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« Une carte offerte dans chaque paquet de céréales »

Surfant sur la déferlante pokémaniaque qui a sévi à l’aube du nouveau millénaire, un tas de goodies estampillés Pokémon ont vu le jour. Figurines, peluches, cartables, albums Panini et mieux encore : des cartes de jeu Wizards of the Coast. Votre loyal serviteur va vous parler de la première adaptation Game Boy Color du Trading Card Game… qui est malheureusement la seule édition parvenue sur nos terres.

Remercions comme il se doit la tête pensante qui a voulu adapter ce jeu sur Game Boy. En effet, pour le prix d’une cartouche GB, pas besoin de débourser tout son argent de poche dans des cartes plastifiées pour tester le Trading Card Game. Alors que Nintendo aurait pu jouer la carte du business en divisant le contenu en deux versions (comme pour les RPG), voici un titre plutôt complet qui fut jadis un excellent rapport qualité/prix. Outre la simple collection de cartes, Pokemon TCG propose une mini-aventure avec un système de progression comme Pokemon Rouge/Bleu où le joueur en commençant quasi à poil pour devenir un crack et humilier la ligue du conté. Nous incarnerons donc un avatar qui aura le prestige de porter notre nom et qui va voir le Professeur Mason pour mendier demander un deck de cartes et apprendre l’art du TCG . Très gros bon point et suffisamment rare pour être souligné : le jeu ingame intègre un tutoriel simple pour apprendre les bases ; pratique à l’heure où les manuels de jeu sont presque introuvables sur le net. Bien entendu, la version eShop testée propose comme tous les jeux un manuel électrique au cas où ce serait trop dur à assimiler…

Loin de la « complexité » des cartes Magic, Pokémon TCG simplifie la règle des duels en proposant du duel 1 contre 1. Respectueux de la licence d’origine, seulement deux Pokémon s’affrontent au tour par tour dans l’aire de jeu. Au début du match, on pioche 7 cartes et on décide quel Pokémon placer au front pendant que les autres vont dans le banc de touche. On dépose ensuite 4 cartes de récompenses que l’on récupère dès que l’on K.O. une bestiole adverse. S’ensuit l’injuste épreuve du pile ou face pour savoir qui aura l’honneur de lancer l’assaut. Allez, on se met bien Tintin, parce que ça va donner…

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Le monde est vaste, on s’y perd très vite

Il existe trois méthodes pour ressortir victorieux d’un duel : on gagne si l’on prend toutes les récompenses, si l’adversaire n’a plus de Pokémon viables sur le banc et si la pioche est complétement vide (dit la méthode de la campeuse). Chaque victoire est récompensé non pas par de la thune mais par un booster contenant 10 cartes. Ce qui est top, c’est que la porte au farming est ouverte 24/7 puisqu’il est possible se battre à volonté. Très vite, on s’empresse de trouver l’adversaire idéal qui va souvent donner les cartes que l’on recherche. Faisons un tour rapide des différentes catégories de cartes : les cartes énergies ; indispensables pour faire attaquer la bête (les capacités puissantes en requièrent 3 ou 4), les cartes de soutiens (potion, piochage de cartes), les bonus/malus (+10 attaque…) et les cartes d’évolution. Notons que pour des raisons de simplicité, les 15 types élémentaires existants sont regroupés en 7 (Eau, Plante, Feu, Electrique, Combat, Psy et Incolore). Ainsi, les Pokemon Roche/Combat/Sol font partie de la même famille tout comme les Plante/Insecte/Poison. Il est conseillé de bien regarder le descriptif des cartes où sont notées toutes les infos utiles comme les faiblesses et les résistances. En effet, un Pokémon faiblard face à un type prendra le double de dégâts tandis qu’un Pokémon résistant bénéficiera de 30 dégâts de prévention.

Les évolutions jouent un rôle ultra majeur dans les duels. En appliquant une carte d’évolution sur celle du Pokémon de base et dans l’ordre du stade d’évo (Bulbizarre > Herbizarre > Florizarre), on gagne des attaques mastoc et un boost des points de vie. La seule contrainte, c’est qu’il faut avoir la « baraka » pour piocher la bonne carte et suffisamment de cartes énergies pour attaquer. Ce procédé est donc à double tranchant puisqu’un Pokemon évolué demande plus de ressources pour être efficace. Par exemple, au même titre qu’un Dracolosse, un oiseau légendaire tel qu’Artikodin requiert 4 cartes énergie pour utiliser son célèbre Laser Glace. L’astuce consiste donc à laisser un Pokemon « tank » sur le terrain pour attacher des cartes énergies à un Pokemon sur le banc et préparer ce dernier à prendre le relais. A raison d’une SEULE carte d’énergie attachable par tour (-sigh-), rien n’est joué d’avance surtout si l’IA exploite les faiblesses. Heureusement, on pourra compter quelques Pouvoirs Pokémon spécifiques à certaines bêtes qui peuvent sauver la mise plus d’une fois. Ces capacités sont automatiquement activées selon les cas comme le Dur à Cuire de Ronflex l’empêche d’être paralysé ou empoisonné. A noter que les remplacements de Pokémon en combat impliquent de défausser les précieuses cartes énergies. Tout à un prix dans ce monde cruel.

Leçon de cuisine numéro n°1 : l'omelette flambée

Leçon de cuisine numéro n°1 : l’omelette flambée

A cause d’une IA trop bien équipée en cartes, le début de l’aventure est un peu difficile : on ne possède pas assez de cartes Energie et le deck offert par Mason est peu intéressant pour espérer dézinguer les maîtres de cercles. Mais ça, c’était sans compter sur l’astuce de tonton Masquay qui consiste à refaire plusieurs fois le tutoriel afin de récupérer des Booster exclusivement composé de cartes Energie. Une stratégie infaillible et sans honneur comme je les aime ! Une fois bien équipé, les chefs des cercles élémentaires peuvent faire leurs prières. En effet, lorsque on sait que le « boss » utilise des cartes de type Feu, on n’a aucun scrupule à se faire un deck composé exclusivement de Pokémon Eau. Heureusement, il existe quelques cercles comme celui de Science où les membres combinent des cartes de différents types élémentaires pour nous mettre en difficulté. L’autre problème à anticiper, c’est la grosse part de hasard. Beaucoup d’attaques telles que Danse Flamme de Feunard possèdent une puissance qui diffère en fonction du nombre de « face » sur une pièce lancée… 8 fois ! Dans ce genre de cas, on ragequit très facilement dès que ce cocu d’aversaire nous one shot.

Comment de pauvres Pikachu enfermés à la cave pour éclairer cette arène ?

Comment de pauvres Pikachu enfermés à la cave pour éclairer cette arène ?

Malgré tout, le jeu délivre une expérience au top grâce à une interface qui rend les manip’ facile d’accès malgré la petite taille d’écran. On peut observer à tout moment l’aire de jeu, la carte de l’adversaire, notre propre main, et bien plus. Pour éviter les nombreuses erreurs de débutant, le jeu nous assiste en refusant certaines actions impossibles à exécuter (pour éviter de perdre un tour). Le must reste la sauvegarde rapide automatique – bien pensée – qui permet de reprendre la partie en cas de panne de batterie. Bien que les fétichistes ne puissent pas humer la douce odeur du vernis des cartes, on prend tout de même plaisir à collectionner toutes les cartes virtuelles du jeu… pour peu que l’on soit fan des illustrations pixélisées. Le plus sympa, c’est que Nintendo a inclus des cartes exclusives estampillées « GB » introuvables ailleurs que dans le jeu. La durée de vie est relativement intéressante puisque l’on se la fait soi-même : le deck est entièrement modifiable de A à Z (tant que l’on fourre 60 cartes), tous les dresseurs pour être affrontés à l’infini et on peut profiter de la connectivité Link pour échanger des cartes avec un pote. « Et ouais, c’est ça le progrès » comme dirait un certain Professeur C.

Alternative intéressante pour ceux qui ne voulaient pas débourser un copeck dans les cartes, Pokemon Trading Card Game offrait pour une somme raisonnable de longues heures devant l’écran. Bien des années nous séparent de cette adaptation Game Boy mais le plaisir reste immédiat grâce à un système de jeu rapide, concis et addictif… malgré la grosse part de hasard. En attendant que Nintendo renouvèle l’expérience (sur 3DS ?), il est vivement recommandé de se procurer cet excellent passe-temps sur l’eShop pour le prix d’un kebab.

VengeurMasquay

Informations sur le jeu

Plateforme : Game Boy Color (compatible Classic)

Genre : Stratégie / Card game

Développeur : Hudson

Éditeur : Nintendo

Date de sortie : Décembre 2000

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