Camera Obscura

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Donc oui, twist en mousse, car si c’est pas le scénar, pas la réalisation, il ne reste plus grand chose pour revendiquer le tour de force annoncé plus haut. Et pour les retardataires du fond de la classe, le coup de génie de la série, c’est bien sûr son game system, et plus précisément l’idée de la Camera Obscura, un appareil photo ancien, seule ligne de défense entre vous et les fantômes hostiles et horriblement flippants qui vous attaquent. C’est un coup de génie, un vrai, à bien des égards. Le concept marie simplicité et originalité, adaptation à la fois littérale et libre d’une croyance répandue notamment entre autres dans les tribus aborigènes, où les autochtones refusaient d’être pris en photo de peur que le processus ne leur vole leur âme. En se basant sur ce postulat, les créateurs du jeux transposent avec finesse le principe d’un FPS/TPS classique, remplaçant l’arme à feu à viseur par la Camera Obscura. Il fallait y penser, quoi! Et si, dès la prise en main de l’appareil, son potentiel horrifique s’impose de lui-même, ce n’est qu’au premier affrontement que celui-ci explose littéralement. Car dans un premier temps, l’appareil permet surtout de révéler ce qui est caché, les éléments surnaturels, points de basculement entre le mode réel et celui des âmes errantes, et sources de nombreux coups de flippe bien sentis, allant dans le sens du rythme pesant du jeu, de son ambiance moite, sombre et malsaine.

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Mais voilà, après avoir fait joujou dans les maisons hantées en compagnie de votre soeur – que vous allez décidément tenter envers et contre tout de protéger -, voilà qu’un fantôme, un vrai, vous agresse pour de bon. Et là, la magie opère. Car les dégâts que vous faites à vos adversaires dépendent, outre de la force des pellicules que vous récupérerez au gré de l’aventure, entre autres améliorations possibles, surtout de la proximité du fantôme, et de l’angle de prise, bien frontal. En résumé, vous aller devoir d’abord repérer la menace, passer en mode Camera Obscura – aka FPS, en gros -, et regarder en flippant comme un gosse de 13 ans devant l’Exorciste le fantôme en mode Sadako avancer vers vous, lentement, approcher, de plus en plus effrayant, jusqu’à ce qu’il soit très TRES près de vous, avant de pouvoir prendre la photo salvatrice. Evidemment, c’est le moment où le fantôme choisit de foncer sur vous avec un visage effrayant, juste avant d’être à portée de flash. Donc ambiance dodo avec lumière allumée garantie!

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Je parle de tour de force en pesant mes mots, car se baser sur les mécaniques totalement familière voire galvaudée du viseur mode FPS était extrêmement risqué dans le cadre d’un jeu qui repose à ce point sur l’ambiance, le suspense. Généralement, les scènes d’action viennent casser ce type d’immersion, sauf quelques heureuses exceptions, à plus forte raison si l’on passe d’un mode de vue – le mode TPS – à un autre – FPS -, ce qui représente une rupture d’immersion possible de plus. Mais non, l’intelligence du procédé, la finesse du dosage fait que les combats non seulement se marient à merveille à l’ambiance générale, mais sont même la clé de voûte de cette ambiance anxiogène, liant et magnifiant l’ensemble avec brio. C’est donc aux cotés des grandes réussites de l’épouvante vidéoludique que la série vient se ranger allègrement, aux cotés de Silent Hill, le maître des lieux, et d’un Forbidden Siren bien inspiré.

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