Nous sommes désormais en 2019. La marche du temps nous emmène toujours vers un futur qui devient notre présent et dont je ne sais pas trop où il nous conduira, mais je sais qu’hélas il m’éloigne toujours plus de cette époque qui devait vraiment être marquante puisque je m’en souviens encore… Et ce de façon si solide que j’en viens à croire que mon cas est pathologique ni pas trop logique. Mais qu’importe ! Et la Super Nintendo, invention qui fait la gloire de notre humanité s’était ouverte à Konami, qui allait la fleurir comme il se doit. Après Capcom et son portage légendaire d’un certain Street Fighter II, Konami allait elle aussi puiser dans ses cartons de l’arcade pour gâter les possesseurs de cette bécane bénie des dieux, avec l’arrivée de ce Teenage Mutant Ninja Turtles : Turtles in time. A noter que le quantième « IV » n’est présent que dans les versions européenne et américaine du jeu, la version japonaise s’intitulant simplement Turtles in time, comme le jeu en arcade. Manoeuvre intelligente cependant pour Konami qui instaure ainsi la filiation entre ce nouveau jeu 16-bits et les précédents sortis sur NES, dont le dernier était bien Teenage Mutant Ninja Turtles III The Manhattan Project.

C’est Macron et Trump dans un JV…

Shredder a chouravé la Statue de la liberté. Pour en faire quoi ? On ne sait pas, mais quand on sait que ce tas de caillasse est avant tout un cadeau de la France d’avant Macron aux Etats-Unis d’avant Trump, on comprend bien que notre chélonien quatuor se soit senti obligé d’aller botter le cul au vilain cleptomane !

Konami livre ici un beat them up de toute beauté, et même d’une beauté double, car les développeurs ont même poussé le vice jusqu’à proposer aux joueurs d’opter pour un rendu proche de la BD ou de la série animée. Le luxe !

Le jeu est tout à fait lié à la console : les zooms sont utilisés de manière intelligente avec une projection vers l’écran d’ailleurs très utile puisque ce coup est suffisant à abattre un adversaire, des passages dignes de F-Zero dans des ambiances futuristes, un comble pour un jeu qui donne la part belle à l’originalité liée au passé ! Ce qui amène à causer un peu de la trame. Après quatre niveaux conclus par un passage dans le Technodrome et un boss très conceptuel, Shredder se vengera en lançant nos tortues dans une boucle temporelle, d’où le titre du jeu en fait. Et voir l’univers des Tortues Ninja habilement mêlé à diverses périodes historiques est une réjouissance en soi.

Car dès le cinquième niveau, le jeu revêt une originalité qui le sépare des classiques titres de la série ludique, pour se rapprocher du scénario d’un épisode de la série télévisée. Et c’est en ça que Turtles in Time se singularise de manière fort plaisante ! Pour le reste, on y ressent tout de même une évidente patte « Konami » : les amateurs y retrouveront le fameux « dive kick » si pratique, et quelques subtilités comme le multi-slam qui a pour avantage de détruire les ennemis qu’il touche d’un seul coup ! Avec un peu d’entrainement, il suffit de maitriser les projections vers l’écran et le multi-slam précité pour rire un bon coup devant leur efficacité.

Un jeu de plus géniaux

Dire ou plutôt redire à quel point ce titre a marqué la Super Nintendo qui venait d’arriver serait finalement redondant, alors on va se contenter de dire ou redire (ce qui est tout aussi redondant mais bon) que Turtles in Time a servi à abolir les frontières entre console et arcade. Oui, et surtout en cette époque euphorique, la Super Nintendo et ses effets ont tout simplement chamboulé les évidences en proposant des titres venus de l’arcade qui donnaient l’impression de jouer en salle, mais à domicile ! Street Fighter II n’en est qu’un exemple parmi tant d’autres, et Turtles in Time est du même tonneau.

C’est pour cela que le titre de Konami est resté dans les mémoires : sa réalisation sans faille et son humour assumé ont rompu avec l’austérité des beat them up, le tout à l’époque d’une formidable décollage qui fut celui de la console 16 bits de Nintendo, et tant mieux ! Car en matière de beat them up, la Super Nintendo n’avait guère été honorée du très médiocre portage de Final Fight qui ne proposait que deux personnages et pis que tout, interdisait le jeu en co-op. Le tout pour un prix avoisinant les cinq cents balles de l’époque.

A retenir

Les jeux Tortues Ninja sur console Nintendo auront donc suivi un bien étrange itinéraire : après des débuts douloureux sur NES et qui auront traumatisé toute une génération de joueurs moutards guère préparés à la souffrance, deux épisodes qui mirent la série sur les rails du pur beat them up mais relativement obscurs sous nos cieux, Konami arrive enfin à donner aux reptiles ninja une popularité ludique réelle et méritée. Franchement, il était temps. Aujourd’hui, le jeu a intégré ce panel de titres qui firent la gloire naissante d’une console passée depuis au Panthéon des supports marquants de l’histoire, et à lui seul représente ce que les Tortues ont donné de meilleur. Et c’est pourquoi il reste encore de nos jours une référence, un phare qui luit dans l’obscurité où se sont désormais enfoncées Konami et les dernières déclinaisons ludiques de nos quatre tortues. Pour ce rappeler qu’il fut un temps où jouer aux Tortues Ninja était non seulement plaisant mais également empreint d’une joie véritable, faite de sérieux et de qualité  conceptuelle.

Informations sur le jeu

Plateformes : Super Nintendo 

Genre : Beat them up culte

Développeurs : Konami (la vraie, pas l’ersatz contemporain)

Éditeur : Konami (la vraie, pas l’ersatz contemporain)

Date de sortie : 1992

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