2 personnages – 8 Battle Styles

Le titre de SEGA demeure un mélange de Beat’em all et d’action/aventure dans un mini open-world, rien ne change à ce niveau-là. La grande nouveauté de ce titre – car il y en a une – est l’implémentation de plusieurs styles de combat pour nos deux protagonistes. En effet, si l’absence de personnages supplémentaires pouvait s’avérer être un handicap majeur au niveau du gameplay, il n’en est rien. SEGA a su parfaitement combler ce manque. Dans Yakuza 4 et Yakuza 5, revoir sa façon de jouer à chaque changement de personnage était essentiel et particulièrement déroutant, sachant qu’il fallait en quelque sorte « oublier » tous nos acquis pour en valider de nouveaux.  Dans Yakuza 0, vous pouvez changer de style de combat à n’importe quel moment.

Le Slugger Style de Majima

Au total de 4 pour chaque personnage, ces derniers sont très différents les uns des autres et chacun comporte ses avantages et ses inconvénients, rendant l’adaptation à l’adversaire (au niveau le plus difficile) primordiale pour le terrasser. Les acquis en combat sont donc conservés pendant tout le jeu étant donné qu’il faut faire appel à ces derniers si l’on veut tirer le maximum des possibilités offertes en combat par les développeurs. On connaissait assez bien le moveset de Kiryu, plutôt bon frappeur, moyen en esquive mais solide en défense. Et bien ici, un style appelé Rush lui est implémenté et voir Kiryu « patiner » à toute allure sur la zone de combat fait son petit effet. Même son de cloche en ce qui concerne Majima. Personnage Ô combien excentrique dans le premier épisode de la série mais qui possède un langage et des normes assez similaires à ceux de Kiryu, il se voit attribuer des Battle Styles qui le rendent à la fois esthétique et létal en combat. Sans parler de son dernier Battle Style dont les moves vous rappelleront quelques souvenirs d’affrontements particulièrement brutaux avec le Dragon de Dojima.

Les combats sont toujours aussi bons défouloirs

Autre nouveauté, l’absence d’expérience et de montée de niveau qui plaçait Yakuza directement dans la catégorie des A-RPG. Désormais, l’argent coule à flot : en combat, à la fin des chapitres ou en remplissant des missions annexes. Cet argent peut vous servir à profiter de ce que la vie urbaine nippone a à vous offrir mais il sert notamment à débloquer des caractéristiques propres à chaque Battle Style, certaines techniques étant vraiment très chères. Très efficace, ce nouveau système permet non seulement d’obtenir de l’argent facile pour pouvoir prendre part à diverses activités – alors qu’il demeurait assez difficile auparavant de gagner beaucoup d’argent rapidement – mais également d’optimiser ses sets de combat selon ses envies. (On peut par exemple choisir d’améliorer un Battle Style qu’on maîtrise ou préfère au détriment d’un autre qu’on laissera de côté)

Beaucoup critiqué pour sa redondance au fil des épisodes, le système de combat de la série bénéficie ici d’un soin tout particulier et offre des combats encore plus épiques et jouissifs au joueur qui voit enfin le bout du tunnel. Si SEGA compte produire et développer encore d’autres épisodes après Yakuza 6, c’est bel et bien le système de combat de Yakuza 0 qu’ils se doivent de garder, voire d’étoffer.

Retour vers les 80s

Qui dit Yakuza dit également Japon, géographiquement parlant. Cette fois-ci, le jeu se déroule sur deux villes : Tokyo et Osaka. On retrouve bien évidemment l’équivalent vidéoludique de Kabukicho, appelé Kamurocho, le quartier « chaud » de la ville de Tokyo et qui reste à ce jour le théâtre principal des événements de la série. De l’autre côté, on retrouvera Majima à Sotenbori, l’équivalent du quartier de Dotonbori à Osaka. Dépeindre un Tokyo et un Osaka des années 80 est une tâche difficile et a priori – oui, je me suis documenté car je n’étais pas né – c’est une véritable réussite. Les villes sont toujours très vivantes malgré une aire de jeu quelque peu réduite et on a du mal à s’ennuyer. Les rues fourmillent d’activités, de quêtes annexes et de demoiselles – ou de boulets – en détresse tandis que les groupes de punks et de hooligans vous colleront systématiquement à la culotte. On appréciera également les nombreux clins d’œil aux opus précédents. Si c’est votre première expérience dans le monde Yakuza, faites une croix sur la quête de la voyante avec Kiryu. C’est un conseil.

Majima sera le manager d’un cabaret

En effet, l’une des nouveautés centrales de cet opus est la présence d’une quête annexe « principale » qui vous permet non seulement de pouvoir débloquer de nouvelles capacités dans l’arborescence de chaque Battle Style mais également de gagner énormément d’argent. Ainsi, Kiryu obtiendra un travail dans l’immobilier tandis que Goro Majima deviendra manager d’un petit club d’hôtesses. Vraiment intéressantes, ces quêtes n’en restent pas moins chronophages et viennent s’ajouter aux quelques 20 – 25 heures qu’il vous faudra pour boucler l’histoire.

Quant aux quêtes annexes « normales », elles sont pour la plupart assez loufoques et placent nos deux héros dans des situations tellement improbables qu’on a du mal à s’empêcher de rire lorsqu’on voit la tête que tirent ces derniers face à ces habitants aux abois. Le motion-capture de Yakuza 0 est aussi efficace que dans les épisodes précédents et voir les différents protagonistes passer à l’écran avec des expressions faciales toujours plus réalistes n’a jamais été aussi immersif. On croirait encore une fois assister à un bon film de mafieux, impression renforcée par la présence de véritables acteurs qui prêtent leur voix et leur jeu aux personnages de l’histoire. Les doublages sont logiquement toujours aussi impressionnants et les scènes épiques à souhait. Techniquement, le jeu est bien supérieur à ses aînés dû à sa sortie sur PS4 (seule version testée chez nous) malgré quelques petits ralentissements qui ne viennent pas entraver notre bonheur à la vue d’un Kamurocho vidéoludique plus fluide que jamais. Le jeu tourne facilement à 60 fps et même s’il n’atteint pas les summums au niveau technique, il n’en reste pas moins soigné et beau.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *