences de fusillades, il n’en oublie pas une certeine touche mélodramatique, qui soulignent l’action (colombes blanches, mysticités, chandelles d’églises). N’oublions pas non plus le rôle du tueur talentueux et inconscient, joué par Chow Yun, dans une de ses nombreuses collaborations avec M. Woo avant de devenir de grands noms de Hollywood. « The Killer » raconte l’histoire d’un assassin professionnel, Ah Jong, sans super pouvoirs ni de sixième sens, mais juste une capacité presque surnaturelle de répondre à un danger imminent, tout cela dans une fraction de seconde, réflexes affûtés, et une précision mortelle. Il n’hésite pas à risquer sa propre vie et son intégrité physique afin de protéger un innocent pris dans une fusillade.  Ah Jong lutte avec sa propre conscience et les questions de culpabilité et de loyauté, dans ses relations avec le détective qui le chasse, ainsi qu’avec le vieil ami et associé en affaires, et un chanteur lounge qu’il aime. Tout cela étant dit, les aficionados de films d’actions seront probablement dans ces scènes criblés de fusillades du début à la fin. Bref, tout cela pour dire qu’il faut attendre Max Payne 3 de pied ferme tant il s’inspire de ce qui se fait de meilleur ! C’est toujours dans les vieux pots que l’on trouve les meilleures recettes !

Le Serpent