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The Evil Within 2 : le syndrome du marquant

Le temps viendra. Celui où je ferai une critique du premier The Evil Within. D’ailleurs si ce n’est pas un nom mal choisi puisqu’il s’agit, à mon sens, du véritable Resident Evil 5. Mais passons. The Evil Within est un chef d’oeuvre. Au sens le plus strict. Oui, car si je regarde la définition de « Chef d’Oeuvre » sur le site du grand vénéré Wikipedia, voilà de qu’on peut y lire : « Un chef-d’œuvre est une œuvre accomplie en son genre ». C’est exactement ce qu’était The Evil Within premier du nom au moment de sa sortie : une oeuvre somme, accomplie, la meilleure de sa catégorie. La question était donc simple, comment la suite de ce monument allait pour dépasser le maître ? Mais allait-il y arriver ?

D’une vision d’auteur à une vision de marché

En réalité, mon premier paragraphe pourrait tout autant être ma conclusion : The Evil Within 2 est mieux que son prédécesseur sur tous les points. Et pourtant, si l’on prend le jeu dans sa globalité, l’expérience reste en deçà du premier épisode. C’est bizarre quand on y pense, un peu comme ces multitudes de machines à sous en ligne. Comment un jeu, qui améliore objectivement toutes les briques du gameplay du jeu de base, se retrouve in-fine de moins bonne facture que le jeu d’origine ? Et bien tout est dans le titre ma pauvre Lucette. Car oui, tandis que The Evil Within a été issu de la tête d’un Shinji Mikami en roue libre, qui se sert d’un prétexte scénaristique à la con pour balancer des situations horrifiques sans queue ni tête, le second épisode rentre dans le rang. Il propose une richesse de gameplay bien plus importante, des zones ouvertes intéressantes car ne rendant pas l’horreur caduc, mais le tout est moins viscéral, plus lisse. Attention, nous ne sommes pas devant PuyoPuyo, mais comparé au premier opus, The Evil Within 2 fait office de gentil. L’objectif de Bethesda et Tango est simple : proposer un survival-horror aligné sur les attentes du marché, et non sur une vision d’auteur pleinement assumée.

L’emprunt à la concurrence

Au delà de ce changement de forme, The Evil Within 2 change également de fond, d’inspiration. Alors que le premier opus est une oeuvre somme, qui reprend à son compte tous les ressorts de l’horreur à la perfection (jumscare, gare, folie, désorientation, etc), sa suite prend un autre chemin. Elle n’a pas pour objectif de faire une synthèse, mais elle met en avant les mécanismes horrifiques dans l’air du temps. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les deux inspirations les plus importantes à mon sens ne sont même pas des jeux d’horreur. La première est tellement évidente : The Last of Us, notamment dans le design retravaillé de Sebastian. Sans déconner Tango, quel est l’intérêt de prendre Joël et de le skiner ? C’est d’une aberration sans nom, d’autant que nous avions fini par nous y attacher à cet homme. Une pâle copie d’ailleurs, puisque n’ayant pas la qualité d’écriture de Naughty Dog. La seconde inspiration quant à elle, reste sans conteste Heavy Rain ! « Jusqu’où irait vous pour sauver votre enfant » étant le leitmotiv de cette suite, je ne vais pas vous faire un dessin. De fait, on peut l’affirmer : The Evil Within 2 emprunte à la concurrence sans digérer les références, alors que The Evil Within empruntait au genre tout entier, avec une classe et une évidence rares.

Ah c’est dommage, c’est peut-être la dernière fois

Vous pouvez vous dire, et à juste titre : « putain, il est pas gonflé le Serpent, il est bien tout de même The Evil Within 2 merde ! » Et vous auriez raison ! Mais si vous vouliez un test objectif, avec des plus et des moins, il fallait aller sur jeuxvideo.com ou Gamekult mes amis. Ici on parle de de ressenti, de marque dans la playhistoire, de Classic Gaming ! Et désolé de le dire, autant le premier Evil Within restera à mon avis dans l’histoire, bien qu’il soit aujourd’hui totalement mésestimé (regardez dans un autre registre les critiques de Street Fighter 3 Third Strike à la sortie, et ce qu’il est devenu), autant sa suite sera passée sous silence d’ici 1 an ou 2. Un peu comme Horizon Zero Dawn en fait. Car oui, il faut le dire The Evil Within 2 est un bon jeu, voir un très bon jeu, mais il n’est pas marquant. Le monde ouvert fonctionne, il nous entraîne et nous fait peur, mais ayant fini the Evil Within il y a maintenant 2 ans et demi, je peux vous ressortir une multitude de scène de dingues ! Alors que rien de me vient à l’esprit pour cette suite. Elle n’est pas moins bonne, elle est tout simplement moins marquante. D’autant que l’aventure est éminemment plus simple.

A retenir

Le syndrome du marquant… Voilà ce dont souffre The Evil Within 2. Le jeu est très bon, mais personne n’en parlera plus dans 2 ans. Le jeu a d’ailleurs fortement baissé de prix, et plus personne n’en veut. C’est d’ailleurs troublant. En relisant cette critique, j’ai plus parlé du premier épisode que du second. Oui, c’est bien la comparaison avec le premier opus qui fait perdre la saveur de cette suite pourtant de bonne facture. Q’est ce qui fait qu’un jeu reste gravé dans la PlayHistoire ? Le fait qu’il soit marquant. The Evil Within 2 ne l’est définitivement pas.

Informations sur le jeu

Plateformes : PC,PS4, XBox One

Genre : Survival Horror

Développeur : Tango GameWorks

Editeur : Bethesda

Date de sortie : Octobre 2017

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