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Les jeux du net sont un peu une espèce à part. Les créateurs, libérés des impératifs économiques et de la volonté de séduire à tout prix, se retrouvent à s’exprimer plus viscéralement. On trouve de tout, des petits jeux sympa, des tentatives audacieuses, des minigames marrant sans prétention, du tout, du n’importe quoi… Et au milieu de tout ça, une avalanche de perles qui ne demandent qu’à être découvertes. Et nous, à LSR, les perles, on aime ça! Quand en plus les créateurs de jeux ont baigné dans le même bain vidéoludique que nous, on aime encore plus, car ce sont ces créateurs qui assurent le concept paradoxal d’activité retro. Aujourd’hui, c’est carrément un chef d’oeuvre qu’on va tester pour vous, puisque c’est le grand Time Fcuk qui est à l’honneur. Et si vous vous dites « ‘connais pô, ça, moi », vous pourriez être surpris…

Entre deux steaks

NEORETROtimeplayOui, vous pourriez être surpris, car à la création de cette petite perle qu’est Time Fcuk se trouve le papa de Super Meat Boy, Edmund Mc Millen! Je fais mon malin, là, comme ça, mais j’avoue que j’ai découvert ça presque en même temps que vous, au moment où je me suis décidé à vous faire partager ce jeu. Car Super Meat Boy, avant de débarquer sur le XBLA en grande pompe, était Meat Boy tout court, un jeu Flash gratuit (la mouture originelle du SMB est encore disponible sur Newgrounds, d’ailleurs, pour les curieux et les fauchés). Et entre Meat Boy et Super Meat Boy, Mc Millen nous offre Time Fcuk (entre autres). Ceux qui ont un peu fouillé la liste de ses créations savent qu’elles sont généralement bien barrées, toujours plus profondes qu’il n’y paraît, basées sur une idée forte, et qu’il fait partie de ceux qui considèrent qu’une bonne idée n’est pas une excuse pour saloper le travail ni négliger le gameplay. Super Meat Boy était exemplaire en terme de jouabilité, et Time Fcuk n’a pas à rougir devant son sanguinolent grand frère. Mais voyons ensemble de quoi il en retourne.

Distopia

NEORETROsadpeopleDès les premières notes de musiques, sonorités mélancoliques d’accordéon ou d’harmonica sur fond noir, accompagnée de bruit blanc, sons de foules, parasites d’électricité statique, l’ambiance est posée. Le jeu va être sombre. Puis l’image laisse apparaître des personnages tous identiques, l’air triste, dans diverses situations du quotidien, pixel art du plus bel effet. Et déjà, la claustrophobie se fait sentir, on est dedans. à coté de la fenêtre de jeu, une tête ronde stylisée nous parle, à nous, directement. On peut créer nos niveaux, visiter les créations des autres, ou commencer le jeu originel. Déjà à ce stade, on sait que ce jeu n’a pas été jeté là comme ça, à la va-vite, mais que c’est, comme toutes les créations de Mc Millen, quelque chose d’abouti, de soigné, de pensé. On franchi le pas, on démarre la partie, et à l’écran apparaît une silhouette noire devant une boite dont émerge… un double du personnage. Et ce n’est juste une impression visuelle, c’est effectivement un double du personnage, son double du futur (vingt minutes plus tard pour être précis), qui lui annonce qu’il faut impérativement qu’il entre dans la boite, s’il veut échapper à la mort, que c’est important, qu’il faut lui faire confiance. Devant votre hésitation, votre double s’agace et il vous pousse dans cette boite. Et le cauchemar commence.

Jack-in-the-box

NEORETROtimeplay2Sur une excellente musique bien sombre et entraînante à la fois, qui évoluera au fil des niveaux, votre double vous guide, mais pouvez-vous lui faire confiance ? On verra ça plus tard. Pour l’instant, il s’agit de s’échapper. Chaque stage se présente comme un écran en noir et blanc, avec une sortie identifiable. Le but : atteindre la sortie, évidemment. Mais ce n’est pas si simple que ça, car le jeu se déroule sur deux plans de profondeur. Vous pouvez naviguer à l’envi de l’un à l’autre en appuyant sur la touche A, le plan sur lequel vous vous trouvez apparaissant en foncé, l’autre en grisé (mais attention! un mur peut en cacher un autre! Et un sol continu sur un plan peut cacher du vide sur l’autre). Le gameplay est souple, simple au possible, d’une clarté exemplaire tant visuellement que conceptuellement. Vous pouvez vous diriger avec les flèches, sauter avec Espace, ramasser les boites avec S et c’est tout ce que vous aurez besoin de savoir. Votre double vous donnera des indices, se confiera à vous, vous fera du mind fkuc à outrance à coups de remarques étranges, installant une ambiance paranoïaque des plus efficaces. Sortir des salles devient évidemment de plus en plus difficile, entre les boite qu’il faut transporter d’un plan de profondeur à l’autre en les touchant au moment où l’on change de plan, les interrupteurs qui inversent la gravité, ceux qui font disparaître des pan de mur, les points de téléportation. Mais jamais le jeu ne devient fouillis, bordélique. Tout est exemplaire de clarté, et seuls votre habilité et vos méninges seront coupables en cas d’échec. L’animation est magnifique, l’inertie du personnage est parfaitement dosée, et le jeu est non seulement relativement long pour un jeu internet, mais en plus bénéficie d’une rejouabilité énorme grâce à l’éditeur de niveaux. Autant dire qu’on n’est pas prêt de sortir de cette boite étrange…

A retenir

Time Fcuk fait partie de ces jeux qui nous parlent immédiatement, qui nous happent dans leur univers, à l’image du personnage happé par la boite. Intelligent, sensible, parfaitement réalisé, c’est clairement pour le plaisir de tomber de temps en temps sur des jeux de cette trempe là que j’aime passer du temps à fouiller les sites de jeux gratuits. Car ils sont là, à portée de click, n’attendant que vous… Ne passez pas à coté de Time Fcuk, que vous soyez amateur de plateforme, de puzzle games, ou tout simplement d’excellence vidéoludique.  

Informations sur le jeu

Plateforme : internet

Genre : plateform-puzzle

Développeurs : William Good, Edmund Mc Millen

Musique : Justin Karpel

Éditeur : Newgrounds

Date de sortie : 16 septembre 2009

Lienhttp://www.newgrounds.com/portal/view/511754?id=511754 

6 réponses
  1. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Je comprends mieux pourquoi tu parlais de « grands esprits qui se rencontrent » 😉

    En effet c’est une petite découverte bien sympathique que tu nous offres là, un gameplay d’une finesse qu’on reconnait bien chez McMillen, et un niveau d’addiction très élevé 😀

    Une belle petite perle !

    Répondre
  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Nos routes sont destinées à se croiser régulièrement, va falloir qu’on se fasse une raison ;-)!
    Content que tu aies aimé cette nouvelle démonstration de génie brut de la part de Mc Millen, qui continue tranquillement à tutoyer l’excellence.
    Chose amusante, je n’avais vraiment pas capté que c’était une oeuvre du papa de SMB avant de rédiger ce test, et à peine je fini de le rédiger que je tombe sur le tien sur Binding of Isaac!
    Meat Boy serait il le steak qui cache la charcuterie ?

    Répondre
  3. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Le pire c’est qu’on tourne autour, mais Super Meat Boy est un chef d’oeuvre, du gameplay absolument magistral et d’une difficulté mordante…

    Dire que je l’ai fini alors que j’étais en plein concours des écoles de commerce ^^, je n’sais pas si ça s’est vu dans mes dissert’ de philo !

    Répondre
  4. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Oui, mais SMB n’a besoin de personne pour s’imposer comme la chef de file qu’il est, alors que les deux autres sont passé (relativement) plus discrètement, en particulier Time Fcuk, qui semble avoir touché massivement les joueurs du net, mais pas la communauté gameuse au sens large (pour Isaac, c’est un autre délire, et grâce à Steam, il a eu la visibilité qu’il fallait pour qu’il soit reconnu à sa juste valeur).

    Je trouve qu’on retrouve sur Time Fcuk un peu de la souplesse de SMB (ou plutôt de Meat Boy, puisque celui-ci est antérieur à Time Fcuk), ce sentiment que si tu te plantes, c’est de ta faute, point barre, pas un problème de dosage de difficulté. Il y a aussi cette force de continuité, tu meurs, tu reprends direct sans temps mort, qui rend les morts moins pénibles, et le rythme parfait.

    Mais clairement, Super Meat Boy est l’aboutissement d’un savoir-faire, d’un sens du plaisir vidéoludique dont très très peu de créateurs peuvent se targuer. Le sens du rythme est gigantesque, la maniabilité est littéralement parfaite, le level design, les persos à débloquer, la difficulté croissante, tout est en place.
    Et même si le propos est secondaire ici, le héros est quand même un individu à vif, sans peau, qui a trouvé en Bandage Girl sa dulcinée enlevée (et tabassée) par Dr Foetus… On sent qu’encore une fois, there’s more than meet the eye…

    Bref, en un mot comme en cent, je suis grand fan de SMB^^!

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  1. […] proposant des heures de bonheur et nombre de petites perles vidéoludiques comme KOLM ou Time Fcuk, testés dans ces pages. Et n’oublions pas que Meat Boy, avant de devenir Super, était un […]

  2. […] déjà la toile depuis un bon moment à travers ses jeux gratuits, dont l’exceptionnel Time Fcuk. Mac Millen a du style, du talent, une véritable vision. C’est un artiste, indéniablement. […]

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