OK, on voit bien que Capcom a tenté d’inclure autant de personnages que possible, mais et bien que tous ces aspirants dézingueurs aient leur place au menu, l’originalité ici dépasse un peu le sens commun. Le personnage de Phoenix Wright en est l’exemple le plus coupant : ses coups à base de Code Pénal lancé par une greffière en tongs ou de peaux de bananes sont certes amusants, mais personnellement ne suffisent pas à me faire oublier l’Hyper MegaMan ou la Venom Web…Et même si les Marvel vs Capcom n’ont jamais fait de l’équilibrage leur spécialité (il était d’ailleurs révélateur de l’ambition de certains joueurs de prendre certains personnages notoirement moins doués que d’autres), voir notre squatteur de prétoires se mesurer à Magnéto ou au boss final Galactus apparaitra certes drolatique, mais assez incongru au final. Or, avoir su éviter l’incongru sans pour autant renier le surprenant avait toujours été la grande force de la série. Bon.

Deadpool et Firebrand sur un seul et même écran. Et oui, c’est blesipo cousin.

Cet écueil plus conceptuel que réellement ludique mis à part, il faut reconnaître que la recette tient la route et que seuls certains pisse-vinaigre terre à terre comme moi s’en offusqueront un peu. Plus dommageable sera par contre le manque d’inspiration flagrant des décors, tous tristes et étonnamment sombres pour une série qui nous avait pourtant habitués à des joutes festives prenant place dans des lieux fréquentés comme des halls de centre commercial et autres bains publics… ici les environnements sont assez monocordes et même si cela participe à une impression plus chaotique que celle qui régnait dans les épisodes précédents ou dans d’autres cross-over tels X-Men VS Street Fighter, cela éveille décidément les trop douloureux souvenirs de certains ratages tels SNK vs Capcom Chaos (oui, vous avez du le comprendre à présent, je n’aime pas du tout ce titre et je l’assume). Cette version ultimate a cependant veillé à proposer un équilibrage plus poussé entre les personnages et selon leur type de combat, ce qui corrige en partie la principale tare de gameplay de ce type de vs fighting game, même si les disproportions sont à l’évidence inévitables dans des titres proposant un nombre de guerriers si élevé. Et il faudra de la maîtrise pour triompher, l’ultime adversaire Galactus étant un véritable mur qui renverrait Apocalypse, Onslaught et Abyss au rang d’exercices d’échauffement. Un boss particulièrement vicieux et sur-avantagé puisque sa stature le met à l’abri de tout coup à base de projetions ou dont l’exécution et la durée seraient trop longues. Ce qui nuira à certains personnages de façon quasi-irrémédiable. En définitive, ce dernier cross-over est sans réelle surprise et semble n’être là que pour toujours impressionner plus un public d’ores et déjà acquis. Une réussite donc qui propose une infinité de situations, de combinaisons de coups et d’effets pyrotechniques sans pour autant donner l’impression d’une véritable évolution conceptuelle ni ludique, là où Marvel vs Capcom 2 avait réussi à se poser comme une parfaite amélioration d’un premier épisode déjà surprenant et innovant.

M.Wright dans ses oeuvres. Original, décalé ou saugrenu ? A vous de ressentir.

A retenir

Avec son grain de folie bien moins présent et un roster cette fois bien trop tordu (je n’en démords pas) Ultimate Marvel vs Capcom 3 n’est certes pas décevant dans l’absolu, mais comment dire… paraît se reposer sur les lauriers de ses deux ancêtres, comme hélas beaucoup de troisièmes volets dans de multiples séries. A ceux qui voudraient se faire leurs armes sur un genre de vs fighting à la fois technique et bourrin et donc à conseiller à tous indépendamment de son niveau d’expérience en la matière, je ne saurai que trop conseiller de tâter des deux premiers et surtout du deuxième volet qui avait une réelle consistance propre, fait étonnant devant son côté original. Ce troisième volet quant à lui se révèle bien moins accueillant, suivant l’évolution du genre vers toujours plus de technique et oubliant les bases d’un jeu de vs, à savoir des coups et un enrobage plus vivant. Pour faire une ultime comparaison, les grandes sagas du jeu de baffes telles KOF illustrent ce propos, les gameplay pourtant déjà techniques de KOF 96 et KOF 98 ne se retrouvant à mon sens que trop peu dans les derniers titres comme KOF XIII et KOF XIV, pour cause d’enchainements à la Hokuto no Ken qui ne font au final que ralentir le rythme des actions et paradoxalement ramollir les rencontres. Je vais me faire des ennemis je le sens, mais qu’importe ! Ultimate Marvel vs Capcom 3 est donc une nouvelle déclinaison tout à fait appréciable mais manque cruellement de cette inventivité débridée, à moins que le public n’attende en réalité que de voir des personnages inattendus, et si tel et le cas, vous ne serez pas désappointés. Mais il a le bon goût tout de même d’éviter de tomber dans l’irrécupérable, comme par exemple proposer aux joueurs de jouer avec Mars People ou un Marco tout mal foutu comme dans un certain SNK vs Capcom Chaos (oui, j’avais dit que j’allais arrêter, mais désolé, ce jeu est par trop antithétique d’un bon cross-over pour ne pas toujours y revenir comme contre-exemple). Un jeu de combat en tous cas assez riche pour donner un plaisir guère inférieur à celui offert par ses prédécesseurs, mais pas forcément assez réussi pour donner un plaisir supérieur à celui de son prédécesseur Marvel vs Capcom 2 qui reste à mes yeux certes myopes l’incontournable de la série et même de cette branche des jeux de combat intitulés Capcom cross-overs.

Pour vous complaire, la voici, la greffière en tongs. Amis de l’inattendu ou simples fétichistes, vous voyez que je n’invente rien.

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4, PS3, PSVita, Xbox 360, XboxOne, PC

Genres : VS Fighting exubérant

Développeur / Éditeur : Capcom

Date de sortie : version initiale en 2011,  version PC Steam en 2017

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