Layton au Pays des Poubelles

Saul, l’indic groovy qui va certainement vous sauver la mise plus de fois que vous ne voudrez bien l’admettre en public !

L’autre point qui différencie Red Johnson des Point’n Click d’antan, c’est le fait que tout soit centré autour d’énigmes parfois cossues, souvent gratifiantes, toujours malines. Souvent, dans les grands représentants du genre, on avait des énigmes trop simples, la plupart du temps limitées à la recherche du Pixel Perdu (que de temps passé à chercher la zone à creuser dans le cimetière du second Monkey Island, ceux qui l’ont fait savent de quoi je parle !), et ne demandant qu’un minimum de jugeote. Evidemment, parfois on se retrouvait bloqué par une énigme cossue aux indices farfelus, et il fallait saigner des oreilles à force de se retourner le cerveau, mais globalement, les mécaniques des énigmes étaient relativement simples et souvent liées à la combinaison d’objets, et lorsqu’on se retrouvait coincé, ça tenait plus d’un problème de formulation de l’énigme que de complexité réelle, l’accent étant la plupart du temps mis sur l’évolution de l’histoire, son « epicness ». Ici, par contre, on est clairement dans de l’aventure/puzzle game. Le nombre limité des lieux à visiter (une dizaine à peu près, ce qui est suffisant) est justifié par le fait que Red soit en cavale, et avec une rançon bien grasse sur sa tête de rouquin. Visiblement, on n’a pas plus apprécié que ça son grand nettoyage de printemps dans la mafia locale relaté dans le chapitre précédent. Le profil (relativement) bas est de mise, et l’enquête se devra d’être plutôt discrète, même si Red ne va pas pour autant abandonner ses méthodes musclées et tend plus du coté Dirty Harry que William Shatner (dans Hooker, hein, pas dans Star Trek…). Mais chaque lieu propose son lot de surprises, et surtout de portes à ouvrir ! Car oui, ça tourne souvent autour de portes, de cadenas, de coffres à codes…etc.

Red en plaisante d’ailleurs à plusieurs reprises. Mais si effectivement la finalité des énigmes est souvent analogue, force est de constater que les créateurs se sont creusé le crane pour diversifier au possible l’expérience, et booster le challenge. Par exemple si une énigme se présente sous forme d’un sudoku, au lieu d’impliquer des chiffres, ce seront des symboles, ou on commencera à se lancer dans un picross avant de réaliser que si ça ne marche pas, c’est parce qu’il vous manque quelques indices dissimulés à l’encre invisible (c’est bon, je ne vous spoile que deux intrigues du tout début, et des faciles en plus !). Et oui, souvent, c’est votre fameuse black light qui révélera les indices cachés, les empreintes digitales à analyser dans votre QG (qui évoque plus une entrée d’égouts qu’autre chose mais bon, on ne chipote pas sur des questions de confort chez les Johnson, des p’ti gars élevés à la dure !), mais toujours associée à une énigme plus ou moins ardue, ne se suffisant jamais en soi. Malgré cette récurrence des quêtes (toujours le Code Perdu), la diversité des énigmes, des supports, ainsi que leur profondeur, voire parfois leur réelle complexité montre que le joueur n’est pas pris pour un âne, et génère une certaine satisfaction une fois l’énigme résolue, après s’être bien cassé la tête. Dans un sens, on se trouve devant un Layton pour adultes (et aux énigmes plus intéressantes, malgré ma sympathie pour la série du Professeur Gentleman). On a droit aussi ici à un système d’indices parfois bien utile quand on s’est frotté à une énigme trop longtemps au point de ne plus être capable de prendre du recul. Ceux-ci sont vendus par un ami de Red,  Saul, un croisement entre Huggie-les-bons-tuyaux et Snoop Dog, qui vous les déclame sur fond de musique funky, tout en groovant sur place.

Le prix de l’indice varie en fonction de son importance et de sa propension à vous mâcher le travail (parfois un peu trop, à la façon du dernier indice dans les Layton), mais globalement, les intrigues sont suffisamment bien pensées pour que vous puissiez comprendre de quoi il en retourne sans aide. Bon, je mentirais si je vous disais que je n’ai pas eu recours à ces précieux coups de pouce de temps à autre, la plupart du temps en me disant après coup « merde, mais évidemment, c’est bien sûr ! ». Mais tant pis, pas de reprise sur la marchandise, il fallait se casser le c.. un peu plus longtemps, c’est tout. Car votre score est évalué en dollars, chaque épreuve réussie vous rapportant 1000 dollars au niveau A, la somme engrangée baissant en fonction de la médiocrité de vos performances. Et de façon régulière, on évaluera l’attention portée à l’histoire via des monologues de Red (ou parfois dialogues) sous forme de QTE bien larges, vous forçant à vous remémorer le déroulement des choses. A vous d’être attentif, ces derniers étant plutôt permissifs mais les mauvaises réponses sanctionnées malgré tout.

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