Déjà-vu

Le périple de Jaster et de ses amis pirates va les amener à visiter différentes planètes aux mœurs et aux reliefs divers. Les phases d’exploration sont légion dans Rogue Galaxy, et se révèlent au final assez fastidieuses, avec des donjons à rallonge et interminables (heureusement, il y a de nombreux points de sauvegarde où l’on peut se régénérer et se téléporter). Les décors manquent paradoxalement de variété, paraissent ternes pour certains et surtout, ils ne donnent pas cette sensation de dépaysement, de découverte et d’aventure que pouvaient procurer ceux de Dragon Quest VIII. Et on ne se surprend pas non plus à rester extasié devant les constructions immobilières, comme on avait pu l’être face au temple de Miliam ou devant la cité de Gilvégane de FFXII.

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Le cel-shading de Level-5 fait en revanche des merveilles au niveau des personnages. Un chara-design soigné et des couleurs bien vives pour un casting néanmoins classique. On retrouve le héros peu charismatique et un peu gauche, l’acolyte marginal, la copine naïve, le méchant à la chevelure grise, ou encore les boss aux transformations plus monstrueuses les unes que les autres. Si l’histoire dans laquelle ces bonnes gens sont embarquées est classique, à savoir aider un héros qui se découvre, à sauver le monde (pardon, l’univers), Rogue Galaxy tire son charme des passés plus ou moins touchants de ses personnages. A la manière de la série Lost, on découvre au fur et à mesure les histoires de chacun, la plus poignante étant certainement celle du robot Steve, dont le papa n’est pas sans rappeler celui de Astro Boy. Mais faute à un manque de maturité, et à une bande-son un peu trop plate (qui d’ailleurs s’avère lassante lors des phases d’exploration), Rogue Galaxy n’atteint jamais le niveau tragique d’un Valkyrie Profile magnifié par une sublime mise en scène et la musique de Motoi Sakuraba.

Pêchu, mais limité

Le soft propose des combats en quasi-temps réel, qui interviennent à un rythme aléatoire et n’occasionnent qu’une légère rupture dans la progression territoriale. Explication : vous commandez un groupe de trois combattants (dont Jaster fait forcément partie), et vous incarnez l’un d’eux qui montre le chemin à suivre à ses petits copains. A fréquence aléatoire surgit alors un message “Warning” vous prévenant qu’un groupe de monstres vient vous barrer la route. Les ennemis font alors place dans le décor, sans qu’un nouvel écran ou aire de combat n’apparaisse. Vous contrôlez alors de manière directe votre personnage, les autres suivant les consignes que vous leur aurez assignées. On est assez loin du système évolué de gambits de FFXII qui permettait de programmer les actions des personnages de l’IA, selon un ordre de priorité face à certaines situations de combat. Ici, les consignes sont limitées : attaquer la même cible ou des cibles distinctes, ou ne rien faire. Même si vos acolytes peuvent à tout moment vous faire des suggestions pendant le combat, on ne peut s’empêcher de penser que la profondeur tactique en prend un coup. Cela dit, le rythme des affrontements est très soutenu, et il vous faudra être vigilant quant à la santé des uns et des autres et être très réactif.

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Chaque personnage ayant une arme à courte distance, et une de jet, vous aurez le choix entre attaquer frontalement vos ennemis, ou de loin, le tout en appuyant sur croix ou carré. Chacun de vos gestes engendre une baisse de votre jauge d’action, qui, une fois vide, peut être rechargée plus rapidement à l’aide de la touche R1 (qui sert aussi à vous protéger). Vous pouvez aussi à tout moment utiliser un objet, ou faire appel à une compétence spéciale, en appuyant sur la touche triangle qui fige l’action et vous permet de naviguer dans le menu en toute sérénité. Ce dernier point ne fait que rajouter à la globale facilité des affrontements qui ne demandent pas finalement beaucoup de stratégie, tant les actions simples, à savoir taper et se protéger, se révèlent les meilleures le plus souvent. Trouver la faille de l’adversaire ne consistera généralement qu’à briser son armure, et encore les monstres présentant cette caractéristique restent (trop) rares.

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