Wing Commander I : à la conquête de nouveaux systèmes vidéoludiques

Amiga (500)

Les soucoupes volantes sur la photo sont en fait des spots

La version Amiga est réalisée par un seul programmeur du nom de Nick Pelling, et chose qui est rare pour l’époque, l’équipe de développement de 10 personnes contient pas moins de 6 graphistes et 2 musiciens. Malheureusement une volonté de convenir même aux hardwares les plus modestes ne rend pas forcément hommage au travail des artistes. En effet, dans la volonté de Chris Roberts de convenir au plus grand nombre, le portage est étudié pour se rapprocher du matériel d’un Amiga 500. Ça passe entre autres par un abaissement du nombre des couleurs à…16. Si ce n’est pas un problème en plein combat, les cutscenes souffrent clairement du « downgrade », comme on peut le voir sur la photo soudée à ce paragraphe. Le jeu reste jouable mais il est dommage qu’un jeu reposant sur sa dimension rythmée et cinématographique soit autant pénalisé. Un autre souci, commun à la version PC, est celui des problèmes de vitesse sur du matériel plus récent.  Tandis qu’un Amiga 500 fait tourner le jeu de manière correcte, l’Amiga 1200 donne l’impression d’un jeu sous méthamphétamine. Heureusement d’autres versions du jeu sortiront pour corriger le problème. Étonnamment, la partie sonore réussit à faire mieux que son modèle PC. Ce qui n’est pas étonnant, car pour l’époque, même avec une bonne Sound Blaster 16 (un must pour l’époque), les musiques et sons d’un jeu MSDOS sur disquette restent plutôt « épurés ». Sur Amiga le multi-canal sonore permet à 4 instruments de jouer en même temps, sous réserve de posséder un périphérique Roland MT32. Le résultat le plus net est sur les bruitages « réalistes » tandis que les musiques sont de même facture, bien qu' »upgradées ». En clair des avantages et inconvénients qui donnent à cette version un intérêt certain, le travail n’ayant clairement pas été bâclé. A noter qu’une version pour l’Amiga CD32, la « console CD » de Commodore, sort en 1994, en corrigeant les principaux défauts de la version ordinateur tout en bénéficiant des apports du CD.

Super Nintendo

Wing Commander sort le 1er mars 1992 sur Super Nintendo (SNES) aux USA et en Europe, édité par Mindscape. Le portage est globalement respecté malgré un constat plutôt juste : le genre est mal adapté pour la Super Nintendo. Du point de vue de la maniabilité, le pad SNES est assez déroutant pour un jeu de combat spatial, ne garantissant pas une grande précision. On se retrouve à tâtonner sur les touches pour se placer devant un ennemi, ce dernier pouvant se barrer assez rapidement. Bien entendu la courbe de difficulté n’est plus la même et un gros temps d’adaptation est nécessaire pour maîtriser la bête. Mais ce qui pose le plus gros problème c’est le gouffre à cette époque entre le monde des ordinateurs et les consoles de la génération 16 bits. Sur Super Nintendo, on sait faire des sprites et des animations fluides, notamment avec le mode 7, ce que les ordinateurs ont beaucoup de difficulté à faire. Les musiques sont également différentes, et là où la version DOS est agréable mais souffre du matériel de l’époque, la Super Nintendo est capable de proposer des musiques stéréo évoluées depuis un moment : il suffit d’écouter l’OST de Super Castlevania IV pour s’en rendre compte. En tout cas, Wing Commander SNES n’est pas une mauvaise adaptation en soi, mais fait un peu hors sujet dans la ludothèque de la console.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *