Si pour vous « rhythm game » est synonyme de casualisation à l’extrême, jeu bâclé et/ou jeu exclusivement familial, ou à l’inverse exclusivement hardcore gamer, que les habillages fantaisistes des quelques titres du genre sortis sur la console portable de Nintendo n’ont pas réussi à vous séduire, ni à détourner votre attention de la répétitivité inhérente au genre, c’est qu’il est grand temps que vous vous frottiez  à la série des Rhythm Tengoku, en particulier ce Rhythm Tengoku Gold, ou Rhythm Paradise Le Bien Nommé dans nos contrées. Vue en contreplongée de ce poids-lourd qui envoie la plupart de ses concurents au placard, qui révolutionne le genre, le tout avec un humour délirant, une classe absolue, et un pur sens du groove !

Wario Musume

Quand on sait que derrière la création de ce jeu se cache Sakamoto Yoshio, producteur de la série des WarioWare, on comprend tout de suite d’où ce jeu tire son excellence en terme de gameplay, sa propention au délire sans borne, et sa capacité à innover en toute simplicité. En effet, la série des WarioWare est tout simplement une révolution dans le monde du jeu vidéo. OVNI assumé produit par le pendant marginal de Nintendo, elle connaîtra un succès amplement mérité et servira officieusement de didacticiel déguisé pour explorer les capacité de chaque console Nintendo. Avec ses centaines de microgames de cinq secondes aux gameplays variés, ses délires conceptuels, ses graphismes rétro maîtrisés à la perfection, son rythme effreiné, on peut parler sans se mouiller de réussite absolue pour cette magistrale série. Avec la série des Rhythm Tengoku, la filiation est évidente, tant la qualité, la générosité et l’innovation sont au rendez-vous. Mais attribuer tout le mérite à l’hémérite Sakamoto-san serait une erreur quand on sait qu’à l’origine du projet, bien que resté dans l’ombre jusqu’à la sorti du premier Rhythm Tengoku sur GBA (malheureusement jamais sorti en France), se trouve Tsunku (avec le symbole de Mars accolé juste derrière, mais comme je n’ai pas trouvé les symboles spéciaux, vous l’ajouterez mentalement à chaque fois que vous verrez écrit « Tsunku », d’accord ?), ancien chanteur de J-Pop devenu producteur intuitif et talentueux des « Idols » Morning Musume, entre autres membres de son Morning Project !. Et c »est à lui qu’on doit le groove si particulier du jeu, dans la mesure où il a apporté la plupart des morceaux et mélodies entêtantes qui continuent à résonner une fois la console éteinte, quels que soient vos goûts musicaux. Car il a eu le (bon) goût de ne pas forcer le trait « J-Pop », style de niche en dehors du Japon, et d’offrir un panel impressionnant de mélodies d’une efficacité redoutable. Ce qui vaut mieux, car le seul repère dans ce rhythm game, c’est le rythme !

Get a rhythm, if you got the blues

Eh oui, amateurs de Guitar Heroes et consorts, habitués à vous faire prendre par la main via une ligne de tempo, à démultiplier les combos compliqués en suivant une « partition », attendez-vous à une grosse claque ! Car ici, pas de ligne de repère, seule la musique et le groove vous guident. Sur un gameplay simpliste, avec deux gestes en tout et pour tout effectués au stylet (taper et glisser), combinés avec une finesse et une créativité débordante, toujours en accord avec l’action (souvent absurde) proposée et la musique (toujours entrainante) de chaque stage. Pas de chichi, pas de lecture de manuel nécessaire, on vous accueille d’office en vous enseignant les deux gestes fondamentaux du jeu via un microgame qui ne manquera pas d’évoquer les WarioWare mentionnés plus haut. Votre DS se tient ici comme un livre, l’action se déroulant sur le coté gauche (rassurez-vous, confrères gauchers, il nous suffira d’un clic dans le coin de l’écran pour que tout s’inverse), le coté droit tactile étant la « surface d’action », un écran habité par votre sobre curseur muni d’une paire d’yeux, sur lequel vous allez simplemement effectuer les mouvements requis, mais que vous ne regarderez jamais, à part au moment de la selection des stages. Ceux qui ont eu la chance de toucher à l’épisode sur GameBoy Advance seront en terrain connu, car outre un système analogue, tant dans la forme que dans le fond (avec peut-être une difficulté revue à la baisse, si l’on en croit le gouffre entre mes performances sur l’épisode GBA et sur DS), le nombre de clins d’oeil, d’auto-références est tel qu’on oscille entre l’autodérision et le fan-service pur. On a toujours un petit sourire en coin quand on reconnait un personnage, où qu’on remarque que les betteraves qu’on doit arracher du sol dans Tengoku Gold sont les mêmes que l’on devait épiler en rythme dans l’épisode sur GBA. Mais pour les profanes (dont je fais partie, vu que j’ai pu tâtonner du premier volume après coup seulement), voici ce qu’on nous offre ici…

2 réponses
  1. Garr
    Garr dit :

    Le pire c’est que les chansons restent dans le crâne. Genre celle de la nana qui fait taper le public dans les mains est juste horrible pour s’en débarrasser (un peu du niveau de celle des poupées à Disneyland pour donner un niveau).

    Répondre
  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    mon coeur fait boum boum boum (clap clap clap clap)
    ’cause it’s a smaaaaaall smaaaaaall woooooooooorld

    Merci, Garr-nement, vraiment, c’est cool de ta part de me remettre ça en tête! ma vengeance sera terrible!!! 😉

    Mais c’est clair, c’est tellement choupi et accrocheur que c’est même pas la peine d’essayer d’esquiver, une fois que c’est en place, ça squatte ta mémoire de façon aussi tenace que l’odeur de pisse sous un pont!
    (et la chanson des six petites meufs chacune dans des cases, ou celle des grenouilles…)

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *