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[TEST] Shadow of the Colossus : Mystique et douce mélancolie

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Voici venir un véritable bijou tout droit sorti de l’esprit des créateurs d’ICO. Un petit rappel pour les néophytes, ICO est un jeu sorti au tout début du règne de la PS2, cet OVNI vidéoludique propose d’incarner un personnage (aussi charismatique qu’un figuier) dont le but est de protéger une jeune fille et de coopérer avec (dans certains cas), il aura pour arme un morceau de bois pour repousser des ombres menaçantes. Concept sans intérêt me direz-vous, hé bien non puisque ce jeu a connu un succès phénoménal (du moins dans la presse, dans le commerce, cela reste plus ou moins mitigé) de par son univers enchanteur et poétique. Quatre ans plus tard, la même équipe nous propose un jeu qui sort des sentiers battus, ici pas d’armes à feu, pas de décapitation, pas de sang giclant partout et pas de pouvoirs extraordinaires rien qu’un simple homme qui devra accomplir l’impossible pour sauver son amour. Une somptueuse histoire de la team Ueda que je vais vous conter humblement. Alors être objectif pour vous aujourd’hui risque d’être dur car ce jeu mérite amplement ce test d’amour mais il faut aussi faire ce travail d’information, car si pour moi ce jeu est enivrant, il ne le sera pas pour d’autres. C’est à vous qu’il revient donc de vous faire votre avis sur une légende du jeu vidéo.

Mystère absolu

L’impression de gigantisme a été proprement travaillé.

Nous incarnons un bien mystérieux personnage dont on ne connait rien, mais son but est simple : sa fiancée est morte et il souhaite de tout cœur la faire revenir d’entre les morts. Pour cela, il entame un long périple pour commencer sa quête.  Un prologue vous montrera le cheminement du héros jusqu’aux terres maudites. En ces lieux, il trouvera un temple où le gardien des lieux, une/des voix nommées Dormin, lui fait comprendre qu’il devra mettre à genoux seize colosses pour faire revivre sa dulcinée. C’est tout ? C’est déjà pas mal ! C’est avec l’aide de votre cheval nommé Agro, que vous parcourez les plaines d’une terre vide, triste et intemporelle où aucun ennemi ne vous empêchera d’accomplir votre périple, c’est comme si c’est le mode debug avait été activé. Seuls les colosses seront vos bêtes noires. La première étape consistera à trouver le colosse à l’aide d’une épée magique, vous devez pointer votre épée vers le soleil et la réflexion de celui-ci provoque un rayon qui vous indique la marche à suivre pour le trouver. D’ailleurs, cette épée servira à trouver le point faible des colosses en utilisant le même procédé que pour le chercher. Pour renforcer l’aspect mystérieux du jeu on ne sait rien des origines de ces géants. Vous foncez donc vers l’inconnu, prêt à affronter votre destin. La première confrontation pose direct une question limite métaphysique « En fait, je fais comment ? » « Comment je le dégomme ? » Point de Lames du Chaos ou d’invocations et je vais volontairement pas spoiler le lecteur qui serait intéressé par ce jeu. Vos méninges vont être sollicitées dès le début: il faut analyser, chercher ou frapper exactement pour le mettre à bas. Une fois la technique trouvée, c’est bingo le schéma sera un peu plus simple car bien sûr, chaque colosse ne s’aborde pas de la même manière et ces derniers se montreront vindicatifs pour ne pas claquer, attendez-vous donc à de la résistance. D’ailleurs, chapeau bas à la variété des colosses, aucun ne se ressemble et il y en a de toutes les tailles et de différents types superbement modélisés, fournis en détails. Leur aspect renforce davantage le mystère qui émane d’eux. Nous en venons donc aux graphismes très honnêtes pour de la PS2, le soft possède une belle variété de paysages (bien modélisés également) : forêts, déserts, plaines, ruines et lacs seront vos terrains de jeu et de tranquillité, la carte est assez grande pour ce que l’on a à faire, ce qui nous donne une sensation de liberté et de solitude. La profondeur d’affichage est correcte, qui n’empêche cependant pas d’énormes ralentissements, grosse lacune du jeu mais aussi quelques problèmes de caméra qui s’affole pour un rien, nous faisant parfois perdre le fil du combat – pas d’inquiétude, ce défaut n’est pas récurent. Une maniabilité agréable et fluide que ce soit pour le personnage principal que pour le poney, tout répond à merveille pour les combats; un petit temps d’adaptation est nécessaire pour coordonner certaines actions.

Maîtrise de la définition épique : assuré

Nous avons abordé l’histoire du jeu, des colosses et les graphismes. Nous allons en venir aux deux essences principales du jeu: la musique et les combats. Tout d’abord, il y a deux grands personnages musiciens qui m’ont marqué dans le jeu vidéo qui sont : Nobuo Uematsu et Kow Otani (qui a composé les musiques du jeu). Ce dernier qui, grâce à ses musiques; nous transmet des émotions diverses tantôt on est sur un colosse et on a envie de le fumer avec rage, et tantôt on devient bucolique à l’écoute d’une douce mélopée, on passe par des paliers. Quand on découvre le colosse, on a une musique sobre, inquiétante et puis quand on entre dans le vif du sujet, là c’est du lourd de la bonne musique épique qui donne le ton, incite le joueur à ne pas lâcher et à aller au bout.

Une impression de solitude qui peut être rebutante.

Vous l’aurez compris: ces musiques sont plus qu’envoûtantes et donne cette dimension fantastique au jeu. Les combats sont aussi épiques, mais présentent une certaine linéarité dans leur façon de procéder mais la manière d’y arriver est complètement différente. Ici, ne cherchez pas d’objets en surbrillance, de flèches ou autres afficheurs. Votre cerveau sera votre seul atout pour conquérir les bêtes, il vous faudra même parfois utiliser l’environnement pour découvrir comment poursuivre le combat. De plus, les colosses ne vous laisseront pas les dominer si facilement comme dans 50 Nuances de Grey. Vous allez devoir vous méfier, être vigilant car leur aspect patibulaire cache bien des surprises. Allez chez Team ICO ils sont pas vaches, si le jeu voit que vous êtes un galérien pour dompter les colosses, la voix caverneuse de Dormin sera là pour vous donner un conseil, sympa. Même si l’histoire est contée dans le prologue, ne vous attendez pas à des hordes de cinématiques ou à de la prose à gogo: le jeu est très avare, pas par manque de travail mais surtout pour rester dans une simplicité qui est propre à Team ICO. Vivons, découvrons tout simplement le jeu, le reste viendra au bon moment. Un jeu qui peut déstabiliser par ses mécanismes, mais au final quel univers!

A Retenir

Alors qu’est-ce qui peut conquérir le cœur d’un gamer pour jouer à cette fable poétique ? Il se présente comme un hit incontournable pour tout les possesseurs d’une PS2 et PS3. Foncez les yeux fermés il vaut MAIS largement le détour de par sa simplicité, ses musiques, cette mélancolie, ses combats. Les hardcore gamers bourrins dénigreront ce jeu par manque d’intérêt avant tout ludique, une solitude pesante ou une linéarité flagrante, mais ce soft restera gravée dans les mémoires car on peut s’identifier à ce personnage sans charisme, sans pouvoir venu simplement inverser le destin par sa seule volonté.  Le soft est disponible sur PS3 avec ICO en édition HD qui apporte un simple lissage et beaucoup moins de ralentissements.

Yannou

Informations sur le jeu

Plateformes : Playstation 2 et Playstation 3
Genre : Action-Aventure
Développeurs : Team ICO
Éditeur : Sony Computer Entertainment
Date de sortie : 17 février 2006

Évaluation du jeu

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