Ça donne quoi niveau niveau gameplay  ?

Entre jeu d’action pure et vaste cache-cache, le gameplay MGS, si particulier, se trouve ici transcendé.

Une des premières choses que l’on ressent, manette en mains c’est un degré de finition hors-du-commun. Un mélange de développeurs talentueux et de budget faramineux, pour nous offrir une expérience ludiquement irréprochable sur le papier. Dès les premières secondes on est sur le cul. La mise-en-scène brille de qualité et d’inspiration, la technique flamboie, la musique nous emporte, on est parti pour une douzaine d’heures d’action / infiltration. On retrouve alors ses marques, ce gameplay si codifié déjà entrevu dans les précédents Metal Gear et Metal Gear Solid. Un vaste terrain de jeu, pour un cache-cache aux mécaniques si particulières, ne ressemblant vraiment à aucun autre jeu. De plus en plus d’armes, de plus en plus d’objets, de plus en plus de zones accessibles. Le vaste complexe du Big Shell, et dans la moindre mesure la partie Tanker sont découpés en zones, level-designées avec talent, et parsemées d’ennemis judicieusement placés, nous poussant à exploiter prudemment toute la panoplie d’objets et de mouvements de notre perso pour progresser. Depuis le premier épisode, on remarque surtout la nouvelle capacité de viser à la première personne. Plus qu’une simple nouvelle feature, c’est une nouvelle dimension verticale qui s’offre au gameplay. Jouer avec les hauteurs, éliminer les ennemis à distance… Un pari assez casse-geule, on pouvait redouter une trop grande facilité, des niveaux pas forcément designés pour (le « syndrome MGS Twin Snake »), mais à l’évidence, l’équipe de level designers a fait un super boulot. Certes, on pourrait reprocher à ce jeu l’IA de ses ennemis, primitive et irréaliste, mais ce serait renier l’esprit de la saga. Tout le gameplay est construit autour de ces errances intellectuelles assumées ! Une approche très japonaise, vers une recherche du tout ludique, du fun plutôt que du tout réalisme. Un fun d’ailleurs omniprésent, tout en clins d’oeil, en contenu caché, en récompenses déblocables, et toujours un petit côté comique dans les cut-scenes ou dans les situations. Un aspect très frais nous rappelant qu’après tout, c’est à un jeu que l’on a affaire. Et un jeu sacrément solide. Bien-sûr le jeu est bavard (très), et un peu pompeux dans certaines scènes, mais le tout est fait avec tant de majesté que l’on ne peut en tenir rigeur. Et puis c’est un peu pour ça qu’on les aime ces Metal Gear.

A retenir

Au final, difficile d’être objectif devant MGS2. On a beau sortir souvent cette formule, quand on se retrouve devant un jeu comme celui-ci, qui, selon le joueur passera pour une vaste blague, une déception, un délire très lointain et peut être trop vain, ou à l’opposé une expérience comme t’en comptes cinq en quarante ans de jeux, difficile de trancher. La majorité des joueurs, peut-être la plus sensée, préférera se situer entre les deux, quelque part un peu le cul-entre-deux-chaises, d’où une sensation pas forcément agréable. Incompris car incompréhensible ? Tel un parcours de funambule, ô combien réussi mais toujours loin de l’élégance de la marche naturelle. C’est sans doute là sa faille majeure, et ce qui le met à distance d’une partie de son public. Un manque d’évidence, de limpidité… A côté de ça, le scénario est stupéfiant, le gameplay est en or, peut-être le plus équilibré de la saga, les persos sont vraiment intéressants, les boss marquants, le level design  presque irréprochable, et sa technique, ravageuse à l’époque, n’a pas vieilli. En faisant la synthèse de tout ça, on découvre un jeu extrêmement ambitieux, sûrement le plus couillu de la saga, mais perché sacrément haut, à l’image de ces films-expériences (2001 l’Odyssée de l’Espace, Valhalla Rising…) auxquels il a souvent été comparé. Alors, accrochera ou accrochera pas ? Dans tous les cas son seul côté ludique est assez solide pour ne pas regretter de lui avoir donné sa chance. Le reste est juste une question de sensibilité.

Plateformes : PlayStation 2, Xbox

Genres : Action, aventure, infiltration, scénario

Développeurs : Kojima Production

Éditeur : Konami

Date de sortie : 29 novembre 2001 (JAP), 13 novembre 2001 (USA), 8 mars 2002 (France)

[Rating:5]

Bloodevil

3 réponses
  1. Delnics
    Delnics dit :

    Scénaristiquement, c’est un des meilleurs, pour le reste, tout a été dit, et personellement même si je le trouve très bon (ce qui est normal ^^), ce n’est pas un de mes préférés 🙂

    Répondre

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  1. […] de la hype version 2002. (Petit aparté, tout de même entre-temps, Kojima sortait en Europe sa deuxième symphonie qui est tout aussi mémorable que le jeu dont on est en train de […]

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