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Kingdom Hearts, c’est la rencontre improbable de deux univers, celui de Squaresoft et de Disney, née d’ambitions purement commerciales à la base, soyons honnêtes. Et même si, de fil en aiguille, la série s’est construit une image détachée de tout autre jeu, il n’en était pas pareil de la première itération. Considéré à son lancement comme un véritable spin-off à la fois de l’univers Disney et de celui de Final Fantasy. Mais que donne vraiment ce gloubiboulga (oui une expression rétro) à la sauce Action-RPG ?

Pour la petite histoire

Mixer Final Fantasy et Disney c'était pas gagné. Et pourtant c'est bien !

Mixer Final Fantasy et Disney c’était pas gagné. Et pourtant c’est bien !

Il y a des jeux qui sont mûrement réfléchis, et d’autres qui se décident durant un trajet d’ascenseur, comme c’est le cas pour Kingdom Hearts. Disney et Square sont dans le même bâtiment au Japon. Un beau building façon Manhattan. Un employé de Disney cherche des idées pour renouveler l’image de la firme à la souris dans le pays. Un employé de Square cherche des idées pour créer une nouvelle licence. Et la rencontre des deux personnes aboutit à la création de Kingdom Hearts ! Elle n’est pas belle, l’histoire ? Certes, tout cela est bien plus compliqué, mais cela aurait très bien pu se passer comme ça, non ? Autant dire tout de suite que le projet, vu ses bases, ne suscitait que la méfiance… Et c’est normal. Cela ressemble un peu aux discussions de comptoir à la veille d’un match de foot : « je suis sur que si tu mets Bariton sur le coté droit, avec Triplo juste devant, et ben tu gagnes 4-0 ! ». Quelque chose d’incongru, à la limite de l’amateurisme tellement le sujet à l’air casse-gueule. Mais Square lance la machine et décide de développer un jeu. Nous sommes, en 2001 et Kingdom hearts sort dans les échoppes pour le bonheur des fans des deux univers Disney et Final Fantasy.

Un très beau mariage…

C'est franchement joli

C’est franchement joli.

Je n’aime pas le suspens, alors je balance la conclusion d’emblée : Kingdom Hearts réussit à réunir le meilleur des 2 univers et à remplir son but publicitaire pour Disney sans sacrifier à la qualité du jeu, qui rappelons-le, et une nouvelle licence/Spin-off. Rentrant totalement dans la nomenclature Disney, Kingdom Hearts vient nous parler de Bien et de Mal, de la part sombre dans le cœur de l’Humain, de la puissance des sentiments… Mais pas seulement puisque le jeu arbore une ambiance générale et une plastique typée « manga ». De fait, on se sent assez vite en terrain connu et conquis, avec un style un peu rond, entre Dragon Ball et One Piece. De fait, Kingdom Hearts se crée, par un savant mélange, une identité propre, une ambiance assez unique, qui sera d’ailleurs la marque de la saga. Une empreinte que l’on doit notamment Tetsuya Nomura, Designer des Final Fantasy, notamment connu pour son travail sur Final Fantasy VII, sûrement sa plus belle réalisation. Une patte qui ne peut plaire à tout le monde, Nomura ayant tendance à « cloner » ses personnages lorsqu’il est en charge du chara-design. Et c’est encore le cas ici. Je suis même en mesure de vous décrire la conception du personnage principal, Sora : vous prenez Cloud, vous changez les fringues (couleurs surtout), la couleur des yeux et des cheveux, et vous avez Sora. Et par extension, tous les héros masculins de Nomura. C’est assez dérangeant, voire consternant quant on voit le travail d’Amano sur ses réalisations – tous les Final Fantasy avant le 7 et Final Fantasy 9 – qui prenait la peine de se renouveler à chaque épisode. Rendons lui tout de même hommage sur un point : les personnages de Final Fantasy passent bien le cap du design façon manga, et ceux de Disney ne changent pas, pour notre plus grand plaisir (et avec les doubleurs officiels).

… Assez classique tout de même…

Ça reste tout de même assez répétitif

Ça reste tout de même assez répétitif…

Comme d’habitude, pas de suspense avec moi : Kingdom Hearts est fluide, rapide, nerveux, mais trop souvent confus. Kingdom Hearts est un action-RPG. Du coup on dispose d’une palette de coup proche de celui d’un jeu d’aventure, et plus on tue d’ennemis, les sans cœurs, plus on gagne de l’expérience, et plus on augmente ses attributs. Les combats se déroulent en temps réel, et quasi-exclusivement face à plusieurs adversaires, d’où la réelle confusion de certaines situations. Et c’est encore plus criant lorsque le verrouillage est activé, ou dans les phases hors-combat, notamment de plateforme… Vous allez passer quelques crises de nerfs sur votre compagne. Dommage pour elle, mais en même temps, en épousant un gamer, il fallait bien s’y attendre. Bref, un gameplay simple, efficace, bien que confus. Mais outres les magies et les coups de « keyblades », il faut bien avouer que les combats sont très très répétitifs… Et que dire des phases de vaisseaux gummis, entre deux mondes qui sont… Mais longs… Mais nuls… Mais moches ! Enfin… Cela ne nous empêche pas d’apprécier le scénario.

… Même sur le plan de son déroulement !

Squall est devenu Léon... Mais pourquoi !

Squall est devenu Léon… Mais pourquoi  !

Pour reprendre une expression très connu : le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Vous êtes Sora, un adolescent de quatorze ans sûrement (sans les boutons) qui ne rêve que d’aventures et de nouveaux paysages. Il est depuis sa plus tendre enfance le meilleur ami de Riku, mais il est aussi son grand rival. Notre héros est plus ou moins amoureux de Kairi, jeune fille de quatorze ans aussi. Je ne spoilerai pas la suite de l’aventure, mais sachez que, très tôt, nos 3 amis seront séparés et Sora fera tout pour les retrouver avec l’aide de Dingo et de Donald. Bien entendu, comme dans tout RPG Japonais qui se respecte, la quête initiale prend plus d’ampleur au fur et à mesure de l’aventure. De fait, Sora va se balader de mondes en mondes, des contrées sauvages de la jungle de Tarzan, aux rues d’Agrabah, en passant par les bas fonds de la ville de traverse (particulièrement belle, surtout sa musique). Mais avant de fermer définitivement cette partie sur le scénario, classique mais efficace, il faut, oui c’est une obligation, que je revienne sur le cas d’un personnage, Squall. Ce héros de Final Fantasy VIII, rencontré dans la ville de traverse, est rebaptisé Leon… Alors oui, le nom de famille, Leonheart, déformation de Lionheart (nom du pendentif), avec Leo, Lion en latin, peut donner Léon… Oui oui certes, mais au final non ! C’est moche bordel ! Alors que Squall Leonheart c’est tellement classe ! Petit coup de gueule de fin de parcours.

A retenir

Je ferai comme j’ai fait tout au long de cette critique : direct. Kingdom Hearts est donc un Action-RPG pas particulièrement génial, mais qui marque grâce à son idée originale, sa réalisation réussie, et son gameplay nerveux, malgré quelques errements. Bien résumé non ? Alors il n’est pas mythique, ni même excellent, mais simplement correct. Mais il y a un problème là-dessus. Et oui, parce que la suite Kingdom Hearts II est tout bonnement excellent. Mais pour tout comprendre à ce dernier, il faut passer par la case Kingdom Hearts premier du nom. Eh oui, c’est comme ça. Finissons tout de même sur une petite pique : du bon Square, à une époque où la société savait encore prendre des risques et lancer des projets fous, sans que tout cela ne se résume à du couloir. Un jeu qui n’a d’ailleurs pas trop vieilli, alors on y va et vite !

Informations sur le jeu

Plateforme : PS2

Genre : Action-RPG

Développeurs : Squaresoft

Éditeur : Sony Computer Entertainment

Date de sortie : Mars 2002

correct

7 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    D’accord avec toi sur tous les critères objectifs, chef. Mais le charme de ce jeu a tellement bien marché sur moi que je lui aurais mis une meilleure note. Et surtout, cela reste pour moi le point essentiel puisque, malgré le système de jeu qui est nettement moins bon que dans le second, c’est bien ce Kingdom Hearts que je préfère!

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    • Le serpent
      Le serpent dit :

      Ben écoute tu vois, KHII m’a vraiment enchanté.
      Le niveau avec mickey en noir et blanc, celui avec pirate des caraibes, etc…

      Alors que le 1 se déroulé souvent dans des environnements très fermé, pense au niveau d’Alice ou de Tarzan, le 2 laisse plus de liberté.

      Du coup je préfère vraiment vraiment le 2, que ce soit pour l’ambiance, le gameplay, les graph, enfin tout ^^

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  2. Peachiz
    Peachiz dit :

    Très bonne chronique sur une licence que je n’ai jamais réussi à apprécier. Parce que le scénario est famélique. Parce que les personnages sont niais. Parce que la rencontre avec les personnages Disney n’est absolument pas bien intégrée -je trouve-, confirmant le « fanservice »-isme du soft. Le système de combat ne m’a pas vraiment branché, mais les mordus de RPG complexes apprécieront de devoirs travailler les aspects combinaisons de skill. Manque de bol, j’aime les RPG mais pas quand ça prend des allures de tactics à force de concepts qui s’empilent :/

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    • Le serpent
      Le serpent dit :

      Ton commentaire est vraiment très bien puisque tu n’aimes pas le jeu, et pourtant tu désignes l’article comme « bon ». C’est très sympa de ta part.

      En ce qui concerne la critique sur le « fan-service » je suis plus ou moins d’accord. Certes ce premier épisode est vraiment un mix entre deux univers, mais au fur et à mesure des épisodes, on voit une vrai mythologie KH se constituer : l’organisation XIII, les simili, etc…

      Certes ca part un peu en vrille ^^.

      Tu devrait aimer l’article sur radiant historia pour le coup, RPG bien plus « classique » dans l’approche : http://www.le-serpent-retrogamer.org/test-radiant-historia/

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      • Peachiz
        Peachiz dit :

        Si c’est bien rédigé et que le propos a du fond, je ne peux pas le blâmer ! Il faut dissocier fond de forme, review de son écriture !
        Je vais y jeter un oeil, mais je dois t’avouer que le nom ne me dit vraiment rien pour le coup

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        • Toma Überwenig
          Toma Überwenig dit :

          C’est gentil de m’aider à faire sortir de l’ombre cette perle discrète du J-RPG qu’est l’excellent Radiant Historia, Le Serpent^^!

          Peachiz, peut-être es-tu gavée de KH au point de ne pas vouloir retenter la chose, mais j’avais le même ressenti que toi à la base, en fait, puis je suis tombé sur Birth By Sleep, l’épisode PSP, et ma vision de l’univers a tout bonnement fait un salto tellement le jeu est excellent, sombre, dynamique, et la niaiserie inhérente aux mondes Disney se retrouve balancée et unifiée par le propos du jeu.
          Et vu que c’est un spin off, il est faisable sans avoir tâté de la série centrale.

          Et Le Serpent et Totof, si vous ne l’avez pas encore fait, jetez vous dessus!! le système de combat est encore plus riche et dynamique que dans le 2 semble-t-il, les subtilités sont au rendez vous, l’alchimie est juste énorme, les quêtes secondaires bien denses, bref, un jeu qui prend de 10 à 100 heures, suivant le degré d’implication du joueur.

          über approuvé en tout cas, c’est sûr^^!!

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