Le loup montre les crocs !

Mais attention, si poétique soit-il, Okami n’en délaisse pas pour autant l’action, la vraie ! Car on tatane des démons, quand même, et si les premiers ennemis sont facile à vaincre, les choses se corsent rapidement et on se retrouve vite contraint de faire appel aux pouvoirs du Pinceau pour venir à bout de nos adversaires. Lorsqu’on rencontre un démon, on peut éviter le combat en esquivant la collision, mais si cette dernière a lieu, une mini arène apparaît, et on passe en mode fight ! Amaterasu peut combiner deux armes qui, suivant leur position d’arme primaire ou secondaire, ne réagiront pas de la même façon, multipliant par là les possibilités et permettant d’opter pour une combinaison qui nous convient. Les épées sont lourdes et puissantes, et tirent arme secondaire, les rosaires ont une grande portée, sont rapides, et font office de bouclier en arme secondaire. Chacune des armes a son caractère propre, et sont, comme le reste, issues pour la plupart de diverse légendes traditionnelles (l’auteur de Naruto semble prendre lui aussi un certain soin dans ce domaine, et à plusieurs reprises, on trouvera des éléments communs, ne serait-ce que l’apparition de Kiubi en tant qu’ennemi dans Okami). S’ajoute ensuite l’utilisation du pinceau. Si au début on ne peut que trancher, assez vite, on remarque que les adversaires ont leur point faible, et dans certains cas, il sera impossible de gagner sans exploiter cette faiblesse. Mais la petite cerise sur le gâteau, c’est le « finish move ». Les démons abattus tombent à la renverse, au ralenti. Si dans ce laps de temps on fait appel à la bonne technique du Pinceau Céleste, ils libèreront des crocs bleus, monnaie d’échange pour des items bien rares, dont une des armes ultimes du jeu. Encore une fois, au début, il suffit de couper l’ennemi au bon moment, mais rapidement, timing et choix judicieux seront de rigueur pour amasser les précieuses dents avariées (merde, elles sont bleues, quand même !).

Les petits plus qui ont du chien

Les crocs bleus, c’est pas mal, mais ce n’est qu’un élément parmi la foultitude de petites choses qu’on peut faire pour améliorer son quotidien. Car si l’histoire suit immuablement son cours, un nombre incroyable d’actions, de petites quêtes annexes est disponible. On peut sans problème finir le jeu sans, mais ce serait passer à coté d’une des forces d‘Okami. Un bonus quand on a nourri tous les animaux, un autre quand on a retrouvé tous les trèfles à quatre feuilles (« clover » en anglais…) disséminés partout sur la carte, un autre lorsqu’on s’adonne activement à la pêche et qu’on complète le tableau des poissons, un autre pour celui des trésors… Etc. S’ajoute à ça le fait que la plupart des habitants des différentes villes ont un petit truc à vous demander. C’est bien simple, les quêtes annexes pleuvent, on se croirait presque dans FF VII, voire le VIII, la qualité et l’onirisme en plus (où ça, un troll ? Je ne vois vraiment pas…). Et une fois de plus, le tout s’enchaine avec une souplesse dont peu de jeux peuvent se targuer. Chaque nouveau pouvoir vous incite à revenir sur vos pas, car chaque visite révèle de nouvelles possibilités. Faire autant d’allers et retours sans s’ennuyer une seconde, ça relève de la pure performance de la part des créateurs du jeu ! On a donc littéralement affaire à un pur chef d’œuvre, où la beauté à couper le souffle est accompagnée d’un plaisir omniprésent. L’ambiance poétique et la complexité du scénario ne sont jamais pesantes et sont souvent contrebalancées par les grivoiseries d’Issun et les pitreries de Susano, le descendant du héros Nagi. Là aussi l’équilibre est parfait, on rit sans que ça ne casse la tension dramatique mise en place, chaque bouffée de fraîcheur est parfaitement dosée et relance l’ensemble au lieu de lui nuire. Bonheur, partout, tout le temps… Tout, de la réalisation fantastique à la durée de vie, en passant par l’onirisme de l’ensemble, la beauté et la richesse du scénario, sans oublier sa qualité de fond, les valeurs louables que ce dernier défend, l’air de rien, à la manière (et avec autant de finesse) qu’un film de Miyazaki. Du coup, comme tout est excellentissime, je vais la jouer un peu perso en vous offrant…

3 réponses
  1. Amiens Retroldies
    Amiens Retroldies dit :

    Mon avis purement personnel sur ce jeu. Un avis frais vu que j’ai terminé le jeu il y a quelques semaines à peine. Un peu de SPOIL dans ce commentaire donc ceux ne l’ayant pas finit c’est a vos risques et périls!

    Graphiquement le jeu est effectivement charmant pour peu que l’on ai des affinités avec le style estampes japonaises, d’autant que le menu des monstres sous forme de parchemin géant déroulant est magnifique, ou encore lors de la découverte d’un nouveau monstre mais surtout celles lors des phases de parlotte historique.

    Cependant c’est avant tout sur le fond du jeu que mes critiques sont plus acerbes. En effet, le jeu ne sait pas trop se positionner quant à sa cible : enfant ou adulte. Car le style au premier abord fait enfantin : couleurs chatoyantes, un coté dessin animé. la prise en main est relativement facile d’accès (sauf ce fucking pinceau au joystick droit de la dualshock qui force parfois a s’y reprendre a 24542158 occasions pour valider une commande : ceux qui ont du faire la quête des dessins de kimono comprendront surement) et la linéarité du jeu fait que l’on ne se sent jamais perdu. Cependant certaines mécaniques du jeu sont purement hardcore gamer pour celui qui veut finir le jeu a 100% (perles errantes, trésors du zodiaque, remplissage de l’encyclopédie des monstres) et passent donc complètement au dessus de la tête d’un enfant.De plus la difficulté de certains passages est clairement au dessus de celle d’un jeu pour enfant (le passage avec la course contre Tobimaru le papier à accentué ma calvitie naissante lol)

    On peut donc se dire que le jeu ne s’adresse pas a une cible en particulier mais bien a tout le monde. Possible sauf que dans ce cas, pour un adulte, le jeu à un coté beaucoup trop dirigiste (aucune vrai énigme, la puce nous disant toujours ou l’on doit aller lorsqu’un endroit réclame notre attention, en nous le montrant bien en évidence sur la mappemonde, mais aussi la phrase explicative de l’objet que l’on vient de ramasser qui sort a chaque fois tout au long du jeu : c’est sur qu’a la fin on finit par savoir que l’os divin est le plat préféré d’Amaterasu!!!

    J’avoue être resté mitigé sur ce jeu, le genre qu’on aime et déteste, un peu comme shadow of the colossus (je vais m’attirer les foudres de guerres des fans de la tema ICO en plus de celle de CLOVER) qui est un jeu époustouflant…5 minutes car malheureusement assez creux au final…on bash un géant…on choppe 3 lézards…on rebash du géant. Enfin vaut-il mieux un scenario post-it a la shadow of the colossus ou un scenario « grand n’importe quoi juste pour virer radicalement de style » a la Okami…la question reste entière.

    Cependant Okami reste tout de même un jeu sympathique pour peu que l’on passe outre ses quelques défauts. car le jeu est réellement drôle et hyper second degré (d’ailleurs le coté humour grivois & moe-moe est clairement destiné a un adulte) et la bande son est superbe collant parfaitement a l’ambiance des endroits visités et des phases de jeu.

    Mathieu

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Bonjour Matthieu,
      C’est cool d’avoir l’avis de quelqu’un qui n’a pas accroché. Le fait que ce ne soit pas un jeu pour tout le monde, c’est certain (bien que ça me surprenne qu’on puisse y être hermétique), ne serait-ce qu’au vu des ventes du titre. Le fait qu’il s’adresse plutôt à l’adulte l’est aussi compte tenu des grivoiseries et d’une certaine complexité de scénario ou dans certaines quêtes.
      Mais, l’ayant retourné dans tous les sens, pas une fois je n’ai ressenti la difficulté de maniement dont tu parles (contrairement à Okami Den sur DS), sauf quand elle était justifiée (si on doit faire rouler une boule dans une pente au bord d’un précipice, c’est normal qu’elle soit capricieuse), et je ne me suis ennuyé à aucun moment.
      Ca fait partie de ces jeux où il faut accepter de nouvelles règles, et ne pas l’analyser en fonction de ce qui existe déjà je pense. Le tirer vers soi, c’est déjà passer à coté. Il propose un voyage, libre au joueur de se laisser littéralement prendre au jeu ou pas.
      Et concernant ta remarque sur SoC, c’est un des aspects que je déplore aussi, cette absence de coté RPG. Mais par contre, l’histoire racontée entre les lignes, au sein de ce que la Team Ico elle même qualifie humblement de « jeu de combat atypique contre des colosses », je trouve que ça tient de la prouesse narrative plus que du scénar post-it.
      Les expériences radicales auront toujours des détracteurs qui n’auront pas plus tort que les autres, et en ça, c’est cool d’avoir ton opinion sur la chose.

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  1. […] chant du cygne très personnel, un peu à la façon de Ōkami? Sauf que la maîtrise approximative des déplacements en trois dimensions gâchait un plaisir de […]

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