Deep Duck Trouble

Deep Duck Trouble est la suite directe de Lucky Dime Caper sorti deux ans plus tôt. On y incarne à nouveau Donald, qui doit sauver non plus ses neveux, mais aider un Picsou plus boursouflé que Coluche dans Banzai! – on a des références cinématographiques, à LSR, attention! S’il suffisait d’un antiallergène injecté dans le croupion, ce serait évidemment trop facile, et voilà donc Donald s’en allant affronter une dizaine de stages tous plus menaçants les uns que les autres. Le joueur peut choisir d’office entre les cinq premiers stages, et affrontera une faune locale hostile et variée en sautant sur la tête de ses ennemis. Par contre, plus d’arme secondaire dans cet opus, mais un coup de pied salvateur permettant entre autres de balancer des blocs sur les adversaires pour les assommer ou sur des zones du décor pour faire apparaître trésors cachés et plateformes secrètes, d’en faire glisser d’autres afin qu’ils servent de plateformes mobiles ou balaient l’adversité sur leur passage. Et le système de vie sauce Mario fait place à une vraie jauge à 3 points qui se rechargent assez facilement, allégeant grandement le challenge. Si le jeu est beau et habité par le souffle d’aventure qui marquait déjà le premier épisode, on regrettera malgré tout une certaine lourdeur dans la maniabilité qui nuit à la dynamique générale du jeu. La richesse est au rendez-vous et l’on a souvent le choix en plusieurs routes, mais les problèmes de maniement auront souvent raison de l’esprit d’exploration du joueur, qui se rabattra vers la route principale, agacé par un saut mal calibré qu’il a recommencé plusieurs fois. Dommage, car la réalisation graphique, l’expressivité de Donald, ses animations, le nombre d’ennemis sont autant de marques d’un soin évident dans la création du jeu. Pourtant, on tire plus de plaisir à jouer à Lucky Dime Caper. Mais Deep Duck Trouble reste un excellent jeu d’aventure et un bon plateformer, assurément!

 

QuackShot

Et on garde le meilleur pour la fin. QuackShot sort la même année que Lucky Dime Caper, mais à l’échelon supérieur, sur la 16 bits de Sega, la classieuse MegaDrive. Développé par  la firme de Sonic, le jeu est d’une beauté époustouflante qui ne connaît pas le poids des années, grâce à une 2D tout simplement exceptionnelle. Ici, Donald profite d’une sieste de son oncle milliardaire et tombe sur une carte au trésor dans la bibliothèque de son aïeul. Pour une fois, il a SA propre quête. Aidé de ses petits neveux, il lui faut d’abord passer à Donaldville, au Mexique et en Transylvanie avant de s’envoler pour le Pôle Sud, Maharaja, l’Egypte, un bateau Viking, la cachette de Pat Hibulaire, rival dans cette course au Graal, et enfin, l’île du Grand Trésor. Donald n’a jamais été aussi beau, n’a jamais été aussi fun, n’a jamais été aussi respecté. Sa démarche est encore plus bluffante que sur 8 bits, son bec d’une couleur d’un orange vif et généreux et son costume d’Indiana Jones lui va comme un gant. Son visage se tord au moindre effort ou à la douleur. L’expressivité est remarquable, comme lorsque Donald part en furie après avoir avalé un certain nombre de piments, ce qui lui permet de foncer dans le tas sans craindre de subir de dégâts. On se régénère en bouffant les cornets de glace qui trainent ça et là, on voyage aux quatre coins du monde, on visite des ruines et de vieux temples, avec une douce alternance jour/nuit. Les musiques sont en parfaite harmonie avec les lieux (celle du Mexique!) et participent à la fantastique ambiance d’exotisme, de voyage, de découverte et d’évasion. L’hommage à Indiana Jones est appuyé et assumé, avec cette chasse et cette carte au trésor, le costume et le chapeau, la police de caractères du titre, la scène avec le chariot… C’est armé d’un pistolet à ventouses évolutives, à pop corn et à bulles de chewing-gum que Donald se débarrasse de ses ennemis ou se crée des plateformes pour grimper et avancer. QuackShot est un titre mythique, tout simplement. Du pur plaisir et du fun absolu en barre. Il représente l’apothéose de la formule aventure à la sauce Duck et donne envie de se racheter une MegaDrive juste pour y rejouer devant un bon canard laqué, tiens.

 

A retenir

Icônes d’une époque dorée, jeux phares du genre plateforme-aventure, les adaptations de la famille Duck évoquées dans cet article sont de véritables… trésors. Quoi de mieux finalement pour ces titres qui permettent justement de partir à la conquête des richesses du monde, aussi bien naturelles que matérielles, tout en offrant fun dans le gameplay et le level design, dépaysement, nostalgie et bonne humeur dans leur ambiance. Tout particulièrement, l’histoire a reconnu Duck Tales et QuackShot comme de véritables pièces d’orfèvre intemporelles. Le constat face au grand rival murin Mickey, qui a aussi écumé les adaptations Disney en jeux de plateformes de cet âge légendaire, est sans appel : c’est encore une victoire de canard!

Cependant, ne dénigrons pas trop le clan des souris aux expressions faciales figées – botoxées avant l’heure ? -, les jeux les mettant en scène sur 16 bits représentant un pic de qualité rarement atteint dans le monde de la plateforme au sens large, un équilibre entre l’ambiance onirique et la rigueur du gameplay tirant parti d’une génération de consoles avec des bits sous le capot. Mais les Duck imposent en force leur suprématie dès la 8 bits, à coups de gameplay ciselé et de souffle épique, s’appropriant littéralement l’Aventure, la grande, la vraie, celle qui fait voyager. C’est à se demander si Disney ne se serait pas trompé de mascotte, les vrais aventuriers préférant toujours le canard à un Mickey en mousse!

Toma Überwenig et Totof

1 réponse

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] Mickey Mouse. Deux titres exceptionnels, l’un versant dans l’esprit aventurier, l’autre dans ”l’onirique” – pour reprendre les termes pleins de justesse de l’inimitable […]

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *