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S’attaquer à une réflexion sur le RPG PC, c’est se lancer dans une aventure épique, dense, longue et périlleuse. Comme l’est le genre en question, justement, aussi bien dans son histoire que dans sa structure. Parce que le RPG PC tire sa force de sa profondeur de gameplay, de sa liberté d’action et d’exploration, de son caractère mature, de ses genres hybrides et de longues traditions occidentales.

Fondations

Pour définir simplement le genre du Role Playing Game, et sans trop prendre de risques, on pourrait dire qu’il s’agit de jeux dans lesquels le ou les personnages contrôlés voient leurs aptitudes évoluer. Une progression statistique traduisant un apprentissage par l’expérience, s’inscrivant dans un contexte heroic fantasy, bien que le genre ait su depuis longtemps s’affranchir de cet héritage. Mais à l’origine, il y a bien cela, comme il y a également le texte, les donjons, les dragons. En 1974, Rusty Rutherford implémente Pedit 5 sur les stations de travail PLATO de l’Université de l’Illinois. Le premier RPG de l’histoire est né, avec un nom curieux et destiné à ne pas être détecté par les professeurs. Peine perdue, puisque le fichier sera supprimé et connaîtra une seconde vie sous le nom de Orthanc.

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Dnd suit la même année, les références à Dungeons and Dragons et à Tolkien ne se démentent pas, et ce premier soft intègre notamment les ingrédients XP, narration textuelle, crawl et NPC. Le graphisme est quasi inexistant, mais la volonté d’immerger le joueur dans une aventure progressive et heroic fantasy est bien présente. La variante moria (1977) propose des donjons générés dynamiquement et représentés à la première personne, ainsi que la possibilité d’envoi de message entre joueurs, lesquels peuvent s’élever au nombre de dix. L’ouverture vers le multi et le MUD (Multi-User Dungeon) n’aura pris que quelques années. Le MMORPG trouve ses racines ici. Tandis que le jeu d’aventure exclusivement textuel naît de cette époque de génèse, puisque Colossal Cave Adventure n’est en fait qu’un RPG simplifié, où le joueur doit écrire une action en réponse à la scène décrite par le narrateur.

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Richard Garriott va offrir au genre la seconde phase majeure de son histoire, avec l’introduction de la série Ultima (1980). On sort enfin du donjon, on explore des villages voire des régions entières, tout en s’essayant à d’autres formes de gameplay, puisqu’on y retrouve même une séquence de shoot’em up cher à notre Toma d’amour. Trois ans plus tard, Ultima III permet la gestion d’une équipe de combattants et deviendra une inspiration majeure, tout comme Wizardry, de The Black Onyx, Dragon Quest, Final Fantasy et donc de toute la composante japonaise, et par extension console, du RPG. Dans le quatrième épisode, il faudra veiller à la défense des vertus et de la morale. On s’écarte donc du schéma monstre-porte-trésor-méchant (qui perdurera quelques temps au Japon, notamment via des épisodes spécifiques de Wizardry) pour définitivement poser toutes les fondations du RPG PC. Le genre saura surtout par la suite se nourrir d’autres éléments de gameplay, comme le système de forge et d’alchimie (Ultima Underworld), le temps réel (Dungeon Master, Eye of the Beholder), le FPS (System Shock, Deus Ex, Mass Effect), le MMO (Neverwinter Nights, Meridian 59, Everquest), le roguelike (Diablo), l’agrandissement significatif de l’aire de jeu (The Elder Scrolls), et se tâtiner d’aspects science fiction et cyber punk (Fallout).

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Depuis 2005, Lego, dans son pendant vidéoludique, met un point d’honneur à absorber les licences cinématograhiques les plus porteuses pour en donner des adaptations transposées dans des univers composés de ces petites briques danoises. La recette est connue, couronnée d’un succès global, mais souffre d’un certain manque de renouveau malgré une qualité de réalisation toujours au rendez-vous. Et voilà qu’ils s’attaquent à l’oeuvre non pas de JRR Tolkien, mais bien à l’adaptation de Peter Jackson. Un sacré pavé, donc, mais aussi un changement de ton par rapport aux univers plus légers qui ont fait le succès de la licence, comme le très drôle Pirates des Caraïbes  ou leur fer de lance originel, le professeur Jones (Indiana, hein, pas Jim…). Alors deux trois questions s’imposent de fait. Déjà, comment se marient l’humour bon enfant de l’univers lego et l’epicness plutôt sombre de l’univers du Seigneur des Anneaux ? Ensuite, à qui s’adresse ce volet ? Réussit-il à concilier les deux univers, sans laisser les fans d’une ou l’autre des licences sur le carreau ? Ceux qui ne connaissent pas la série et qui souhaitent, par un heureux timing au niveau des dates de sortie (pur fruit du hasard bien entendu), prolonger l’expérience de The Hobbit trouveront-ils leurs marques ? Et enfin, quelle est la place de ce dernier volet (avant le prochain) dans la série des adaptations Lego ? Epic Win ? La même chose en même pas mieux ? Episode fatigué assoiffé de tringuelle ? Allons-y tranquillement et tentons de répondre à quelques unes de ces questions, et plus encore !

Un lego pour les réunir tous…

Flammes, ténèbres (et plastique), l'ambiance tendue du Seigneur des Anneaux, est bien là.

Flammes, ténèbres (et plastique), l’ambiance tendue du Seigneur des Anneaux, est bien là.

Premier constat, la série n’a pas usurpé sa réputation, et son légendaire soin dans l’adaptation des licences qu’elle s’approprie est remarquable. La mise en scène est impressionnante, le ton grave de la bataille du Mordor originelle ne fait pas trop tache au milieu de tous ces bonshommes en plastique, contre toute attente, et le souffle épique est bien là. Mais dès le départ, un petit doute naît  qui malheureusement ne quittera pas le joueur de toute la partie. Est-on là pour assister en spectateur aux magistrales cut-scenes, pour prendre plaisir à replonger dans l’univers de Tolkien raconté par Lego, ou pour jouer, résoudre d’ingénieux puzzles en jonglant entre les personnages, chacun ayant sa spécialité ? L’équilibre est d’office un peu bancal, l’équipe ne semblant pas avoir réussi à trancher vers une orientation franche. Les séquences narratives sont massives, magistrales pour qui accepte de voir ses personnages favoris se faire arrondir la tête, les décors sont flamboyants, et le soin apporté aux dialogues et doublages est tout bonnement impressionnant (certaines voix originales ont été reprises, si je ne me trompe pas). Car oui, vous avez bien lu, les personnages parlent! Pour de vrai! c’est effectivement une première dans la série, et même si c’est à peu près la seule, force est de constater que le résultat est prenant, on s’y croirait… Au point que quand débarquent les séquences de jeu, elles auraient presque tendance à casser le rythme de l’histoire.

Car, tout au moins au tout début, la beauté de la mise en scène nuit à la lisibilité de l’action, et vous bloquerez plus d’une fois en cherchant non pas à résoudre le puzzle, mais tout simplement l’endroit où ce dernier se trouve! D’autant plus que tant que l’équipe n’est suffisamment fournie, la solution de chaque puzzle sera liée à Sam et sa pelle. Ce début longuet tient en quelque sorte de tutoriel, mais est amené de façon un peu maladroite, tenant plus de la séquence de gameplay molle ou mal pensée s’adressant aux fans un peu rouillés, que d’une réelle progression destinée à permettre aux « noobs » d’intégrer le gameplay. On s’ennuie un poil, et seule la tension liée aux scènes du film permet de digérer la répétitive course contre le chevalier noir par exemple. Mais par contre, le combat contre les chevaliers noirs, avec Frodon l’anneau au doigt évoluant dans le monde des ténèbres et Sam dans le monde « normal » (pour peu qu’un monde avec des nabots de plastique avec du poil aux pieds puisse l’être), tout deux oeuvrant pour débloquer et allumer des feux réussit son coup, et l’on commence à prendre plaisir à jouer à partir de cette séquence. La gestion des basculements entre un monde et l’autre est tout simplement excellente, un cercle indiquant se qui se passe chez l’autre personnage qui reste en danger (on retrouvera ce système excellemment géré à maintes reprises dans le jeu, vous permettant de suivre deux trames narratives en même temps de façon plus dynamique que via un simple split screen rectiligne). Le monde des ombres est magistralement restitué et le souffle épique commence à se lever, même s’il ne réussit jamais à balayer complètement la disparité de l’ensemble.

Episode #3 – Le Seigneur des Anneaux

Le voici enfin, le troisième épisode des Archives Oubliées est en ligne !

Alors que The Hobbit continue son carton au cinéma et qu’on voit déjà des jeux se réclamer de son héritage, au Serpent Retrogamer on regarde en arrière sur les jeux tirés du Seigneur des Anneaux, et pas seulement ceux des films !

Plus modeste que son mastodonte de prédécesseur, cet épisode revient, avec un peu de taquinerie, sur le marketing des jeux de la Terre du Milieu.

Bon visionnage à tous et comme toujours, n’hésitez pas à commenter !

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J.R.R Tolkien est pour beaucoup le père de l’héroic fantasy. Son œuvre complète de la Terre du Milieu a été une base pour de nombreux ouvrages du XXème siècle, ainsi que les jeux de plateau Dongeons et Dragons. Ses ouvrages ont d’ailleurs marqué le cinéma. Mais bien avant que Peter Jackson prenne des (grosses) libertés avec les bouquins, quelques jeux tirés de la mythologie « Tolkienne » ont existé. Pour ouvrir cette semaine spéciale nous allons tester l’un d’eux : J.R.R Tolkien The Lord Of The Rings Volume 1 sur Super Nintendo. Ce jeu pourra t-il les gouverner tous ?

Un anneau pour les trouver

Bilbon doit partir.

Bilbon doit partir.

Dans la verdure de la Comté, les Hobbits sont conviés par l’un des leurs à une grande fête. En effet, Bilbon fête ses 111 ans en faisant une annonce étonnante : il fait ses adieux. Après quelques mots, il porte un anneau à son doigt et devient invisible. Il passe chez lui pour récupérer ses affaires avant de partir, mais est arrêté par son fils Frodon et Gandalf le Magicien. Il est convaincu par ce dernier d’abandonner son anneau, possédant un pouvoir immense et sombre. Le mage conte les spécificités de celui-ci à Frodon ainsi que le conflit faisant rage dans la Terre du Milieu, indiquant qu’il va devoir partir en voyage pour détruire l’anneau en Terre sombre du Mordor. Le héros fraichement nommé va donc vendre sa maison et partir avec ses compagnons Pippin et Sam sur les routes. Que va t-il leur arriver? Prenons la manette.