Laissez le dormir, il est mort de fatigue

TESTcommandoavionDans Commando, on tire, on tue massivement, on détruit, et on meurt aussi, souvent en fait. Car Commando est dur, vraiment dur! Il fait partie de cette génération bénie de jeux créés sous le signe du défi, du challenge, avant la phase d’édulcoration de la difficulté pour ratisser large et ne pas rebuter un public devenu feignant. D’ailleurs, la difficulté est un stigmate du genre, une marque de fabrique, qui rapproche encore une fois le run & gun du shmup… A la différence près qu’il est possible d’atteindre le troisième stage de la plupart des shmups en un crédit avec un minimum de pratique. Ce n’est pas le cas du Run & Gun, genre particulièrement punitif. Ah, ça, les premières mesures de la musique de Commando sont gravées dans les mémoires de tous les joueurs s’étant essayé au titre. Fort heureusement, la musique est tout bonnement géniale. Sur arcade, on a droit à air militaire entraînant, sentant bon le combat et le sens de l’épique, avec ses percussions qui évoquent les bruits des flingues et son sens de la continuité, avec un petit segment musical entre la mort et le respawn donnant l’impression que la musique – donc l’action – ne s’est pas arrêté, que tout appartient à la même continuité. Mais même sur Amstrad, la bande son s’en tire avec les honneur, proposant une version plus groovy de la musique de l’arcade, qui a marqué au fer rouge ceux qui se sont frotté au jeu.

– Tu nous as laissé quelque chose ? – Rien que des morts.

commando-10Commando est une petite perle de son époque et s’impose comme une légende du genre. La première chose qui frappe, c’est son rythme effréné. Comme dit plus haut, même les morts ne cassent pas le rythme de l’action, le respawn se faisant d’une traite, et via un système de checkpoint pas trop punitif. Et heureusement, vu la difficulté du titre. Même les adversaires sensés servir de chair à canon s’avèrent coriace de par leur comportement chaotique, leurs déplacements impossible à anticiper. Et bien entendu, la moindre balle, le moindre contact avec un ennemi et c’en est fini de vous. Fort heureusement, la rapidité de vos balles est bien supérieure à celles de vos ennemis, qui compensent néanmoins par une portée accrue. Ca vous laisse néanmoins un avantage certain, sans transformer le champ de bataille en parcours de santé pour autant. Et c’est ce sentiment d’urgence, cette tension permanente, cette absence de moment d’accalmie qui font de Commando une telle perle du genre.

TESTcommandofinalIl semblerait de plus que Capcom ait compris les limites du genre et les ait exploité. On s’en rend compte lors des fin de niveau, où la présence d’un boss aurait été contreproductive de par l’impossibilité de viser sans se déplacer (contrairement au shoot’em up où la visée est calibrée d’office vers l’avant). En gros, on ne peut pas esquiver et tirer en même temps. Du coup, au lieu d’un boss, c’est une vague de soldats qui fond sur vous dans des contextes variés, allant dans le sens de l’énergie ambiante et de la frénésie de l’action. Tous les exterminer n’est pas nécessaire, il faut simplement rester en vie. Les environnements évoluent au gré des 8 stages plutôt courts – en fait deux runs de quatre stages, les quatre derniers étant une version hard des premiers, avec des ennemis tirant par rafales et se déplaçant plus vite, entre autres surprises -, s’agrémentant de nouveaux obstacles : tranchées, baraquements avec meurtrière, abris de briques, ponts, véhicules, bref, largement de quoi varier les plaisirs, en somme. Là encore, le minimalisme de Commando va dans le sens de l’efficacité extrême, et chaque élément est exploité avec justesse, corsant un défi déjà salé à la base.

A retenir

Commando est un jeu violent, rythmé, difficile, jouissif, intense. La réalisation de la version arcade est excellente, avec un sens du level design parfaitement en place, des graphismes sobres et efficaces. D’ailleurs, efficacité semble être le maître-mot qui régit la création de ce jeu. Et en cela, il rejoint le film dont il partage le nom, du moins en occident, tentative un peu honteuse de surfer sur le succès du film. Mais dans la mesure où le jeu assume le pendant vidéoludique du divertissement burné et débridé que propose le film, est-ce vraiment un mal. En tout cas, Commando n’a pas vieilli, et reste toujours aussi jouissif presque trente ans plus tard, contrairement à bon nombre de titres du genre, qui ont pris un vilain coup de mou dans l’aile. Allez, j’y retourne, parce qu’il n’y a pas de raison que le stage 3 continue à se moquer de moi, Yaaaaaaaahhh!!!

 

Plateformes : Arcade – Amstrad CPC – Atari 2600 – Famicom – Amiga – Atari ST – Intelvision – Commodore 64 – ZX Spectrum – BBC Micro – FM-7 (NDT : …je sais, ça fait beaucoup)

Genre : Run & Gun

Développeurs : Capcom

Éditeur : Capcom

Date de sortie : Mai 1985

Badge Excellent

toma überwenig

7 réponses
    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Merci Code Promo^^!

      C’est un film que je me refais très (trop) régulièrement, un des rares actionner à réussir à la fois à me mettre au tacket et me marrer comme une baleine échouée sur une plage de nudistes!

      Et comme j’ai découvert le jeu à peu à la même époque, les deux sont forcément un peu liés pour moi. Et vu son excellente qualité, ça me va 😉 !

      Répondre
      • Toma Überwenig
        Toma Überwenig dit :

        Ce film est une petite bombe culte à souhait, du bonheur à l’état pur!

        Et oui, chef, c’est grave, ça mérite une torture péruvienne particulièrement salée^^! Et surtout de réparer ce manquement dans les plus brefs délais, de préférence entre potos comme le suggère le sage Koreana, et avec une petite caisse de bières belges brassées avec amour. Et des caouettes. Et des nains.

        Répondre
  1. Yannou
    Yannou dit :

    Le moment le plus mythique reste le « crache ta vapeur enfoiré » le bon humour à la Swarchzy ca égale même le « considère ça comme un divorce » dans Total Recall. Qui a eu droit également à une adaptation également.

    Répondre
    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Ah, mon Yannou, tu oublies LA scène mythique du « c’est mon bras le plus faible » quand il tient le gars au dessus du vide à un bras, par la jambe.
      « Tu te rappelles quand je t’ai dit que je te tuerai le dernier ? »
      « Oui, tu l’as promis John, t’as promis!!! »
      « J’ai menti »
      « AAAAAAaaaaaaa;……. »

      …mmmm, souvenirs, souvenirs…

      Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *