Les grands amateurs de la 2d connaissent forcément les travaux du très talentueux studio Vanillaware, créateurs de titres tels que Princess Crown, GrimGrimoire, Muramasa. Des jeux réputés pour leurs graphismes somptueux et une esthétique merveilleuse. Mais l’œuvre la plus connue du développeur japonais demeure tout de même Odin Sphere. Sorti en 2007 sur l’archipel et aux Etats-Unis, un an après en Europe, le jeu a charmé des joueurs très intrigués à tel point qu’une certaine aura s’est dégagée autour du deuxième titre de Vanillaware, une aura digne de celle qui fait les grands jeux, voire les jeux mythiques. Pourtant, après avoir presque terminé l’aventure, je ne peux m’empêcher de ne pas adhérer à ce point de vue. Odin Sphere a certes des qualités incontestables mais de nombreux points noircissent une expérience pourtant grisante. Explications.

A l’ancienne

Commençons par le commencement. Odin Sphere est un beat’em all (up, pour les puristes) saupoudré d’éléments propres aux RPG. Votre seul et unique objectif est donc de progresser au gré des tableaux et d’abattre tous les adversaires qui se présentent sur votre chemin. Tout simplement. Votre mérite au combat est gratifié par des coffres aux trésors offerts à chaque fin de niveau dans lesquels vous trouverez diverses récompenses qui faciliteront votre progression. Vous l’aurez compris, le jeu est bête comme chou et se résume à un enchaînement de tableaux dans lesquels vos talents aux combats seront mis en valeur. Le titre de Vanillaware regorge toutefois de subtilités. En effet, chaque ennemi abattu relâchera du phozon, une énergie mystique qui compose le monde, que vous pourrez absorber pour infliger de plus gros dégâts. Ces phozons servent aussi à faire germer des graines que vous trouverez au cours de votre aventure et qui donneront des fruits, très utiles pour se régénérer et augmenter sa force vitale. Vous pourrez aussi les conserver pour cuisiner et créer des plats bien plus riches en expérience et énergie qui faciliteront votre progression. Évidemment, ces recettes exigent plusieurs ingrédients qu’il vous faudra recueillir avec soin au cours de vos voyages. Graines et fruits servent aussi d’éléments fondamentaux à un aspect essentiel du gameplay : l’alchimie. En effet, vous serez souvent en possession de fioles qui associées à certaines mandragores ( créatures végétales enfouies dans le sol ) vous confieront des pouvoirs très particuliers. Vous pourrez dès lors créer des potions de soin, d’autres pour vous protéger, augmenter votre endurance, blesser l’adversaire… Simple d’aspect, le gameplay d’Odin Sphere se révèle donc bien plus riche que ce que l’on pourrait imaginer de prime abord. Ces différents éléments devront d’ailleurs être considérés avec attention tant ils sont essentiels pour progresser sans trop de difficulté.

Un monde à part

Mais la véritable force de Odin Sphere réside plutôt dans son univers, dans sa narration. Le monde d’Erion sera ici le théâtre des pérégrinations de cinq héros : Gwendolyn, la valkyrie, fille du seigneur de Nebulapolis, Odin, Cornelius, le prince héritier du royaume de Titania maudit et condamné à vivre sous les traits d’un Pooka, Mercedes, la jeune et hésitante Reine des Fées chargée de mettre un terme au conflit qui déchire son peuple, Oswald, le chevalier des ténèbres manipulé par un parent aux viles intentions et hanté par des pouvoirs occultes, et enfin Velvet, la petite fille d’un roi fou animé par le terrible dessein de démarrer l’Armageddon, événement qui devrait mettre un terme à toute vie résidant en Erion. La chose qui passionne avec Odin Sphere est le grand soin donné aux histoires propres de chacun de ces personnages. Tous vont faire face à de terribles événements, devoir faire des choix difficiles aux répercussions parfois terribles, côtoyer la mort, souffrir de leur tristesse et de l’ambition de dirigeants impossibles à contrôler. Les rencontres avec d’autres personnages tout aussi travaillés seront nombreuses ce qui donne corps à un univers unique, riche en histoires et légendes ainsi qu’en créatures de tout types, des plus petites aux dragons, monstres dotés d’un grand savoir et dont le rôle sera décisif dans le conte. Évidemment, le tout séduit d’autant plus que la réalisation et la direction artistique sont magnifiques. Les graphismes sont fournis et détaillés et profitent de la patte de Vanillaware pour créer des atmosphères originales. Les personnages sont tous charismatiques, les décors somptueux et cette osmose vous plonge dans un monde enchanteur. Seules les animations se montrent un peu rigides mais force est de constater qu’il est difficile de ne pas saluer le talent du développeur nippon pour créer des atmosphères uniques. Cependant, cela se fait peut-être au détriment de la qualité ludique, au sens premier du terme. Si l’histoire intrigue, les personnages intéressent, le jeu, quant à lui, n’est pas exempt de défauts, petits certes, mais suffisamment présents pour nuire à l’expérience.

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