Devolver Digital a donc décidé de se faire un nom dans le FPS à concept. Après avoir sorti de belles perles avec Serious Sam 3, et surtout l’excellent Shadow Warrior nouvelle génération (qui réussissait le pari d’être meilleur encore que l’original dont il s’inspirait), il nous revient avec Heavy Bullets, un FPS frénétique à la direction artistique très rétro sous acide et au gameplay qui n’est pas sans rappeler Wolfenstein 3D mélangé à Binding of Isaac. Heavy Bullets vous lâche donc dans un univers qui mélange les couleurs roses et bleus saturées, généré aléatoirement, où vous allez devoir trouver la sortie du labyrinthe en tuant les vilaines créatures qui se trouvent sur votre passage et qui veulent à tout prix vous dévorer. Le seul problème, c’est que vous n’avez que 6 balles qu’il faudra consciencieusement récupérer après chaque altercation sous peine de vous retrouver sans défense. En plus de cela, le jeu propose, un peu comme dans Binding of Isaac, de trouver et emporter avec soi des objets qu’il faudra bien choisir (puisque vous ne pouvez en emporter qu’un) qui ont des effets diverses, du missile, à la potion de vie. Le jeu est enfin un Rogue Like puisque vous devrez tout recommencer (ou presque) à chaque défaite.

Un gameplay parfois bancal

Une des bonnes idées de ce jeu, ici un distributeur mais il existe aussi des banques pour stocker vos richesses.

Une des bonnes idées de ce jeu, ici un distributeur mais il existe aussi des banques pour stocker vos richesses.

La première chose qui vous frappe lorsque vous commencez à jouer à Heavy Bullets, c’est que le feeling du jeu est assez bancal. Autant j’ai pris un certain plaisir à courir frénétiquement dans les couloirs avec la vive impression de replonger dans Wolfenstein 3D, autant j’ai parfois eu du mal à faire ce que je voulais avec précision. Or dans un jeu qui ne vous permet d’avoir que 6 balles au maximum, on se doute que la précision va avoir un rôle clef à jouer, et si ce n’est pas encore très grave au premier ou au deuxième étage, cela devient très problématique dès que la difficulté augmente. J’ai ensuite effectué un rapide essai à la manette pour découvrir que c’était encore pire, avec une inertie très gênante sur le stick droit (et donc une visée très peu naturelle). Au delà de ces problèmes technique, le jeu reste quand même très jouable, et le concept fait tout de même mouche pendant quelques heures de jeu avant de faire sentir sa répétitivité. Il faut dire qu’avec un jeu tout en 3D, on ne peut pas se permettre la variété des situations d’un Binding of Isaac (qui lui est en 2D) et on touche assez vite à la limite de variété du jeu. Petite chose intéressante, des distributeurs disséminés dans les niveaux vous permettent de stocker de l’argent pour vos futures parties ou d’acheter des objets pour celle en cours, atténuant un peu la frustration du rogue like à l’instar de ce que faisait Rogue Legacy, mais en plus accessoire.

Une direction artistique qui passe à côté

Alléchante sur le papier, la direction artistique (graphique comme sonore) peine finalement à convaincre.

Alléchante sur le papier, la direction artistique (graphique comme sonore) peine finalement à convaincre.

Côté direction artistique, on nous promet des visuels rétro et un bande son électro avec la participation de l’artiste Doseone. Et là encore, la sauce prendrait presque mais ne parvient pas à s’installer durablement. La direction graphique est sympathique au début mais lasse et fatigue assez vite les yeux. Quant à la bande son, elle a ses moments intéressants mais ils sont trop peu nombreux pour qu’on profite vraiment des créations de Doseone, pour être clair, elle ne laisse aucun souvenir. C’est pour moi la limite de l’effet rétro dont profitait admirablement d’autres productions de Devolver comme Hotline Miami ou Shadow Warrior, les deux dans leur style et avec leurs qualités respectives, mais qui ne parvient vraiment pas à marquer dans le cas de Heavy Bullets.

A retenir

Avec Heavy Bullets, on est dans le ventre mou de l’indé, ou pour être un peu plus nuancé dans le haut du panier des ventres mous. Concept intéressant et direction artistique marqué ne suffisent donc pas à faire d’un jeu indépendant un bon jeu vidéo. C’est peut être à cause de l’inadéquation entre le concept fondé sur la précision – « 6 balles, plus qu’il n’en faut pour tuer tout ce qui bouge » – qui demande de lenteur et son feeling qui donne envie de courir comme un dératé ; c’est peut être à cause de ses graphismes attirant de loin et fatigants de près ; ou alors à cause sa bande son vendue comme très conceptuelle et qu’on n’en trop peu. En résumé, Heavy Bullets n’est pas la lourde boulette que j’ai pu laisser entrevoir mais un jeu sympathique qui ne marquera cependant pas l’histoire.

greyfox0957

Informations sur le jeu

Plateforme : PC, Mac

Genre : FPS Concept

Développeurs : Terri Vellmann

Éditeur : Devolver Digital

Date de sortie : Septembre 2014

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