This is Sparta !

TESTGODOFWARsuicide

Kratos au bord du gouffre, littéralement…

Kratos est un spartiate. Et ceux qui ont vu le film 300 savent désormais ce que ça peut signifier. Mais au delà de la fiction – car 300 s’inspire extrêmement librement de faits réels, soit-dit en passant – Sparte était une nation de guerrier farouche, sans peur, une élite formée au combat dès le plus jeune âge, sous nourris pour qu’ils soient obligés de voler, puni avec violence s’ils se faisaient attraper (non pas parce qu’ils avaient volé, mais parce qu’ils l’avaient mal fait), entouré d’Hilotes (leurs esclaves) sept fois plus nombreux qu’eux mais qui n’osèrent jamais se rebeller, tant la terreur soulevée en eux par les spartiates était grande. Ils affrontaient leurs adversaires entièrement à poil, ce qui avait tendance à déstabiliser, et étaient considérés comme une véritable élite guerrière, certainement à juste titre, si l’on en croit les fragments de récits de batailles qui ont traversé les âges. Bref, un spartiate, c’est pas un p’ti rigolo, pour résumer. Et Kratos, dans le genre, c’est un überspartiate. Pour qu’un guerrier de cette trempe en vienne à se suicider, c’est qu’il a dû se passer quelque chose de grave. Car c’est ainsi que démarre le jeu, sur Kratos au sommet de la plus haute montagne de Grèce, décidant de se laisser tomber dans le vide. La narratrice nous renvoie trois semaines plus tôt pour que l’on accompagne le guerrier dans son baroud d’honneur et que l’on comprenne ce qui le pousse à mettre fin à sa vie. Et là, on trouve un bateau assailli par des sortes de guerriers zombies, une musique martiale et virile et un Kratos enragé, chauve, aussi musclé qu’un Hercule de peplum, légèrement courbé, prêt à l’assaut, une Lame du Chaos dans chaque main. Dès le premier regard posé sur le spartiate, on sent sa puissance et sa colère, on sait que ça va chier sévère.

La première rencontre entre Kratos et une bébête plus grosse que lui, mais certainement pas la dernière.

La première rencontre entre Kratos et une bébête plus grosse que lui, mais certainement pas la dernière.

Et on ne se trompe pas, car quelques secondes plus tard, on est projeté dans l’action, en on goûte à l’ingéniosité de la conception des Lames du Chaos. Armes puissantes et upgradables, elles sont reliées à Kratos par des chaines qui lui permettent de faire des dégâts de zone, de saisir et utiliser les adversaires comme armes en les balançant au bout de la chaîne sur leurs compagnons, et laissent derrière elles une traînée rouge accentuant encore le sentiment de puissance qui submerge déjà le joueur. Car non seulement cette séquence-tutoriel pose le ton, l’ambiance, mais aussi le rythme des combats, qui va être effréné, sans temps mort, et potentiellement dantesque. Après avoir testé les combos et les divers finish moves d’une barbarie particulièrement jouissive, le joueur s’aventure dans le bateau, détruit tout sur son passage, récupérant au passage les orbes rouges qui vont lui permettre d’upgrader les armes, mais aussi les pouvoirs qu’il débloquera au fil de l’aventure. Et là, le joueur hésite, car il remarque que les positions de caméra sont prédéfinies. Il s’interroge, se demande si c’est un bon choix, puis il chasse vite ses doutes, en rougissant de son manque de confiance, car il se prend en pleine face la qualité exemplaire de la mise en scène, de la gestion de la caméra, digne d’une superproduction cinématographique, avec un évènement tout les trois pas, des boss gigantissimes terminés via des QTE qui font sens par rapport à l’action représentée (on n’était pas encore entrée dans la dictature du QTE qui fait chier tout le monde et qui casse le rythme, là, il servait encore l’action et maintenait un climat de tension, chaque coup porté ayant des conséquences dévastatrices à l’écran, pour notre plus grand plaisir), bref, du grand spectacle, du jamais vu, jamais vécu. Et ses yeux vont continuer à saigner de bonheur.

8 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Merci mon Yannou! C’est clair que God of War nous a mis une baffe à tous!
    Enfant, j’ai eu Quest for Moonstone sur Amiga.
    Adulte, j’ai eu God of War, le jeu d’action qui les enterre tous!
    Et honnêtement, pour l’instant, dans le domaine sur next gen, à part Castlevania Lord of Shadow qui réussit à tirer son épingle du jeu avec son ambiance singulière, et peut-être très récemment Revengence (ah, ce titre!), le seul à pouvoir succéder à la puissance de God of War, c’est God of War!

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  2. Yannou
    Yannou dit :

    Bah Catlevania j’y ai joué je l’ai pas trouvé si excellent que ca trop plat et pas assez de sensation, God of War fut vraiment celui qui amis tout le monde d’accord, même pour DMC ce fut une claque dans la tête ^^ personne ne peut succéder à Kratos si il y’a un 4 ca va être the ultimate powerfull

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Castlevania a justement l’intelligence de ne pas tenter de marcher dans les pas de Kratos, de proposer autre chose. Si on attend de lui qu’il nous chope à la manière d’un God of War, on est forcément déçu (je parle en connaissance de cause, c’est ce que j’ai fait la première fois que j’ai essayé le jeu, j’avais pas encore de ps3 sous le coude et je cherchais un GoW3-like sur Xbox360 pour combler ma frustration^^)
      Mais la dernière fois que je l’ai lancé, il y a quelques semaines à peu près, j’y ai trouvé une ambiance sombre, singulière, et malgré le fait qu’il obéisse aux codes godofwariens en apparence, il avait quelque chose vraiment à lui, dans ses mécaniques de jeu, son atmosphère, sa relation à l’espace.
      Alors que par exemple Dante’s Inferno est clairement un sous GoW qui loupe le choche : tout dans les graphismes, un enfer magnifique, mais un gameplay plat, sans jamais offrir le sentiment de puissance qu’on attend.

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  3. Le serpent
    Le serpent dit :

    La caméra fixe c’est tout de même la marque de fabrique (parmis d’autres) de GOW, ca permet de faire des mises en scènes calculées au millimètre !

    Mis à part ça, tu m’as encore fait trippé ! Tu arrive à retranscrire la sensation que l’on a à jouer à ce jeu. Et tu donne des frissons !

    Merki

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