The Shadow Snake

Occulté en partie par MGS et son charismatique personnage principal tout en grande gueule façon Kurt Russell, ses graphismes époustouflants pour l’époque et ses idées de pur génie (jamais un boss ne m’a forcé à poser la manette sur le sol, une lueur de doute dans le regard (les vrais se souviennent de quoi je veux parler…) ), c’est donc dans l’ombre du géant que sortent les deux premiers volets de Tenchu. En fait, les sorties sont quasi simultanées, avec (je m’avance peut-être un peu) une mini longueur d’avance pour Tenchu, mais pas suffisante pour lui accorder un statut de précurseur dans le domaine de l’infiltration. Bien que les deux univers n’aient rien en commun, le mode opératoire suffit à les mettre en parallèle, et, si bras de fer il y a eu, on sait aujourd’hui qui l’a gagné. Est-ce à cause de ce problème de timing que Tenchu 2 ne fait pas mouiller autant de caleçons de gamers que quand on hurle « Snaaaaaaaake » dans un endroit public ? Forcément, en partie, mais avant d’aller plus loin dans ce sens, voyons déjà ce qu’offre Tenchu 2, préquelle du premier volet. Alors déjà, ça gicle sévère. Les jeunes frustrés par l’autocensure de la violence dans les jeux vidéos, monnaie courante à cette époque, ont de quoi se faire plaisir avec ce Tenchu. Quand on tue, les murs morflent, et les tatamis sont bons à changer. La violence du titre est conséquente, et les façons de tuer abondent, nuque brisées, gorge tranchées, on n’est pas là pour rigoler. Ni se faire remarquer. Pas question de laisser traîner un cadavre en attendant qu’il disparaisse, pas de respawn à l’entrée des salles, vos ennemis ont une IA plutôt bien gérée et il faudra faire plus que de vous asseoir sur un banc pour calmer le jeu ! Car si la violence crue est une des composantes du titre, la discrétion est au centre du gameplay. Si aujourd’hui, les titres à jauge de repérage sont partout et à indulgence variable, c’était loin d’être le cas à l’époque. Et vous allez devoir jouer du grappin pour évoluer sans être repérer, cacher vos victimes de façon efficace, sans vous faire d’illusions, car l’ennemi ne se contente pas de se mettre en mode renard quand il voit du sang, il remarque aussi l’absence de ses collègues au bout d’un moment plutôt court. Oui, les petits jeunes ne s’en rendent pas forcément compte, mais il fut une époque où la difficulté était gageure de qualité, de durée de vie, et où l’option « je fragge tout ce qui bouge en courant » n’était pas au catalogue. Tenchu 2 est de ceux là.

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