Snatcher Box

Hideo Kojima est bien connu pour son chef d’œuvre dont nous fêtions il y a peu les 25 ans, la magnifique série Metal Gear Solid. Mais à vrai dire, que connaissons-nous en occident comme jeu de Kojima qui ne soit pas un Metal Gear ? Certains citeront Zone of The Enders, plus ou moins à raison puisque Kojima ne s’est pas chargé de la réalisation de cette série. La vérité est pourtant là, aucun Hideo Kojima Game n’est sorti chez nous qui ne soit pas un MGS. Mais Kojima a eu une autre vie qu’il serait bien dommageable de ne pas connaître et celle-ci prend corps avec Snatcher, sorti en 1988, un an après Metal Gear  sur MSX2 et PC-88. Véritable hit au Japon, ce « jeu d’aventure cyberpunk » comme le stipule le boitier, Snatcher a été réédité et remasterisé de nombreuses fois sans (presque) jamais traverser ni la mer du Japon ni l’océan Pacifique. J’ai écrit « presque » car il existe bien une version du jeu, adaptée de la réédition PC Engine du début des années 90 sur le Mega-CD (ou Sega-CD) mais celle-ci dénature beaucoup le jeu d’origine. Si vous m’avez suivi jusque là on va enfin pouvoir parler du jeu en lui-même, et de sa toute première version s’il vous plait. Ce jeu est un tel chef d’œuvre qu’il me semblait impossible de ne pas en parler durant cette semaine spéciale des coups de cœur de la rédaction. Notez que c’est grâce à une fan-traduction qu’il est aujourd’hui possible de jouer en anglais à Snatcher.

Une œuvre d’anticipation cyberpunk

La catastrophe a lieu en 1991 et fait disparaître la majorité de la population de l'Eurasie.

La catastrophe a lieu en 1991 et fait disparaître la majorité de la population de l’Eurasie.

Beaucoup connaissent le penchant d’Hideo Kojima pour le cinéma mais sachez que dans les genres qu’il affectionne la science fiction figure probablement dans les premiers rangs. Snatcher est le premier jeu de Kojima qui se situe dans un univers SF, bien avant ZoE et ses méchas il y avait Snatcher et son univers plus sérieux, d’une grande maturité et empreint de nombreuses références croisées entre Terminator et Blade Runner. Snatcher se déroule dans un Japon futuriste, à Neo Kobe précisément, une cinquantaine d’années après une catastrophe bactériologique qui a décimé la population de l’Europe et s’est arrêté aux portes de la Chine. Dans cette métropole futuriste, dont la population est majoritairement d’origine étrangère (ce qui sonne comme un idéal à atteindre dans un Japon actuel assez xénophobe), commence à se dévoiler un phénomène préoccupant : des biorioids prennent la place de membres haut placés de l’administration. Ces robots nommés Snatcher sont capables de prendre forme humaine, ils tuent discrètement leur victime et prennent sa place dans la société. Ils peuvent saigner, transpirer et ainsi paraître absolument indiscernable de leur victime. Personne ne sait qui sont ces robots ni ce qu’ils veulent et face à l’alerte déclenchée par la découvertes de plusieurs Snatcher à des postes clefs du gouvernement l’Etat décide de créer la JUNKER ou Japanese Undercover Neuro-Kinetic Elimination Rangers chargée de régler le problème.

L'introduction et ce plan en particulier rappelle Blade Runner, tout comme le thème des robots humanoïdes.

L’introduction et ce plan en particulier rappelle Blade Runner, tout comme le thème des robots humanoïdes.

C’est ici que commence notre aventure, nous incarnons Gilian Seed, un homme amnésique retrouvé récemment par une équipe de recherche dans l’actuelle Sibérie avec sa femme, Jaime. Evidemment il ne se souvient pas son histoire avec elle et on note déjà une première clef scénaristique importante. Gilian, à son arrivée à Neo Kobe, a décidé, pour une raison qu’on ne mentionne pas, de rejoindre la JUNKER, ce qu’il fait au début du jeu. On lui explique alors toutes les règles inhérentes au travail de cette unité spéciale à savoir qu’il est strictement interdit d’ouvrir le feu sans avoir eu la confirmation absolue du caractère. Je vous invite à prendre la mesure de la densité de l’intrigue, c’est bien ici le doute le plus absolu qu’installe chez nous Kojima. Si tout le monde est susceptible d’être remplacé, qui croire ? Et croyez bien que malgré l’âge du jeu ce nœud d’intrigue est parfaitement bien rendu et la mise en scène très sombre et glauque sert d’une façon unique la peur. Plusieurs séquences m’ont même fait sursauté mais comme ce test est avant tout destiné aux trop nombreux joueurs qui ne connaîtraient pas le soft je me garderai bien de les dévoiler. Voici donc l’avenir dystopique dans lequel Snatcher s’insère, et ceci n’est que le début, l’intrigue étoffera par la suite cet univers très fort et cohérent.

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