Fez

Fez a nécessité cinq années de gestation. Une longue attente pour ce jeu indépendant ayant la prétention d’offrir une perspective nouvelle à la plate-forme, au sens propre comme au figuré. Quand on voit et on teste le résultat final, on comprend mieux pourquoi son concepteur Phil Fish a mis autant de temps pour le terminer.

Une question de perspectives

fez-2Gomez est un petit bonhomme blanc et plan, c’est-à-dire en deux dimensions croyant vivre dans un monde, plus précisément un village, partageant les mêmes propriétés géométriques. Jusqu’au jour où l’un de ses compatriotes lui révèle qu’il est l’heure pour lui de prendre le relais. Mais quel relais? Alors que le reniement de tout ce qui peut ressembler à de la géométrie spatiale est de mise dans son univers, Gomez découvre l’impossible: l’existence d’une troisième dimension. Il part alors à la conquête de nouveaux horizons, à la recherche de fragments de cubes qui lui permettront d’ouvrir des portes reliant les différents mondes extérieurs. Il portera sur la tête ce fameux chapeau marocain originaire de la ville du même nom: Fez. Plus concrètement, Gomez évolue toujours selon un plan en deux dimensions, ce qui change, c’est la possibilité de tourner la caméra sur la droite et la gauche pour découvrir les autres perspectives. Ainsi, toute l’architecture du jeu se construit autour de ce principe de faces d’un cube, de découpage de l’espace en quatre plans et la résolution d’énigmes passera souvent par la juxtaposition d’éléments pour grimper à une échelle, activer des leviers, se rapprocher d’un rebord a priori trop éloigné. Le level-design est la clé du titre et son concepteur a dû passer un temps fou à gribouiller sur des feuilles de papier et à se prendre la tête pour que tout soit raccord. Dommage que l’on oscille entre énigmes faciles et répétitives d’un côté, et recherche très obscure de trésors et anti-cubes de l’autre.

Pixeldélique

Fez (carte)

Fez est principalement trois choses: une succession de casse-têtes comme dit précédemment, mais aussi un merveilleux voyage aérien et un vibrant hommage au pixel art. Doté de graphismes 8 bits et d’une magnifique bande-son électro très planante signée Disasterpeace, le jeu de Phil Fish dégage exotisme et dépaysement. Ses couleurs vives voire pastels sont un régal pour les yeux. Le joueur a toujours envie de contrôler ce petit bonhomme souriant et naïf, et de découvrir ces fameux niveaux suspendus emboîtés les uns aux autres par des portes ou des téléporteurs. Un coffre à ouvrir, des cubes dorés à collectionner, des portes fermées à clé: le principe est simple, nostalgique et accrocheur. Quoi de mieux pour un lecteur de ce site, finalement? Malheureusement, Fez n’est pas tout lisse, tout beau. Il a par exemple une physique de saut très flottante et très basique qui relègue le gameplay et le challenge plate-forme au second plan, privilégiant son audacieuse architecture. De plus, on se retrouve souvent à faire des allers-retours. Si cela aide à s’imprégner encore plus de ce monde onirique, cela devient également une corvée quand il manque seulement quelques cubes par-ci par-là pour pouvoir avancer. Sa carte en forme d’arbres à plusieurs branches n’est pas vraiment non plus très pratique à utiliser et on se surprend rapidement à faire les choses par soi-même. Dernier point négatif: les nombreux bugs qui font parfois carrément planter le jeu et qui n’ont pas tous été corrigés dans la version PC, pourtant plus jeune d’un an que sa devancière sur Xbox 360.

A retenir

Fez est une pépite, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour son amour du pixel et de la musique électronique qui renverra beaucoup de gamers à des souvenirs doux et lointains. Ensuite, parce qu’il offre un voyage comme seul peut-être le jeu vidéo est capable d’offrir. Et enfin, pour tous ses défauts de jeunesse que ses origines indépendantes, son petit prix et une suite annoncée pourront excuser. A certains sceptiques qui le critiquent en le définissant comme le miroir de la prétention de son concepteur, on pourra répondre que l’audace, c’est classe.

Informations sur le jeu

Plateformes : Xbox 360 – PC

Genre : Plate-forme – Puzzle-Game

Développeurs : Polytron

Éditeurs : Microsoft Studios, Trapdoor, Polytron

Date de sortie : Avril 2012 (Xbox 360) – Mai 2013 (PC)

Totof

4 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Une pure dynamite ce Fez, condensé de poésie mystico-retro!
    Je ne m’étais pas investi à ce point dans un jeu depuis bien longtemps, avec cahier, prise de note et tout!
    (bon, j’avoue, c’était beaucoup de pages noircies pour rien, vu que le langage m’a résisté jusqu’au bout, j’ai dû tricher (mais directions et numéros, j’ai fait tout seul comme un grand^^)

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  2. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Je l’ai acheté mais par malchance il ne tourne pas encore sur Mac (normalement il est porté par des amateurs mais ça ne fonctionne visiblement pas)

    C’est un jeu que j’attends de pouvoir faire et ton test remue le couteau dans la plaie ! 🙂

    Répondre
  3. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Eh bien voilà, grâce à sa sortie sur mac dans le nouveau Indie Bundle, j’ai enfin pu mettre la main sur Fez.

    C’est une pure merveille de gameplay et de direction artistique !

    L’occasion pour moi de venir renchérir un peu sur ton test 🙂

    Répondre

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  1. […] des inspirations aussi diverses que Jack et le Haricot Magique, Minecraft, Shadow of the Colossus, Fez ou Wall-E, le soft de Reflections constitue un voyage qui ne sera pas non plus sans rappeler […]

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