The Last of us – Que reste-t-il ?

C’est une question que je me pose souvent : dois-je refaire un jeu qui m’a marqué au fer rouge ? Cette question me taraude tellement que j’ai finalement peur de relancer mon jeu dit « préféré » : Final Fantasy VII. J’ai peur d’être déçu, me rendre compte que ce qui marchait à l’époque ne marche finalement plus aujourd’hui. J’ai peur de me rendre compte de tous les défauts du communément accepté comme « le meilleur des FF ». Peur que la féérie que j’ai ressentie dans mon adolescence naissante ne foute le camp. C’est pour cela que j’ai fini FF7 en 1998. Une seule fois. Je l’ai relancé quelques fois, pour me faire quelques heures de nostalgie, mais sans plus. Mais alors, pourquoi est-ce que je parle de FF7 en long, en large et en travers, alors que je dois normalement parler de The Last of Us ? Laisse-toi guider petite âme perdue…

Une mémoire vivante

L’approche que j’ai eue avec The Last of Us était drastiquement différente. Il faut le dire tout du reste, il s’agit probablement du jeu qui m’a le plus marqué ces 10 dernières années. Non pas dans son approche « jeu vidéo » mais dans le propos énoncé. J’ai joué au jeu alors que ma femme était enceinte et la relation père-fils décrite dans le jeu étant tout simplement magistrale, j’ai réussi à me projeter dans cet amour inconsidéré, allant à l’encontre de toute logique rationnelle. De plus, la part post-apocalyptique du jeu, élément constitutif à la fois des décors mais aussi de l’ambiance, c’est un petit peu ce que je préfère comme univers dans un JV ^^. Parlez-moi de Fallout, je suis aux aguets, de Stalker je saute de ma chaise, et de Wasteland, je prends carrément 15 jours de congés. Alors oui, The Last of Us avait de quoi me marquer. J’aurai pu faire comme avec FF7, l’encadrer dans une plaque de marbre pour que plus personne n’y touche, et pour que je puisse contempler une boîte de jeu, le sourire con aux lèvres, et une larme à l’œil parfois. Et bien non, pas deux fois la même erreur mon petit! Dans les deux ans qui ont suivis mon premier run, et à l’occasion de quelques heures devant moi, voilà t’y pas que je me farcis le DLC de ce chef-d’oeuvre qui, pour moi, restera dans les mémoires. Et bien sur, comme un con abruti par l’envie, me voilà obligé (car, bon, voilà…) de me refaire tout le jeu complet… Et la baffe n’était que plus grande. Oui The Last of Us, je veux faire de toi non pas un jeu « mythique », à la réalité bonifié par le temps, mais bien une mémoire vivante. Un jeu n’évolue pas, mais me suit dans mon évolution. Pour me rappeler une bonne fois pour toute que oui, c’est un chef-d’oeuvre intemporel.

Une empreinte indélébile

J’espère que vous avez bien regardé la vidéo ci-dessus, si ce n’est pas le cas : « Go Ahead ! ». Véritable célébration du jeu, il rassemble exactement tout ce qui en a fait un succès critique et commercial. Cette analyse n’est pas objective, mais est à l’appréciation de tout un chacun. Naughty Dog a réussi à faire ce que personne avant lui n’avait réussi à faire aussi bien : rapprocher le jeu vidéo du Cinéma. Attention. Je ne parle par de « faire du cinéma avec du jeu vidéo », pas du tout. Je parle vraiment d’être arrivé à faire un jeu fini, avec une histoire superbe, des personnages d’une rare profondeur, une musique qui colle totalement au ton, sans pour autant oublier qu’il s’agisse d’un jeu vidéo. The Last of Us est un pur produit interactif, mais il a su s’approprier les codes du Cinéma. C’est un fait indéniable. Et dans cet exercice, n’est pas Naughty Dog qui veut. Beaucoup se sont depuis essayés à l’exercice, sans arriver ne serait-ce qu’à la cheville de Joël et Ellie. Un des exemples les plus flagrants réside dans la tentative d’Insomniac Games à vouloir donner de la profondeur à Peter Parker. Une tentative louable, dans un jeu plutôt correct, mais un échec cuisant dans la volonté de faire une narration maîtrisée, proche de celle de The Last of Us. Vous me direz « oui, mais c’est un monde ouvert, tu ne peux pas comparer! ». Très bien, prenons alors le God of War nouvelle version. Nous sommes tous d’accord que la relation père-fils est là, que le duo évolue avec le temps aussi, que la narration se rapproche de celle de The Last of Us. Mais finalement ? Et bien cela ne marche pas. Ou alors vraiment moins bien. J’en finirai avec cela, car oui, que God of War change son fusil d’épaule à ce point, parte sur une narration plus intimiste, plus proche des héros, en dit long, très long, de l’influence qu’à eu le meilleur bébé de Naughty Dog sur toute l’industrie.

Et pourtant si imparfait

The Last of Us, c’est aussi la preuve absolue qu’un jeu n’a pas besoin d’être parfait pour être tout à fait inoubliable. Parce que le jeu regorge de défauts. J’en vois principalement 2, touchant pourtant au cœur de l’expérience. D’abord des problèmes évidents dans la narration et le rythme. En effet, le jeu oscille entre moments de tensions intenses, et platitude absolue sans que cela soit justifié. Je pense notamment aux 2 heures suivant le magistral prologue, où à l’attaque de Joël et Ellie dès lors qu’ils ont trouvé un voiture. A ce problème de rythme, s’ajoute le syndrome « oh non non non !!!!!!!! » déjà initié dans Uncharted, mais encore présent ici et d’autant moins excusable tellement l’aventure se veut intimiste. Ces phases d’alertes servant de transition entre une phase calme et une phase d’action sont encore plus dérangeantes dès lors qu’il s’agit de cinématiques.

A côté de ça, second problème majeur, mais qui se rapproche finalement du problème de rythme, ce sont les, parfois très lourds, problèmes de gameplay. Gameplay d’ailleurs que j’appelle de « remplissage ». Combien d’échelles portées d’un bout à l’autre d’une pièce pour caler quelques animations et gagner plusieurs secondes ? Combien de radeaux péniblement poussés entre deux rives. Combien de courtes échelles pour montrer une coopération entre les deux protagonistes principaux… Attention, cette logique de gameplay pullule partout dans toute la production vidéoludique actuelle, et elle est globalement jugée à la fois comme un défaut et un artifice de durée de vie. Mais malgré cela, malgré le fait qu’on peste véritablement à certains endroits, et bien The Last of Us est en tout point pardonnable. En tout cas on lui pardonne tout, tellement il est généreux, marquant, poignant, beau, profond, etc.

A retenir

Bien que ce petit témoignage n’est en aucun cas une argumentation construite, il va sans dire, j’espère que vous l’avez bien compris : qu’on le veuille ou non, et malgré tous les détracteurs du genre, The Last of Us a marqué toute une génération de jeux venant après lui. Au delà même de marquer toute une génération de joueurs. C’est dingue d’ailleurs parce que, plus j’y pense, plus je me dis qu’il s’agit là du jeu le plus structurant de la génération PS360. A la fois chant du signe, mais aussi mètre-étalon pour la génération PS4/ONE. En tout cas, merci Naughty Dog de m’avoir fait ressentir cela…

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