Vagrant_Story_Pal-cover

Il est de ces jeux qui n’ont pas eu un succès aussi important que certaines licences phares, mais qui ont définitivement marqué leurs pratiquants, membres d’un public dit “connaisseur”. Parmi ceux-là, il y a par exemple Valkyrie Profile et, dans une moindre mesure, Dark Chronicle. Il y a surtout Vagrant Story, sorti sur PlayStation en 2000. Ce RPG est l’œuvre d’un certain Yasumi Matsuno, connu à l’époque pour son travail de directeur et scénariste de Final Fantasy Tactics, et qui sera plus tard à la barre du douzième épisode de la saga de Square. Se déroulant toujours dans ce fameux univers d’Ivalice, Vagrant Story est un titre magistral. On parle tout simplement là de l’un des plus grands jeux vidéo à avoir vu le jour.

Sex and politics

images (2)Vous êtes Ashley Riot, membre de troupes d’élite des forces royales de Valendia, plus précisément de l’unité RiskBreaker. Le gars ne semble ni très loquace, ni très joyeux. On l’apprendra assez vite, il a vécu un drame familial traumatisant mais il n’est pas comme un certain Kratos, qui lâche plutôt une rage bien plus expressive. Ashley est un soldat méthodique, précis et sûr de sa force, et il est à la poursuite de Sydney Losstarot, chef du mouvement religieux Müllenkamp. Ce dernier vient d’assiéger la demeure du Duc Bardorba. Il arbore un immense tatouage dans le dos, représentant une épée en forme d’étoile et il est venu chercher une certaine clé et surtout, kidnapper Joshua, le fils du seigneur. La lutte s’annonce féroce et les compositions connues de Hitoshi Sakimoto, avec leur rythme soutenu, leurs notes généreuses et leurs sonorités de cordes, viennent le confirmer.

La scène d’introduction de Vagrant Story est un délice de rythme, d’alternance de séquences, de gros plans et de vues macroscopiques. Surtout, elle sait se suffire de l’ambiance musicale, parce qu’il n’y a aucune voix, seulement des bulles de texte qui s’intègrent et construisent le tempo sûr et juste du soft, tout en s’accordant parfaitement au trait splendide du character design. Dans ce monde médiéval aux teintes sombres et marron, les intrigues politiques nourrissent une fantastique histoire tripartite faite de faux-semblants et de savoureux conflits d’intérêt. En effet, Ashley n’est pas le seul à vouloir choper Sydney, puisque Romeo Guildenstern, leader de la caste secrète des Crimson Blades, est lui aussi sur les traces du blond illuminé pour de mystérieuses raisons. D’ailleurs, qui est réellement ce vagabond auquel le titre du soft fait référence?

L’aventure se situe principalement dans la cité millénaire de LéaMundis, dans lesquelles vivent bien entendu toutes sortes de créatures pas très accueillantes. Oui, parce que si son architecture est grandement inspirée de la commune française de Saint-Émilion, Vagrant Story est avant tout un dungeon crawler et il faut le voir comme une succession de niveaux labyrinthiques emboîtés, allant images (5)de la cave à vin à la place de l’église, en passant par les bâtisses gothiques et autres tombeaux. Certains endroits ne seront d’ailleurs accessibles que lors de runs subséquents, ce qui entretient entre autres choses l’énorme replay-value du soft. Le level design propre permet même la mise en place de petites énigmes consistant à déplacer des cubes de poids différents pour accéder à certaines corniches ou se projeter au-delà d’une crevasse. Un principe comparable à quelques casse-têtes de Zelda et au jeu de taquin.

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