Des tentatives de compréhension au mythe

La construction du morceau suit une logique propre aux ambiances dérangeantes : répétition plus ou moins condensée d’un cycle bref et ici mettant en scène des sons stridents sur un fond beaucoup plus grave.

Les sons perceptibles par l’oreille humaine ont souvent été le sujet d’étude et à contrario, les sons imperceptibles également. Pour beaucoup, ce que nos esgourdes perçoivent n’est que la manifestation d’un mélange entre sonorités reconnues et d’autres, plus sournoises qui si elles ne se signalent donc pas, n’en demeurent pas moins actives.

La face émergée de l’iceberg suffirait à elle seule à définir l’état d’inconfort : cette répétition abolirait l’effet de surprise ou d’attente caractéristique des rendus sonores dits « harmonieux » : le cerveau humain n’analyse dès lors plus ce qu’il entend, mais ce qu’il sait qu’il va entendre. Ce qui est en soi assez à créer un subtil état de lassitude préventive et déconnecterait le sujet du présent pour l’envoyer dans le futur immédiat sans pour autant totalement abandonner son activité sur le moment. D’où une très étrange impression de devancer par soi-même ce que l’on attend. Le tout dans des laps de temps qui se vont décroissants en dépit de la régularité de la répétition. Faites l’expérience : laisser couler un robinet goutte à goutte au dessus d’un bol d’eau. Le son régulier et constant s’avérera rapidement intenable, bien plus qu’un morceau construit au volume poussé. Si vous êtes assez endurant, vous noterez à quel point votre soulagement sera intense une fois la source -c’est à dire le robinet- sera enfin coupée. Ce qui est quasi risible au vu de l’apparence anodine de la gêne occasionnée.

Mais si la sensation de libération est si puissante, c’est qu’elle correspond au désarroi que le cerveau ressent sans même que le sujet n’en ait encore pleinement eu conscience.

Certains sons sont dangereux pour la santé.

Certains sons sont dangereux pour la santé.

Il faut ajouter à cela l’effet pernicieux et presque insensible de conscience provoqué par l’inaudible. Et si cet inaudible ne faisait en définitive qu’asseoir le conditionnement autant si ce n’est plus que les quelques notes grinçantes qui déjà se régalent à pénétrer nos tympans pour échouer on ne sait où ?

Il est établi que l’on peut donc aller jusqu’à torturer avec des sons, et même pire ! Les fréquences sonores inaudibles ou très aigues auraient-elles un effet usant qui viendrait à bout d’une résistance pourtant pleinement consciente, telle un mince filet d’eau sur du sucre en morceaux ? Ma légendaire mauvaise foi -ou plutôt mon inclinaison au sarcasme- me pousse en outre à déclarer tout haut que l’on trouve des instruments du supplice auditif dans toutes les enseignes : on les reconnaît car ils sont tous signés du nom de leurs auteurs, que ce soit Sexion d’assault, Alizée, Justin Bieber et autres immondices sponsorisées Fun Radio…Tiens, essayez juste de vous coltiner en boucle la chanson de Titanic par Céline Dion pendant ne serait-ce que deux petites heures, et vous verrez à quel point l’atroce sensation de détresse vous fera fondre. J’ai là une pensée toute spéciale pour les phases du traitement Ludovico présenté dans Orange Mécanique…Et si certains me juge ignoble de citer Céline Dion, je leur répondrai que je n’ai rien contre la femme, mais je déplore la chanteuse dont la musique qui va soit-disant droit au cœur passe quand même et avant tout par les oreilles. Vilains propos 100% assumés. Je suis décidément un bel en**lé.

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