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[TEST] Ico : un conte atemporel résonnant dans les replis du vent

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Parmi les titres qui continuent de justifier l’existence de la PS2, de la rendre compétitive même face à sa puissante petite soeur, Ico tient une place de choix, aux cotés d ‘autres titres de légende tels Okami, pour ne citer que lui. Outre une réalisation qui en impose encore aujourd’hui, une véritable leçon de maîtrise tant narrative que visuelle, c’est avant tout l’intensité de l’immersion qui fait que jouer à Ico marque au fer rouge ceux qui ont eu la chance de s’y essayer. Replongeons dans cet univers onirique, à la rencontre d’une des plus belles réussites disponibles sur la console de Sony. Et comme à jeu exceptionnel, traitement d’exception, pour marquer cette semaine spéciale, et pour flatter vos oreilles de mélomanes au coeur sensible, chaque première phrase de paragraphe renverra à l’un des morceaux de la magnifique bande son du jeu. (oui, je sais, j’avais déjà fait ça avec Final Fantasy VI, et notre Garr préféré avait utilisé ce procédé sur son test de Megaman 2, mais à LSR, on aime la musique, deal with it!)

A Melody in the wind

Ico est clairement une expérience à part. Des décors à l’ambiance même du jeu, tout est nimbé de mystère, à la lisière entre décors verdoyants et brumes denses et magiques, ne dévoilant au regard du joueur que le strict minimum pour que ce dernier soit envoûté, aspiré dans cette histoire magnifique que lui seul pourra interpréter, son imagination ayant la part belle tout au long de cette aventure à nulle autre pareille. Le château dans lequel se déroule ce conte semble n’avoir de limites que celles de l’imagination. Au détour d’une salle aux proportions dantesque effleurée par la lumière du soleil, au sommet d’une tour séparant le dédale de l’abîme, l’ensemble oscille entre ruines labyrinthiques et brumes chargées de magie. Le vide ne l’est jamais vraiment et on entend dans la plainte du vent à travers les meurtrières quelque secret ancestral murmuré par les voix fantomatiques de ceux qui nous ont précédé dans ce lieux sans âge, en dehors du temps, à moins que le château ne travaille notre imagination à bras-le-corps, en quête d’une explication donnant un sens à notre périlleuse situation. Car de cette dernière, on ne sait que peu de choses.

De l’autre coté du miroir

Un enfant avec des cornes est emmené par une procession masquée au plus profond des entrailles d’un château partiellement en ruines par une procession. Il semble s’agir d’un rituel sacrificiel dont il est la victime désignée. Scellé par magie dans un sarcophage parmi des centaines d’autres, et abandonné là par les autres, il réussit néanmoins à s’en échapper. Seul dans les profondeurs de ce menaçant édifice, son attention est attirée par une cage. Dans cette dernière, un être englué d’obscurité lève la tête vers lui, et Ico (car c’est le nom du garçon) se fait happer par sa propre ombre. Il se réveille dans la même pièce. Dans la cage, d’une flaque d’ombre opaque s’échappe un fragile être de lumière qui ne parle pas sa langue. A peine l’enfant cornu s’éloigne-t-il d’elle pour trouver une sortie que jaillissent de flaques d’ombre des créatures noires et brumeuses évoquant certaines des belles réussites de Miyazaki (entre les noiraudes de Mon Voisin Totoro et les créatures frappées de malédiction dans Princesse Mononoké), qui emportent la jeune fille avec eux et s’enfoncent dans les flaques d’ombre. Ico la sauve de justesse, et une relation émouvante de pureté se met en place entre les deux personnages, qui vont conjuguer leurs efforts pour quitter cette forteresse hantée par la résonance du vent soufflant entre les vieilles pierres, et par une magie sombre et ancienne.

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Toma Überwenig

Aimer jouer et être bon aux jeux ne vont pas forcément de concert, j'en suis la preuve (à peu près) vivante. Vaguement musicien, je joue dans Scorpion Violente, le groupe qui souille le dance floor, fait hurler les gnous, et sent le stupre, la luxure et les pratiques que la morale réprouve.

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