Après les aventures textuelles pur jus où l’on devait taper nos actions en toutes lettres, sont arrivé sur le marché pour le plus grand bonheur des feignants les Point’n Click, révolution dans le monde de l’aventure, et modèle qui perdure encore. LucasArt, encore appelés à l’époque LucasFilm Games s’imposèrent en maître dans le domaine, de par la finition magistrale de leurs réalisations, leur humour ravageur, et leur sens de l’ergonomie. Et bien que de superbes séries comme Indiana Jones aient eu un franc succès, c’est pourtant Monkey Island qui trône en tant que représentant de cette époque bénie, l’apprenti-pirate mettant une fessée mémorielle au charismatique professeur-archéologue-aventurier-fouetteur professionnel. Irrésistible, drôle, absurde, génial, replongeons, comme ça, juste pour le plaisir, dans l’univers de l’île aux Singes…

« Je veux devenir pompier »

Les perspectives des batiments participent grandement à l’ambiance magique de l’ensemble, de même que les objets farfelus dans votre inventaire..

Parler de Monkey Island revient, pour la plupart des joueurs de ma génération (c’est à dire les vieux) à parler de leur histoire de gamer, car il fait partie de ces jeux qui façonnent l’histoire vidéoludique, qui en définissent les contours. La simple mention du nom fait généralement apparaître un sourire ténu pendant que le regard s’égare à l’horizon. S’ensuit un silence confortable à peine troublé par quelques soupirs nostalgiques… *soupir nostalgique* Oui, Secret of the Monkey Island est un monument. A cette époque, le point’n click succédait aux jeux d’aventure textuels, où il fallait taper des commandes du genre « fouille poubelle », « prendre pied de biche », et où l’on pouvait s’amuser à taper des gros mots ou des ordres étranges pour tester les limites de l’imagination des programmateurs. Mais si l’impression de liberté était grande, dans les faits, ça tournait généralement assez vite en jeu de devinette dont la finalité était de trouver ce que les créateurs avaient décidé de vous faire taper à tel moment du jeu. Le point’n click réglait ce problème en mettant en place soit un système d’icônes, soit une liste d’actions énoncées par écrit, pour un résultat analogue qui allait tout changer : rendre toutes les actions possibles visibles à l’écran. C’est à cette génération bénie qu’appartient Monkey Island, lorsque la dérive poético-galère des essais de phrases plus ou moins heureuses avait laissé place à un système efficace et fonctionnel qui fait encore sens aujourd’hui. Seul le coté galère a été sacrifié, et l’on se retrouvait face à des énigmes plus riches, puisqu’opérant dans un cadre défini. LucasArt l’avait bien compris, et le papa de Monkey Island aussi, l’excellent Ron Gilbert, ce dernier abordant la chose avec un humour tonitruant, et une qualité d’écriture sans précédent. LucasArt maîtrise déjà le Point’n Click, ayant offert aux gamers des perles comme Maniac Mansion, ou la série des Indiana Jones, mais cette dernière, bien que magistralement réalisée, doit s’incliner : même le charme d’un Harrison Ford numérique est occulté par la force de frappe de Guybrush Threepwood.

9 réponses
  1. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Merci pour ce petit bonheur de test, pour ce jeu qui m’a littéralement fasciné !

    Je l’ai découvert tardivement grâce au petit logiciel ScummVM qui permet de remettre la main sur ces titres mythiques (avant les rééditions iPhone et XBLA qui valent leur pesant d’or).

    Ce qui m’a sans doute le plus marqué, ce sont les dialogues d’une absurdité absolue, comme ce moment où on peut demander à quelqu’un « S’il te plait !!! » cinq ou six fois avant qu’il accepte ! Et cela sans aucune marque qu’il faut s’y reprendre à tant de fois. Surtout que nos vieux réflexes de gamer nous poussent à abandonner.

    Ce sont toutes ces petites choses qui donnent à Monkey Island sa saveur, d’autant plus que cet humour absurde me plait tout particulièrement.

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Merci Greyfox!
      C’est clair que le nombre de détails absurdes, hilarants et audacieux fourmillent dans ce petit chef d’oeuvre, et Ron Gilbert réussit effectivement à toucher les limites externes du Point’nClick à travers tous ces détails pleins de finesse.
      (ça fait un bout de temps que j’ai rechopé les deux sur le XBLA mais je n’ai refait que le premier, et de savoir qu’il me reste un épisode complet sous le coude, ça me met du baume au coeur (surtout que sur Amiga, le jeu tenait en 13 disquettes si mes souvenirs sont bons, et l’une d’elles ne fonctionnait pas, ce qui m’a empêché d’avancer bien loin dans l’aventure :'( ) )

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  2. Garr
    Garr dit :

    Moi je l’ai découvert sur le PSN dans sa très bonne réadaptation HD avec des graphismes cell shading de très bon aloi. Pour les puristes il y a même possibilité de switcher sur les graph old d’une simple pression de la touche select.

    Pas besoin de rajouter à quel point il est génial ^^

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      J’ai une grosse préférence pour la version old school, mais le coup du basculement immédiat en une touche, c’est juste génial, quand même! Et c’est vrai que la version est vraiment bien bossée, même un old school puriste comme moi ne peut que s’incliner ^^!

      (il va falloir que je MAJ toutes les versions sur lesquelles il est sorti, ça en fait un paquet, vache!!)

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  3. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Personnellement je préfère aussi la version old school, et cela se résume à une seule véritable raison : l’air complètement niais de Guybrush sur cette version. Mélangé avec ses répliques complètement débiles, je trouve que ça rajoute immensément à l’humour.

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