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Inspiré de mécaniques propres à deux titres spécifiques, le metroidvania, comme les Doom-like par exemple, est devenu un genre canonique. A mi-chemin entre la plateforme et l’action, il possède en lui une certaine signature du jeu vidéo. Usant de ces principes, et d’une bonne dose de Die and Retry, Exodus, développé par le studio indépendant nîmois Galhmac Game, propose une aventure qui fleure bon le old-school.

Movement of Jah people

Exodus_Alpha_01C’est l’histoire SF classique d’une civilisation qui doit quitter sa planète natale, suite à une surexploitation des ressources de cette dernière. Sauf que, pour une fois, ce ne sont pas des humains dont il s’agit, mais d’une espèce alien qui, au bord de son vaisseau Exodus, sillonne l’espace à la recherche d’un nouveau toit. Alors qu’un monde accueillant semble s’ouvrir enfin à eux, un astéroïde les percute et le vaisseau s’écrase, obligeant les occupants à puiser l’énergie de cette planète. Mais encore une fois, ils vont à l’encontre de l’écosystème local, déclenchent une catastrophe et se voient contraints de se mettre en stase et de rester enfermés dans des capsules. Plusieurs années plus tard, l’une d’entre elles s’ouvre et c’est bien entendu vous qui devez entreprendre la libération de vos compatriotes. A la recherche des ressources et des informations disséminées ça et là, Zoulux, alien de bonne constitution fort au corps-à-corps, ou Lys’ax, aventurière communiquant avec la nature et portée sur le tir à distance – selon le personnage que vous choisirez d’incarner, est l’espoir de tout un peuple, et de son premier ministre Iznolux en particulier (remarquez le joli clin d’œil). Exodus s’appuie sur une ambiance douce, servie par une musique tantôt apaisante, tantôt tribale, et qui s’accorde bien à ses notes forestières. Si on trouve le trait de certains endroits et personnages plutôt mignon, on regrette tout de même le manque de détail de quelques arrières-plans. Le monde d’Exodus n’est pas immense, mais il se teinte de couleurs proches d’un Flashback ou d’un Another World, arbore plusieurs facettes (jungle, temple, grottes…) et il est surtout remarquablement bien construit, basé sur un level design intelligent qui fait communiquer astucieusement chacune des zones entre elles.

Everything is alright?

Un peu à la manière d’un Dark Souls en fait, parce que ce n’est pas le seul atout que le titre de Galhmac Game emprunte à celui de Namco Bandai. En effet, Exodus est un jeu plutôt difficile, exigeant et sans concession. Il arrivera souvent de perdre un combat ou de rater un saut, et il faudra apprendre à mourir pour progresser. Détail amusant: les points d’expérience accumulés et non dépensés dans l’acquisition de compétences ou d’améliorations – qui se fait via un arbre classique – seront récupérables une et une seule fois à l’endroit de l’échec et trépasser avant de les reprendre signifiera leur évanouissement définitif. Soit exactement le même principe que les âmes de Dark Souls. Exodus est quand même moins sévère puisqu’il dissémine plus souvent des checkpoints, bien qu’il base son système d’action sur l’utilisation d’une jauge d’endurance qui se remplit progressivement, ce qui en fait encore un point de comparaison avec le RPG de Namco Bandai. Enfin, il faudra découvrir les livres qui racontent l’histoire de cette civilisation en détresse et reconstituer soi-même le contexte. Un procédé intéressant et gratifiant, mais qui aurait mérité d’être servi par une mise en scène plus conséquente, même si les dialogues sont plutôt savoureux. Et pour ce qui est de l’aspect plateforme, le soft joue de ressorts classiques mais maîtrisés, comme les sauts analgiques et doubles, les niveaux mobiles et les Exodus_Alpha_02incontournables pics dont certains peuvent être évités en rampant. Il sera ainsi possible d’user de discrétion pour se faciliter la vie dans certains combats heurtés et dictés par une endurance à user avec parcimonie et une hitbox pas toujours précise. On peste souvent devant ses échecs, mais la formule est bien calibrée pour savoir qu’ils sont justes et on y revient jusqu’à obtenir le succès. Le défaut le plus gênant de l’expérience est en fait l’absence de support manette qui aurait été plus que bienvenu dans cet exercice metroidvania. Tant pis, il faudra user du combo clavier-souris et passer par un logiciel de type Xpadder.

A retenir

Exodus a beaucoup de très bonnes références. Il doit son titre à l’un des meilleurs morceaux et albums du légendaire Bob Marley. Et il s’inspire de Metroid, Castlevania et Dark Souls pour créer une expérience qui se veut à la fois détendue et exigeante, rien que ça. Exodus est un titre agréable et sans prétention qui maîtrise assez bien son sujet, sans être ni exceptionnel, ni très original. Il respire surtout très fort, et donc très bon, le jeu fait avec les mains et ne renie à aucun moment ses origines et ses principes.

Informations sur le jeu

Plateformes : PC

Genre : Metroidvania

Développeurs : Galhmac Game

Éditeurs : Galhmac Game

Date de sortie : Juin 2013 

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