Articles

Pourquoi blâmer une société qui a trouvé un bon filon et qui n’a pour objectif que de l’exploiter ? Revient-on systématiquement sur FIFA et PES qui nous resservent la même tambouille chaque année ? Tape-t-on sur Bethesda qui a créé tout un univers buggé et bien écrit autour de The Elder Scrolls et Fallout ? Est-ce que quelqu’un dans cette galaxie s’est élevé contre From Software qui a industrialisé la sortie des Souls et consorts ? Non… Et pourtant, on se donne le droit de critiquer Telltale, qui a trouvé le moyen de transposer le principe de la série TV en jeu vidéo. Voyez donc l’ingéniosité ! Et pourtant ils sont sujets à de vives critiques : « ce n’est pas du jeu vidéo ! », « c’est laid », etc. Et pourtant cela fonctionne ! Et nous sommes toujours plus nombreux à être happés par toutes ces histoires. Une plaidoirie initiale qui me permet d’introduire mon attente : oui, je voulais jouer à la nouvelle saison de The Walking Dead. C’est ce que j’ai fait. Et je n’ai pas était déçu de la… Conclusion ?

Remonter la pente

Javier le BG

Car oui, A New Frontier avait une mission bien à lui : celle de faire remonter la pente à une série qui n’a eu de cesse de dégringoler. Alors que le premier épisode était tout bonnement un chef d’œuvre d’écriture, le premier DLC, la saison 2, le spin-off Michonne, ont tous trois rendu des copies bien moins belles. La saison 2 nous mettait Clémentine entre les mains, alors âgée d’une dizaine d’années, mais ayant sur les épaules la destinée de tout son groupe ; le spin-off Michonne nous faisait enchaîner des scènes d’actions sans grand intérêt avec le concept Telltalien. Et cette saison 3, sur le papier, partait plutôt bien ! Clémentine n’était plus le centre d’attention du joueur ni l’avatar. Bien qu’adolescente dans cet épisode, elle regagne la place qui doit être la sienne : une putain de badass pour son âge, mais aux capacités limitées et intégrées dans un groupe plus ou moins structuré. L’avatar, quant à lui, est un bleu : Javier. A mi-chemin entre un joueur de foot un peu fragile et un lover des Bahamas, il était le parfait protagoniste pour repartir sur de bonnes bases : malléable, identifiable, sympathique. Telltale a donc tout mis en œuvre, sur le papier, pour remonter la pente. Dommage que ce ne soit resté que sur le papier…

Merci Clémentine

Clémentine, je t’aime !

Je ne voudrais pas être grossier, ni totalement négatif, je vais donc commencer par mettre en avant le gros, voire très gros point positif du jeu : la place de Clémentine et l’écriture de son personnage. Elle bénéficie, à mon sens, d’un retour triomphal et d’une interprétation très proche de celle du premier épisode. Cette enfant me parait tellement réelle et concrète. Elle passe d’une petite fille à protéger dans la première saison à une véritable survivante dans cet épisode. Le fait de ne pas l’interpréter rajoute une aura d’une beauté absolue autour de sa personnalité. Elle est à la fois l’enfant que tout le monde rêverait d’avoir, battante, persévérante, déterminée ; mais aussi la petite amie parfaite pour un adolescent un tant soit peu sérieux : belle, intelligente, douée dans tout ce qu’elle fait. On sent même une évolution tout au long de cette saison. Arrivant comme une sauveuse dans le premier épisode, elle se mue tour à tour en maman, en amie, en petite copine. Elle représente également toute la dureté de ce monde peuplé de zombies, où le chacun pour soi représente à la fois une facilité, mais aussi un démon pour quiconque décide d’ignorer les humains avec qui nous pouvons interagir. Mention spéciale également à la fin de saison, où nous quittons une Clémentine presque adulte, au nouveau design, mais tout à fait adapté à son évolution. Ce qui ne présage que du bon pour la suite. Et rien que pour ce personnage, je vous invite à faire et refaire tous les épisodes de la saga, en la prenant sous votre aile.

Indigestion de Zombies

A noter une belle évolution graphique, tout de même.

Cette mise au point faite, venons-en au concret : The Walking Dead : A New Frontier n’est pas un bon jeu. Il s’agit tout au plus d’une saison moyenne pour une série moyenne. Mais pourquoi me direz-vous ? Et bien, parce que la série de Telltale prend exactement la même direction que la série TV : les Zombies ne sont plus le principal problème, maintenant il faut survivre face à des humains. Ce que je trouve, premièrement, complètement con, mais surtout… Totalement con ! Je n’ai pas d’autres explications ! Bien que les Zombies soient toujours intégrés au fil de l’histoire, ils sont généralement un problème suite à des conséquences d’actions humaines. On remplace les zombies par tout autre monstre lambda, voire par des animaux sauvages, c’est la même chose ! J’en viens même à me demander si les scénaristes n’ont pas eu une indigestion de zombies. Quand on regarde les personnages qui perdent la vie en affrontant des humains plutôt que des zombies, je me dis… Mais… C’est complètement con !

Javier, Kate et consorts

Une équipe de winner. Spoiler : à la fin il n’en reste que 2. Mouahahahah

Et puis finalement, la vraie question à se poser, et qui doit prévaloir sur toutes les autres : la narration et le scénario sont-ils de bonne qualité ? Car il s’agit là bien de la chose la plus importante, ce qui fait le sel d’un bon jeu Telltale. Et bien je répondrai… Mouais. Certes, il y a quelques grands moments qui me resteront en mémoire pendant encore quelques mois, notamment la perte de la nièce de Javier dans le premier épisode, qui m’a à la fois choqué, mais aussi réellement surpris. Je me souviens également de cette scène d’affrontement entre Javier et son frère, où Javier se fait littéralement tabasser, et où le jeu nous donne le choix d’entamer un combat fratricide, ou bien d’essayer d’apaiser notre assaillant par des « je t’aime, mon frère ». Ça fait un peu gnan gnan dit comme ça, mais je peux vous assurer que ça prend aux tripes. Et bien Telltale arrive encore, malgré quelques passages poussifs, à insuffler de l’humanité dans ce monde de mort. Mais, mis à part ces grandes séquences, le jeu n’est traversé que par des moments de vide. Des discussions parfois sans intérêt, des personnages secondaires totalement OSEF, une méchante vraiment ratée… Mouais donc…

A retenir

Tout ça pour dire que je n’arrive pas à me décider. Certes, le jeu n’est pas « bon », mais est-il foncièrement mauvais ? Je ne pense pas. Par contre, une chose est sûre, A New Frontier m’a profondément déçu ! Car la déception n’est pas de jouer à un mauvais jeu, mais plutôt de constater une différence de qualité entre le jeu et ce qu’on en attendait. Et comme vous l’avez compris, je vénère la première saison, j’attendais donc beaucoup de la nouvelle… Et mes attentes n’ont pas été comblées, au-delà de l’évolution de Clémentine. C’est à ce moment-là en général que je glisse une phrase de Normand, du style : « jouez et faites-vous votre avis » ou bien « le jeu plaira aux fans »… Et ça, c’est vraiment quand je n’arrive ni à me décider, ni à conclure…

Informations sur le jeu

Plateformes : Tout. Oui tout

Genre : Telltalerie

Développeur/Editeur : Telltale

Date de sortie : 2017

Faire une suite. En soi, c’est déjà un exercice compliqué : ne pas décevoir les fans de la première heure, apporter des nouveautés sans chambouler la recette de base, rester fidèle aux créateurs d’origine, etc. Mais quand le jeu précédent est un chef d’oeuvre absolu, cela n’est plus compliqué, mais bien dangereux. Telltales s’est donc mis dans une bien belle galère avec The Walking Dead saison 2. Clem’ ma fille, c’est pas ton jour…

Le syndrome du tout pareil…

Clémentine. Cette héroïne hors du commun

En voilà un drôle de syndrome ! Car oui, à coté de celui de Stockholm il y a bien celui du tout pareil. Ne cherchez pas dans les livres d’histoire ou dans votre mémoire, je viens de l’inventer… Mais il représente absolument tout ce qu’est The Walking Dead saison 2. D’abord, il faut bien avouer qu’en termes techniques, la formule n’a que très peu, voir pas évolué. Des graphismes en mode mauvais Comics/Cell Shading, des animations complètement à la ramasse, des expressions faciales basiques. Simple, basique. Le tout servi par de grands et beaux bugs, comme le fameux « je me mets en position avion, comme si un dev’ était en train de me modéliser ». Coté gameplay, c’est du tout pareil absolu : même QTE, mêmes actions, peut-être un peu moins de recherche, mais toujours cette envie de nous conter une histoire en laissant de côté les actions et les éventails du possible du joueur. Mais attention, le syndrome du tout pareil, ça marche aussi quand les choses sont bien, faut pas déconner. Du coup, niveau bande son, c’est toujours du très lourd. Bref, si une personne ne connait pas la série et jette un coup d’œil au début de l’épisode 2 de la saison 1 et à l’épisode 3 de la saisons 2, elle serait bien avisée de dire qu’il s’agit de deux jeux séparés de plusieurs mois.

… Mais en moins bien…

Une belle équipe de vainqueurs

Ben oui, parce que c’est bien beau d’inventer un nouveau syndrome, façon paris sportif en ligne,  mais il faut quand même le nuancer, car faire pareil, c’est pas tout à fait faire identique. Simple, basique. Car, ce qui constitue la force de Telltales, ce qui fait toute l’essence de ses jeux, c’est bien « l’écriture ». Qu’on s’entende bien, je ne parle pas de scénario, mais bien de qualité de la narration. Je préfère qu’on me raconte de manière délectable l’épluchage d’un œuf, plutôt qu’on me jette à la gueule uniquement des phrases à l’indicatif de verbes du premier groupe sur fond de guerre nucléaire trans-générationnelle, avec Churchill et Napoléon en mode Ninja. D’ailleurs cette différence entre narration et scénario est très importante, à la fondation même de ce qui fait, pour moi, la réussite d’un jeu vidéo. Il vaut donc mieux bien dire quelque chose de banal, plutôt que de s’empêtrer dans une histoire inutilement complexe. Enfin bref, je m’égare. Et bien coté écriture, on ne vas pas y aller par quatre chemins : c’est moyennasse. Pas mauvais, loin de là, mais moyennasse. En réalité, bien plus que moyennasse, l’écriture est irrégulière. On atteint des sommets d’Epicness au début de l’épisode 1, pour qu’au bout de vingt minutes tout retombe à plat, et au moins jusqu’à la moitié de l’épisode 4.

… Mais c’était pas facile aussi

Des choix de dialogues, encore et toujours

J’en reviens à mon introduction : il est très difficile de faire une suite d’un jeu tout bonnement excellent. En effet, de manière objective, il est important qu’une suite soit meilleure que son prédécesseur. Et l’expression de manière « objective » est très importante. Car si Assassin’s Creed II est objectivement meilleur que son prédécesseur dans tous les domaines, n’a-t-on pas un attrait plus particulier envers le premier opus et la découverte d’Altair, de la génération HD, ou de la suite officieuse de la saga Prince of Persia ? Idem pour Resident Evil. Le 2 est plus beau, plus grand, plus fort. Et pourtant… Il reste dans le cœur de beaucoup, dont moins, sacrément inférieur à l’oeuvre première. Et l’emmerdant avec The Walking Dead saison 2, c’est qu’il est objectivement moins bien que l’épisode précédent. Il avait pourtant de sacrés arguments : on nous proposait d’incarner Clem’, personnage mineur si attachant, et on nous promettait des conséquences sur les choix réalisés dans la première saison (si on chargeait notre sauvegarde en début de jeu). Et pourtant… Mauvais rythme, mauvaise écriture, attachement moins fort, enjeux parfois sans intérêt… On préfère donc, quoi qu’il arrive, la première saison. Que ce soit objectivement ou subjectivement. Simple, basique.

A retenir

Je suis déçu. Déçu d’avoir à descendre un jeu qui m’a pourtant pas si déplu que cela. Déçu de voir qu’en 5 épisodes, je n’ai pas réussi à ressentir l’empathie pour Clem’, celle là même qui m’avait bouleversé dans la saison 1. Éreinté de devoir jouer presque 6h avant de retrouver la qualité du premier opus. L’ombre de Lee plane sur ma conscience comme sur les pensées de Clem’, et je trépigne d’impatience à retrouver la grandeur de Telltale, plus tard, une fois cette saison 2 ingurgitée.

Informations sur le jeu

Plateformes : Tout ce que tu veux

Genre : Telltalerie, Aventure

Développeurs : Telltale

Éditeur : Telltale

Date de sortie : Décembre 2013

Si tu es là, c’est que tu connais forcement la fin de the Walking Dead. Et si ce n’est pas le cas, je t’invite à faire demi-tour tout de suite. Tu connais donc Lee et Clémentine, je te refais pas le topo… Et tu sais donc que Lee est mort. Je ne vais pas raconter ce qu’on trouve partout ailleurs sur le net : « C’est un passage de témoin, le véritable héros du jeu est en fait Clémentine, comme dans le comics tout le monde meurt », blablabla. Je vais donc prendre ce dénouement comme le reflet du jeu tout entier en mettant en avant l’engagement émotionnel du joueur.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit tout au long du jeu : le but est d’engager émotionnellement le joueur. Lui faire ressentir des émotions diverses, et toutes les émotions, pas seulement la peur que pourrait engendrer un jeu sur les zombies. Je me souviens d’avoir ressenti la peur bien sûr, mais aussi :

  • La bienveillance, notamment une scène dans le camping car d’échanges entre Lee et Clémentine sur leur passé et leur avenir commun, où Lee agit comme un véritable père
  • Le dégoût, au-delà des zombies en eux-mêmes, avec cette famille de fermiers cannibales qui essaye de nous convertir à la pratique et qui finit, comme toujours, zombifiée
  • La colère, après le vol du camping par une protagoniste dans un moment critique du jeu
  • La tristesse, bien avant la fin, lorsque la femme et le fils de Kenny meurent, d’une manière tragique et dans des conditions qui le sont tout autant. Mention spéciale également au moment où Clémentine retrouve enfin ses parents… zombifiés
  • La compassion, auprès de Kenny, qui essaye de vivre après cette tragédie, mais qui n’arrive finalement pas à avancer.
  • L’angoisse, qui n’est pas la peur attention, à la fin du jeu, au moment où Clémentine traverse la horde de zombies, enduit de leurs viscères

En réalité, The Walking Dead nous montre tout. Les remords des personnages, la tristesse des enfants, les têtes qui explosent. Mais le jeu nous met également face à nos propres choix car, bien que l’issue du jeu n’en soit pas changée, l’illusion demeure ! Nous avons bien l’impression d’agir sur le déroulé de jeu, et nos actes ne sont jamais sans conséquence, même les plus anodins. N’est-ce pas ?

Oui tu as raison.

Non va te faire foutre.

2014-11-30_00013

Mettons les choses au clair : Telltales commence à s’essouffler. Alors que tout le monde s’accorde à penser que la 2ème saison de The Walking Dead est moins bonne que la 1ère (attention, je n’ai pas dis mauvaise) et que les premiers épisodes de Game of Thrones ne s’adressent qu’aux très grands fans, j’avais très peur pour ce « Tales from the Borderlands ». Qui plus est, qui dit Borderlands dit humour à la con, noir et décalé. Et quand je vois le résultat du dernier jeu humoristique de Telltales, Retour vers le Futur, et bien j’ai peur. Je n’ai d’ailleurs jamais eu aussi peur. Mais j’avais envie d’y croire! Et à l’aube de la série, à l’issu du premier épisode je me suis dit « j’avais bien raison d’y croire! »

Pour les Fans ?

Borderlands, c'est un univers comme j'aime : drôle, noir, et décalé

Borderlands, c’est un univers comme j’aime : drôle, noir, et décalé

Cette histoire interactive est un pur produit de fan service. Les références sont extrêmement nombreuses, peu de choses sont expliquées sur l’univers… Le jeu considère que vous vous trouvez en terrain connu. Cependant, cet univers post-apocalyptique déjanté pourrait vous charmer, même si vous êtes un néophyte. Et cela a été mon cas. Après avoir un peu pataugé avec l’anglais (oui le jeu est uniquement en anglais), et avec l’univers de Borderlands que je ne connaissais pas du tout, je me suis pris d’affection pour les personnages et les enjeux. Et du coup, j’ai réellement envie, maintenant, de me plonger dans Borderlands! Par contre, si vous êtes un mordu de la licence (ou que vous avez au moins aimé l’univers), et que vous ne savez plus quoi faire avec vos 4 persos niveau max, que vous avez chopé toutes les armes perles du 2, que vous en êtes au point de vous farcir Crawmerax seul et au corps à corps tellement vous avez retourné les jeux, alors celui-ci vous permettra enfin de relâcher la gâchette et de finir tranquillement vos vacances sur Pandore… Et quelle ambiance! Telltale a de nouveau fait un travail incroyable pour s’approprier l’univers créé par Gearbox Software. Le style graphique est quasi identique, on retrouve énormément de références aux autres jeux, l’humour est toujours aussi débile pour notre plus grand bonheur… Quand aux musiques, Jared Emerson-Johnson montre encore une fois son talent, avec des thèmes plus rythmés cette fois-ci (ainsi que quelques musiques tirées des anciens jeux). Alors si Telltale sait nous faire rire, alors là je ne sais plus!

Une suite avec des nouveaux personnages ?

Deux personnages que vous allez adorer !

Deux personnages que vous allez adorer!

L’histoire se déroule quelque temps après Borderlands 2 et ses extensions, donc attention aux spoils. Première surprise de cette nouvelle série de Telltale : vous contrôlez non pas un, mais 2 personnages (pirouette aussi présente dans la série Game of Thrones, mais c’est moins bien ^^). Rhys, un employé d’Hyperion équipé d’un bras et d’un œil bionique, et Fiona, une escroc pandorienne. Chacun d’eux possède une « capacité » qui lui est propre : le premier peut utiliser son œil pour analyser l’écran où il se trouve, soit pour découvrir des éléments importants, soit pour obtenir des informations plus ou (surtout) moins utiles sur l’univers. La seconde peut conserver de l’argent sur elle, qu’il possible de dépenser ou pas à certains moments, ce qui peut changer la tournure que prennent les événements. Concernant leur personnalité, difficile de la résumer, puisque le jeu vous laisse encore une fois le choix de leurs réponses lors des dialogues : bien que Rhys soit plutôt un beau parleur et gaffeur, il peut être un trouillard ou un cynique sûr de lui, en fonction de vos choix. Fiona, de son côté, peut tout autant être une criminelle au grand cœur qu’une impitoyable escroc. Tout commence lorsque Rhys, employé de la station Helios, se voit convoqué chez le patron de celle-ci. Ce dernier se révèle être Vasquez, son rival de toujours, qui s’est octroyé ce grade après avoir balancé son prédécesseur par le sas (oui c’est Borderlands mes amis!). Sa première action est d’affecter Rhys au nettoyage des poubelles de la station. Furieux, ce dernier décide de prendre sa revanche avec deux de ses collègues après avoir appris que Vasquez comptait acheter une clé d’Arche à un pandorien. Rhys et son meilleur ami Vaughn se rendent donc sur Pandora pour effectuer la transaction à sa place et garder la clé d’Arche… Mais ça tourne mal, vous vous en doutez! Je ne détaillerai pas plus le scénario, celui-ci étant le principal intérêt du jeu. Cependant, sachez qu’il ne s’agit que d’un prologue ; le véritable début de l’aventure se situe tout à la fin de l’épisode.

Le jeu d’aventure, au sens large, est un joyeux bordel, car rares sont les jeux qui ne sont pas des jeux d’aventure au sens strict. Mais bien évidemment, quand on parle de jeu d’aventure, on ne pense pas à Rick Dangerous ou même le borderline Another World. A dire vrai, la plupart du temps, ce sont les RPGs, J, A, Dungeon ou Open World suivant les tendances du moment, qui s’imposent d’eux-mêmes, au détriment d’autres genres tout aussi viscéralement qualifiables de jeux d’aventure. Et c’est d’un de ces territoires vidéoludiques à la reconnaissance vacillante qu’il va être question aujourd’hui, une région qui embrasse le jeu textuel, le point’n click, jusqu’aux aventures contemporaines que nous content Telltale Games ou plus récemment Dontnod Entertainment. Si l’on peut choisir d’y voir trois genres distincts, un fil directeur les relie de fait, que l’on va aborder à bras le corps, là, tout de suite. 

Le jeu textuel

Comme on a pu le voir dans cet excellent article sur le RPG PC, les premiers jeux d’aventure sont développés à la sauvette. Là où le jeu vidéo originel, SpaceWars! (1962), s’impose sans détour puisque malgré son statut ludique, il permet d’illustrer la puissance du PDP-10 de par l’exigence même du jeu en terme de calculs de trajectoires, de gestion de gravité…etc. Point d’origine du shoot’em up, le genre assumera longtemps la fonction de mètre-mesureur de la capacité des hardwares, étant le genre privilégié pour les mettre à genoux, mais c’est une autre histoire, consultable ici. Pour le jeu d’aventure, c’est autre chose, puisque impossible de le fonctionnaliser, ayant pour seule raison d’être sa dimension ludique. C’est donc sous le code obscur Pedit5 que sortira sous le manteau l’ancêtre du jeu d’aventure, véritable pré-dungeon RPG. Concernant le jeu d’aventure textuel à proprement parler, il faudra attendre quelques années pour voir apparaître Zork en 1977, série qui aujourd’hui encore trouve ses émules de par la qualité de son ambiance. Si l’origine du RPG est à l’évidence le jeu de rôle papier, le jeu d’aventure textuel serait le pendant informatique des fameux Livres-Jeux, ou Livres Dont Vous Êtes le Héros pour les vieux croulants parmi vous qui auraient eu la chance de toucher le troublant Manoir de l’Enfer de Steve Jackson ou Le Sorcier de la Montagne en Feu de Jackson et Ian Livingstone dans les années 80, période de grâce pour le genre.

01_sorcier_montagne_feu

Si les premières tentatives de publication de livre interactif remontent à 1969 avec Sugarcane Island de Edward Packard, il faudra attendre 1976 pour que celui-ci ne trouve un éditeur. Néanmoins, on trouve des traces conceptuelles du livre interactif dès les années 40. En effet, dans la nouvelle Le Jardin Aux Sentiers Qui Bifurquent parue en 1941, Borges, en grand amateur de labyrinthes et de paradoxes, décrit un livre imaginaire et inachevé car conceptuellement infini dont la lecture linéaire s’avère rapidement troublante. Des personnages morts à un chapitre reviennent dans un autre, les actions se répètent, se contredisent, tout est dit et son contraire. Le livre en question est une forme de labyrinthe où tous les choix possibles sont explorés, et où par conséquent seuls certains enchaînements de chapitres sauront faire sens. On trouve donc dans cette nouvelle la matrice théorique du Livre-Jeu, mais aussi l’illustration de ses limites potentielles, de par le coté bordélique de la structure du livre – Ah, les renvois de chapitres dans tous les sens, les morts à répétition, les tentation de tricherie lorsqu’on nous menait à un chapitre funeste maintes fois visité… -, mais aussi la dimension binaire des choix proposés limitant de beaucoup l’interaction.

zork

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le jeu d’aventure textuel est non pas une amélioration du Livre-Jeu, mais une alternative toute contemporaine, puisque les deux genres voient le jour quasi simultanément, d’abord de façon confidentielle avec Adventure, démarré en 1972 et développé jusqu’en 1977, dont les incohérences scénaristiques et les limites de l’interface – ne pouvant combiner que deux mots, donc en gros une action appliquée à un objet ou une direction : go north, open door, eat child, ce genre de choses… – rendaient l’aventure impossible à finir sans avoir recours à la tricherie. Zork, dont la première version sort quelques mois plus tard, est à l’état embryonnaire, mais dispose d’un programme plus évolutif, et d’un interpréteur d’ordre que les créateurs ne cessent de faire évoluer, jusqu’à Zork I en 1980, version commerciale définitive du jeu. Le jeu d’aventure textuel était né, et il était beau.

TEMPSMODERNElifeencart

Si vous pensiez les aventures à chapitres qu’on pourrait qualifier de Neo Point’n Click était le territoire privilégié de TellTale Games, Life is Strange est là pour vous faire réviser votre copie, messieurs dames! Personnellement, quand je vois réunis sur un même générique les grands SquareEnix qui, bien qu’en perte de vitesse depuis quelques années déjà, m’ont quand même offert ce qui compte parmi mes plus belles heures d’epicness vidéoludique – et les premiers à m’avoir fait pleurer comme une madeleine devant un jeu, j’avoue -, et les français de chez Dontnod Entertainment, dont l’imparfait Remember Me avait su me toucher malgré des défauts évidents, ça éveille une flamme d’espoir en moi, avec néanmoins un poil de méfiance parce que bon, je me fais vieux, et je ne compte plus les déceptions par palettes de douze. Alors, suis-je un doux rêveur qui vient de se prendre un énième agglo de réalité glacé en pleine poire, ou ai-je eu le nez creux sur ce coup-là en accordant à Life is Strange le bénéfice du doute ? Suspense…

Jeu d’aventure moderne

Life Is Strange™_20150128231130Oui, ça ne veut pas dire grand chose, mais c’est dans ces termes que Dontnod Entertainment décrit son bébé, et ça fait sens, au final. Car d’ordinaire, on a tendance à assimiler le jeu d’aventure au RPG, quelle que soit sa forme. Pourtant, le studio TellTale a réussi à offrir une alternative au jeu d’aventure héritée de la longue tradition des aventures textuelles et du point’n click, des jeux à narration forte et aux choix draconiens, souvent cruels. La recette est désormais éprouvée, après quelques loupés – Back to the Future -, et TellTale maîtrise la chose, malgré le coté technique complètement à la ramasse. Clairement, Dontnod pioche dans le TellTale en matière de modes opératoires – et ne s’en cache pas -, mais fort heureusement ne se limite pas à ça. La qualité de l’écriture et l’intelligence de la mise en scène flirte ouvertement avec le cinéma et le fait très bien – on pensera d’ailleurs souvent à Heavy Rain, dans l’approche oblique du medium, les QTE en moins -. Le studio revendique l’influence du prestigieux festival de cinéma indépendant Sundance, ainsi que l’influence du courant First Person Walker comme l’excellent Gone Home. Ajoutons au mix beaucoup de clins d’oeils et de références artistiques justifiées par l’univers dans lequel se déroule le jeu – une faculté d’arts américaine -, et un sentiment ambiant qui oscille entre de véritables réussites télévisuelles comme la série québécoise Grande Ourse, le vrai faux sitcom de David Lynch Twin Peaks – ahhh, Twin Peaks… -, avec des teintes de Veronica Mars – une série trop souvent mésestimée malgré sa très bonne qualité, si si, je vous assure -, et on a une tripotée d’éléments réunis pour que le jeu soit une petite tuerie. D’ailleurs, c’est bien beau de causer d’influences et compagnie, mais quid du jeu à proprement parler ?

Visions d’Apocalypse

TEMPSMODERNElifetornadoOuvrant sur un cauchemar semi-éveillé, l’héroine, Max, jeune étudiante fraîchement transférée – ou plus exactement de retour à sa ville natale, Arcadia Bay, Oregon, après un passage de quelques années à Seattle – assiste à l’apparition d’une tornade qui pue le surnaturel et la force de destruction, près du phare de la ville. Elle se réveille en sursaut, en plein cours, et réalise qu’elle a le pouvoir de rembobiner le temps, mécanique au centre du game system, le Rewind. S’ensuit une histoire pleine de promesse, entre réunion difficile avec son amie d’enfance, isolement et sensibilité artistique, douleur et perte de proches, bullying des familles par la Princess Bitch locale, les affres du passage à l’âge adulte, sur lesquels viennent se greffer les pouvoirs fraîchement acquis de Max, et la disparition récente d’une étudiante visiblement aimée de tous ou presque – j’ai pas dit Laura Palmer, hein, je l’ai même pas pensé, promis! -. Difficile d’en dire plus sans spoiler frontalement l’intrigue, qui d’ailleurs ne se dévoile pas trop dans ce chapitre d’introduction. Le potentiel est là, mais seuls les prochains chapitres nous dirons si les promesses alléchantes de ces deux heures de jeu seront tenues. Donc en gros, si vous voulez en savoir plus sur le scénar, z’avez qu’à jouer au jeu, quoi! La narration est assurée par la voix intérieure de Max qui réagit en direct à chacune de vos actions. Si le procédé évoque évidemment la classique « bulle » des RPGs de tous poils, ici, la force de l’écriture l’emporte et l’on sent une réelle proximité avec le personnage principal – et pourtant, je n’ai à peu près rien d’une adolescente de 18 piges… enfin, je crois… -, le tout se fait avec souplesse, finesse, sans que l’on se sente étouffé par cette voix omniprésente.

Murdered-Soul-Suspect-PS4

Le Poin’t and Click est un genre un peu en berne ces dernières années, même si les séries de Telltale avec The Wolf Among us et The Walking dead essayent de mettre cette mécanique au goût du jour avec brio, les tentatives sont peu nombreuses face à l’explosion des FPS et TPS, c’est con, parce que c’est un genre que j’ai adoré étant gosse notamment avec les productions estampillées Lucas Arts, mais je crois que le monde en a marre de se prendre le choux pour ce genre de connerie. Sauf qu’un jour, au détour d’un mitraillage de nouveaux jeux à la rédaction, je décide au pif’ de prendre ce jeu. Mesdames et Messieur je viens de recevoir une anomalie, une nouvelle licence au nom de Murdered : Soul Suspect, et attention sortez le champagne, édité par Square Enix. Une licence originale au contenu assez couillu sur console nouvelle génération proposée par l’éditeur ayant une des pires lignes éditoriales du jeu vidéo moderne ? Oui Messieurs dames, le monde est plein de surprises.

Murdered-Soul-Suspect-image-638

Quand un tueur en série appelé le crieur de morts, habillé comme le dernier des braqueurs d’épicerie bas de fonds et fans de meurtres de femmes et de petite fillette, se met à tuer le Captain Branleur de tout le comté de Salem, on part dans un voyage intersidéral de connerie. Une quête nous menant dans les limbes de la réalité véritable et du monde des morts, un mix détonnant où les apprentis Casper et les habitants lambda de cette petite ville du Massachusetts cohabitent sans que les vivants s’en aperçoivent. Ronan O’Connor, cliché irlandais insupportable de flic bad-boy au grand coeur et attristé de la mort de son épouse depuis quelques années auparavant, se retrouve nez à nez avec son propre cadavre descendu par le Crieur des Morts, le serial-killer qui effraye les 53 habitants de cette ville qui en ferait probablement moins, si on était pas dans la vraie « Next-generation » de console. Notre ami cliché sur patte d’Irlandais se jette alors à la poursuite de son propre meurtrier accompagné d’une apprentie médium qui lui servira de side-kick durant l’aventure.

Fate_Screenshots_v1_04 copy-noscale

Murdered : Soul Suspect est un jeu reprenant les codes traditionnels du point’and click tout en utilisant un gampelay beaucoup plus moderne. Sous forme d’un TPS dans un univers 3D a exploré pour chopper le plus d’indices afin de résoudre différents crimes ou énigmes avec le pouvoir de la course de la collectïonite aigüe. Vous l’aurez vite compris au fil de l’aventure, le tueur qu’on recherche n’est qu’un Macguffin passer au second plan pour vous permettre de visiter les limbes entre le monde réel et celui des morts et de vous rendre compte de la pauvreté artistique et du game-design que le studio de Airtight Games vous a pondu. Parce que vous ne jouez pas à un jeu d’enquête pour remuer vos méninges, vous jouez à une ersatz du pauvre de L.A Noire, c’est sur cette forme que se sont décidés les développeurs à construire leur projet, copier les productions de Rockstar Games ou s’en inspirer, beaucoup ont essayé et très peu ont réussi à proposer quelque chose de probant, évidemment, ici le cas n’est pas terrible. Qui dit enquête, dit que vous allez être amené à farfouiller la ville de Salem pour résoudre les différentes enquêtes que parsèment les différentes zones de la ville, entrecoupée de chargement pour vous dire que vous êtes bien dans une production « Next-gen ». Les recherches d’énigmes sont similaires à la façon de LA Noire, vous farfouiller et dénicher des tonnes d’énigmes et voir à la fin lesquels de ces-dits objets ou brides de souvenirs vous conduiront au dénouement de l’enquête, on a aussi la ficelle de la collectiönite aigüe pour allonger la durée de vie avec les souvenirs de la femme de Ronan, l’histoire de Salem et de tonne et des tonnes de trucs qui servent à appâter le chasseur de succès et de trophées.

Murdered-Soul-Suspect-Receptionist-Help
Ce jeu est définitivement fait avec la même fainéantise créative que j’avais ressentie en jouant à la précédente création de ce studio. Quantum Conundrum sorti en 2012 sur PC, PS3 et 360 était une daube, en faîtes le jeu n’a eu les louanges des journalistes que par la participation au projet de Kim Swift, la conceptrice du jeu Portal avant que Valve prenne le projet en charge pour l’Orange Box. Le jeu suintait les idées de game-design de Kim, qui sont d’ailleurs très similaire à celle de Portal. L’enrobage graphique était mignon et sympa comme tout, mais l’exécution quant à elle, était classique, sans implication et beaucoup de moments du jeu allait à l’encontre du fun à cause de tonnes d’inepties qui auraient pu être évité si les développeurs ne s’étaient pas seulement contenter de la participation de la game-designer émérite. Murdered : Soul Supspect ne déroge malheureusement pas à ce manque d’approfondissement. On est en face de LA Noire sans implication, sans réflexion et surpassement des développeurs, ni même le budget par ailleurs, mais si ce n’était que ça encore.

Murdered-Soul-Suspect-Trailer-Concept-Art-herald-the-Bell-Killer-620x350

Même si le budget ne permettait pas de faire un excellent jeu d’enquête sur fond de thriller paranormal, je veux dire, ce n’est pas une excuse, la cohérence d’un jeu et la réussite des mécaniques de gameplay n’a jamais été une question de pognon. Je sais que faire un jeu c’est complexe et faire un excellent jeu est une prouesse, mais merde, l’idée de base était cool, j’arrive pas à voir d’où le processus de création est parti en couille. Je pense sincèrement que le développement a été un bordel sans nom vers la fin de la production, il y a beaucoup d’indices qui étayent mon propos. On a le manque de finition criant qui sent le rushage à plein nez de la part de la boîte de développement, mais il y a un autre détail qui a son importance. Les ennemis du jeu sont des démons désignés avec le même modèle que les monstres d’Amnesia, je ne vous mens pas quand ça schlingue la fainéantise créative. Le problème ne vient pas de leur design, mais de l’implantation dans le jeu, ces antagonistes ne servent à rien, ni dans l’histoire, ni dans l’univers, ils sont juste là pour défoncer toute cohérence de rythme dans le jeu. Ah mon humble avis, quand les développeurs avaient fini le jeu, Square Enix leur a dit qu’il manquait des ennemis, car dans le jeu a par les 5 à 6 phases d’infiltration où l’on doit soit tuer ces démons par des QTE du pauvre, ou soit les esquiver, il n’y a que ces moments où on peut mourir. Après cette remarque, les développeurs ont dû implanter à la va-vite ces antagonistes du pauvre pour avoir un semblant de challenge, ce qui se ressent dans le level-design quand on joue par des passages très peu adaptés à l’infiltration.

murdered-soul-suspect-pc-1393491578-017

Je pourrai continuer à le tacler sur encore des tonnes et des tonnes de défauts comme la version française qui est une pluie de cliché trop sérieux ou vous parler de la fin de l’enquête qui part dans un festival de twist avec des tonnes de flashback que même Orson Welles aurait eu une overdose. Mais non, j’ai pris plaisir à jouer à ce jeu, genre vraiment, c’est peut être le seul jeu console de salon de l’année où je ne me suis pas dis « merde il faut que j’y joue pour la critique ». Le pire dans cette histoire, c’est que je ne pourrais pas vous expliquer ni vraiment conseiller le jeu parce que j’ai aimé y jouer malgré que ce soit un naufrage du bon goût. En faîtes, c’est un guilty pleasure, je le trouve fun, je lui trouve plein de fonctionnalités cool, malgré quelles soit superficielles. J’ai bien aimé rentré dans le délire de la pêche aux indices ou de la collectïonnite aigüe sans fond ni vraiment liant scénaristique et enjeu, la pêche aux infos pour de la pêche aux infos et rien d’autre. En définitive, je dois être finalement un joueur excessivement con pour rentrer dans ce délire et de l’apprécier.

murderedheader

Si j’arrive à apprécier le jeu, c’est qu’il a tout de même quelques points positifs. Murdered dans son intégralité est très bancal et superficiel certes, mais je trouve qu’il a le mérite finalement d’essayer quelques trucs orignaux. Déjà le but même de contrôler un fantôme qui se ballade dans une ville en traversant les obstacles et observant le mélange du monde des morts et de la réalité, même si artistiquement c’est laid, je trouve le concept cool. Le gameplay bâtard du jeu qui n’a délibérément pas eu envie de devenir un jeu d’enquête avec des énigmes tordues comme dans les premières heures du Poin’t and click, ou même comme un de ses modèles de survival-horror qu’est Silent Hill 2, mais plutôt comme LA Noire sans pognon, je lui trouve quand même du plaisir. Le gameplay propose quelques subtilités comme lire dans les pensées des protagonistes vivants où même carrément les posséder en les faisant suggérer des indices, ect. Oui cette idée est conne, mais c’est plutôt bien amenée, après la superficialité du soft et sa linéarité casse un peu tout, mais finalement quand on joue au jeu, on sent quelque chose de correct et original entre les mains.

Ce jeu n’est pas un jeu d’enquête, rien dans le gameplay du jeu ne vous fera remuer vos méninges. Vous avez devant vous un jeu qui a voulu devenir un grand cru beaucoup trop vite. L’enrobage reste correct, mais les mécaniques de jeu sont beaucoup trop superficielles pour devenir un simple bon jeu. Le jeu est une bonne surprise de mon côté, une sorte de Guilty pleasure que je ne pourrais vous conseiller formellement, mais le jeu est plutôt couillu pour son idée de base qui est à l’inverse de l’industrie vidéoludique pour console HACHEDAY et puis Square Enix qui se lance dans la vente d’une nouvelle licence, ça mérite le champagne, le toast et les biatchs.

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, PS3, 360, PS4, One

Genre : LA Noire-Like

Développeurs : Airtight Games

Éditeur : Square-Enix

Date de sortie : 

Koreana_

Les-tout-premiers-jeux-tele-Le-Schmilblic_w670_h372

Cet article n’est pas un article hommage à Guy Lux ni au sketch de Coluche, non ces deux mastodontes de la culture populaire française ne sont là que pour la décoration, juste pour avoir un côté gaucho comme le film « La Marche ». Enfin si, je leur soustrais « Le Schmilblick », invention du père des jeux d’Intervilles dans les années 60. Ce concept représentait le jeu de la devinette, mais en beaucoup plus Swaggy à l’époque. Le domaine du jeu vidéo reste toujours une devinette constante également. Disons que personne n’a la définition exacte de ce qu’est un jeu vidéo : un art ? Un simple Produit ? Les deux ? Un truc pour puceau attardé ? Paradoxalement, à défaut de ne pas avoir une définition exacte, tout le monde semble savoir ce que doit contenir ou être un jeu vidéo. Avec l’explosion du marché, le cahier des charges pour créer un jeu parfait pour le marché est devenu presque limpide. La 7ème génération prend fin après huit ans de règne, huit années de changement perpétuel, parsemées de « loi » du marché, l’ADN du Jeu Vidéo change, pour le meilleur et pour le pire.

« Est-ce que ça reconnait nos mouvements ? » – Oui Madame !

La Wii

La wii profite aussi d'une facilitée de jouabilité : moins de boutons, plus de fun.

La wii profite aussi d’une facilité de jouabilité : moins de boutons, plus de fun.

À la sortie de la Wii pour la période de Noël 2006, personne n’y croyait vraiment. La console ne possédant pas la puissance de ses concurrentes, le nouveau concept de Nintendo ne plaisait pas d’emblée à la catégorie des joueurs élitistes. A par les aficionados de la firme de Kyoto, les acheteurs potentiels ne couraient pas les rues. Sauf que, ce système de « Motion Gaming » illustré par Wii Sports a attiré la convoitise d’une nouvelle cible marketing : « Les Casuals » ou les « Casus » pour les intimes. L’engouement pour ce système de « Nouvelle génération » a explosé via le biais de la presse généraliste puis par l’achat impulsif de Nöel par cette nouvelle poche de joueurs. « Vazy Mamie laisse moi jouer! » Avec 3,19 millions de consoles vendues à travers le monde en l’espace d’un mois, Nintendo a eu le mérite d’avoir explosé les portes inaccessibles de l’univers du jeu vidéo au plus grand monde. Ce succès a eu tout de même un contre-coup sur l’industrie : comme la Wii semblait largement mieux se vendre que la 360 et la PS3, les deux rivaux ont décidé de se lancer également dans le domaine pour vendre eux aussi leurs consoles aux plus grands nombres avec respectivement « Kinect » et le godemichet fluo « PS Move ». Ne nous le cachons guère, ces deux bidules se sont vite retrouvés au placard dû à une utilisation anecdotique sur quelques jeux.

Pendant ce temps de guerre marketing, la Wii a continué sa fulgurante progression jusqu’à 96 millions de consoles vendues en fin 2012. C’est une des plus grosses performances de Nintendo ainsi qu’une des plus grosses révolutions de cette génération, la mise en avant de Kinnect 2.0 de la Xbox One et le PS Eye de la PS4 ne peut renier en aucun cas l’influence monstre que la Wii a engendré.

« Doit-on constamment se couvrir et jouer ensemble ? » Oui Madame, tout le temps!

Gears of War

L'Exemple d'une génération

L’Exemple d’une génération

Influencé par le jeu vidéo Kill Switch édité par Namco et sorti sur Playstation 2 et Xbox en 2003, Cliff Bleszinski se lance dans le développement de son premier jeu en 2005 avec l’appui d’Epic Games et de Microsoft Studio pour la Xbox 360. La suite vous la connaissez, carton planétaire avec quatre titres exploités tout au long de l’évolution de la console de Microsoft. Gears of war, en réutilisant la mécanique de « Cover-shooting » en élément prépondérant des aventures de Marcus Fenix, va populariser le système dit « Third Person Shooter » qui va se retrouver dans 75 % de la production de cette 7ème Génération : Uncharted, The Last of us, Mass Effect, GTA IV & V, Quantum Theory, Binary domain, Vanquish, Max Payne 3… D’un autre côté, pourquoi s’en priver ? Le système est judicieux, se planquer par le biais d’une seule touche, se sentir protégé et en même temps inaccessible, système pas compliqué à mettre en place non plus, puis plutôt pratique quand il s’agit de jouer avec les guns.

Autre petite révolution qui a fait des émules dans l’industrie via la saga Gears of War, c’est la coopération. Pour tous les modes en ligne que cette génération nous a proposés, la coopération aura été le maître d’ordre pour pas mal de genre. De l’action pure et dure au survival-horror en passant par les Ovni comme Little Big Planet, le jeu en coop’ à été utilisé de façon plus ou moins pertinente, à tort ou à raison de remplir cette ligne du cahier des charges pour attirer des consommateurs. M’enfin, tout est bon pour vendre un jeu, à défaut d’être convenable.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, peu de jeux sont sortis sous la licence Retour vers le futur depuis la sortie du premier film en 1985. Une trilogie est bel et bien sortie entre 1985 et 1990 mais elle n’a pas marqué les esprits. 20 ans après, Telltale Games tente de faire renaître la série sous forme de point’n’click en proposant un jeu découpé en épisodes comme le studio en a pris l’habitude avec tout ses projets. Malheureusement, malgré de bonnes idées, le jeu ne réussi pas totalement à séduire.

Nom de Zeus !

80’s obligent, Le jeu se devait d’adopter une patte visuelle et des couleurs plutôt criardes proches de celles du film. De ce point de vue-là, le pari semble réussi et la direction artistique choisie colle bien à l’univers et aux personnages. En effet, l’approche cartoon des graphismes est agréable et nous donne parfois l’impression de regarder un dessin-animé américain moderne visuellement assez proche d’un Jimmy Neutron par exemple. Si l’ensemble est donc réussi, il est tout de même dommage de voir que certaines textures sont moins réussies et que les animations ne sont pas toujours bien calibrées. Les décors sont plutôt variés et il est toujours agréable de pouvoir parcourir des lieux semblables à ceux du film. Côté sonore, on peut clairement dire qu’ils ne se sont pas moqués de nous. Que ce soit au niveau de la bande originale avec la musique originale des films ou que ce soient avec des doublages convaincants ( On a même le droit à la voix de Christopher Lloyd dans son fameux rôle d’Emett Brown), on prends plaisir à les écouter. Petit bémol néanmoins, le jeu est uniquement doublé en VO mais les sous-titres seront là pour palier à ce très léger défaut. Même si techniquement Retour vers le futur accuse quelques lacunes et autres bugs, l’univers est respecté et le tout, qui reste très agréable à l’oeil, fait la force du jeu. Mais ce serait trop facile de s’arrêter à l’aspect visuel du titre, le reste du jeu, lui, n’est pas aussi reluisant.