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Depuis son passage à la next gen (enfin la last gen du coup), la série Atelier, en place depuis 1997, peine à convaincre. Rorona en demi-teinte, Totori à la ramasse, Ayesha continuant dans le même sens, le passage à la 3D ne réussit pas à la série, trahissant d’autant plus tant son manque de moyens – et une certaine paresse dans la réalisation – que la stagnation d’une série reposant de tout son poids sur sa fan-base. Alors quand se pointe cet épisode au titre fourbe – bah oui, la conjonction de coordination « et » en japonais se dit « to »… – l’hésitation est légitime, mais ma curiosité  a eu raison de moi… Le verdict ? Plutôt bon, en fait. Voyons tout ça ensemble, et profitons-en pour nous pencher un peu sur la notion de niche qu’on accole un peu trop volontiers au J-RPG ces derniers temps…

Le cas « niche »

TEMPSMODERNESAteliereschaetlogyComme Ubi Soft avec Assassin’s Creed, réglée comme une horloge suisse au Japon, chaque année, la série Atelier ajoute un chapitre à sa saga rien moins que massive, puisque Gust veille sur son bébé depuis 1997, année de sortie de Atelier Marie – ou Mari no Aterie pour ceux qui ont envie de se la jouer puristes ou pédants, au choix – sur la mémère Playstation première du nom. Le parallèle avec la poule aux oeufs d’or d’Ubi Soft n’est pas anodin, puisqu’aux deux séries, on pourrait reprocher le manque de renouvellement dans leurs mécaniques et leur propos, un certain systématisme général qui fait que toutes deux ont des détracteurs virulents, mais subsistent grâce à une fanbase extrêmement fidèle. A la différence près que Assassin’s Creed règne sur le vidéoludique et le formate à son image, si l’on observe l’orientation générale des sorties Triple A, là où Atelier tient plus de la pratique de niche, son existence même étant une marque de résistance contre ce formatage, une assurance de diversité d’un paysage de plus en plus uniforme. Car Gust, à une heure où l’on nous bassine sur l’état du jeu vidéo au Japon et sa nécessité de s’occidentaliser pour rester viable, ose donner dans le J-RPG, genre tombé en désuétude aux yeux du grand public et qui peine à sortir des frontières de l’archipel…

TEMPSMODERNEatelierEschaMais est-ce vraiment vrai, cette stigmatisation du J-RPG que personne, pas même les amateurs du genre, ne semblent remettre en cause ? Est-ce vraiment un phénomène contemporain ? Corrigez-moi si je me trompe, mais à l’époque des consoles cartouche, nos chères 8/16 bits made in Europe n’abritaient qu’une proportion extrêmement réduite des sorties J-RPGs, allant parfois même jusqu’à nous priver d’épisodes de séries majeures et déjà commercialement viables comme Final Fantasy – dont le mythique épisode IV aura dû attendre une réédition sur Playstation pour venir enchanter les français – ou Dragon Quest – série à grand succès commencée sur Famicom en 1986 qui n’a débarqué chez nous qu’au huitième épisode sur PS2 -. La réduction des coûts de production entraînée par le support CD/DVD et le succès massif de Final Fantasy VII aura changé un peu cet état de fait, nous propulsant dans une sorte d’âge d’or du J-RPG à un moment où celui-ci commençait déjà à fatiguer, à tenter le renouvellement parfois au prix de ce qui faisait son essence – encore aujourd’hui, on peut s’interroger sur le statut trouble de l’excellent FF XII par exemple -. La next-gen de salon aura enfoncé le clou, génération particulièrement pauvre en titres de qualité dans ce genre si particulier qui a pourtant un jour incarné le pinacle de l’aventure vidéoludique – et ce malgré la présence de titres exceptionnels mais « batards » comme l’incroyable Resonance fo Fate ou l’oeuvre-somme Xenoblade Chronicles -, là où la DS nous aura donné accès à la fois aux rééditions des plus beaux titres de la génération 16 bits dans des remakes souvent flamboyants, et à travers quelques titres originaux exceptionnels – Radiant Historia, si tu nous entends, sache que je pense bien fort à toi -.

TEMPSMODERNEAtelier-alchimyBref, on peut dire que le J-RPG a toujours eu ce statut d’outsider, comme en témoigne la houleuse histoire de son implantation par chez nous, a toujours été victime de ses morts annoncées, tout en continuant dignement sa route sans fléchir, n’en déplaise aux fossoyeurs et nécrologues par anticipation. Finalement, son statut aujourd’hui ressemble beaucoup à celui qu’il avait déjà avant que l’engouement FF ne viennent en faire un phénomène de mode, en quelque sorte un juste retour des choses… Fort heureusement, ce constat est mis à mal par certains éditeurs comme Gust ou Nippon Ichi Software qui osent affronter le monde, sans concession, en nous offrant du jeu dit « de niche », au grand bonheur des fans et amateurs d’expériences pointues… Et peut-être les autres aussi, finalement. Car si les précédents épisodes de la série peinaient à convaincre les non-initiés pour plein de raisons, bonnes et mauvaises, celui-ci pourrait peut-être, sinon changer le rapport de la masse au J-RPG, au moins changer la donne à l’échelle du regard porté sur la série…

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