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La mythologie asiatique possède une immense richesse, que le jeu vidéo a repris abondamment à son compte. Du Japon à l’Inde, en passant par la Thaïlande et la Chine, nombreuses sont les références aux religions de la partie la plus orientale du continent, parmi lesquelles le shintoïsme, le bouddhisme ou l’hindouisme. Nous vous invitons à un voyage coloré, multiculturel et peuplé de divinités et de démons de toutes sortes.

Du côté du Japon

Sainte Terre du médium, le Japon et son folklore ont été maintes fois dépeints, des légendes du Nippon ancestral aux démons Oni connus de tous. L’inoubliable Ōkami propose au joueur d’incarner Amaterasu, déesse du Soleil et de la Lumière réincarnée en loup, à travers un magnifique voyage tout en estampes au coeur du Japon mythique, à la recherche des pouvoirs des dieux du Pinceau Céleste – qui empruntent eux à l’astrologie chinoise. Le but est de redonner vie à un monde plongé dans l’obscurité par Orochi, le démon-serpent à huit têtes. Le titre de feu Clover est parsemé de références aux mythes nippons. On y visite temples de cultes et autels, on y loue les Cieux, on y bénit la Nature, on y croise des divinités animales, on y combat toutes sortes de démons. Sa suite, Ōkamiden, sortie sur Nintendo DS en 2011 en Europe, emprunte les mêmes chemins, les mêmes mécaniques, les mêmes tons et la même calligraphie qui rendent si bien hommage à la mythologie japonaise.

Les démons Oni ont eu droit à une série éponyme de RPG au tour par tour développée par Pandora Box sur Game Boy, SNES et PlayStation, et dont les opus les plus notables sont probablement Kininkou Maroku Oni et Bakumatsu Kourinden ONI. Ces entités ont surtout été reprises dans Onimusha, Muramasa: The Demon Blade ou encore le récent Nioh. Ils y incarnent évidemment une bonne partie des antagonistes, et sont le menu fretin à éliminer pour samurais courageux et autres ninjas vagabonds. Une thématique simple, mais ô combien efficace pour un jeu vidéo d’action brutal et technique, qui peut même lorgner vers l’horreur s’il le souhaite. Plus sombres que Ōkami, ces titres sont surtout des prétextes à implémenter les mythes nippons dans l’histoire réelle du pays: ère Genroku pour Muramasa, époque Sengoku pour Onimusha et Nioh, tous invoquant des conflits ayant secoué le pays ou des personnages politiques forts, les Tokugawa et autres Oda. La mythologie sert donc ici à enrichir un contexte, plutôt qu’en être le sujet principal. Décors et narrations s’entremêlent, comme l’est le combat exceptionnel face à la pieuvre Umibōzu avec une toile de fond qui rappelle évidemment La Grande Vague de Kanagawa.

Toujours dans le genre beat’em all, Mystical Fighter, sur Mega Drive, fait incarner un kabuki (du nom du théâtre japonais traditionnel épique) dans un jeu en 2D à scrolling horizontal, avec un gameplay proche de Golden Axe. Le titre de KID Corp. use lui aussi d’un style sombre et fait visiter temples, maisons et lieux hantés. Plus orienté plateforme, Ninja Kid, de son nom original Gegege no Kitaro: Fukkatsu! Tenma Daiou pour ne pas le confondre avec des homonymes, met aux commandes d’un jeune garçon yōkai dans une adaptation de la série animée Kitaro Le Repoussant. Le but est ici d’empêcher la résurrection du Roi Démon Tenma. On est plus ici dans l’hommage aux esprits de l’imaginaire japonais, comme dans le très apprécié Shin Megami Tensei: Persona 4. Jeu ô combien psychologique, le soft d’Atlus fait intervenir les personas, entités miroirs des personnalités et des âmes des protagonistes (des lycéens contemporains de notre époque), et lui donne directement des noms de divinités nippones: Izanagi (co-créateur shintoïste du monde), Jiraiya, Amaterasu (encore), Himiko, Izanami (femme de Izanagi et à la fois déesse de la création et de la mort), etc.

Dynasty Warriors est une série unique en son genre, ça, il me semble vous l’avoir dit plus tôt dans la semaine. Cela ne l’empêche pas de connaître des déclinaisons. Si Gundam a déjà fait l’objet d’une adaptation par Koei, ces derniers savent aussi s’inspirer d’autres sources historiques pour mettre au monde des simulations de guerre à grande échelle. C’est là qu’intervient les Warriors Orochi, où le centre de l’action n’est plus la Guerre des Trois Royaumes. Les héros ne sont pas que Chinois mais aussi Japonais voire issus d’autres licences de l’éditeur, le tout pour créer un bon gros melting pot comme seuls les Nippons savent les faire.

总是相同的 (Toujours la même chose)

En revanche, ce n’est pas parce-que le cadre change que la série en profite pour faire un virage serré. Loin de là. Vous incarnez encore et toujours une figure historique ou fictive chargée de remporter des batailles à grand coups d’épée, de lance, d’éventail ou je-ne-sais-quoi, tapant cette fois-ci sur des démons grisâtres errants sur de vastes terrains propres aux batailles plus épiques les unes que les autres. A ce niveau là, peu de choses ont changé. Le jeu reste fluide mais pas graphiquement surprenant, les centaines d’adversaires vous affrontent toujours chacun leur tour, osant le 36 du mois une attaque vite punie par une magie sortie de nulle part, les batailles demeurent toujours intenses le temps d’un bon quart d’heure de plaisir et la durée de vie frôle elle aussi la bonne vingtaine, voire plus si vous souhaitez accomplir toutes les missions qui se débloquent lors de votre progression. Rayon nouveautés, pas de quoi s’extasier,malheureusement. La pauvreté des menus ainsi que leur manque de clarté assure une déprime anticipée du joueur déjà acquéreur de la précédente version, c’est une évident. Et en gros, exception faîte du mode scénario correct, pas grand chose à se mettre sous le dent, pour ne pas dire rien. Les possibilités d’améliorer les caractéristiques de son personnage fétiche ainsi que son équipement sont toujours là mais il est nécessaire d’avouer que cela ne renouvelle pas l’intérêt, loin de là. Ce n’est pas non plus la gestion complexe des relations entre les différents personnages qui va saupoudrer cette troisième itération d’une once de plaisir, bien au contraire.

结论 (A retenir)

Toujours répétitif, esthétiquement peu inspiré, avec son contenu très pauvre et un principe aujourd’hui défriché depuis bien longtemps, Warriors Orochi 3 n’apporte strictement rien à la série. Seule lueur d’espoir, si vous aimez le concept et que vous n’avez pas assouvi vos envies de génocide « vidéoludique » depuis un petit moment, peut-être que faire l’acquisition de cette version pourrait sembler une bonne idée. Mais franchement, hormis dans cette situation, je ne peux que vous recommander de passer votre chemin.

Informations sur le jeu

Plateformes : Xbox 360 – PS3

Genre : Beat’em all

Développeurs : Omega Force

Éditeur : Tecmo Koei Holdings

Date de sortie : Septembre 2011

Sirocco