Erreur dans le casting ?

Et c’est peut-être là que réside la plus grande frustration autour de ce Street Fighter III : Third Strike qui avait toutes les qualités pour rencontrer un franc succès commercial. Sa trop grande technicité l’a probablement éloigné des joueurs débutants, alors qu’elle lui a permis de gagner les cœurs des puristes qui l’ont érigé en véritable dieu du Versus Fighting 2D. De nos jours, il est toujours pratiqué en tournoi mais il reste un épisode peu connu et limite underground, comme peut l’être un Õkami par exemple. Underground, voilà un adjectif qui sied plutôt bien à quelques-uns de ses environnements. On pense notamment au stage du français Rémy, à celui des frères Yun et Yang et au métro pour Ken. Street Fighter III.3 peut se montrer souvent très urbain dans ses décors, lui conférant une touche moins “voyage aux quatre coins du monde” que les déclinaisons de l’épisode II. Pourtant, on peut combattre en Afrique, en Asie, aux Etats-Unis et même en Angleterre !

Beau également en arrière-plan, Street Fighter III.3 est un régal de tous les instants, aussi bien pour les yeux que pour les oreilles. La composition épique du stage de Ryu la dispute au groove de celui de Dudley, boxeur de Sa Majesté tout en finesse, en jeu de jambes et en vitesse, pour changer un peu du poids lourd Balrog. Street Fighter III : Third Strike offre ainsi un casting original qui a été malheureusement et certainement un de ses plus gros points faibles. Tout d’abord, parce qu’il propose des personnages assez méconnus du grand public et surtout, parce que le niveau général est très voire trop inégal. En effet, même si on peut s’y retrouver dans à peu près tous les styles de combats, le charisme de certains peut laisser à désirer et il peut paraître difficile de trouver ses repères quand seuls les classiques Ryu, Chun-Li et Ken ont été rapatriés des autres opus. De plus, à regarder de plus près l’équilibrage et ce que l’on nomme plus communément le tiers ranking, il semblerait que ce sont plutôt les personnages au style de combat asiatique qui ont la part belle. Mais il ne faudrait pas faire la fine bouche et hommage doit être rendu à la nouvelle-venue, la karatéka Makoto, personnage emblématique de Third Strike qui a apporté avec elle une façon originale de se battre, tout en étouffement, en pression et en recherche de l’étourdissement de l’adversaire. Si on ajoute au tableau final un Gouki et un ridicule Gill absolument injouables en modes Arcade ou Versus, on a fini de pointer du doigt l’inégalité du casting (roster pour les initiés).

A retenir

Street Fighter III : Third Strike est donc un paradoxe comme le jeu vidéo aime en enfanter. Véritable pierre angulaire d’une série qui a su faire le pari de la nouveauté et de la technicité, il reste un épisode de niche, dont il faut connaître les acteurs et les ressorts. Et pourtant, il constitue une porte d’entrée merveilleuse vers le Versus Fighting 2D, genre dont il est finalement le représentant le plus adulé, car basé sur une réalisation maitrisée et un gameplay aux petits oignons qui marquent un aboutissement pour Capcom. Si on peut lui reprocher un casting inégal, les possibilités de jeu et de plaisir qu’il offre sont tellement grandes et profondes qu’il constitue un titre auquel il est indispensable de s’adonner.

Informations sur le jeu

Plateformes : Dreamcast – PS2 – XBLA – PSN – Arcade

Genre : Versus Fighting

Développeurs : Capcom

Éditeur : Capcom

Date de sortie : Mai 1999

 

Totof

3 réponses
  1. Garr
    Garr dit :

    « Ici, c’est plus ce que l’on réussit qui fait grimper la jauge de furie, pas ce qu’on encaisse. »

    J’ajouterai surtout que ce qui fait monter la barre de super est ici surtout les coups de zoning, car n’importe quel coup porté, même dans le vent, fait grimpé la barre de super. C’est pour ça qu’on voit dans le 3 ème round du premier match Justin Wong envoyer des coups avec Chun Li à l’autre bout de l’écran pendant que Daigo ne bouge pas avec Ken. Il faisait remonté sa barre de super déjà utilisée deux fois avec succès sur des hits confirm de façon à la réutiliser en gratte sur un Ken à 0 de vital. C’était sans compter sur le talent de Daigo.

    La super est une des armes les plus puissante de cet opus puisqu’elle peut être placé en confirm par presque tous les persos sur des coups lights, donc les coups qui sortent le plus vite, les réflexes sont mis à rude épreuve.

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