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Dans le domaine du jeu vidéo, les adaptations ont souvent eu un côté casse gueule. Ca est d’autant plus vrai lorsque l’on s’attaque à une oeuvre dite culte comme Blade Runner. Westwood Studios prend ce pari, et après avoir sorti Lands Of Lore II, se lance dans l’adaptation du film de Ridley Scott (adapté lui d’un roman de Philip K Dick). Pour ce faire, l’équipe de développement choisi le point’n’click et s’entoure de têtes pensantes du long métrage pour faire leur propre jeu. De quelle manière?

LE FILM (PRESQUE) EN JEU

Notre héros face aux réplicants

Notre héros face aux réplicants

Avant de parler du jeu, un petit rappel sur le film. Blade Runner est un film de science fiction sorti en 1982 et réalisé par Ridley Scott. Il met en scène un monde post apocalyptique où les humains dévastés par les guerres nucléaires font appels à des androïdes Nexus pour faire toute opération dangereuse. Par extension, les nouveaux modèles sont aussi capables de faire d’autres tâches du quotidien et les humains s’en accommodent, les créations ressemblant de très près aux créateurs. Mais les androïdes dits dociles décident de lancer une rébellion sur les planètes voisines, poussant les autorités à les rendre illégaux. De ce fait un groupe d’enquêteurs est dépêché pour traquer les Nexus-6 et les « retirer » de la surface de la Terre : les Blade Runner. Pour ce faire, un test est passé auprès d’un suspect : s’il n’y a pas de réponse émotive, ce dernier est un Nexus. On suit le parcours de Deckard (joué par Harrison Ford), dans sa mission de Blade Runner et son questionnement progressif sur l’humanité et la robotique.  Le film a gagné un statut d’œuvre culte grâce aux différentes version « complétées » dont la dernière est sortie en 2007. Pour l’adaptation, c’est Westwood (Dune 2, C&C, Lands Of Lore) qui s’en occupe, avec une idée précise en tête. Plutôt que de faire une adaptation directe, nulle sur le plan créatif et qui risque de décevoir les cinéphiles, les développeurs décident de garder le même univers mais de créer un collègue de Deckard : McCoy. Ce Blade Runner amateur est envoyé par son patron sur un crime, dans une des dernières animaleries existantes de la Terre. Le commerce de ces derniers rapporte beaucoup au vu des nombreuses contrefaçons, mais ici un mystérieux homme en imper les a tous massacrés, en violentant le propriétaire. Les Nexus sont soupçonnés, mais  il va falloir en avoir le coeur net, surtout que le gérant de la boutique soupçonne sa jeune employée d’être complice. Un début très classique, mais la progression de l’enquête réserve beaucoup de surprises. On retrouve des lieux spécifiques du film, des clins d’œil au héros du film du Ridley Scott sont légions (dialogues, passages du personnage en fond,..) et des seconds rôles font le lien entre jeu et film. Les développeurs réussissent un hommage au matériel d’origine et peuvent également prendre des libertés, une démarche créative excellente. Mais une histoire sans gameplay ne fait pas un jeu (à quelques exceptions près..).

 

UN JEU FILM

sombre et glauque : bienvenue dans Blade Runner

sombre et glauque : bienvenue dans Blade Runner

Le jeu commence donc par une récolte d’indices sur le lieu du crime. Comme dans chaque point’n’click policier, on réalise les interrogatoires et on résout des énigmes pour avancer. A certains moments, on pourra utiliser son arme de service dans des séquences d’action. Chose étrange, un passage par le menu montre une option particulière. A côté du fichier des délinquants ou encore d’un rappel des preuves : l’humeur du héros. Énervé, neutre ou encore optimiste, choisir l’une d’elles lorsque l’on parle avec les PNJ ne donnera pas forcément la même réponse, et la suite de l’aventure peut changer. Le relationnel sera d’autant plus important car dans les personnages rencontrés, on ne peut savoir qui est un androïde et qui est un humain. Le jeu devient donc bien plus ouvert, et le destin sera déterminé par les actions. Si le joueur effectue une bavure en terminant un humain, sa hiérarchie sera sur les dents et il sera possible de prendre plus part à la cause des Nexus. A l’inverse si les interrogatoires et les énigmes sont menés à la perfection, la carrière de Blade Runner de McCoy pourra décoller. L’autre question que l’on peut se poser sur ce genre des jeu est la difficulté de la progression. A ce sujet là, Westwood Studios est un studio avec de l’expérience, et sans utiliser les aides à la progression des jeux d’aventures plus récents, il n’y a rien de foncièrement tordu dans Blade Runner. Ce qui n’empiète pas sur la durée de vie et la jouabilité, données par les choix du joueur. La dimension cinématographique est conservée avec les décors reprenant les univers du film, et les cinématiques avec un doublage Français assez bon. En résumé, une référence du genre.

REPLICANT ROUILLÉ

Blade_Runner4On peut dire ô combien le jeu est une réussite sur plusieurs points, la devise de LSR c’est : La vision actuelle de nos jeux rétros. Malheureusement le jeu a mal vieilli, surtout techniquement. Côté cinématiques, les années ont fait leur effet, mais celles ci restent dans la moyenne haute de ce qui se faisait à l’époque. Les personnages sont un peu cartoonesques mais les décors gardent le côté très sale et glauque du film. Le problème se situe principalement sur les personnages incrustés dans ces décors. Soyons honnêtes c’est…moche. Westwood, sachant qu’en 1997 tout le monde n’avait pas de carte graphique 3D, a décidé d’utiliser la technologie des Voxels, à savoir un empilement de pixels en 3D pour créer des ensembles animés (cf Comanche). A l’époque cela a demandé énormément de ressources, le temps de calcul pour modéliser la 3D pixel par pixel pouvant être assez long, d’où l’intérêt de l’accélération graphique appelée 3Dfx. Aujourd’hui, c’est une bouillie qui remplace chacun des personnages présents dans le jeu (encore pire si le plan est large), nous rendant un peu moins indulgents en 2014. Autre point noir, touchant à la technique et au gameplay : les séquences de tirs. Point’n’click oblige, le rythme global ne brille pas par sa rapidité et lorsque McCoy sort son arme, on passe à un jeu de patience. En effet, chaque action sur la souri entraîne une séquence animée ou un son, et vu que le jeu stoppe une ou deux secondes après chaque tir, la frustration est grande. Heureusement, ces séquences ne sont pas prédominantes.

 

A retenir

Westwood Studios, pourquoi as tu été détruit par EA? Le studio a été à l’origine de jeux solides, révolutionnant parfois les genres. Blade Runner reste plus classique, mais n’en reste pas moins très bon. Le jeu réussit a ne pas faire une adaptation bête et méchante tout en gardant un hommage au média d’origine. Les énigmes sont intéressantes, la durée de vie assez longue, et les choix données donne une replay value sympa. Les plus exigeants pourront être rebutés par les graphismes datés pour les sprites et les séquences d’action molles du genou. Un jeu a tester.

Flbond

Informations sur le jeu

Plateforme :  PC

Genre : Aventure / Point’n’Click

Développeur : WestWood Studios

Éditeur : Virgin Interactive

Date de sortie : 1997

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