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Resident Evil à l’époque des samouraïs, voilà l’idée introduite par Onimusha premier du nom, créé par Capcom lui-même en 2001 et sous-titré Warlords. De la guerre et des seigneurs, il est en effet question dans cette série qui a jusqu’ici seulement vécu lors de la génération PS2-Xbox. Démons, sabres, luttes de clans, hémoglobine, action, âmes à absorber, acteurs connus qui prêtent leurs traits aux personnages: tout est bon dans le cochon et le second épisode de Onimusha, Samurai’s Destiny, est probablement le meilleur de tous.

Saleté de shogun

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La canaille est tenace. Malgré sa défaite face à Samanosuke Akechi lors du premier volet, le tyrannique shogun Oda Nobunaga est de retour et vient de décimer le clan Yagyū [1], connu dans la réalité pour avoir été l’une des plus grandes écoles d’arts martiaux et avoir formé les Tokugawa. Evidemment, ça ne plaît pas à Jūbei, membre éminent et émérite qui va chercher vengeance. La séquence d’introduction, marquée par une sublime cinématique, rythmée par des combats dans un bois humide et empreinte des appels incessants et angoissants “Jūbei! Jūbei!” d’un fantôme féminin qui n’a rien à envier à notre Dame Blanche nationale, plante bien le décor.

A savoir celui d’un jeu d’action à l’arme blanche pêchu, fluide, sanglant, s’inscrivant dans un contexte de type survival horror et mettant aux commandes d’un personnage d’une souplesse et d’une classe formidables. Préférant la tenue sobre et cotonneuse à l’armure orangée de Samanosuke, le design de Onimusha 2 est classe. Et rend hommage à feu Yūsaku Matsuda, en lui faisant prêter ses traits à Jūbei. Une (bonne) habitude de la série, puisque Takeshi Kaneshiro était l’égérie de Warlords et Jean Reno deviendrait bientôt le moule de Jacques Blanc d’un troisième opus dont les voyages dans le temps ont un je ne sais quoi des Visiteurs avec le même acteur.

Souplesse et rigidité

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Dans la formule maison répétée ici, au-delà d’un contexte historique nippon de luttes de maisons et de samouraïs dans cette fameuse époque de transition du Japon féodal vers le moderne, on retrouve (malheureusement) la satanée orientation dans l’espace chère à Capcom et que l’on se coltine depuis Resident Evil. Pour aller tout droit, il faudra donc appuyer en haut quelle que soit la position du sprite sur l’écran; tout sauf pratique et intuitif. Si les déplacements se font dans cette configuration pseudo-3D, les décors restent par contre en 2D fixe. Il s’agit en fait de zones à la caméra figée, comme le sera God of War, qui emprunte justement à Onimusha son système d’orbes/âmes qui sont à la base de nombre de choses: le soin, l’achat d’objets ou encore l’acquisition de nouvelles compétences et autres améliorations d’équipements (armes et tenues).

Plus ou moins rapides à absorber, certaines permettent de plus de se transformer en guerrier démon et de devenir invincible et un monstre de destruction durant une courte période. Cette face cachée de la nature du héros donne malheureusement lieu à un combat WTF qui vient conclure une dernière ligne droite pourtant longue et haletante. Le reste du temps, c’est un vrai plaisir d’occire du diablotin avec à disposition un contre éclair et fatal si placé au moment opportun, un coup de pied bien utile pour mettre à terre un adversaire qui se fera empaler et achever dans un coupable accès de soulagement et de sadisme. Et n’oublions pas les pouvoirs magiques spécifiques à chaque type d’armes (sabre de foudre, pique de glace, bâton de vent).

Acolytes et adversaires

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La diversité de gameplay de Onimusha 2: Samurai’s Destiny s’étend également à certaines phases au rythme plus lent, où il faudra résoudre des énigmes ou tenir une bavette avec les habitants d’un village central faisant office de hub. Pour obtenir les faveurs des PNJ qui seront d’une aide non négligeable au combat, aussi bien en assistance directe qu’en don d’items, Jūbei devra leur offrir des cadeaux, à trouver dans des coffres ou à acheter au marchand du coin. Personnages secondaires qui deviennent même parfois jouables, et dont les secrets ne se révéleront que lors de parties subséquentes. De quoi offrir de la profondeur au background et de la replay-value à un soft qui se termine une première fois en dix heures environ.

Onimusha 2 se dote donc d’une facette aventure qui manquait à son prédécesseur. De plus, le design de tout ce beau monde est fort agréable, rejoignant le cachet général des décors qui plonge dans une ambiance de film de sabre. Onimusha 2 sait alterner entre milieux confinés et grand large, puisqu’il est aussi époustouflant dans les donjons sombres que sur la mer à l’eau turquoise. Plage où l’on vivra l’un des moments les plus marquants du jeu, lorsque Jūbei échange une passe d’armes désespérée avec l’élégant démon bretteur Gogandantes, à propos duquel nous sommes en profond désaccord avec Puyo de Gamekult qui trouve qu’il “fait pitié”. On sera tout de même plus critique avec d’autres boss et d’autres éléments de narration assez hors-sujet.

A retenir

Onimusha 2 surfe sur la vague de son frère de seulement un an son aîné et le dépasse sur tous les points. Fort d’une réalisation à la fois inspirée et maîtrisée, de personnages intéressants, d’un gameplay plutôt riche et à la fois souple et énergique. Il souffre peut-être de tares inhérentes à son époque de développement, comme cette foutue orientation dans l’espace qui sera revue pour le meilleur sur l’épisode suivant. Il manque aussi d’une narration, d’un scénario et de moments forts pour prétendre à une place plus privilégiée. A défaut de marquer l’histoire d’une entaille de sabre sur le torse, il n’en reste pas moins un excellent soft.

[1] Famille régulièrement citée et honorée dans les magnifiques (et indispensables) La Pierre et le Sabre et La Parfaite Lumière de Eiji Yoshikawa, consacrés à la vie (romancée) de Miyamoto Musashi.

Informations sur le jeu

Plateformes : PS2

Genre : Beat Them All

Développeurs : Capcom

Éditeur : Capcom

Date de sortie : 3 octobre 2002

 excellent

 

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