Le moins linéaire des J-RPG ?

Des dialogues à l’habillage super classe ! Une magnifique direction artistique !

L’autre point marquant de ce jeu, indissociable de son côté tragique, ça va être sa structure, absolument unique, vraiment surprenante. S’affranchissant de l’éternel cycle « village-donjon-map » on se retrouve ici en tant que Valkyrie, à voler au dessus de la map à toute allure. Là, deux trucs à faire : chercher l’âme d’un guerrier mourant en suivant des indications, ou bien faire du level-up dans un des donjons de cette world-map.  Le jeu se divise en huit chapitres, divisés en une trentaine de périodes chacun, et chaque action (entrer dans un village, entrer dans un donjon, se soigner…) consomme un certain nombre de ces périodes. Par exemple, il me reste douze périodes avant le prochain chapitre, ce qui me suffira tout juste pour faire deux donjons et aller chercher un héros avant que le prochain chapitre ne commence. Aucune obligation de faire quoi que ce soit, la grande majorité des âmes à récolter et des donjons sont facultatifs. Cette structure, affranchie de toute linéarité, cache de nombreuses subtilités. A chaque début de chapitre, Freiya, femme et porte-parole d’Odin nous fait certaines requêtes. Elle cherche par exemple un archer doué pour la nage … A nous donc de livrer (ou pas) les guerriers demandés, en les faisant évoluer de la manière demandée (apprendre telle capacité), donc en faisant de l’XP, donc des donjons, donc des périodes en moins. Ces périodes nous imposent donc une grosse contrainte de temps.  C’est clair, on ne pourra pas tout faire, il va falloir prendre des décisions. Esquiver telle requête pour mieux booster son équipe, quitte à ne pas obtenir de récompenses (objets puissants) de la main de Freiya ? Garder tel guerrier dans notre équipe, parce qu’on aime son charisme et qu’on passé deux heures a bichonner ses stats dans un précédent donjon ?  Valkyrie Profile est un jeu où l’on devra faire pas mal de choix. Toutes ces contraintes, qu’on les respecte ou non auront une très grande incidence sur la suite du déroulement de l’histoire. En fait, Valkyrie Profile comporte trois fins différentes. La première, sorte de mauvaise fin pour si l’on ne respecte pas les ordres donnés (ne pas envoyer les âmes de guerriers, envoyer des guerriers qui n’ont pas le profil demandé, ne pas faire régulièrement d’offrandes d’objets puissants…). La deuxième, une sorte de fin classique, si tout se passe bien. Une fin assez dérangeante d’ailleurs. Et enfin la dernière, la vraie fin, qui prolonge le jeu à la manière d’un Castlevania Symphony of the Night et nous invite dans ses donjons les plus intéressants, est uniquement accessible dans le rang de difficulté maximal, si l’on suit un parcours assez original, avec des choix très précis. Voyez, Valkyrie Profile est de ces jeux que l’on n’hésite vraiment pas à recommencer. Plus que tous les gadgets livrés habituellement dans les modes « new game + », c’est une redécouverte de tout le jeu qui accompagne ici notre deuxième run, surtout en mode difficile, peut-être le hard mode le plus intéressant du petit monde du RPG. Une redécouverte, ne serait-ce que par l’utilisation d’autres alliés dans notre équipe, constituée de notre Valkyrie et de trois d’entre eux. Sachant que le level-up est très limité (enfin plutôt très encadré), il faudra choisir quels persos (parmi la vingtaine au total) favoriser, quitte à refuser d’en envoyer certains. Et l’approche des combats peut être réellement différente selon notre équipe.

Des combats modernes

Des combats hyper bien pensés : follement dynamiques mais très tactiques !

Un combat commence : un écran apparaît, nos ennemis à gauche, notre équipe à droite. Chaque camp attaquera l’un après l’autre, avec quelques subtilités. Chaque bouton du pad, quatre au total, est associé à un de nos persos. Appuyer sur ce bouton le fait attaquer. Selon son arme, notre rythme et le nombre de pressions, ce perso pourra ou non effectuer une combo. L’essence du combat consiste à marier, et pourquoi pas entremêler les attaques de nos alliés selon un ordre bien réfléchi. Avec un petit exemple c’est tout de suite plus simple : l’arc de ma Valkyrie offre la possibilité d’un triple combo. Le premier de ses coups envoie l’adversaire dans les airs, et une fois dans les airs, chaque coup donné à un ennemi nous offre des bonus intéressants. Je vais donc essayer de faire décoller notre ennemi par le premier coup de la Valkyrie, puis je vais tenter un « juggle » avec un perso à frappe rapide, avant que me victime retombe. Et ça se complexifie vite, avec quatre persos à gérer, un mode « rage » extrêmement important nous permettant de lancer des « limites », des ennemis quasi insensibles à certaines attaques, nos magiciens qui nous imposent de faire du combo… Ce système a-priori complexe se révèle hyper dynamique, mixant intuition et rigueur, pour un délicieux feeling, entre défoulement et tactique. C’est aussi ça la marque de Valkyrie Profile : un système de combat moderne, figurant parmi les plus intéressant du genre.

2 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Euh, juste une chose : encore un article d’une rare qualité pour toi blood !
    Chapeau.

    Si j’étais un peu meilleur dans le maniement de la langue de Shakespeare, je serai déjà dessus. Peut-être un de ces 4 !

    Répondre

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  1. […] les bases construites pour leur bébé volé Tales Phantasia, ils créèrent alors Star Ocean (puis l’immense Valkyrie Profile). Du côté de la Wolf Team, le reste de l’équipe continuera à bosser sur les Tales of, et […]

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