Une valeur indéniable tout de même

Passé ce petit descriptif qui met l’eau à la bouche (avant de la vomir), il convient de se poser la question, mais qu’est-ce que nos confrères du Levant peuvent bien trouver ces univers délicatement fleuris de la scatologie « récréative » ? Entre Arale et son caca sur la main, Talulu le magicien et sa crotte magique qui exauce les voeux, Muscleman et son incapacité chronique à retenir ses gaz intestinaux et sa déplorable manie de se curer le nez en grand public, la place faite aux excréments et autres résidus corporels dans ces oeuvres est finalement suffisamment importante et incongrue pour éveiller soit la curiosité, soit le dégoût. J’ignore ce qu’en auraient dit Sigmund Freud, Carl Gustav Jung ou Jacques Lacan, mais ici chez nous petits Occidentaux coincés, le culte de la matière fécale ne me semble guère autant institué. Ah j’oubliais, même Metal Slug contient un bonus « étron fumant et entouré de mouches », marchez dedans cela vous portera bonheur.

Vous qui rêviez de faire chier dessus par un trio d’araignée, vous savez où trouver votre bonheur ! Qui suis-je pour juger des fantasmes de tout un chacun…

Donc…certes il n’est pas ici question de ridiculiser (ou alors juste un peu…) cette « culture » scato, et même peut-être de la réhabiliter (après tout, c’est humain et naturel comme comportement que de devoir se rendre aux latrines, non ?) . J’en viens à me demander si Toilet Kids ne mérite pas un double sens de lecture. Si le premier est assez ostensible et connus de bon nombre de joueurs de shmup comme étant un des plus mauvais jeux jamais conçus avec son action cafouilleuse, son sujet très spécial et sa réalisation toute pisseuse, le second en fait pourrait se résumer en une question : finalement, n’avons-nous pas là un jeu si conceptuel et si « personnel » que seuls certains esthètes de bon gout seraient à même de considérer comme l’oeuvre d’art qu’il serait ? La qualité extrêmement piètre de cette production ne transcenderait-elle pas finalement les codes usuels habituellement constitutifs de ce qui fait les grands shoots, afin de nous livrer un pinacle, un parangon de jeu conceptuel dont seule une élite de joueurs très au courant des penchants mystérieux et inexpliqués de ces programmeurs de Media Rings seraient capables de comprendre ? D’en saisir le sens profond et réel ?

Toilet Kids, le jeu qui finalement peut faire passer celui qui s’y adonne comme un inculte Béotien avec des problèmes psychanalytiques refoulés dont un Gérard Miller dirait qu’ils sont dus à des couches trop serrés et pas assez souvent changées par des parents beatniks qui pensaient qu’à fumer leur beuh au son de Bob Marley ou de Yellow Man au lieu de changer leur petiot. Ou alors un jeu traitant d’un aspect marginal de la culture nipponne et de fait, dénotant la saine curiosité du joueur pour les productions très personnelles de nos amis nippons ?

Tout ceci fait décidément de Toilet Kids un jeu (de merde !) mais qui n’a pas fini d’alimenter les conversations entre historiens et esthètes du jeu vidéo et du shmup en particulier. Un bon sujet à disséquer entre le fromage et le dessert.

Et en ce sens, Toilet Kids a réussi son coup : celui d’être entré dans la postérité, et si « postérité » sonne un peu comme « postérieur », ce n’est pas si saugrenu ici.

En respirant assez près de votre écran, vous vous apercevrez de la magie Toilet Kids, parole !

Informations sur le jeu

Genre : Shoot them up fin et de bon goût

Support : PCE Engine (qui ici mérite bien son titre de reine des shmups !)

Développeur /Éditeur : Bits Laboratory / Media Rings Corporation

Date de sortie : 1992

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