Le vampire Dracula et ses antagonistes

Et oui, Van Helsing existe sur PS2... Et ça pique

Et oui, Van Helsing existe sur PS2… Et ça pique

Le comte Dracula, au-delà de la créature d’épouvante aux pouvoirs surnaturels, est avant tout un être humain damné, un mort vivant en quelque sorte, bien que ce ne soit pas un zombi. Et c’est là que réside toute la complexité du personnage. Il s’agit certes d’un monstre, mais surtout d’un rejeté de la société et répudié par Dieu lui-même. Tout le monde le craint, mais certains, et à raison, le plaignent. C’est notamment le cas de son pire ennemi, celui qui veut le tuer à tout prix : Abraham Van Helsing. Mais alors que le comte n’appréhende le savoir que comme un moyen de servir ses propres intérêts Van Helsing le met au service de l’humanité. Ce sont deux antagonistes caricaturaux, mais qui sont restés dans l’histoire. Car oui, Dracula était un scientifique avant de devenir Vampire, mais un scientifique déviant, ayant la volonté d’approfondir ses connaissances dans le but de vaincre, et ce au profit d’un seul être : lui-même. Van Helsing est lui aussi un scientifique mais contrairement au comte, c’est l’humanité qu’il sert, et non pas lui-même. Il enseigne, transmet son savoir, et par extension, essaye de sauver le monde de Dracula. Et c’est à ce moment-là qu’un nouveau parallèle entre le livre de Stoker et la série Castlevania peut être fait. En effet, la famille, ou plutôt le clan Belmont, est la représentation vidéoludique d’Abraham Van Helsing. Ils chassent les monstres et le ver suprême : Dracula.  Tous les membres de cette famille transylvanienne sont des chasseurs de vampire. Tous ou presque ont affronté Dracula et ont réussi à la vaincre, partiellement, puisqu’il revient à chaque épisode.

Vaincre Dracula

Le fouet version NES. Déjà là.

Le fouet version NES. Déjà là.

L’utilisation de diverses armes bénites, fait également référence à un aspect du personnage de Van Helsing, celui du scientifique ouvert à l’irrationnel. Et si nous allons plus loin, tout l’armement de la famille Belmont découle de ce que peut être celui d’Abraham, mêlant à la fois modernité voire science-fiction, et surnaturel. Crucifix côtoie ainsi grande sacré et fouet magique. Ce fouet justement, a une double signification et une double origine. Il s’agit d’un côté d’une arme légendaire, un fouet alchimique créé par Rinaldo Gandolfi dans la forêt de la nuit éternelle (la création est d’ailleurs visible dans l’opus « Lament of Innocence »). Lorsque Leon Belmont, le premier Belmont à se mettre à la chasse aux vampires, obtient le fouet, il n’est pas encore « magique » et ne peut pas tuer de vampire. Encore  moins Dracula. Il lui faut, pour cela, absorber au cours d’un rituel l’âme d’une personne infectée mais qui n’est pas encore devenue vampire. Pour la petite histoire (attention petit spoil), Léon va sacrifier sa femme. Dure réalité… L’arme pourra ainsi être transmise de génération en génération de Belmont pour éradiquer la menace vampiristique. Mais il existe une seconde origine de ce fouet sacré, beaucoup plus contemporaine, issu de l’épisode « Lords of Shadow », sorti durant la génération PS360. Ce fouet  est composé d’une croix de combat, arme polyvalente réalisée avec des fragments des clous ayant servis à crucifier Jésus, et d’une chaîne extensible. Il faudra que Rinaldo Gandolfi, encore lui, intervienne sur cet arme plus mystico-religieuse que légendaire, pour qu’elle devienne « tueur de vampire ». Il fixe ainsi un pieu sur le fouet et crée l’arme ultime pour tout chasseur de vampire. Cette seconde version de la création du fouet de la famille Belmont est donc plus rationnelle que la première, plus scientifiquement acceptable, renvoyant une fois de plus à notre ami Abraham Van Helsing, scientifique éclairé.

2 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Effectivement, joli travail, Le Serpent!
    On a trop tendance à considérer l’imagerie des jeux vidéo 8-16 bits comme kitsch, alors qu’au final on a des jeux qui, malgré leurs pixels et leurs couleurs chatoyantes, sont proches en terme d’ambiance des classiques du fantastique, que ce soit Ghosts’n Goblins ou Castlevania.
    Et du coup, ce n’est jamais superflu de rappeler aux mémoires le traitement particulièrement soigné des mythes dans Castlevania!

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *